Fanfiction World of Warcraft

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La vengeance d'un orphelin

Par Marsouth

Chapitre 1 : Vieux monsieur et Nathrezim

Chapitre 2 : Vision et descente de Griffon

Chapitre 3: Nouveaux compagnons et surprise de Baron

Chapitre 4 : Un ours, un gnome et un elfe en moins

PARTIE II : Prélude

PARTIE II - Chapitre I : Parmi les morts

Le jour se levait, aube dorée pleine de lumière, sur la cité de Hurlevent.

Pour Dorval, ce n'était qu'un jour comme les autres. L'enfant sorti de dessous le paravent de l'office d'accueil de la ville et se mit à courir par la ruelle contiguë au bâtiment en direction de la banque. Là, il s'assit et attendit.

En effet, chaque matin depuis qu'il était arrivé dans la ville, l'enfant guettait les aventuriers qui étaient de passage dans la cité. Des plus célèbres comme le chasseur nain Hargorn et sa guilde, qui avaient récemment vaincu un seigneur élémentaire dont il ne se souvenait plus du nom dans une lointaine contrée; aux plus anonymes qui s'engageaient pour protéger la proche Elwyn.

Dorval restait des heures et des heures à contempler ces elfes, gnomes, nains et hommes dans leurs armures rutilantes et à écouter le récit de leurs aventures. Dans ses rêves les plus fous, il espérait que lui aussi un jour il pourrait accomplir des quêtes héroïques et devenir un noble paladin, un courageux guerrier ou encore un puissant mage. La magie ... le domaine qui l'attirait le plus. Mais aucunes écoles d'armes ou de magie n'accepteraient d'entraîner un orphelin rescapé de la chute de Lordaeron, pensa-t-il avec amertume. Seuls les enfants de l'aristocratie ou quelques rares élus avaient cette chance. Malgré tout il s'estimait heureux d'avoir échappé au Fléau. La tristesse l'envahit quand il songea que ses parents et sa soeur n'avaient pas eu cette chance.

Vers quatorze heures, Dorval se leva et se dirigea vers le boulanger tout proche. Il attendit que celui-ci se tourne afin de hurler sa publicité habituelle, pour voler une belle brioche. Au moment où Dorval allait détaller en courant après avoir accompli son larcin, une elfe de la nuit à la chevelure indigo, vêtue d'une lourde cape sombre et armée de dagues mortelles, lui fit un clin d'oeil. Le sourire aux lèvres, le garçon s'en fut en courant. Quatre ans qu'il vivait de rapine depuis qu'il était arrivé ici. Il s'arrêta au milieu du pont qui reliait le quartier commerçant à la vielle ville et ferma les yeux, quelques morceaux de souvenirs flottaient dans son esprit : il voyait de jeunes gens souriant dans les villages, en train de discuter paisiblement, s'effondrer brusquement pour se relever en monstres et se mettre à massacrer leurs frères, parents, amis... Cependant, il allait avoir douze ans. Il rouvrit les yeux, non ! Il avait douze ans ! Ce n'était finalement pas un jour comme les autres et Dorval repartit en courant.

* *


"Dame Prestor !"

Katrana Prestor ferma les yeux, raffermit sa prise sur son bâton et répondit "Oui commandant ?" "Les nouvelles de nos troupes sont mauvaises Ma Dame, les Orcs du Mont Rochenoir ont lancé une nouvelle attaque sur la Veille, ils ont été repoussés mais au prix de beaucoup de sacrifices et ils ont tout de même réussis à installer de puissants avant-postes".

Grande, mince, vêtue d'une simple robe rouge, Dame Katrana Prestor était une noble aristocrate proche conseillère du Roi, arrivée dans la ville quelques mois auparavant en se présentant comme la fille de Daval Prestor. Elle avait alors rapidement gravit les échelons de haute société de Hurlevent.

"Autre chose commandant ?"

"Oui Madame, nos alliés de Théramore rapportent que des dragons du Vol noir ont attaqué leurs bases dans les Marais des Chagrins" Dissimulant un large sourire, la politicienne demanda : "Quoi d'autre ?" "Madame, le Roi a été enlevé ce matin !". Imperturbable, l'aristocrate répondit "En ce cas avez-vous prévenu Bolvar ? Ainsi que notre prince bien aimé ?" "Non madame, j'y cours ".
"Imbécile" pensa-t-elle une fois le militaire parti. Puis dans tout le hall royal résonna avec force une voix profonde :" C'est le début de notre règne mon frère !"

* *


Trois ans plus tard...
Le silence de la nuit pesait sur la cité de Hurlevent . Près de l'auberge de L'Agneau Assassiné, dans le quartier de la magie, une ombre silencieuse se glissait devant la porte. Après avoir crocheté la serrure, Dorval poussa la porte de l'auberge et se faufila jusqu'au comptoir où reposait des plats non achevés de nourriture.

Le jeune homme ouvrit sa besace et tendit la main en direction d'une assiette garnie de mets divers quand il entendit des bruits étranges provenant du fond du bâtiment. Il tourna la tête dans cette direction et s'y dirigea, oubliant complètement la nourriture. Dorval tata à travers les toiles tendues sur les murs et perçu une ouverture. Il arracha les tentures qui révélèrent un couloir qui descendait, faiblement éclairé par des torches le long des murs. Le garçon s'avança, écoutant toujours les bruits mystérieux provenant du fond du couloir. Lorsqu'il fut arrivé en bas, le spectacle qu'il y découvrit le laissa bouche bée.

Une dizaine de sorciers étaient en cercle dans une grande pièce construite en brique noire. Contre les murs étaient disposées des tables sur lesquelles reposaient d'antiques manuscrits, de vieux parchemins et de mystérieuses décoctions. Une longue dague, qui brillait d'une aura ténébreuse était également posée sur l'une de ces tables.

Les sorciers proféraient des phrases (sûrement des formules magiques) que Dorval ne parvenaient pas à saisir. Tous les magiciens avaient leurs deux mains grandes ouvertes, l'une le long du corps l'autre tendue devant eux et dans lesquelles brillait une flamme sombre. Tandis que l'assemblée de mages semblaient être en transe, une tornade sombre grandissait au milieu du cercle.

Dorval n'osait avancer de peur qu'on l'aperçoive. Cinq bonnes minutes passèrent puis les incantations cessèrent, la tornade avait disparu.
Soudain une créature immense apparue au centre du cercle, avec une peau blanche, deux longues cornes au niveau du front, des sabots en guise de jambes, de grandes ailes pourpres parcourues de rainures blanches et dotée d'une armure d'un autre monde. Le monstre balaya la salle de son regard de ténèbres.

Dorval s'était réfugié dans l'embrasure du couloir et observait toute la scène. Un vieux sorcier aux cheveux gris, à l'allure fatiguée, avec de petits yeux et un menton fuyant s'écria : "OUI !!!! AH, AH !! Tu es miens Nathrezim ! Je te contrôle ! Je te AAAAAAAaaaaarrrgghghh !!"
La créature posa les yeux sur le sorcier tandis que celui-ci hurlait à mort, en proie à d'atroces souffrances. Le "Nathrezim" parla alors d'une voix glaciale : "Misérables et cupides mortels ! Vous croyez pouvoir me contrôler, moi ? Goûtez alors à la puissance du Nathrezim ! "
Le monstre rugit ces dernières paroles et brandit sa main crochue. Tous les sorciers périrent sur le champs à l'exception du vieux mage qui continuait de hurler.

Dorval était pétrifié, il ne savait que faire. Tandis qu'il hésitait, terrorisé, un homme de haute stature passa en courant à côté de lui et le jeune garçon le reconnu aussitôt, c'était l'archevêque Bénédictus. Celui-ci leva sa main d'où jaillit trois éclairs successifs qui vinrent frapper le monstre.
"Ah ?! La lumière ? C'est tout ? Meurs ! " rugit le démon en envoyant de sa propre main un éclair vert et noir qui traversa la salle dans le sens contraire. Le grand prêtre imperturbable prononça quelques mots inaudibles et un mince filet d'or protecteur dévia le sortilège de ténèbre. Bénédictus commença alors à incanter et dans ses mains jointes, grossissait une boule aveuglante de lumière. L'ecclésiastique dit alors avec force : "Sois détruit par le châtiment de la lumière démon !" Il projeta alors la boule qui heurta la créature et la réduisit en un tas de cendres.
L'archevêque posa un regard chargé de mépris sur le vieux sorcier et dit : "Je vous avais pourtant interdit ! Andromath vous avait également avertit que ce genre de magie était totalement proscrite !"

