Fanfiction World of Warcraft

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Yukata

Par Tsukiyo

Prologue

Chapitre 1 : La mer a des reflets d'argent.

Chapitre 2 : Chope et broche

Chapitre 3 : Le grunt, la trollesse et le pandaren

Chapitre 4 : Retour vers la Pandarie

Chapitre 5 : Les aventuriers de l’impératrice perdue

Chapitre 6 : Ce n'est pas une révolte, ceci est une révolution

La nuit était douce et dans le fond de l'air dominait la clameur ténue des cigales. Le reflet des étoiles sur le lac ne permettait plus de distinguer la limite entre le ciel et l'eau. Un léger vent d'est vint balayer les hautes herbes emportant avec lui quelques feuilles mortes. Sur les bords du lac, de faibles lueurs firent leur apparition. Alors ces lumières s'élevèrent dans le ciel étoilé, des milliers de lanternes libérées en une longue procession tentant vainement de toucher la lune. Telle une flamme géante, il semblait que le lac s'embrasait, sa surface était parcourue par une nuance de rouge et d'orange. Des personnes se tenaient sur ces bords, parfois par deux et même par trois mais une seule se tenait solitaire, le regard perdu dans ce spectacle insolite mais enchanteur. Une mélopée envahit l'air et des instruments l'accompagnèrent.

Alors la silhouette solitaire se prit la tête entre les mains et sanglota. Au centre du lac une barque flottait sur cet océan de sérénité. En son sein avait été allongé le corps d'une étrange personne. Elle avait une fourrure rousse et les attributs d'un ours comme des dents pointues, des griffes ou même une queue. Au vu de sa silhouette c'était une femelle. Entourée de fleurs, son visage aux yeux clos affichait un sourire entendu. De la rive fut décochée une flèche enflammée qui vint mettre le feu à la barque. La mélopée s'accéléra, l'orchestre s'emporta et un cri plaintif vint de la berge mettant un terme à la cérémonie funéraire. La brume envahit la scène, et tout disparut.
"La douleur ne partait pas, elle restait présente, insistante."

Le bruit de fond allait et venait en un subtil grondement. Et avec ce bruit, de l'eau venait régulièrement et repartait aussi sec. La mer rejetait son écume sur la plage de sable fin. Mais au milieu de cette plage, on pouvait distinguer une forme inhabituelle. Quelque chose n'allait pas ! D'ordinaire, sur cette plage il n'y avait que l'eau et éventuellement un bernard-l'hermite ou deux voire un crabe mais pas ça. Django se gratta le crâne.

- Ça c'est pas nowmal et je fais comment moi pouw me weposer avec ce twuc ?

Oui Django était un troll, pure souche, originaire des Îles Echo. Il se baladait pieds nus, mettait des "w" à la place de ses "r" non pas par souci de prononciation mais parce que tout bon troll se devait de parler ainsi et surtout il a-do-rait son moment sur sa plage. Il l'avait trouvée, personne n'y allait à part lui ce qui le réjouissait sauf que là, eh bien là c'était déjà occupé.

"Foutu mal de crâne, et cette eau qui me recouvre le visage, laissez-moi dormir !"

Notre troll s'approcha prudemment mais non sans curiosité de l'animal qui dormait là. C'était nécessairement un animal, c'était gros, plein de poils mais surtout ça respirait. Cependant Django ne pouvait pas voir la tête de la créature, il ne voyait que son dos. Il prit un bâton qui traînait et tapota une première fois le dos de la bête.

"Aïe, c'est quoi ce truc ? Laisse-moi dormir Thojo..."

Etrangement ça parlait, Django aurait pu le jurer il venait d'entendre la bête marmonner. Et vu l'apparence de la bête, l'évidence vint à lui : un druide s'était noyé en confondant sa forme de nage avec sa forme d'ours. Le regard du troll s'illumina devant un tel raisonnement ingénieux, il esquissa une petite danse de victoire et reprit son bâton. Django voulait devenir druide, il fallait réveiller celui qui dormait là pour se renseigner.

- Dis, mec, comment on peut faiwe pouw pas se twomper quand on nage, demanda-t-il en tapotant avec de plus en plus d'ardeur l'animal. J'veux diwe un ouws ça nage aussi, comment tu t'es noyé ? Mec ?

- Tu me retouches encore une fois avec ton bâton et je t'ouvre le bide du nombril à ce qui te sert pour l'instant de gorge. Je te remplis avec tout le sable qu'il y a sur cette plage et je te jette dans l'eau. Après on verra si tu te noies pas.

Django sursauta et agrippa son gri-gri porte-bonheur de peur. L'animal se mit en position assise le regard vers l'horizon non sans grognement. Quelque chose n'allait pas avec ce druide, sa forme d'ours était trop "humaine". Sa fourrure rousse brillait au soleil et ses oreilles avaient une forme de demi-lune. Il avait une longue queue avec des rayures. Et puis jamais Django n'avait entendu un druide parler avec une voix aussi claire et pénétrante. Un long moment passa.

- J'aime bien regarder l'horizon. Elle est belle cette plage, non ?

- T'es quoi comme fowme de druide ?

- C'est quoi un fowme, ça se mange ? demanda ce mystère poilu en se tournant.

Ce qui avait été jusqu'à présent pour Django un ours s'était transformé en quelque chose de bien plus singulier. De longs cheveux avec des mèches rouges étaient collés au visage de la créature. Elle avait une truffe et deux canines qui dépassaient. Ses longs doigts se finissaient en griffes acérées. Son pelage alternait entre le roux et le blanc. Mais surtout c'était en fait une ourse, car cette créature avait une poitrine aussi étrange que cela puisse paraître. Précisons aussi qu'elle était dans le plus simple appareil soit complètement nue. Notre curieux troll s'arrêta d'ailleurs un peu plus longtemps sur ce curieux détail, chose que l'intéressée remarqua.

- Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?

- Wien, dit le troll en détournant de suite la tête.

Il savait comment les femmes fonctionnaient. L'ourse baissa la tête et écarquilla les yeux devant l'objet d'attention du troll.

- Mon Dieu mais c'est quoi ça ?! Je ressemble à quoi ?

- Bah t'es jolie, oui ça c'est vrai... (Django savait comment les femmes fonctionnaient)
- Pas ça idiot, qu'est-ce que je suis ?

- J'sais pas, comment tu t'appelles ? Ca pouwwait aider.

-... Aucune idée, lâcha la femme ourse après un moment de réflexion.

