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Praetoria

Par Suède

Praetoria

Je suis allongé sur l'herbe, et tout va bien. Je ne pense à rien d'autre qu'à elle. Ses grands yeux, d'un bleu si profond qu'on a l'impression que des étoiles vont les éclairer d'un moment à l'autre. Et ses longs cheveux blonds, qui me font penser aux champs de blé de mon enfance, ces soirs de printemps, où le temps clément nous permettait de courir à travers les paysages, sous un soleil vespéral orangé... Je ferme les yeux, heureux.

Il était tôt lorsque mon aide de camp vînt m'apporter ce qui me servit de petit-déjeuner. Un bout d'os à ronger et une bouillie de racines avec de l'eau sommairement chauffée. Dehors, le vent soufflait, et une pluie éparse rendait le temps aussi détestable que cette guerre qui ravageait la région depuis plus de deux mois. Mais les hommes étaient heureux, malgré tout. L'avancée ennemie avait été stoppée, et les troupes adverses commençaient même à reculer.

Je me souviens encore de notre arrivée. La cité était en siège avancé. Les troupes de gardes étaient décimées. D'ailleurs, si Ringdaal n'était pas une ville commerçante de premier plan, il est presque certain que jamais on ne nous aurait envoyé ici. Nous étions arrivés un soir d'automne. La troupe Praetorienne était assez peu nombreuse, mais notre vue réjouis le peu de défense qui restait.

L'Impératrice n'avait pas jugé nécessaire d'envoyer nombre de soldats. Je me voyais alors confié la tête de notre phalange, forte d'une centaine de soldats. Nous étions appuyés par une cinquantaine d'archers, emmenés eux par le Centurion Lincha. Et c'est donc avec une force de cent-cinquante hommes que la Praetoria opposa une vive résistance les premiers jours.

Les combats n'étaient pas difficiles. Les assaillants n'étaient pas, ou peu, organisés. Souvent, la simple vue de nos montures suffisait à les effrayer. Ce n'était là que des hordes "barbares", issues des forêts avoisinantes. C'était certain. Ce qui m'inquiétait d'avantage, c'est la raison qui les avait poussé à en sortir et à attaquer une cité comme Ringdaal. Et surtout, qui était derrière eux, pour les organiser et les mener correctement à la bataille.

Une semaine après avoir pris nos quartiers, nous commencions déjà à reprendre l'avantage.

Au cours d'un après-midi, nous avions réussi à reprendre une butte, point central d'une vaste plaine. Nous y établîmes un avant-garde, puis un camp gardé. Nos ennemis se montraient de moins en moins. Un matin, alors que ceux-ci avaient tenté une audacieuse incursion, Lincha me proposa de porter un coup fort. C'est ce que nous fîmes.

Les archers Praetoriens se tenaient derrière les légionnaires. Passant mes troupes en revu, je voyais leur supériorité dans leurs yeux, leur assurance. Ce qui faisait notre force. J'hochais la tête, et Rhys, notre porte-étendard, souffla dans la corne. À ce signal, je m'élançai vers les rangs adverses, entraînant dans mon sillon la centaine de soldats qui piétinaient d'impatience. À notre approche, beaucoup d'ennemis rompirent les rangs pour sauver leurs vies. Les rares braves qui restèrent en place tombaient sous nos coups. L'odeur du sang montait de la bataille. Et elle nous rendait encore plus fous. Je frappais de ma lame, tambourinais de mon bouclier. Ca et là, les féroces tombaient. Les yeux exorbités, la mousse aux lèvres, l'ivresse du combat ne pouvait rien contre le martèlement implacable de nos troupes. Nous avancions sur eux comme au travers d'un champ de blé, dont la mortelle moisson nous rapprochait, de pas en pas, d'une trêve.

Les fuyards étaient repris par la précision des archers de Lincha. Presque chaque flèche fusante abbatait un guerrier qui tentait de fuir.

La victoire était totale. Nous ne souffrions d'aucune perte. La vaste plaine était maintenant le festin des charognards, qui se repaissaient des cadavres de guerriers qui avaient vu la foudre fondre sur eux.