Faiblard, encore foudroyé par la puissance du démon, le mage articula : "Je le tenais" Il se mit à larmoyer comme un enfant "Il m'a échappé, Il...." Dorval sortit alors de sa cachette et balbutia : "Monsieur l'archevêque, qu'est-ce que c'était ?"
"Un Nathrezim, un démon extrêmement puissant, qu'aucune volonté humaine ne peut ni contrôler, ni asservir ". L'homme qui avait prononcé ces mots, Dorval le reconnu également immédiatement, était le Haut Sorcier Andromath, tout comme Bénédictus, Andromath était une personnalité connue et respectée de Hurlevent.

"Nous vous avions averti Azgurl et vous nous avez ignorés cordialement si je puis dire, et pour cela, vous irez terminer vos jours dans la Prison de la ville !"
Azgurl s'étrangla :" Quoi ? Mais ses détenus ont échappé au contrôle des gardiens, c'est la révolution, je vais ..."
"Mourir ? coupa Bénédictus , Probablement , c'est pour cette raison que vous y allez " Andromath se tourna vers Dorval : "Que faisiez vous ici, jeune homme ? "
"Hum ! Je me promenais quand j'ai entendu des bruits étranges et je suis... entré " Le haut sorcier leva un sourcil, signe qu'il n'était pas très convaincu, mais ne fit pas d'autres commentaires. "Bien dit Bénédictus, Andromath pourriez-vous ... ?" Le Haut sorcier prononça quelques mots incompréhensibles et tous trois, les deux mages et l'ecclésiastique disparurent. Dorval encore tout étourdit par les événements de la soirée s'approcha des restes du démon. Au milieu du tas de cendres gisait une petite boule noire, il la toucha du bout des doigts.Une douleur fulgurante le traversa alors de part en part, il grogna et s'évanouit.
Un ciel déchiré par les éclairs... Le grondement du tonnerre... Une terre rouge comme le sang...
Des centaines de démons à perte de vue....
Une silhouette gigantesque proférant des paroles dans un langage maudit...

Une arche de pierre immense dans laquelle brille d'une lueur bleue intense...
Un crépitement se fait entendre, la lueur de l'arche se mut en un tourbillon verdâtre. Soudain la créature et les démons disparurent... Puis une voix déformée, provenant de l'arche, murmure : "Emprisonner pendant dix mille années...

Banni de ma propre patrie... Et vous osez pénétrer dans mon royaume ? " Elle se met alors à rugir : " VOUS N'ÊTES PAS PRÊTS !!! "

Une voix plus claire, une voix humaine, se fait alors entendre : " Peuples de ce monde, royaumes et contrées doivent être prévenus ! Le portail vers Draenor a été ré-ouvert et Illidan Hurlorage nous y attend !! "

*



Dorval se réveilla en sursaut, couvert de sueur. Une douleur au crâne le lançait tandis que les images de sa vision disparaissaient petit à petit dans un brouillard. Sans qu'il ne sache pourquoi le garçon se sentait... différent.
Il se mit debout. Son regard se posa sur le centre de la pièce, les cendres n'y étaient plus. Dorval leva les sourcils, où étaient-elles ? Il se remémora alors les événements de la veille, il ne comprenait toujours pas pourquoi il s'était évanoui.

Il décida de remettre ses questions à plus tard, il tendit la main vers sa besace qui était tombé lors de sa chute inconsciente.
Dorval poussa un cri d'effroi, sur sa main gauche était apparu un signe. De plus en plus étonné, le garçon ramassa sa besace et s'en fut.

Arrivé dehors, le crépuscule tombait. Il avait donc été inconscient presque deux jours ! 
Il avait cependant à faire, il devait absolument trouver quelqu'un qui puissent le renseigner sur ce qui lui était arrivé. Quand il était petit, son père lui parlait régulièrement des démons et de leur histoire, mais surtout que les premiers Azerothiens à les avoir rencontrés étaient les elfes. C'était donc décidé, il partirait pour Darnassus.

Tandis qu'il marchait, il sentit que ses sens étaient plus développés, plus...mures..., ses sensations lui paraissaient différentes... moins.. comme avant....moins ....humaines. 
Dorval monta les escaliers qui menaient au perchoir des griffons de la cité. Là, il demanda une monture pour le Port de Menethil. Le maître des griffons lui répondit : " Quinze pièces d'argent, petit ! ".

Le jeune homme pesta intérieurement tandis qu'il payait, toutes ses économies envolées !

Moins de dix minutes plus tard il franchissait les monts qui menaient aux Steppes Ardentes. L'air se fit plus rare en oxygène, plus toxique, chargée en cendres et en magie noire.
Quoi ?! Comment savait-il cela ? Il avait de plus en plus hâte d'en savoir plus sur ce qui lui était arrivé.

Tandis qu'il était plongé dans ses réflexions, un éclair frappa sa monture et l'abattit en plein vol.
Dorval hurla de terreur en tombant, mais arrivé à dix mètres du sol, il se mit flotter dans les airs, comme une plume, pour arriver face à un homme mystérieux.

Vêtu d'une armure et de brassard en argent, d'espauliers en tissus noirs couvert de runes étranges ainsi que d'un kilt noir également, l'homme ressemblait aux mages qui étaient morts dans la cave deux jours auparavant. Sur son visage deux énormes cicatrices lui striaient la peau. Verticales, elles partaient du front jusqu'à la bouche en passant par ses...orbites...vides. 


" Voilà des années que je n'ai pas vu un cas pareil", dit l'homme. Peut être même le premier de ma longue vie.

" Bonjour Dorval je suis Mor'zul, dit le Porte-sang".


 Dorval rétorqua : " Vous m'abattez ma monture au-dessus des Steppes ardentes, je manque de mourir en m'écrasant, tout ça pour m'annoncer que je vais servir de sujet d'études ? "

"Premièrement, mon garçon tu ne peux plus mourir comme n'importe quel mortel, soit en t'écrasant dans le cas présent, répondit doucement Mor'zul. Secondement, je t'ai fait venir ici pour répondre à tes autres questions et t'aider à maîtriser tes pouvoirs ".
"Mes.. ?"
"Pouvoirs, oui, car en touchant les restes du Démon, tu t'es approprié ses pouvoirs. De ce fait, tu es devenu l'un des nôtres, un démoniste !"
Dorval regardait Mor'Zul bouche bée. Il parvint tout juste à articuler : "Comment ? Je n'ai... je n'ai jamais....C'est impossible ! Je n'ai jamais montré aucun don pour la magie !"
Le Porte Sang éclata de rire : "Impossible ? Permet moi d'en douter ! La marque que tu portes sur ta main gauche, ton rêve, tes nouvelles sensations, tout cela est une manifestation de tes pouvoirs !"

Le garçon réfléchit attentivement, l'explication de cet homme était plausible. Cependant, il refusait d'y croire, c'était trop beau !
"Prouvez-le moi !" dit-il.

"Mais tu vas toi-même te convaincre de tes capacités, voici une formule toute simple destinée à détecter la présence de dons magiques chez de jeunes apprentis, si comme je m'y attend, tu en possèdes, une lueur devrait illuminer ta marque." répondit le maitre démoniste.

Dorval mémorisa la formule et se mit à l'incanter.
"Concentre toi !" lui souffla Mor'Zul.

Le garçon récita alors la formule avec plus d'entrain, il y mit toute son espoir de changer de vie, d'échapper à sa misère dans les rues crasseuses de Hurlevent, il y mit son envie dévorante de devenir un de ces aventuriers qu'il avait tant envié !

Soudain sur sa main gauche apparue, non pas une simple lueur, mais une flamme flamboyante de couleur indigo. Dorval leva les yeux vers le Porte Sang et murmura d'une voix rauque, emprunte d'excitation : "Apprenez-moi... Apprenez-moi tout !"

****


Les cendres brûlaient leurs gorges....
La poussière s'insinuait sous leurs lourdes armures, collait à la peau...
L'air était presque irrespirable....
Les membres de la guilde "Nihilum" montaient les dernières marches qui les conduisaient sur le toit du Temple Noir, dans la Vallée d'Ombrelune en Outreterre, accompagnés d'Akama le draeneï roué et de Maiev, l'ancienne geôlière dupée d'Illidan.