Une pandarène s'était échouée sur les rivages de Kalimdor. C'est ce que Django raconta plus tard à ses petits-enfants comme la légende de la femme mi-ourse, mi-druide et re mi-ourse derrière.
La pandarène fit rouler distraitement une pièce d'or sur la table de l'auberge. Deux orcs jouaient aux cartes dans un coin de la salle et un sanglier tournait à la broche au-dessus du feu de bois. Django avait emmené notre amnésique jusqu'à Tranchecolline et dans un moment de grâce, il lui avait prêté de quoi se payer des vêtements. C'était bien entendu après lui avoir fait traverser le village entier complètement nue. Tout le monde s'était ainsi coupé en quatre pour lui payer à boire, chose qu'il avait acceptée avec joie. Il en avait profité pour emmener la raison de sa gloire à la taverne.

- D'où je viens... Qui je suis... Et qu'est-ce que je suis surtout ?
- Me wegawde pas comme ça, je t'ai dit que j'en savais wien femme-ouwse.
- Pour la énième fois Django ne m'appelle pas comme ça. Ca fait grosse brute même si bon au final c'est sûrement ce que je suis. Une femme-ourse pas une grosse brute. Et puis c'est quoi cet accent improbable ? On ne comprend que la moitié de ce que tu dis.
- N'insulte pas la fiewté de mon peuple, annonça-t-il avec une pointe de reproche. La pièce que tu fais wouler c'est le pouwboiwe de l'aubewgiste. Si tu continues de jouer avec elle tu vas te faiwe tiwer tes oweilles awwondies.
- Laisse mes oreilles en paix, dit l'ourse en faisant la moue.

Elle laissa la pièce tranquille et se mit à tâter ses oreilles. La fourrure avait eu le temps de sécher et elle était dorénavant très douce. Cela la fit sourire intérieurement comme si cette fourrure était sa plus grande fierté. Une coquetterie qu'elle réprima très vite car Django avait surpris son geste. Il était devant elle, les larmes aux yeux et réprimait un fou rire.

- Petite femme-ouwse aime twipoter ses petites oweilles, petite femme-ouwse est toute mign... Aïe !
- T'as raison je suis sûrement une brute, railla la panda après lui avoir assené un coup de patte bien placé, et c'est bien pratique ces griffes au bout des orteils ! Bon quel est le plan ?
- Ta maladie de tête c'est pas nowmal, reprit le troll en se massant la jambe. Il faut que je t'emmène voiw le docteuw de chez nous, les twolls d'Owgwimmaw.
- Owgwimmaw, les twolls, d'accord.
- T'as pawlé d'un cewtain Thojo quand t'étais suw la plage. C'est qui ce Thojo ? Un ami ? Ton fiancé ?
- Honnêtement je n'en sais rien, ce qui est sûr c'est qu'il est important.
- C'est quoi ça dans tes cheveux ? demanda le troll intrigué.
- Quoi mes cheveux ?

La jeune panda les secoua et quelque chose d'argenté tomba sur la table. En son centre avait été sertie une pierre verte.

- On diwait le bout d'une cuillèwe avec un mowceau de bouteille dedans. C'est même une gwande cuillèwe, peut-êtwe une spatule.
- C'est une broche... Pas une cuillère. Sérieusement, une cuillère ? J'ai une tête à me balader avec de l'argenterie sur la caboche ?
- Désolé mais on diwait une cuillèwe. C'est sûwement impowtant.
- Tu as raison. Je ne sais pas trop mais j'ai l'impression que cet objet est chargé de sens, comme un cadeau qu'on m'aurait fait. Tiens, il y a quelque chose d'écrit dessus ! lâcha la pandarène après avoir examiné avec attention la broche.
- Ah bon, quoi ?
- Yu-ka-ta, Yukata... Tu penses que c'est mon prénom ?
- Hum... Et pouwquoi pas apwès tout ! C'est un début non ? Allez je paye et on y va. Ne pewdons pas de temps ici, allons voiw Sesebi.
- Django...
- Quoi petite ouwse ?
- Merci de t'être occupé de moi. Je suis un peu difficile mais c'est la situation qui me met un peu au bord de la crise de nerfs. T'as une idée de ce que va me demander ton docteur en compensation ?
- Wien à mon avis, mais tu n'auwas qu'à te déshabiller et te balader dans les wues d'Owgwimmaw, taquina Django. On wécoltewa une belle somme et je n'auwais plus jamais soif Yukata !

La pandarène lui lança un regard noir mais retint sa jambe. Elle regarda le troll et se surprit à sourire. La bonne humeur de ce grand bêta à la peau bleue était contagieuse. Elle éclata alors de rire.

- Tu sais quoi, j'aime ce prénom, admit la panda.
- Adjugé pouw Yukata alows !

Nos deux compères sortirent par la suite de Tranchecolline en direction "d'Owgwimmaw" au nord, leur aventure ne faisait que commencer et la capitale augurait du bon pour la suite. Rajoutez à ça la silhouette encapuchonnée qui les suivait à bonne distance et vous aviez là les bases d'une intrigue plus qu'intrigante.

- Je cherche les Twolls d'Owgwimmaw s'il-vous-plaît...
- Les Twolls, attendez, vous blaguez là ? C'est pas bien de se moquer des autres races, argua le grunt en fronçant les sourcils.
- Mais je ne me moque pas. On m'a donné rendez-vous chez les Twolls, j'ai rencontré l'un des leurs et je dois le retrouver là-bas !
- Les Trolls vous voulez dire. Et ici c'est Orgrimmar même si aujourd'hui les trolls ne sont plus vraiment les bienvenus dans la cité de Hurlenfer, admit le garde avec une pointe de regret.
- Les Trolls voilà ! Foutu Django et son accent, marmonna pour elle-même Yukata.
- Ça passe pour cette fois, ricanna l'orc. Vous prenez l'ascenseur sur votre gauche et en bas vous passez l'arche pour atteindre la Vallée des Esprits. Vous arriverez dans Gobelintown chez les Gobelins, continuez votre route et le quartier troll vous ouvre ses portes. Vous cherchez qui ?
- Une certaine Sesebi.