"- Seigneur, enterrons nous les corps ?

- Aucunement. Nous nous sommes battus, nous devons nous reposer. Que nos ennemis contemplent ce qu'il advient de s'opposer à la Praetoria."
Sur ce, je tournais les pas et regagnais ma tente.

Au cours des jours suivants, les escarmouches étaient peu nombreux. Les rares incursions ennemies étaient sévèrement mattées. Mais peu à peu, nous vîmes des oroucailles compléter les rangs barbares. Jusqu'au jour où un émissaire arriva au camp.

"- Le Seigneur Thrall a pris sous son aile ce peuple, et lui a octroyé ces terres. Retournez chez vous, ou subissez sa colère.

- Orc, jamais nous n'avons pourparler avec vous. Nous ne commencerons pas maintenant. Nous terminerons le travail entamé. Nous ne rentrerons chez nous que lorsque la menace sera écartée. Et ce, même s'il faut ajouter ta tête au bout de ma pique, lui répliqua Lincha."

Lincha était un impulsif, mais qui tenait pour dit ce qu'il annonçait. Je savais que le chemin du retour, cette tête puante, encore vivante pour le moment, ornerait sa monture.

"- Tu es bien sur de toi, Elfe. Je suis le Seigneur de Guerre Jorkk. Et Ringdaal sera mon fait de guerre." Sur ce, le chef Orc se leva et quitta le camp.

Le jour de la bataille, le vent soufflait donc. Cette bataille mettrait un terme à cette campagne.

J'étais sur le dos de mon cheval. Ma cuirasse étincelait, et la houppette de mon casque flottait au vent. J'étais entouré de dix de mes plus fiers guerriers. Devant moi, trois rangées de trente légionnaires. À ceux là s'ajoutaient les quelques soldats privés que le légat de la ville mis "gracieusement" à notre disposition. (Celui là, je l'aurais volontiers laissé croupir dans sa défection, et meugler de peur au moment où l'Orc l'aurait ouvert par le ventre pour le vider de ses tripes puantes). Derrière, Lincha et ses archers. Ils couvriront les fuites ennemis.

À mon signal, Cerber, l'un de mes plus fidèles sergents, mena les légionnaires au front. Les adversaires étaient plus nombreux, mais notre tactique et notre envie de vaincre comblait largement ce manque. Le choc fut rude, et contrairement à précédemment, les rangs orcs restèrent formés. Le froid rendait les coups plus durs. Les membres se rompaient sous les efforts. À l'odeur du sang et de la sueur, se mêlait les cris des premiers agonisants. Peu à peu, la masse barbare reprenait le dessus, noyant mes hommes.

Les premières salves des archers fusèrent, et les lignes arrières orcs souffrirent de nombreuses pertes.
Profitant de cette soudaine stupeur, dix cavaliers s'élancèrent sur la masse grouillante. J'entrais dans la transe du combat. Je levais et rebaissais le bras, et à chaque fois, je prenais une vie. Acharnement après acharnement, rage après rage, je voyais le nombre ennemi diminuer. Un rapide coup d'oeil et je voyais Cerber, menant toujours les légionnaires, et les arrangeant à aller toujours plus de l'avant.

Jorkk se démenait comme un beau diable. Lui aussi faisait un carnage. Et alors que j'allais m'élancer vers lui, il stoppa net. Une flèche venait de l'atteindre au niveau de l'oeil. Les plumes bleutées.. Lincha avait tenu parole. Je me retournai pour le féliciter de loin... Je n'avais pas vu la lance qui se levait vers moi.

Je suis allongé sur l'herbe, et tout va bien. Je ne pense à rien d'autre qu'à elle. Ses grands yeux, d'un bleu si profond qu'on a l'impression que des étoiles vont les éclairer d'un moment à l'autre. Et ses longs cheveux blonds, qui me font penser aux champs de blé de mon enfance, ces soirs de printemps, où le temps clément nous permettait de courir à travers les paysages, sous un soleil vespéral orangé... Je ferme les yeux, heureux.
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