La bataille pour parvenir jusque ici avait été une vraie boucherie, dix des vingt-cinq membres que comptait l'expédition avaient péris. Maarl le paladin, Nunca la chamane, Kaerl le druide et bien d'autres, perdus à jamais; pensait tristement Vaq, le chef de la guilde, le coeur lourd.
"Vaq ! Reprend toi ! Nom d'un chien ! Il est là !" beugla quelqu'un

Le mage se secoua, ce n'était pas le moment de flancher !
Les derniers membres de l'expédition se placèrent selon la stratégie convenue.

Une dizaine de mètres devant eux, agenouillé, se tenait Illidan Hurlorage, contemplant un crâne. Sa peau était d'un gris presque blanc. Sur sa poitrine, on pouvait percevoir des signes arrondis tatoués.

Entre ses longues oreilles et sa tête, un ruban noir était posé devant ses yeux, cependant une lueur verte émanait du regard du démon. Au niveau du front, d'immenses cornes courbes pointaient vers le ciel ténébreux de la Vallée d'Ombrelune.

Lui tenant lieu de jambes, de longues pattes parsemées d'un épais pelage drus se finissaient par des sabots. Dans son dos, de grandes ailes fripées étaient repliées.
Brusquement le Traitre se releva, se tourna vers le grand draeneï qui accompagnait les membres de Nihilum et s'exclama d'une voix forte : "Akama... Votre duplicité est à peine surprenante...J'aurais dû vous tuer il y a bien longtemps !"

Le roué sorti deux longs cimeterres aux reflets dorés de leurs étuis de cuir et répondit : "Nous sommes là pour mettre fin à ton règne ! Le peuple d'Outerre doit être libre !"

Le démon railla, brandissant son bras d'une pâleur cadavérique : "Bien essayé, mais je reste convaincu de ma suprématie !"

Akama se tourna alors vers les aventuriers : "Le moment est venu héros ! Attaquez !"
Une clameur s'éleva dans les rangs de Nihilum, puis les guerriers, paladins et voleurs chargèrent. Les mages, prêtres et druides déchaînèrent leurs pouvoirs tandis que Illidan fit apparaitre dans ses mains crochues deux immenses lames vertes et cria : "Vous n'êtes pas prêt !".

****


Une année s'était écoulée depuis que Dorval avait débuté sa formation. Une année passée à se plonger dans de vieux parchemins, à réciter d'antiques formules pour apprendre à maîtriser l'ombre et la flamme, sources de pouvoirs des sombres démonistes.

Dans ses moments de doutes le garçon repensait à son arrivée à Hurlevent et à sa vie d'avant.
Ses seuls souvenirs étaient ces images, des gens tranquilles, discutant paisiblement, s'effondrant brusquement et se relevant en zombies décharnés et meurtriers...
Dorval fouillait parfois sa mémoire à la recherche de souvenirs de ses parents pendant des heures mais rien ne venait.
Cependant, sa puissance magique n'avait cessée de s'accroître, le consolant quelque peu et le grisant...Incroyablement !

Son maître voyait en lui un apprenti doué. Le lancement d'un éclair d'ombre, l'extraction de l'énergie d'un ennemie, l'invocation d'un diablotin ou d'une succube du Néant avaient été des exercices simples pour le jeune démoniste.
Le repère du Porte Sang était situé non loin du Mont Rochenoir. Là-bas, nombre de sorciers et exhalombres résidaient. Afin de tester ses compétences nouvellement acquises, Dorval était allé régulièrement les affronter. Ses talents lui avaient valût une certaine réputation chez les orcs comme chez les nains sombrefers.
Un jour, son maître lui avait lancé un défi qui consistait à se procurer certains artefacts dans le but d'invoquer un démon infernal, une puissante créature démoniaque aux pouvoirs dévastateurs.

Dorval avait donc dû rechercher et trouver trois gemmes. Celles-ci venaient des quatre coins d'Azeroth. La première provenait d'Azshara, gardés par des Satyres. La seconde des Terres Foudroyés, détenue par les sentinelles corrompues de la Porte des Ténébres. Enfin la dernière était dans une forteresse, le fort des ombres, à Jaedenar, en Gangrebois. Une fois les trois pierres en sa possession, le jeune apprentis avait affronté le puissant Kroshius, un démon infernal qui était en Azeroth depuis des millénaires. Après un âpre combat, Dorval avait récupéré le noyau de la créature. Une fois ces artefacts trouvés, le jeune homme pouvait convoquer par sa seule volonté un démon terrible qui lui était entièrement soumis.

Fier de lui, le garçon rentra alors au repaire de son mentor. Mor'Zul le félicita et lui dit : "Bien, excellent même ! Il te reste une ultime étape avant que tu deviennes un véritable maître démoniste."
Curieux, Dorval demanda : " En quoi consiste-t-elle ?"

Un sourire malicieux apparu sur le visage du Porte Sang qui répondit : "Nous sommes des magiciens s'étant tourné vers les arcanes du Néant. Nous sommes caractérisés par d'immenses possibilités, la maîtrise des démons, de l'ombre et des flammes. Tu as vu à Hurlevent, des sorciers qui tentaient d'invoquer un Nathrezim et cela constitue ton ultime étape, convoquer un Nathrezim mais également entrer en lui afin s'en approprier la puissance !"

"C'est impossible, aucune volonté humaine ne peut les contrôler !" coupa Dorval
"C'est absolument faux ! Les sorciers de Hurlevent sont des faibles ! Pendant ton voyage, j'ai localisé un grimoire écrit il y a fort longtemps qui indique comment s'y prendre ! Si tu trouves le livre, je t'enseignerai par son biais cet ultime tour de force et tu deviendras un véritable démoniste aux pouvoirs incommensurables !"s'exclama le Porte Sang.

Etourdit, le garçon se voyait déjà réussir, ce serait le couronnement d'une année d'entrainement intensif, il deviendrait un puissant sorcier, écrasant ses ennemis, réduisant ses adversaires à néant. Il rêvait déjà, grâce à ses pouvoirs, de défier les plus grands mages de Hurlevent. Revenant alors de ses rêveries, il demanda : "Vous m'aviez dit que vous aviez localisé le manuscrit, où est -il ?".

Mor'Zul répondit : "Le grimoire a une longue histoire que je t'épargnerai, il a traversé bien des époques et bien des guerres. Par un concours de circonstances, c'est un chevalier de la mort du Fléau qui l'a désormais. Il s'agit du Baron Vaillefendre, qui règne en maître sur la cité maudite de
Stratholme !".

Dorval sentit une sensation froide remontée le long de son échine. Stratholme... Des images se mirent à défiler dans sa tête à une vitesse vertigineuse...deux paladins qui se disputent.... Une ville en flamme...
Il sentit également monté en lui une colère sourde à l'évocation du Fléau. Lorsqu'il avait affronté des morts-vivants, il l'avait déjà ressenti cette émotion, mais il ne savait pas pourquoi. C'était un sentiment étrange. Il haïssait les morts-vivants sans connaître l'origine de cette haine.

Le garçon parla alors d'une voix assurée : " Je serai de retour dans une vingtaine de jours ! Je ramènerai ce livre et deviendrai un véritable démoniste !". Il prit son bâton, se vêtit d'un lourd pardessus noir et se dirigea vers la porte du repère.
Mor'Zul le regarda s'éloigner, sous le ciel rougeoyant des Steppes Ardentes avec un mystérieux sourire aux lèvres.

****


"Il y a un fou qui veut aller à Stratholme ! Amenez-vous !".
Confortablement installés dans l'auberge de la Rose dorée à Hurlevent, Azazrel l'elfe, Nimby le gnome, Hargorn le nain et Ïay le draeneï se regardèrent, abasourdis.
Le nain dit de sa voix gutturale : "Plus personne de s'est aventuré dans Startholme depuis....".
"Depuis l'ouverture de la porte des ténèbres !" coupa la voix douce d'Azazrel.
"Surtout que les artefacts magiques de cet endroit sont dépassés ! Tout le monde va en Outreterre, l'or y coule plus vite !" renchérit Nimby de sa voix fluette.
"Allons voir cet imbécile !" ricana Ïay.