Perchée sur les hauteurs d'Orgrimmar, Yukata s'était perdue. Elle admira du haut de son perchoir la grande ville qui s'étendait à ses pieds. Django avait du la laisser à l'entrée de la cité. « J'ai une couwse à faiwe, demande aux gwunts le quawtier twoll. » avait-il dit avant de partir en plongeant dans la foule. Qu'est-ce qu'était un grunt ? Forcément Django n'avait pas pris soin de le lui préciser. Elle avait flâné ça et là au gré des boutiques adossées au Fort Grommash, un immense édifice central bien gardé. La banque et l'hôtel des ventes étaient surpeuplés, les prix frisaient l'indécence et il arrivait que l'un ou l'autre des vendeurs hurle son annonce. On se serait cru dans une criée au poisson, c'était assourdissant. Toute une pléthore de gens parcourait la ville sur des montures ou à pied. Pour beaucoup d'entre eux, leurs amures étincelaient au soleil. Certaines émettaient des auras bleutées, argentées, rougeoyantes, une impression de puissance en émanait. Yukata se prit à rêver d'être parée de ces équipements, de monter ces dragons, ces machines sophistiquées et même de partir à l'aventure. « Pour l'instant, allons voir Sesebi et retrouver Django. Avant de penser au futur, renouons avec le passé. »

Elle arriva assez vite dans Gobelintown grâce aux indications du garde, la première constatation qu'elle put faire de ce quartier fut qu'il était très sale. Un petit lac au centre était souillé, les poissons flottaient sans vie à sa surface. Les habitants de cette partie d'Orgrimmar vivaient dans un dépotoir et quels habitants ! Des petits êtres verts la regardèrent passer avec méfiance et sournoiserie. Ils avaient de longues oreilles, un long nez et des dents pointues. La jeune pandarène fit ainsi la rencontre des gobelins et sut instantanément qu'ils n'avaient qu'une envie : la détrousser. Vu qu'elle n'avait pas un sou cela ne lui fit ni chaud ni froid. Elle déboucha donc chez les trolls.

Ce quartier l'émerveilla. L'eau pure serpentait entre les huttes et les palmiers dans une petite gorge aux parois ocre. Elle demanda Sesebi et on lui indiqua un gros tigre bleu aux longues oreilles qui dormaient à l'ombre d'un palmier. Lorsqu'elle s'en approcha, le tigre ouvrit un oeil et l'instant d'après, dans un nuage de fumée, une trollesse apparut. Moins trapue que les hommes elle avait aussi la silhouette beaucoup plus droite.

- Tu dois être Yukata, Django m'a parlé de toi et de ton problème.
- Wouah comment vous avez fait ? Vous étiez un tigre et l'instant d'après ce... cette... enfin vous quoi !
- Une trollesse...
- Oui une trop-laide voilà !
- Trollesse, s'agaça Sesebi. Je suis une druidesse, une changeforme.
- Et vous ne parlez pas comme Django en mettant des « w » à la place des « r ».
- Oui il est assez attaché aux traditions. Là n'est pas le sujet, tu as un problème de mémoire. De quoi te rappelles-tu ?
- De rien tout simplement. Absolument rien, j'apprends au jour le jour de quoi le monde est fait. Les choses ordinaires c'est bon mais les races intelligentes alors là aucune idée. J'ai fait connaissance avec les orcs et les gobelins tout à l'heure. Imaginez le choc en voyant Django !
- Il a un physique assez surprenant c'est vrai. Bon, je vais t'examiner et voir ce qui a pu causer cette amnésie.

Yukata s'assit sur le tronc d'un palmier et attendit que Sesebi l'examine. La trollesse écarta les cheveux et la fourrure rousse et palpa l'arrière du crâne. Après avoir fermé les yeux, elle psalmodia un sort et agita ses mains auréolées de vert autour de la tête de notre héroïne. Elle les rouvrit mais afficha une mine perplexe.

- C'est étrange, je ne décèle rien. Ce n'est pas un lupus, ça ne l'est jamais maintenant que j'y pense. Tu n'as aucun coup, aucune plaie, tu es en très bonne santé c'est étrange.
- Mais enfin il doit bien y avoir quelque chose ! Je ne sais même pas ce que je suis, Django m'appelle la femme-ourse, même vous qui êtes druide vous ne devez pas en voir souvent des femmes-ourses, se désespéra Yukata.
- En fait si, une partie de ton peuple en provenance de l'Île Vagabonde a établi un camp dans la Vallée de l'Honneur.

La jeune panda dressa les oreilles et releva la tête avec espoir. Sesebi souriait.

- L'Île Vagabonde ? Quel peuple ?
- Les pandarens. Et mon doigt me dit que tu devrais aller voir leur chef Ji Patte-de-Feu.
- Merci, j'y cours ! Je vous dois quelque chose ?
- Non, vas-y.

Très rapidement, elle déboucha dans la Vallée de l'Honneur. Enjouée, elle scruta le quartier lorsqu'une puissante explosion retentit. Yukata leva les yeux et eut juste le temps d'apercevoir un zeppelin s'écraser sur les remparts de la cité. Tout le quartier s'anima d'un même esprit, la peur guidait la foule. Quelque chose de grave était en train de se passer alors qu'un grondement se fit entendre vers l'entrée de la ville. Les profondeurs d'Orgrimmar vomissaient des troupes et des troupes de grunts qui couraient vers les portes de la cité.

Notre héroïne parvint à repérer un groupe de tentes au milieu du quartier où de drôles êtres s'affairaient. Elle comprit alors : c'était son peuple, ses semblables. Elle n'était plus seule. Dans leur dos le paysage se troublait comme déformé par la chaleur. Cela prenait étrangement une forme ovale. Lorsque Yukata parvint jusqu'à eux, celui qui donnait les ordres s'arrêta. Il l'observa avec perplexité puis écarquilla les yeux. Tandis que la panique envahissait la ville, le temps sembla s'arrêter.

- Ji Patte-de-Feu ? demanda Yukata.
- Qui êtes-vous ?
- Jusqu'à preuve du contraire, je m'appelle Yukata.
- Yukata... bégaya-t-il. D'où venez-vous ?
- Aucune idée, l'amnésie ne semble pas être la meilleure des alliés pour faire connaissance.

Ji se mit soudain à fouiller une caisse et en tira un morceau de parchemin peint. Il le tint devant lui et compara ce qu'il voyait avec la jeune pandarène.

- Et vous êtes amnésique. Je pense vous connaître sauf que sans broche...
- Cette broche ? hésita Yukata en sortant l'objet de sa poche.
- Mon Dieu... Le jade, la broche, ce n'est pas possible.
- Quoi ? Qui je suis alors ? Répondez !

Une autre explosion les rappela à la réalité.

- Vous devez partir ! Prenez ça, lança Ji en lui donnant la petite tablette. Cherchez Cho et vous comprendrez. Passez le portail pour la Pandarie vite !
- Que-quoi ? Quel portail ? Pourquoi ? Hé ! Lâchez-moi !

Ji avait pris Yukata par le bras et la traînait vers ce qui ressemblait à une distorsion dans l'atmosphère due à la chaleur. Là où les autres pandarens disparaissaient comme par magie. Elle aperçut Django du coin de l'oeil aux portes de la vallée. Elle le héla, il leva les yeux et commença à courir vers elle la sentant en danger. Ji la poussa alors avec force. Au lieu de tomber sur le sol rouge d'Orgrimmar elle fut happée et propulsée à toute vitesse à travers le néant.