Mais ils ne trouvèrent pas du tout un imbécile. Au centre d'une place, devant le donjon royal de la cité, les habitants de la ville se regroupaient.
La foule s'était rassemblée devant un humain, visiblement encapuchonné, tenant dans sa main gauche, un bâton. Il s'exclama d'une voix forte : "Je cherche quatre aventuriers courageux pour lancer une attaque éclair à Startholme dans les Maleterres de l'est. Vous pourrez prendre tout ce que vous voulez, je ne cherche qu'un simple grimoire pour ma formation ! Je sais que ce genre de voyage pourrait paraître inutile par les temps qui courent mais pour ceux et celles qui n'ont pas acquis suffisamment de puissance pour s'engager sur le front en Outreterre, ce genre d'expédition reste un moyen substantiel de ..."

"Vous avez tout dit, jeune homme !"
Un guerrier à la mine sinistre et patibulaire se détacha du rassemblement : "Lequel d'entre nous s'aventurerait dans un endroit aussi dangereux et maudit sans l'assurance d'y trouver une récompense qui payerait ses efforts ?".

Hargorn lança : " Moi et mes amis sommes prêts à le faire, si cet étranger nous paye une tournée de bierre tonneblonde !". La foule éclata de rire.
Le guerrier sourit et reprit : "Hargorn... Le célèbre chasseur nain à la retraite...Renomé pour avoir terrassé par le passé le Seigneur élémentaire Ragnaros ! Maintenant plutôt connu pour sa très nette tendance à se saouler dans quelques litres de Tonneblonde !"
Le silence se fit.

Le nain répliqua doucement : "Certe après la chute du seigneur élémentaire, j'ai pris une retraite bien... méritée, avec quelques petites...douceurs. Mais je suis prêt à en sortir, car ce que ce jeunot me propose m'a bien l'air d'une véritable aventure ! Et non pas d'un "service" rendu à l'Alliance contre des sommes astronomiques qui endettent mon pays et ma faction ! Combien Ivar ?! Combien ?! Dix millions de pièces d'or pour toi et ta guilde afin de lancer un raid contre le Seigneur Kazzak ? Raid qui, aux dernières nouvelles, à échoué !"
Le guerrier foudroya le chasseur du regard, mais ne répliqua pas.

L'inconnu retira son capuchon. Quand son visage fut à découvert, une clameure parcourue l'assistance. Un boucher de la vielle ville hurla : "Dorval , sale voleur, tu me dois vingt livres de viande , au moins, avec ce que tu m'as volés pendant toutes ces années !". Une tisserande du quartier des mages surenchérit : "Et moi alors ? Ce misérable me doit quatre rouleaux d'étoffes de Darnassus !"
Un boulanger ouvrit la bouche, mais le dénommé Dorval lui coupa la parole d'un geste :
"Commerçants de Hurlevent, je vous fais mes excuses pour mes larcins d'enfance. Je vous remercie également, car sans vos produits, je n'aurai pas pu survivre. Je vous promets un remboursement, avec intérêts, de mes dettes. Mais en attendant, je repose ma question, qui me suivra à Stratholme ?"

Un sourire éclaira le visage du vieux nain Hargorn : "Moi je te suivrai !". Le petit gnome à ses côtés dit à son tour : "Moi aussi !". Azazrel murmura : "Ich'nöu â là ! Je viendrai aussi !"
Les trois amis se tournèrent vers Ïay, celui-ci grogna : "Non, pas cette fois les gars, je suis d'accord avec Ivar, je ne viendrai pas !".

Dorval remit sa capuche et siffla, quatre griffons apparurent dans un bruissement d'ailes et les nouveaux compagnons partirent vers les ténèbres et la maladie, vers Stratholme.

****


Les quatre griffons volaient à tire-d'ailes dans le ciel noir des Maleterres de l'est. 
Dorval se tenait sur le premier, couleur ébène, sa longue cape claquant dans le vent. Sur le deuxième au plumage d'un blanc immaculé, Nimby gardait fermement les rennes de sa monture.

Le jeune sorcier et lui discutaient : "Dis-moi, jeune homme, voyons ce que ton maître t'a enseigné, quels sont les quatre états de la magie?"
Dorval réprima un ricanement et répondit : "Aahh ! C'est l'habituel sujet de dispute entre les démonistes et les magiciens. Il y a six états magiques : Le feu et le givre arcanique, l'arcane simple et celui du Néant, ou ombre qui se divise en deux sous états, la nécromancie et la démonologie; et enfin la puissance des éléments . Vous autres, messieurs du Kirin Tor, du haut de votre grand savoir, vous ne considérez même pas le chamanisme comme de la magie !".
Le gnome éclata de rire : "Mon jeune ami, j'ai beaucoup voyagé, moin que mon frère, il est vrai, mais je suis entièrement d'accord avec toi, il y a effectivement six états. Mais le Kirin Tor est étroit d'esprit et nous enseigne une version dogmatique de la magie."

Le démoniste parut surprit de la réponse du magicien et tous deux continuèrent à palabrer au sujet de la magie et de ses diverses applications.
Sur les deux derniers griffons aux robes de bronze, Azazrel et Hargorn se remémoraient leurs souvenirs de jeunesse : "Te souviens-tu de nos dernières quêtes dans ces plaines maudites, le nain ?" dis l'elfe en promenant son regard sur les alentours. "Et comment ! Tiens on aperçoit notre destination, la chapelle de l'Espoir de la Lumière ! ON ARRIVE !" hurla Hargorn aux deux autres.

Quand les griffons furent au sol, les quatre compagnons s'avancèrent à l'entrée du bâtiment religieux. Une voix grave résonna dans l'air : "Des visiteurs ! Vous ne combattez pas légion en Outreterre, aventuriers ?!".
Le général Maxwell Tyrosus sortit de la chapelle, son regard se posa sur Hargorn. C'était un homme grand, les cheveux d'un roux vif et le teint buriné. Son visage était marqué par des cicatrices, témoignage de nombreuses batailles que le Général avait essuyé.

Tyrosus avait fondé l'Aube d'argent six années auparavant, après qu'une dispute eut éclatée parmi l'état major de la Croisade Ecarlate dont il faisait parti. "Par la lumière ! Hargorn, le chasseur !"fit-il en reconnaissant le nain.
Son regard fit le tour de la petite assemblée qui se tenait devant lui : "Nimby ?! Le frère du grand Yimo ?"
Gêné, le gnome répondit : "Lui-même général.
-Votre frère est toujours membre de la guilde Eden Aurorae ?
-Il est mort mon général, dans une escarmouche aux Berceaux-de-l'Hiver.
-Croyez bien que j'en sois désolé !"
Puis Tyrosus reconnu Azazrel : "... Le sage Azazrel ! C'est un plaisir de revoir le druide de Darnassus !"
Enfin le général se tourna vers Dorval : "A qui ai-je affaire ?
-Dorval, démoniste, mon général.
-Rien que ça, un démoniste... Et qu'est ce qui vous amènes ici ?
L'elfe, le gnome et le nain se tournèrent de concert vers Dorval : "Je suis à la recherche... d'un manuscrit pour ma formation. Il détient des formules et des recettes dont j'ai besoin. Mon maître a localisé le manuscrit dans Stratholme. Mes compagnons sont ici pour m'aider dans cette quête."
Maxwell les regarda bouche bée : "Mais vous êtes complètement fous ? Le baron Vaillefendre garde cette cité comme la prunelle de ses yeux. Des centaines de morts vivants d'élite du Fléau sont arrivés du Norfendre il y a quelques mois. L'avant garde écarlate avait réussi à établir un bastion. Ce n'est qu'une ruine à présent, ils se sont tous fais massacrés !...
... Pour en revenir à Vaillefendre, c'est chevalier de la mort cruel, impitoyable et sanguinaire et même sans ses pouvoirs démesurés, c'est un combattant hors pair, vous ne reviendrez pas vivants de là-bas !"
Dorval répliqua avec rage, un éclat de folie brillait dans son regard : "Peu m'importe morts-vivants ou chevaliers de la mort, je tuerai quiconque se met en travers de ma route !"
Puis il disparut dans un "BANG !" sonore .
Tout retourné, Hargorn murmura : "Il faut que nous y allions, nous lui avons promis !"