Elle jeta un oeil sur la tablette peinte et en resta bouche bée. Dans un art élaboré, une pandarène rousse à la prestance royale lui ressemblant trait pour trait se tenait de profil sur une falaise verdoyante. Son ample robe était écarlate et les coutures dorées. Elle ferma les yeux et contre son gré les larmes lui vinrent. Elle repensa aux mots que Ji lui avait adressés avant de l'envoyer dans le portail.
« Bonne chance impératrice. »
- Quelques heures avant -

L'elfe de sang releva ses lunettes d'ingénieur et abaissa sa capuche. Ses yeux bleus profonds scrutèrent l'entrée d'Orgrimmar. Après des années de recherches, elle l'avait enfin trouvée. Celle avec qui tout se réglerait. Celle qui donnerait un sens à la découverte de la Pandarie, à l'avenir de la Horde et expliquerait sa propre existence à elle. Celle qu'elle suivait était accompagnée d'un grand troll bleu, à Tranchecolline on lui avait dit qu'il s'appelait Django. Elle sortit de sa sacoche le petit lapin mécanique qu'elle avait confectionné il y a cinq ans. Toute une histoire. En le rangeant, elle remit l'une de ses mèches rebelles en place. Elle ajusta la masse de son ordre à sa ceinture frappée du sceau sacré : le marteau dans un halo de lumière. Quand elle se décida à avancer vers Orgrimmar, elle aperçut une flotte de bateaux au large du port de la ville à l'est. Au sud, le sol gronda. Elle se retourna et vit des catapultes et des engins de siège s'avancer.

"Plus tôt que prévu, marmonna-t-elle."

- Temps présent, en Pandarie -

Le brouhaha incessant animait la place de Rosée-de-Miel, là aboutissait le portail vers la Pandarie dans lequel Yukata avait été jetée. Au milieu de ce capharnaüm, on pouvait distinguer des bribes de discours enflammés et apeurés.

"Orgrimmar est attaquée !" "Les révolutionnaires sont passés à l'attaque ! Vol'Jin défie le chef de guerre sur son propre terrain." "C'est la fin, comment allons-nous rentrer chez nous, c'est fini... Nous serons considérés comme des traîtres."

"Outch !"

Ce dernier cri même s'il peut détonner avec le reste n'en était pas moins celui d'une novice en matière de traversée de portail magique. En effet Yukata avait atterri durement sur la place dans tous les sens, la tête la première, sa queue rousse sur le visage. Elle tenta de s'asseoir et de regarder les alentours. Elle en eut le souffle coupé. De là où elle était, elle pouvait apercevoir les toits de bâtiments magnifiques, les faîtes d'arbres gigantesques et d'une grande bambouseraie. Instinctivement ce qu'était la Pandarie fut une certitude à ses yeux. C'était sa terre natale, son chez-soi. Elle éprouva ce sentiment avec un soulagement. Le vent souffla et elle se laissa emporter par ce moment. Mais on ne le lui laissa pas apprécier car très vite quelqu'un la bouscula. Un gros pandaren à l'air digne la toisa une lueur de rage dans les yeux.

- Mais vous faites quoi là en plein milieu ? C'est la folie on est obligé de recueillir les réfugiés d'Orgrimmar et Madame préfère se tenir là les fesses dans la poussière ! C'est inadmissible, nous avions prévenu que nous ne voulions pas prendre part au conflit et nous voici reconvertis en camp de réfugiés... Bougez-vous au nom de Niuzao !
- J'apprécie l'instant butor, ça fait longtemps que je ne suis pas venue ici. Maintenant ouste.
- De quel droit parlez-vous au maire de Rosée-de-Miel de cette manière ?
- Rosée-de... , commença à pouffer Yukata. C'est vous qui avez trouvé le nom ? Quelle délicatesse.
- Ouste ! enragea le maire.

Le maire tenta de la pousser de force mais le corps de Yukata bougea de lui-même. Elle sauta pour se mettre debout, leva le pied droit et en restant en équilibre porta un coup de la paume droite sur le maire qui fut envoyé dans le décor. Après avoir fait ça, notre jeune héroïne reposa son pied et regarda ses mains en écarquillant les yeux.

- Je suis sincèrement désolée ! Je ne sais pas comment j'ai fait ça, pardonnez-moi ! rassura-t-elle le maire qui se relevait péniblement.
- Comment osez-vous m'asséner une Paume du Tigre ! C'est un affront ! Allez vous-en !!! Gardes !
- Paume du Tigre ?

Elle fut poussée sans ménagement vers une colline qui surplombait le village. Agacée, la jeune pandarène grimpa vers le sommet sans vraiment s'en rendre compte. Elle était trop occupée à admirer la région tout en rêvassant.

"La Forêt de Jade... , se surprit-elle à dire. Je connais cet endroit. Et la Paume du Tigre, on dirait le nom d'une technique de combat. Qui suis-je à la fin ?"

Elle parvint alors au haut de la colline et se trouva nez à nez avec un immense cerf-volant d'un rouge intense. Une puissante énergie s'en dégageait et ce qui lui servait d'yeux semblait la suivre.

- Ce sont des cerfs-volants imprégnés de la force de Chi Ji, l'Astre.
- Chi Ji...
- Aile Hya pour vous servir, lui annonça une très jeune pandarène une lueur d'amusement dans les yeux. Vous n'êtes pas d'ici ? C'est bizarre vous n'avez pas l'accent des voyageurs de l'Île Vagabonde.
- Je pense être d'ici, sans vraiment l'être... Je cherche le Chroniqueur Cho, vous le connaissez ?
- M. Cho ? Mais bien sûr que je le connais ! Vous le trouverez au Siège de la Connaissance dans le Val de l'Eternel Printemps.
- Comment pourrais-je m'y rendre ?
- En prenant l'un de ces cerfs-volants pardi, normalement il est interdit d'affréter des vols pour le Siège mais je peux bien vous faire ça vu la manière dont vous avez remis à sa place notre maire ! admit Aile avant de ricaner.
- Merci bien. Dites, qu'est-ce qu'une Paume du Tigre ?
- Oh ! C'est une attaque de nos guerriers les plus redoutables, les moines. Au monastère de Tian on vous expliquera ça mieux que moi. Mais vous devriez connaître cet ordre si vous êtes d'ici. Pourquoi cette question ?
- On m'en a parlé c'est pour ça.

Le voyage jusqu'au Val de l'Eternel Printemps fut rapide mais la Pandarie qui s'étalait sous les pieds de Yukata la ravit. C'était sublime. Elle survola des forêts de bambous, des montagnes verdoyantes, elle passa aussi au-dessus d'une immense plaine dont elle se souvint le nom : la Vallée des Quatre Vents. Lorsqu'elle parvint dans le Val, la beauté du lieu la toucha au premier abord mais quand elle regarda ce qui s'étalait en-dessous d'elle, un frisson la parcourut. La terre était souillée par une énergie sombre, malfaisante. Tout n'était que désolation, des fossés avaient été creusés, des chariots gisaient ça et là et des monstres étranges hantaient ces lieux : ils étaient noirs, néfastes et ressemblaient à des gouttes d'eau décharnées, visqueuses. La zone était brisée dans tous les sens du terme. Le cerf-volant se posa sur une longue terrasse où elle aperçut de grands oiseaux majestueux qui attendaient là, les ailes repliées. Elle ne s'en approcha pas, leurs serres avaient l'air tranchantes comme des rasoirs et leurs yeux jaunes brillaient tels ceux des prédateurs qui chassent la nuit. Elle avança prudemment dans le bâtiment et au haut de la petite volée de marches qui menaient à une plate-forme, un pandaren jeta sur elle un regard curieux puis il sourit de toutes ses dents.

- Enfin vous voilà Mademoiselle. Cela fait longtemps que nous vous attendions et les temps présents appelaient de toute leur voix votre venue. Chroniqueur Cho à votre service, dit-il en s'inclinant.
- Euh... Bonjour. C'est Ji Patte de Feu qui m'envoie vous trouver. Je suis amnésique et il m'a dit que vous pourriez tout m'expliquer. Sur qui je suis.
- Oh ce serait avec plaisir bien entendu. Ce cher Ji, l'Île Vagabonde recèle de nombreuses belles personnes. Ji en fait partie, Aysa aussi et il est bien dommage que ce conflit les ait séparés. Un amour si jeune, regretta le Chroniqueur puis son regard se fit plus sombre. Mais il y a plus important que cela, la Pandarie a souffert, elle est brisée ma chère.
- J'ai vu cela au-dehors, c'est déchirant. Je connais cet endroit, je ne sais pas comment mais je le sens et mon coeur n'en souffre qu'encore plus. Mais donc qui suis-je ?
- Oui oui c'était très beau ici auparavant, mais vous mieux que quiconque le savait. Garrosh a commis un acte irréparable. Je me souviens encore quand la terre dorée semblait chanter à la lueur du soleil. Dans la Forêt de Jade, c'est autre ch...
- Allo, M. Cho ! Ici la Terre ! Qui je suis alors ?
- Je ne peux pas vous le dire, vous devez le comprendre de vous-même.
- Attendez vous rigolez ou quoi, j'ai fait tout ce chemin pour m'entendre dire par un vieux gâteux qu'il ne peut pas me dire qui je suis ? Vous ne servez donc à rien, on vous l'a déjà dit ?
- Oh plus souvent que vous ne le croyez, affirma-t-il avec un sourire bienveillant. Mais je n'ai pas dit que je n'allais pas vous aider. Nous partons de suite grâce à Misha.
- Misha ?
- Un serpent-nuage, une grande amie à moi.

Un raclement de gorge se fit entendre, Cho et Yukata se tournèrent vers l'entrée du Siège de la connaissance. Une toute petite personne aux grands yeux habillée couleur sable se tenaient là, sur le seuil.

- Oui Chromie ? interrogea la Chroniqueur.
- Qui est cette personne ? demanda alors l'intéressée d'une voix fluette.
- Elle doit le découvrir par elle-même mais elle est très importante.
- C'est qui ce petit machin ? lâcha Yukata avec un air perplexe.
- Ma forme n'est certes pas avantageuse mais je suis Chromie, du Vol draconique de Bronze, dit-elle en s'inclinant.
- Celui chargé du Temps, ajouta Cho. Mais nous devons partir rapidement, Chromie pardonnez-moi je dois vous laisser.
- Où allons-nous ? questionna notre héroïne.
- Au Monastère de Tian, dans la Forêt de Jade.
- J'en viens... râla Yukata.
- Et je viens, annonça Chromie.

Cho se tourna alors vers elle et tous les deux affichèrent un sourire qui ne finit pas d'agacer Yukata.
- C'est magnifique.
- N'est-ce pas ?
- Tout à fait d'accord, reconnut Chromie.

Le Chroniqueur Cho, Chromie et Yukata se tenaient devant les portes du Monastère de Tian, là où l'ordre des moines pandarens était né, là où des milliers de pandas étaient passés pour parfaire leur entraînement. Le trajet, devrais-je dire le retour jusqu'à la Forêt de Jade, s'était fait sur le dos de Misha, un grand serpent-nuage rouge, que nos trois compères s'étaient empressés de remercier une fois qu'elle les avait amenés à bon port. Le monastère trônait au sommet d'une des plus hautes collines de la Forêt de Jade. Coloré, chatoyant, Yukata n'avait qu'une envie : le découvrir. Ils se décidèrent alors à entrer. Notre héroïne aperçut ce qu'elle pensa être des disciples qui s'entraînaient à porter des coups. Elle vit des créatures que cette fois elle reconnut : des Jinyus, des hommes-poissons descendants des Murlocs, et des Hozens, des singes disons intelligents, descendants de... eh bien sûrement d'un arbre. Tout le monde semblait être accepté ici. La paix et la sérénité régnaient. Cho les emmena au bout du monastère où se tenait une maison entourée d'une petite barrière comme le serait un sanctuaire.

- Montons et allons trouver le Grand Maître, il t'aidera à comprendre qui tu es et la raison de ton existence, affirma Cho tandis que Chromie demeurait silencieuse.
- Oui mais la barrière, on a le droit de passer par-dessus ?
- Si tu es amenée par des intentions pures, tu n'as rien à craindre.

Ils enjambèrent la clôture et rentrèrent dans la maison. Ils montèrent les escaliers et parvinrent à une terrasse avec une vue imprenable sur le monastère et la Forêt. Là était assis un pandaren massif qui admirait la vue. Quand ils arrivèrent à son niveau, il profita un dernier instant du paysage puis se leva lourdement pour leur faire face.

- Cho ! Mon vieil ami. Comment vas-tu ? Cela faisait longtemps que tu n'étais pas venu, dit-il en toisant Cho. Tu as grossi, affirma le Grand Maître d'un ton tranchant ce qui laissa l'intéressé sans voix.

Le Chroniqueur jeta sur lui un regard étonné puis détailla la physionomie du Maître comme disant « Et toi alors ? ». Le Grand Maître éclata alors de rire et les deux vieux amis s'étreignirent avec vigueur.