Tyrosus lui répondit : "Essayez de trouver ce qu'à ce garçon contre le Fléau, on veut tous sa fin mais là, c'est n'est que haine et folie pures !".
Nimby, Azazrel et Hargorn prirent des montures dans l'écurie et s'en furent au galop vers la cité maudite.

Quand ils trouvèrent Dorval, ils n'en crurent pas leurs yeux, visiblement, des abominations, des mages désincarnés et des gardes squelettes avaient attaqué Dorval aux abords de Stratholme. Celui-ci se tenait droit sur un petit tas de terre, les deux bras en l'air, il hurlait des paroles incompréhensibles, son visage était déformé par un rictus de haine. Ses adversaires ne pouvaient l'atteindre. A chaque fois que l'un d'entre eux essayait, un éclair de feu venu du ciel le désintégrait. Au moment où, les morts vivants tentèrent un assaut groupé, de front, des gerbes de flammes fusèrent du corps du démoniste et les réduisirent en cendres.
Le jeune homme se tourna vers ses compagnons : "Nous camperons ici. Demain, nous entrerons dans la ville, à l'aube !". Puis il s'éloigna.
Deux heures après, Hargorn, Azazrel et Nimby étaient assis près d'un feu de camp, silencieux, se regardant tristement.
Dorval revint vers eux et leur dit : "Mes amis, je...je m'excuse, pour m'être mal comporté envers le général et surtout, de vous avoir abandonné dans une contrée si dangereuse, au péril de nos vies à tous. Je vous demande pardon."
Des sourires éclairèrent les visages de ses compagnons. Hargron, de sa voix gutturale lui lança : "Pourquoi les hais-tu à ce point ? Pourquoi un tel dégoût ? "
Le garçon se tourna vers lui et lui répondit d'une voix faible : "De mémoire, j'ai toujours détesté le fléau, dès que j'en entendai parler autour de moi, je sentais une terrible colère. Quand j'affronte des morts vivants, j'ai un besoin terrible de...tuer. Mais je ne sais pourquoi, j'ai ... je...". Il se mit à trembler.
Azazrel murmura : "Paix mon garçon !". Il prononça quelques paroles inaudibles, Dorval parut se détendre puis il s'endormi.
Quelques heures plus tard, Nimby regarda le ciel et dit : "C'est l'aube, compagnons." En effet le jour commençait à se lever, non pas que l'on puisse voir le soleil, mais quand il faisait moins sombre on pouvait en déduire que la nuit en venait à son terme.

Les aventuriers éteignirent le feu, prirent leur armes et, au moment où ils allaient se mettre en marche, une voix forte et glaciale résonna derrière eux : "Bien... maintenant que vous avez finis vos préparatifs matinaux, peut être pourrions passer aux choses sérieuses ?"

Un homme de haute stature leur apparut dans la brume matinale. Sa beau était d'un blanc de craie et ses yeux sans pupilles, brillaient. Il était vêtue d'une armure indigo, parsemées de crânes et d'os humains. Une lourde cape pourpre lui tombait des épaules. Coiffé d'un ruban noir, il tenait dans sa main, une immense épée luisante, garnie de runes étranges. "Permettez-moi de me présenter, Baron Vaillefendre, maître de ces lieux ..."
Les derniers rayons de soleil, flamboyants dans le crépuscule, disparaissaient à l'horizon. Une grande cité aux murailles blanches, blottie derrière un large cours d'eau qui lui servait de douve.
La Cité brûlait.
Un petit garçon en larmes, se tenait devant l'une des deux vastes arches qui constituaient l'entrée de la ville. Un homme à cheval en sortait, accompagné de deux gardes lourdement armés. Le cavalier et son escorte passèrent à côté. L'un des hommes maugréa en direction de l'enfant : "Pousse-toi le morveux, fais place au Seigneur Vaillefendre !"
Celui-ci s'écarta fébrilement et hoqueta : "Ma maman et mon papa, ils sont morts....vous pourrez leur dire de revenir ?".
Les hommes éclatèrent d'un rire tonitruant.

***


Brûlante....ardente...foudroyante....
La haine montait, comme un poison acide.
Une envie de meurtre terrible envahissait Dorval. Sa vue se brouillait, son esprit se pétrifiait.
"Vous étiez là.... Je vous ai vu, je sais que vous étiez présent !" articula-t-il entre ses dents. Vaillefendre sourit : "Oui...j'étais là, j'ai vu tes parents mourir....Puis ils se sont relevés...En esclaves !".

Le chevalier de la mort susurra le dernier mot, comme pour le savourer.
"D'abord, ta mère, un revers de masse dans le dos, elle fût brisée. Ton père contemplant la scène désarmé et impuissant et tu sais pourquoi ?". 
Bouillant de rage et de ressentiments qu'il ne contrôlait qu'à peine, Dorval gronda : "Dites le ... Dites-le moi.. je .. je veux me souvenir !"
Une expression de démence passa sur le visage blanc du Baron, qui sourit et murmura : " Parce qu'il voyait son pr....."

"NOOOOOONNNN, Dorval, c'est un piège , quelque chose sort de la cité !" hurla Hargorn
Le démoniste fit volte-face, une masse sombre avançait effectivement dans la brume.
"Ah! Ah! Si tu veux des réponses et ton livre, enfant de Stratholme, il faudra venir les chercher" . Sur ce, le baron émit un cri strident, une monture décharnée, faite d'os et de débris d'armure, apparut. Vaillefendre bondit sur elle et s'en fut vers la Cité. Le cavalier et son destrier semblaient passer aux travers de la chose qui avançait. "Stratholme..." pensa Dorval.

"Hargorn, qu'est-ce que c'est ?" lança Nimby. Le nain ferma les yeux, un cri d'aigle retentit. Brusquement il les rouvrit : "Entière !".
"Quoi ?! De quoi entière" beugla Dorval.
Azazrel qui n'avait rien dit depuis l'arrivée du Baron, semblait être plongé dans une transe. Soudainement, il dit d'une voix rauque : "L'armée de Stratholme, elle vient tout entière vers nous, tout les morts-vivants, tous sans exception, ils arrivent ... "

Hargorn eut brusquement une idée : "La porte de service, j'ai encore la clé ! Pendant que les morts- vivants nous chercheront ici, nous entrerons dans la cité !"
"Vite alors !" cria Nimby.
Dorval murmura quelques mots et un imposant destrier de flammes et de ténèbres fut invoqué devant lui.
Les trois autres prirent leurs montures respectives et partirent au triple galop.

Quelques minutes plus tard, ils avançaient prudemment dans les rues en ruine de Stratholme.
Bien que sa colère et sa haine fussent toujours bien présentes, Dorval ne pouvait quitter des yeux les bâtiments. Ils brûlaient.
La mine triste, Hargorn, qui marchait à ses côtés d'un pas pesant pour sa petite taille, dit
doucement : "Sept années que l'ancien joyaux de Lordaeron brule.
-Comment est-ce possible ??" s'étonna le jeune sorcier.
"Tu ne sais donc pas comment tout cela est arrivé ?" dit la voix criarde de Nimby qui avancait quelques mètres derrière eux
Sans le regarder, Dorval lui répondit : "les grandes lignes, seulement.". Le chasseur le contemplait d'un air ahuri, il se reprit et lui raconta : "Stratholme était, à part la capitale, la plus belle cité du royaume de Lordaeron et aussi la plus peuplée. C'est pourquoi le Fléau devait la convoiter, afin de se constituer une immense armée. Sur la volonté du prince héritier, devenu fou, elle fut mise à sac pour purger ses citoyens atteints de la peste. Mais cela ne suffit pas. Quand Arthas partit. Les morts recommencèrent à se multiplier. Depuis ce qu'on appelle "l'épuration de Stratholme", la cité brûle parce que la concentration de la peste dans l'air est telle que cela agit comme un combustible..."

Azazrel qui marchait devant eux, s'arrêta soudainement. Et pour cause,une triste vision s'offrait à leurs yeux.
Des monceaux de cadavres sanguinolents s'entassaient le long d'une vaste place. Près des anciennes boutiques et maisons réduits en décombres par la destruction, des centaines de silhouettes noires semblaient discuter autour de chaudrons fumants, bien qu'un silence complet pesait sur les lieux. Au centre de la place, une tour se dressait. Elle était en pierre polie, de couleur noire. L'édifice s'élevait vers le ciel des maleterres. Pollué par la peste et teinté d'un rouge-orange par le feu, d'énormes nuages toxiques avançaient, lourdement. Au sommet de la tour, un immense cercle en os, ponctué de piques, tenait lieu de toit.