- Qu'est-ce qui t'amènes Chroniqueur ? Avec les évènements qui sont arrivés au Val je t'aurais cru plus proche de l'action. Tu as des nouvelles des protecteurs du Lotus doré, les gardiens du Val ?
- J'ai l'intention, mon cher Chute des Nuages, de mener bientôt une expédition pour clarifier tout cela. Le maître des Pandashan Taran Zhu a lui aussi disparu. Les Veilleurs ont perdu leur chef, il faut le retrouver sinon les Mantides à l'Est vont se réveiller. Elles ont été repoussées, cela ne les empêchera pas de revenir, avança le Chroniqueur. Mais ce n'est pas pour discuter de cela que je suis venu, je t'apporte une personne très importante que tu dois connaître. Il faut l'aider à comprendre qui elle est.
- Cette gnome aux yeux cuivrés ? C'est Chromie, un dragon, c'est bien connu, dit le Grand Maître avec perplexité.
- Pas moi messire, cette personne, rectifia Chromie en désignant Yukata qui s'était tenue en retrait.

Le Grand Maître du Monastère de Tian, Chute des Nuages, observa Yukata et parut peu à peu comprendre qui se tenait devant lui. Il posa ses yeux sur la broche en jade et les cheveux de Yukata, détailla son visage et s'approcha d'elle.

- ... C'est impossible. Tout bonnement impossible.
- Qui suis-je Grand Maître ? Ji Patte de Feu m'a appelée « impératrice ». Pourquoi ?
- Ji ?
- Un Pandaren de l'Île Vagabonde, précisa Cho.
- Suivez-moi jeune fille.

Notre groupe descendit les marches et Chute des Nuages les emmena dans la cour du monastère où s'entraînaient les novices.

- Connaissez-vous la caste des moines ? commença le Grand Maître.
- Non... admit Yukata tout en pensant à l'épisode avec le maire de Rosée-de-Miel.
- Mais ?
- Mais apparemment j'en maîtriserais certaines techniques.
- Oh ! Rien d'étonnant. Voyons-voir ça : Shara Cod, Vial Perce venez ici !
Un gros pandaren et un petit hozen vinrent se présenter devant le Maître, armés d'un saucisson pour l'un et d'un poireau pour l'autre.
- Qu'est-ce que vous faites avec cette nourriture ?
- Nouvelle technique, sire. L'Unagi que ça s'appelle, déclara fièrement le Hozen ce que le Pandaren s'empressa de confirmer.
- Quoiqu'il en soit, attaquez cette jeune fille.
- Z'êtes sûrs ?
- Oui.
- Et pourquoi ces deux là devraient m'attaquer ? interrogea Yukata.
- Vous verrez jeune fille, la rassura Cho.

Les deux novices se lancèrent sur elle. Soudain le regard de Yukata changea. Elle savait ce qu'elle devait faire. Elle se mit lentement en position de combat, comme si le temps était au ralenti. Elle leva la paume gauche et imprima une torsion à son poignet. Une aura violette émana de sa main et vint envelopper Shara qui fut figé instantanément. Vial qui était déjà parvenu sur elle frappa ce qu'elle évita avec aisance. Elle lui imprima un coup de la paume droite sur l'estomac : la Paume du Tigre, avec une vitesse fulgurante. Elle lui donna un coup sur l'épaule et enchaîna avec un coup de pied rotatif nimbé d'une aura noire qui vint s'écraser sur la tête du Hozen. Ce dernier s'envola sur quelques mètres avant d'atterrir dans la mare du monastère. Yukata s'approcha du gros Pandaren encore figé en marchant. Arrivée à sa hauteur, elle fit un salto arrière qui lui permit d'assener un coup de pied puissant au menton du pauvre Shara. Il s'envola et après avoir tournoyé en l'air vint s'écraser sur le sol. Elle leva alors le bras et une brume verte partit de sa main jusqu'aux deux pauvres victimes. Les deux se relevèrent en se massant le dos.

- Sire, elle est trop forte. On est raide mais on ne souffre pas !
- Ce sont là les arcanes du Tisse-Brume et les techniques du Marcheur-du-Vent, deux des plus grandes écoles au sein de l'ordre des moines.
- Mais comment je peux faire ça ?! C'était instinctif, je savais ce qu'il fallait que je fasse avant même de le faire. Pourquoi ?
- Je vais vous raconter l'histoire de notre peuple et des moines. Il y a 10000 ans, notre dernier empereur, Shaohao, demanda l'aide des Astres, nos Esprits-Guides, et se débarrassa de ses peurs, de ses doutes. Il décida d'envelopper la Pandarie dans les brumes pour la protéger de l'extérieur.
Mais récemment un ancien membre des Vols draconiques, Aile-de-Mort, a plongé le monde dans le chaos. Nous n'en avons entendu parler que par les voyageurs qui ont atteint l'île. En effet, le bouleversement a été tel que les brumes se sont dissipées. C'est ainsi que la Horde et l'Alliance ont pu atteindre la Pandarie et y apporté leur conflit...
- Ils auraient pu garder leur guerre, commenta Yukata.
- Oh le conflit n'est pas une chose étrangère à la Pandarie. Et c'est là la partie de l'histoire qui nous intéresse. Il y a de cela 12000 ans, les Mogus, des êtres malfaisants, dominaient la Pandarie et tenaient en esclavages les autres races locales y compris les Pandarens, raconta Chute des Nuages et Yukata ne manqua pas de remarquer que la mention des Mogus la faisait sortir de ses gonds. Ils avaient interdit à leurs esclaves de porter les armes. C'est là que l'un des Pandarens eut une idée. Il commença à développer avec l'aide des Astres une technique de combat à mains nues. Il entraîna les autres esclaves et fonda la caste des moines. Ces derniers se révoltèrent et renversèrent les Mogus. Ce moine maîtrisait tous les arts, toutes les voies du combat à mains nues comme toi. Il devint notre premier empereur.
- C'est une histoire qui se termine bien au final alors, crut bon de remarquer Yukata. Mais en quoi ça me concerne ? D'autres que moi doivent maîtriser toutes ces voies en même temps non ?
- Non et c'est impossible, lorsqu'on choisit une voie on ne peut en pratiquer une autre en même temps, le corps a ses limites. La polyvalence n'est pas possible au sein de l'ordre.
- Mais c'était il y a des milliers d'années !

Le groupe avait continué sa route au fur et à mesure de la discussion. Cho et Chromie écoutaient calmement. Ils pénétrèrent tous dans un grand édifice.

- Regarde ce mur Yukata.

La jeune pandarène leva les yeux et découvrit une immense tapisserie qui faisaient plusieurs mètres d'envergure et qui couvraient la totalité du mur au fond du bâtiment. Sur cette tapisserie brodée d'or avait été dessinée une falaise verdoyante. Au bas de cette falaise, la mer se jetait contre les rochers dans un fracas presque perceptible. Devant un ciel bleu et au bout de l'à-pic se tenait une pandarène rousse habillée d'une magnifique et ample robe rouge écarlate. L'air fier elle regardait de profil l'horizon où le soleil disparaissait. Le personnage ressemblait trait pour trait à Yukata.