"L'abattoir..." Dorval ne vit même pas qui avait parlé, trop absorbé par ce sombre spectacle.

Varlord Vaillefendre les attendait sur les marches qui conduisaient à l'entrée du bâtiment. Sa cape s'agitait faiblement dans son dos.
Il brandissait son épée luisante d'une main ferme.
"Vous avez échappé temporairement à la mort visiblement. Ce n'est que mieux. C'est moi qui aurais, l'honneur , mes messires, d'apporter sur un plateau, vos têtes au Roi Liche !"

Dorval réprima une exclamation de surprise, le Roi liche, prince des ténèbres et des morts, voulait leur trépas ?
"Dorval, réveille-toi !" dit fermement Hargorn, puis il chuchota : "Azazrel, dissimule-toi comme tu sais si bien le faire, place toi derrière lui et attend mon signal. Nimby et Dorval, déchaînez vous au même moment.".

L'elfe, le gnome et l'humain hochèrent la tête, puis Azazrel dans un nuage de fumée disparut. Dorval avait cru voir, ne serait ce qu'un instant, un puissant félin, avant qu'il ne disparaisse.

Le nain sorti d'un étui sur son dos, un fusil, qu'il chargea et il attendit, les sourcils froncés, visiblement concentré. Enfin il siffla, un énorme ours brun apparut à ses côtés. L'animal gronda. "Tout doux Bragzal."murmura le chasseur.

Un rire froid et sans aucun humour déchira le silence de l'endroit : "Vous pensez m'avoir ? Vous pensez vraiment être de taille à m'affronter ? ALORS VENEZ -VOUS MESURER A LA PUISSANCE DU FLEAU SI VOUS L'OSEZ !!!" Il rugit ces dernières paroles et s'élança. Hargorn beugla : "MAINTENANT !" et tira une balle qui, au milieu de sa course, se mua en un éclair bleuté. Azazrel sous la forme d'une immense panthère au pelage noir de jais, bondit sur le Baron, accompagné de l'ours Bragzal.

Dorval et Nimby, tendirent tout deux leurs bras en avant, d'où jaillirent un éclair de givre et un trait d'ombre.

Un rictus se forma sur le visage de Vaillefendre. Il s'arrêta et agita son épée. Les attaques magiques du chasseur, du démoniste et du mage disparurent à cinq mètres de leur cible. Mais Azazel s'abattit lourdement sur le chevalier de la mort qui se retourna et, d'un revers de lame d'une rapidité foudroyante, transperça de part en part l'animal. Il y eut un nouvel éclair de fumée et le corps ensanglanté du druide apparut. Azazrel émit un dernier râle et mourut. Le Baron se détourna et s'attaqua au familier d'Hargorn. Un éclair rouge sang illumina la place, une déflagration se fit entendre et il ne resta de l'ours qu'un petit tas de cendre.

Nimby s'écria : "Non !" . "Reste concentré !" lui lança Hagorn. Mais son expression criait le contraire. Visiblement il brûlait lui aussi de foncer sur leur adversaire.
Tandis que Vaillefendre se tournait vers eux, Nimby brandit ses deux mains en avant, les paumes grandes ouvertes et cria un mot. Hargorn se jeta sur Dorval et le coucha à terre. Une immense boule de feu apparut, parti à une vitesse vertigineuse vers le Baron et se désintégra avant de l'avoir atteint.

"Vous venez à bout de ma patience" cracha Vaillefendre. Sur ses mots, il agita de nouveau son épée runique . Dorval s'était avancé aux côtés d'Hargorn. Un gargouillis se fit entendre derrière eux. Ils se retournèrent et virent que Nimby était couché à terre, des bubons lui recouvraient le visage et les bras. Il suffoquait.

Puis sa peau s'effilocha et il ne resta sur le sol, que des os et des vêtements.

"Alors ça, tu vas me le payer, Vaillefendre !"
Hargorn dégaina deux longues dagues et attaqua le Baron . Celui-ci abattit son épée mais le nain para et attaqua de nouveau.
Dorval lui, n'était pas en reste. Il acheva une longue tirade dans une langue inconnue et un éclair vert jaillit de ses mains jointes. Cette fois le sort frappa sa cible de plein fouet.
Vailefendre grogna de douleur et fut projeté sur une dizaine de mètres.
Il se releva d'un bond et regarda intensément le jeune démoniste et son allié. Des décharges d'énergies sombres ligotèrent Hargorn et Dorval et les tirèrent, inexorablement vers leur Vaillefendre. Quand elles les lâchèrent, un froid s'emparât du jeune homme, comme si on lui gelait l'esprit. Il n'arrivait plus à se souvenir du moindre sorts. Ses yeux se faisaient lourds, le froid s'insinuait maintenant dans tout son corps. Il s'effondra dans un bruit sourd.
Hargorn lui, croisait de nouveaux le fer avec son ennemi. Le choc du thorium des dagues du chasseur contre l'acier de saronite de la lame du chevalier de la mort, retentissait, dans toute la place.
"Je joue avec toi le nain, tu es un bon bretteur, mais je vais en finir !" ricana Varlord.

Hargorn se figea, la lame du Baron se teinta d'un vert putride. Il frappa.
Le chasseur para, mais ses lames explosèrent et il tomba à genou.
Vaillefendre brandit de nouveau son arme. Mais brusquement, il lâcha son épée et se mit gémir : "Je ...je n'ais plus la force, je suis... faible, quelle est cette malédiction??! ....Aaarrrgggh ...."

Dorval se relevait, le teint pâle, les mains toujours en avant après avoir lancé le sortilège. Hargorn se releva également, fouilla dans sa poche et en tira une fiole. Il la déboucha et dit, d'une voix vibrante de colère : "Je vais te tuer doucement Vaillefendre, pour avoir massacré des centaines d'innoncents et en particulier mes amis et mon Brazgal, sans aucun scrupules. Ce ci est de l'eau bénie par l'Archevêque Alonsus Faol, connu sous le nom d'eau sacrée de Stratholme, tu sais ce que ce la signifie pour toi ?!". Le nain versa le liquide de la fiole sur le corps du chevalier de la mort.

Le baron, toujours victime du sort de Dorval, était maintenant couché sur le sol. Il devint livide en voyant la fiole : "Non, tu aaaahhhh... ça me brûle.... c'est....".
"Vaillefendre avant que tu ne meures,j'ai une question. Tu as dit que mon père avait été impuissant, pourquoi ?" demanda Dorval.

-AAArrghhh ! Imbécile ! Son meurtrier était son prince, le prince du Royaume de Lordaeron ! Sa majesté, héritier de la couronne, fou à lier, pensant la ville de Stratholme entièrement atteinte par la peste, décida de la purger par le feu et le sang. Et devine, qui ont été les premières victimes de son marteau de paladin ? Ta mère...Puis ta soeur et enfin... Ton père. AAAllorrs ?? Ca fait quoi de le savoir, maintenant ? Hmm ?? Mais tu ne l'atteindras jamais ! Tes pouvoirs de pacotilles seront balayés à côté de la puissance du Roi Lich..."

"J'en ai assez entendu, meurs vite! C'est mieux finalement !" grogna Hargorn . Il prit l'arme de Vaillefendre et le transperça.
Le chevalier de la mort fut prit de convulsions, il siffla : "Pour le seul ....vrai......Roiiiiii...", puis il ne bougea plus.

Dorval contemplait avec dégout, le corps de leur ennemi. Ce qu'il ressentait, ce n'était ni joie, ni tristesse, ni soulagement, simplement de la compréhension. Il avait désormais compris. Sa haine pour le Fléau, était en fait dirigé vers celui qui le commandait, le geôlier des morts, Le Roi Liche. Il s'imaginait maintenant très bien la scène. Arthas, prit de folie sanguinaire, entrant dans Stratholme, pensant sa mère et sa soeur atteintes, tua ce qu'il pensait être des monstres. Son père, voyant son propre prince massacreŕ sa famille, avait du, effectivement être impuissant. Puis il s'était fait assassiner, lui aussi. Quelques heures après, ils avaient du tout trois se relever en goules.