- Mais c'est moi, c'est fou. C'est exactement la même image que sur le bout de parchemin que Ji m'a donné. Qui est-ce ?
- Oh tu le sais déjà. Le fondateur de l'ordre est représenté sur cette tapisserie.

Le coeur de Yukata rata un battement et une certitude s'insinua en elle.

- Quel était le nom de ce premier empereur ?
- Ce n'était pas un mais une impératrice, la première moniale, notre première dirigeante qui nous a menés à la victoire face aux Mogus. Qui a lancé la rébellion et qui est morte trop tôt, acheva Chute des Nuages avec une pointe de regret en se mettant à genoux suivi par Cho et Chromie. Elle portait le titre d'Impératrice et le nom de Yu Suika Itaku. Mais ses amis l'appelaient, vous appelaient, Yukata Fourrure de Feu. Vous revoilà parmi nous Impératrice.
- Il y a fort longtemps dans la Vallée des Quatre Vents-

Le rideau s'ouvrit lentement et la clarté de l'aube éclaira l'intérieur de la tente. Le filet de lumière remonta du seuil, traversa progressivement le sol en passant par-dessus des vêtements éparpillés pour atterrir sur les paupières d'une pandarène profondément endormie.

"La douleur ne partait pas, elle restait présente, insistante."

Le tissu de la tente était écarlate et le vent la faisait vibrer tendrement dans un léger murmure. Les habits qui jonchaient le sol étaient en toile de jute, un coffre était ouvert en grand et déversait des flots ininterrompus de cordes et de petits rochers taillés. Les bougies étaient éteintes et une fine fumée s'échappait encore de certaines d'entre elles.

- Ma dame... Réveillez-vous.

"Foutu mal de crâne, laissez-moi dormir !"

L'intrus fit un pas hésitant à l'intérieur de la tente. Il connaissait le caractère si particulier de son occupante. Elle avait l'esprit flamboyant comme sa fourrure, un tempérament de feu. Le problème étant qu'au vu du nombre assez important de vêtements à terre, celle qui occupait le lit ne devait pas être très habillée et sans doute pas seule. Il s'approcha cependant avec de plus en plus d'assurance jusqu'à arriver à hauteur du futon. Il osa un regard et put s'assurer très vite que Dame Yu était dans le plus simple appareil, il détourna les yeux aussitôt. Il chercha quelque chose avec lequel réveiller la jeune pandarène et trouva une tige de bambou remarquablement pointue. Il se mit alors à tapoter la dormeuse.

"Aïe, c'est quoi ce truc ? Laisse-moi dormir Thojo..."

- Hors de question de vous laisser dormir Dame Yu, vous vous transformeriez alors en loir.
- Arrête de m'appeler Dame Yu c'est ridicule... marmonna-t-elle tout en baillant et en ouvrant des yeux hagards. Mon père a été le chef de notre tribu, pas un roi et encore moi un empereur. Surtout pas un empereur, dit-elle en réprimant un frisson.
- Et comment vous appelez ?
- Appelle-moi Yukata et tutoie-moi comme je te l'ai demandé maintes et maintes fois Thojo.
- Mais je n'oserais jamais...
- Arrête je te dis, et donne-moi ma tunique pour l'amour de Niuzao au lieu de détourner le regard comme un idiot.
- Bien sûr ! Pardon ! Tenez.

Tout en fermant les yeux, il lui tendit sa tunique. En se relevant avec grâce Yukata l'enfila et fit des étirements dans la foulée. Thojo la regarda avec incrédulité et ne put s'empêcher de lancer un oeil vers le lit.

- Que cherches-tu ? demanda Yukata intriguée.
- Oh rien, rien du tout.
- Ou qui ?
- Ce ne sont pas mes affaires, veuillez m'excuser.
- Le chaos qui règne dans ma chambre n'est que mon fait, pas celui d'un autre. Tu me connais Thojo. Je ne suis pas ce qu'on peut appeler un modèle d'ordre. De plus, je n'ai pas encore trouvé celui qui m'accompagnera ici et après la mort. J'ai encore le temps pour ça, petit curieux ! ricana Yukata. Ma petite soeur quant à elle est bien plus versée dans ses choses-là et il me semble qu'elle a un faible pour toi.
- C'est vrai ? fit Thojo en feignant l'indifférence.
- Oui mais attention à toi, Aédé Patte-de-Feu a le tempérament fort et l'esprit d'aventure. Si la possibilité de s'en aller lui était offerte elle la saisirait immédiatement. Sa descendance sera vigoureuse et son désir d'en avoir une aussi, susurra Yukata en souriant de toutes ses dents.
- Vous êtes incorrigible ! s'emporta Thojo. Maintenant l'aurore est avancée, vous êtes notre chef quoi que vous en disiez et c'est vous qui devez mener les travailleurs aux champs. Vous savez comment les mogus traitent les retardataires.
- Au diable ces esclavagistes, grogna Yukata.
- Ne dites pas ça, on pourrait vous entendre ! Et d'ailleurs que faisiez-vous hier soir ?
- Je m'entraînais au combat.
- Quoi ?! fit Thojo horrifié en écarquillant les yeux. C'est votre pélerinage chez les Astres Vénérables qui vous a embrouillé l'esprit ! Vous avez reçu l'autorisation d'y aller eu égard à votre rang mais ne provoquez pas les mogus. Vous savez très bien que l'utilisation d'arme est proscrite. Encore aujourd'hui un mois après votre voyage les mogus nous font travailler deux fois plus fort pour rattraper le retard.
- Ecoute-moi bien Thojo, le combat n'est pas uniquement voué à attaquer. Savoir se défendre est légitime. De plus je n'utilise pas d'arme, l'art que j'ai développé n'en a pas besoin, c'est plutôt comme un exercice. Et tu as raison, admit Yukata, les Astres m'ont orienté sur la voie à suivre. Ils m'ont aussi prédit quelque chose, de peu réjouissant certes mais quelque chose tout de même, murmura-t-elle avec regret. Ton amitié m'est précieuse Thojo. Tout autant que l'avenir de mon peuple, et je ne parle pas seulement du village mais de la Pandarie.
- Promettez-moi que vous ne ferez pas de bêtise.
- C'est promis, affirma Yukata en prenant Thojo par les épaules et en plantant avec sérieux son regard dans le sien.