Le garçon frissonna.
La suite était logique, s'il avait survécu, c'est surement que quelqu'un avait du le recueillir. Il devait avoir quatre ans. Puis, peu après l'anniversaire de ses huit ans, on l'avait envoyé à Hurlevent. Mais comment avait-il survécu ? Qui l'avait recueilli ? Pourquoi l'avoir envoyé à Hurlvent ? Ces questions, elles, restaient sans réponse.

Le nain se tourna vers lui. Il lui dit : "Deux de mes amis et mon familier sont morts ici pour un but, alors dépêche-toi de trouver, avant que les morts-vivants n'arrivent, CE FICHU BOUQUIN !"
Le démoniste se retourna et s'avança vers l'entrée de la tour. Quand il entra, il vit que du sang ruisselait sur le sol. Une horrible odeur de décomposition lui monta aux narines. Le jeune sorcier se faufila le long du corridor d'entrée et arriva dans une antichambre lugubre. Celle-ci était vide, mise à part la table qui se tenait dans un coin, contre le mur. Dessus, un livre noir était posé. Repoussant sa nausée, Dorval le prit. Mais, il lui échappa des mains, tomba et s'ouvrit à la première page sur laquelle il y avait inscrit.
"Puissance et pouvoirs par Medivh, magicien de la Tour de Karazhan, dans le défilé de Deuillevent, dernier héritier des gardiens".
Hargorn l'avait rejoint. Quand, le démoniste le vit, il lui souffla, les mains tremblantes. Il tenait toujours le manuscrit : " Hargorn... tu as perdu deux amis, ton compagnon, j'ai perdu ma famille.... Par la faute d'un fou et d'un assassin...

Je viens de trouver le moyen de les venger, laisse-moi deux années et ...." .

Le chasseur eut un sourire désabusé : "Même si tu le voulais, tu ne pourrais pas le faire. Vaillefendre était une ordure, mais il avait raison, personne ne peut défier en combat singulier le Roi Liche. Même arriver jusqu'à lui est impossible. Tu n'es et ne seras jamais assez puissant. Aller vient il faut qu'on parte."

Quand ils furent partis de la Cité maudite, ils se dirigèrent vers la tour de garde de la Couronne. Symbole de veille perdue d'un autre âge, elle servait maintenant d'avant poste de l'Aube d'argent. Une fois en haut, Dorval regarda vers le sud. Là-bas était sa vengeance et l'assouvissement de sa haine, là-bas était le pouvoir, là-bas était la Tour de Karazhan, l'antre du magicien Medvih.

Fin de la première partie.
Plus de souffle. Elle n'avait plus de souffle. L'air manquait, sa gorge était en feu.

Une douleur aussi, au ventre, comme si un épieu l'avait transpercé de part en part. Quelque chose de poisseux coulait le long de son corps. Du sang. Son sang.

Mais où étaient ses parents ?

Elle ouvrit une dernière fois les yeux et vit son frère qui courait vers les portes de la ville. Peut être resterait-il en vie ?? Elle l'espérait de tout son coeur. « Je le retrouverai, après, quand tout sera terminé. » se promit-elle.

Tout autour d'elle, les gens mourraient, massacrés par un prince en qui ils avaient tant confiance.

Mais où étaient ses parents ? Etaient-ils en vie ?

Bientôt, elle n'eut plus la force de se maintenir debout, elle s'affaissa. « Pourquoi ce massacre ? » songea-t-elle. Puis elle repensa à ses parents. Elle délirait. Elle se sentait fiévreuse. L'image de son petit frère flotta une dernière fois dans son esprit. Enfin ses yeux se fermèrent, doucement, et elle eut froid, très froid.

Brusquement, elle ne sentit plus rien, sa conscience dériva, longtemps. Après une éternité, une voix se fit entendre, glaciale et profonde :
« Viens à moi.... Devient ma servante et je te ramènerai parmi les tiens !! »

Elle ne comprenait pas, qui était cette personne qui lui parlait ? Elle avait du mal à se concentrer, le froid revenait, de plus en plus fort.

« Viens à moi !! Devient ma servante et je te ramènerai parmi les tiens !! » dit de nouveau la voix.

Elle était gelée, le froid lui donnait l'impression qu'un couteau la déchirait.

« Viens à moi ... Devient ma servante et je te ramènerai parmi les tiens » insistait la voix

Elle sentit sa conscience s'agiter. Que ce serait bon de quitter ce froid et de retrouver sa famille ! La tentation commençait à croitre en elle, d'autant que le froid ne la lâchait pas, pire, il la torturait.

« Viens à moi et je te ramènerai .... » susurra encore une fois la voix.

La bise glacée la lacérait. Elle hésitait. Elle ne connaissait pas cette ... chose qui lui parlait.

La sensation glaciale se fit encore plus intense.

« Viens à moi, sers moi et tu seras libre de retrouver ta famille ...» murmura à nouveau la voix.

Une autre rafale glacée acheva de la convaincre. « Je ... J'accepte » souffla-t-elle

Alors, elle attendit d'être libérée. Mais le froid, au lieu de diminuer, redoubla d'intensité. Elle sentit sa conscience se briser. Elle sentit également sa volonté lui échapper. Elle eut une vision. Elle vit dans une forteresse noire, sur le toit du monde, entourée de glace. Elle tua d'innombrable gens, grâce à des pouvoirs dont elle ne se serait jamais crue capable.

L'amertume et la colère l'envahirent à mesure que la vision se poursuivait. La voix l'avait trompé.

Les images continuaient de défiler. Des cadavres d'insectes immenses marchaient à ses côtés. Des combattants ténébreux qui s'entraînaient. La putréfaction et la maladie envahissaient des régions entières et ce par sa faute, grâce aux services qu'elle rendait contre son gré à la Voix. Ses pouvoirs augmentaient et elle se vit les utiliser pour massacrer un peuple entier dans une forêt luxuriante et ensoleillée. Les bois de cette forêt moururent en même temps que ses habitants.

Puis soudainement, les morceaux épars de sa conscience détruite se recollèrent, sa volonté lui fut rendue. Elle sentit de nouveau un corps. Elle eut le sentiment d'une identité qui lui revenait mais quelque chose avait changé, quelque chose manquait. Elle était une femme... « Kaerina ».

Ce son résonna violemment à ses oreilles. Elle ouvrit les yeux.

Elle était dans un caveau de pierres grises. Une bougie éclairait faiblement l'endroit.

Elle se leva. Elle regarda sa main. Elle aurait pu avoir peur. Elle aurait dû avoir peur !

Mais un simple étonnement la saisit lorsqu'elle observa son bras. Il n'était fait que d'os, dont le tiers seulement était recouvert d'une chair grise. Il en était de même pour sa main.

Elle reporta son regard sur la pièce qui l'entourait. Un escalier lui faisait face. Elle l'emprunta. Quand elle fut sortie, elle ne sentit rien, pas l'air sur sa peau, pas la pluie qui ruisselait sur ses mains décharnées. Elle ne sentait rien. Rien.

Un cadavre souriant l'aborda : « Que la Dame Noire veille sur vous ! »

Quatre années après la défaite de la légion ardente, Le Glas, royaume déchu de Lordaeron.

« Où suis-je ? » questionna Kaerina (c'était son nom, elle en était convaincue).

« Au Glas, dans les royaumes de l'est » lui dit le mort qui lui faisait face.

Kaerina ne parut pas l'entendre, elle observait le paysage qui l'entourait. Des arbres morts et pourrissants, une terre noire, pleine de moisissures. Au loin, des ruines.

« Trève de politesse maintenant, reprit le cadavre d'une voix gutturale, je suis le fossoyeur Mordo. Chargé des nouvelles recrues de la Dame Noire. Nous avons beaucoup à faire ici. Aidez nous et vous ferez véritablement parti des réprouvés. »

La nouvelle venue le toisa de son regard jaune. « Nous sommes morts ?

-Bravo ! Effectivement et par la magie du Roi liche, vous avez été relevé en mort-vivante.

-Mais nous ne sommes plus sous son contrôle n'est ce pas ? La Voix , elle ... j'ai senti...