La vie d'esclave n'était pas simple en Pandarie. Les mogus et leur empereur dominaient le continent d'une main de fer. Les pandarens, les hozens et les jinyus, tous avaient été mis en esclavage pour effectuer des tâches dures et ainsi participer à la gloire de l'empire mogu. Personne ne s'était jamais soulevé contre eux, l'usage des armes par les esclaves avaient été interdites. Les pandarens vivaient dans des villages menés par des chefs qui répondaient directement aux responsables de l'empire. La faute d'un de leur villageois leur valait de nombreuses punitions dont des coups de fouet mais le dos de Yukata était vierge de toute marque. Être chef de village n'était pas de tout repos. Au centre-même de la Vallée des Quatres Vents, formé autour d'une colline, son village prospérait. Elle avait su inculquer à ses villageois le respect de l'harmonie et de l'ordre, mais pas le respect de ceux qui l'instauraient. Elle vouait une haine viscérale aux mogus qui lui avaient ravi son père, puis son frère ne laissant qu'à elle seule la responsabilité du village et de ses familles. Elle était responsable de chaque enfant, chaque homme et femme de sa tribu. Son pèlerinage auprès des Astres Vénérables, les dieux de la Pandarie, lui avait ouvert les yeux. Ce n'était pas du village dont elle était responsable mais de la Pandarie elle-même. Il lui avait surtout dit son destin, elle avait d'abord refusé, même pleuré mais on ne pouvait y couper et elle s'était alors préparée. Il fallait se défendre.

Lorsque Yukata arriva avec les siens sur les carrières de pierre à l'ouest de la vallée, elle aperçut immédiatement un rassemblement de pandarens qu'elle ne connaissait pas. Elle intima à ses villageois d'attendre mais Thojo parvint à la convaincre de le laisser venir. Ils s'approchèrent prudemment de l'attroupement et entendirent au fur et à mesure des exclamations retentir.

- Il est jeune, soyez indulgent ! s'exclama un pandaren.
- Ce n'est qu'un enfant, pardonnez-lui messire, implora une vieille hozen.
- Reculez, vous vous rebellez ou quoi bande de chiens ! hurla quelqu'un avec une voix très profonde puis le fouet claqua.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Yukata en arrivant aux abords de l'attroupement.
- Un jeune pandaren a fait tomber une pierre sur le pied du chef mogu... s'attrista une pandarène.
- Il est jeune, il ne l'a pas fait intentionnellement ? interrogea Thojo.
- Non, non, rassura la pandarène d'un air gêné. Imaginez un peu que ce soit le cas, il ne ferait pas long feu mais je crois bien que lui et son chef de village sont bons pour le fouet...

Yukata entendit alors le fouet claquer violemment devant et un hurlement retentit. Elle eut un mauvais pressentiment et elle écarta brusquement les gens devant elle pour voir ce qui était arrivé. Quand elle déboucha en titubant devant la foule elle faillit s'étendre au milieu de l'arc de cercle que l'attroupement maintenait autour de la scène. Là se tenait, féroce et gigantesque, le mogu en chef sur cette carrière. Il tenait le fouet le long de son corps. Sur la lanière en cuir, un peu de sang gouttait. Devant lui, un jeune pandaren tremblait et un pandaren plus vieux avec une longue barbe blanche le protégeait. Ce qui attira le regard de Yukata cependant ce ne fut pas ces trois-là. Une jeune pandarène rousse était étendue sur le sol et elle tentait de se remettre debout. Une longue estafilade au niveau des yeux barrait son visage et le sang coulait abondamment.

- Aédé !!!
- Yukata ? fit Aédé en tournant la tête dans tous les sens, désorientée.

Yukata se précipita auprès de sa soeur tandis que Thojo restait immobile, pétrifié. Aédé sursauta quand elle la prit par le bras. Yukata, sans voix, remarqua que sa soeur ne la voyait pas et ce même lorsqu'elle posait sur elle ses yeux blessés.

- Je n'arrive pas à te voir soeurette...
- Le sang doit te brouiller la vue, la rassura Yukata tout en sachant ce que cela signifiait. Ca va aller, dit-elle en lui caressant les cheveux.
- ...Qui es-tu toi ? fit une grosse voix.
- Peu importe qui je suis, grogna Yukata en se tournant vers le mogu, je ne suis qu'une de vos esclaves excédée par vos agissements. Cela n'a que trop duré.

Yukata se releva et leva un regard froid et mordant au mogu qui recula instinctivement.

- Tu es la jeune Fourrure-de-Feu du centre de la vallée. Nous t'avons laissée faire ton voyage et c'est comme ça que tu nous remercies ?

Il leva son fouet rapidement et l'abattit avec force. Yukata le saisit au vol ce qui le fit s'enrouler autour de son bras. Elle tira avec force sur la lanière de cuir ce qui déstabilisa le mogu et le fit basculer en avant. Dans un magnifique salto arrière, elle envoya au tortionnaire un coup de pied d'une violence inouïe qui le fit s'envoler pour atterrir tête la première sur le sol de la clairière.

La foule resta muette de terreur. Ce que cette jeune pandarène venait de faire ne signifiait rien d'autre qu'une mort certaine pour elle et son village. Le mogu se remit tant bien que mal debout et la toisa avec une haine indicible.

- Tu vas mourir jeune inconsciente.
- Cela arrivera de toute façon quoiqu'il arrive, ainsi sont les lois de notre monde. Libre à moi de parvenir à cette mort comme il me l'entend, rétorqua-t-elle à l'esclavagiste avant de se tourner vers la foule. Vous tous, écoutez-moi ! Assez de tout ça, reprenez-vous et affrontez ces monstres ! Votre corps est votre arme, vous seul avez les moyens de sortir du joug de ces oppresseurs.
- Comment as-tu fait ça ? interrogèrent plusieurs voix.
- C'est le pandashan, un art de combat où le corps doit repousser les limites pour se défendre et combattre seul. Je vous apprendrai à tisser la brume et à marcher sur le vent.
- Et à brasser nos bières ? se moqua un gros pandaren avec nervosité.
- Pourquoi pas, après tout. Si tu apprends à lancer un tonneau comme il le faut.
- Assez ! hurla le mogu sentant avec effroi un mouvement s'insinuer autour de cette trouble-faite.
- Quel est ton nom ? renchérit le gros pandaren suivi par de nombreux autres dont la vieille hozen et le vieux chef à la longue barbe blanche.
- Yukata, dit avec force Aédé en se relevant.
- Yu Suika Itaku, fille de Jyu, ajouta doucement Thojo en se dirigeant vers Aédé et en enroulant délicatement un morceau de tissu autour de ses yeux.

Le silence se fit. Les gens se regardèrent et tous acquiescèrent, les pandarens, les hozens et les quelques jinyus présents. Ils se mirent à genou devant elle. Alors retentit le nom de celle qui changea à tout jamais le destin de son peuple.

"Gloire à Yu Suika Itaku, fille de Jyu, l'impératrice que nous avons choisie !"
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