-Votre conscience s'est recollée et votre volonté est revenue. Oui. Comme nous tous. Mais l'important est ce que vous allez faire maintenant, désirez-vous la mort du Roi Liche ? C'est ce pourquoi tous les réprouvés se battent. Donc je vous pose la question, voulez-vous rejoindre les réprouvés ? »

Kaerina sonda ses pensées et ce qu'elle ressentait. Elle ne perçut qu'un vide abyssal, toute trace de joie ou de tristesse l'avait déserté. De même pour son ressenti physique. Toutes sensations, émotions ou sentiments étaient ... morts. Seule demeurait sa froide détermination, sa volonté de justice vis à vis du massacre dont elle avait été témoin. Un « Roi liche » disait le fossoyeur, pour elle une voix, la Voix qui l'avait torturé si longtemps. Cependant, elle devait s'en sortir. Au delà de la mort, elle devait se reforger une vie, trouver des alliés, se battre pour trouver la réponse à sa question : qu'était devenue sa famille ?

Peut être que les réprouvés l'aideraient dans sa tâche ? Alors elle murmura : « Je deviendrai une réprouvée. ».

« C'est ce que nous verrons » lui répondit le fossoyeur avec un sourire sans joie. « Aller voir le prêtre des Ombres Sarvis, dans l'église du village poursuivit-il. Il est le responsable ici et vous donnera quelque chose à faire. Ne tentez pas de nous tromper jeune fille, nous saurons bien assez vite si vous êtes avec ou contre nous. »

Kaerina acquiesça d'un signe de tête. Elle dévala la pente qui menait au village. Quelques maisons de bois et de chaumes effondrées ou noires de suies ainsi qu'une chapelle saccagée constituaient les seuls bâtiments de la bourgade. Des réprouvés hagards en parcouraient les rues. Certains étaient vêtus de débris d'armures en acier rouillé, d'autres de haillons. La jeune mort-vivante passa le grillage de fer qui entourait le bourg et entra dans l'église.

A l'intérieur, un conseil avait lieu. Sur une estrade, se tenait un revenant qui s'appuyait sur un lourd bâton clérical. À ses côtés, deux femmes habillées respectivement de robes rouges et noires dépenaillées ainsi qu'un homme, qui lui, avait un habit richement cousu en files d'or, mêlant le vermeil et le noir.

Le fait qu'on arrive à distinguer le sexe des morts vivants était souvent dû à la chance songea Kaerina. Ils avaient si peu de peau sur les os et de cheveux sur le crâne que parfois beaucoup devaient faire une erreur.

Comme personne ne semblait la remarquer, elle toussa. Le mort vivant au bâton clérical se tourna vers elle.

« Ah ! Voici la nouvelle recrue. » lança-t-il . Il l'examina quelques instants puis continua, sans même chercher à savoir qui elle était, le fait qu'elle soit une « recrue » lui suffisait, apparemment : « Il y a fort à faire savez-vous, mais d'abord il nous faut connaître l'étendue de vos compétences. Ici sont présents différents maîtres dans les arts magiques. Et dehors, un maître d'arme. Choisissez en un et lorsqu'il ou elle vous estimera prête, nous vérifierons votre engagement envers la Dame Noire. Alors, autant faire les présentations : à ma gauche, Isabella, magistère, à ma droite, Maximillion, un sorcier de talent. A l'auberge vous trouverez, Dannal Stern, notre maitre d'arme. Enfin, » un air de dégoût passa sur son visage ravagé : « Si vous voulez soigner » il appuya étrangement sur ce mot : « ou alors voler » de nouveau, insistance étrange « Adressez vous à Duesten ou à David Trias. Choisissez bien. »

La sorcellerie ou la magie n'intéressaient nullement Kaerina. Les visions de morts par des pouvoirs dévastateurs étaient encore bien trop présentes. Les arts curatifs ne lui seraient guère utiles pour se battre. Mais la brutalité ne l'attirait pas non plus. La jeune femme irait donc voir David Trias.
« Je ne vous décevrai pas ! » dit-elle en guise de réponse. Mais Sarvis ne l'écoutait même plus, trop occupé à converser avec Maximillion, le sorcier.

Kaerina sortit de la chapelle, traversa la ruelle centrale du village et franchit la porte de l'auberge. Quelques réprouvés discutaient près d'un feu bleuté qui diffusait une lumière crépusculaire dans la pièce. Elle reconnut sans peine Dannal Stern, le guerrier, dans sa lourde cotte de maille et avec sa flamberge ceinte dans son dos. Au fond, derrière un pilier en bois en peinture écaillée, un mort vivant bardé de cuir buvait une chope de liquide grisâtre. Sa dague courbe à son côté lui fit comprendre qu'il s'agissait de David Trias. Elle l'aborda : « Vous êtes un maitre dans l'art du vol m'a-t-on dit ?

-Inutile de se perdre en flatteries. Je ne suis pas un simple cambrioleur. J'espère que vous ne comptiez pas sur moi pour vous enseigner à décrocher des bourses à tort et à travers ? »

« Je suis ici pour apprendre plus que le vol, je dois être auprès de la bonne personne alors. » répondit la revenante.

L'homme darda son regard jaune sur elle. « Bien, nous allons voir cela. Débrouillez vous pour obtenir une tenue complète en cuir et une dague. Quand ce sera chose faite, revenez me voir. »

Kaerina sorti, puis réfléchit. Il serait malaisé de voler le matériel demandé. Surtout que son image déjà peu reluisante, au vu de l'attitude des réprouvés à son égard, en prendrait un coup.

« Le Fléau revient ! À moi réprouvés !! Pour la Reine Banshee !! » beugla brusquement quelqu'un.

Une idée lui vint. Les cadavres animés du Fléau furent autrefois des gens normaux. Peut être avaient-ils encore sur eux un peu d'argent de leur ancienne vie. Elle courut à toutes jambes vers un garde qui s'apprêtait à prêter main forte à celui qui appelait à la charge.

« Donnez-moi une dague et je vous aiderai ! » lui cria-t-elle. Il n'hésita même pas. Tirant son épée, il lui donna dans le même temps sa propre dague.

Kaerina se retourna vers la cinquantaine de zombies qui s'avançaient vers le village. Quand un premier cadavre vivant fut à sa portée, elle lui assena un coup sous l'aisselle (enfin ce qui aurait dû être son aisselle) tandis que la créature levait les bras pour tenter de l'étrangler. Quand elle atteignit la tête, le mort s'effondra. Elle en attaqua un deuxième et lui trancha la tête. Au bout d'une heure, le fléau avait été vaincu. Kaerina avait désormais sur elle cinq pièces d'argents ramassées sur les cadavres. Remontant au village, elle retourna dans l'auberge. La jeune femme repéra un mort vivant à la coupe saugrenue du nom d'Archibald Kava. « Vous vendez du cuir ? » demanda-t-elle.

« Exact » répondit-il sans même la regarder.

« Une tenue complète c'est combien ?

-Trois pièces d'argent »

Elle lui tendit la somme demandée. Il fouilla dans de grands sacs et lui remit la marchandise. Kaerina monta dans une chambre pour se changer. Un miroir trônait paresseusement au milieu de la pièce. Cet accessoire faisait un drôle d'effet dans l'environnement poussiéreux et chaotique qu'était la petite chambre. Une fois nue, Kaerina, curieuse, s'examina. Elle n'avait pas eu l'occasion de se voir depuis sa résurrection. Sa peau était d'un gris laiteux. Au niveau des épaules et des rotules, la chair laissait place à une ossature inégale, qui faisait penser que tout ne lui appartenait peut être pas. Sa poitrine pendait mollement jusqu'à mi-ventre. La jeune femme se retourna et vit que sa colonne vertébrale ressortait et formait une longue ligne blanche dans son dos.

Une fois habillée d'un justaucorps en cuir grossier, de bottes brunes et de brassards lassés sur ses poignets, elle revint voir Trias. Celui-ci l'attendait.

« Le coup était bien joué, obtenir une arme en prétextant fournir de l'aide et récupérer des fonds sur les morts-vivants, c'était bien pensé. Il est temps de vous apprendre quelques petites choses en matière de combat. Suivez-moi. » Tous deux sortirent et se placèrent derrière l'auberge.

« Tout d'abord, sachez qu'on nous appelle des voleurs mais nous sommes beaucoup plus que cela. À terme, vous saurez tuer quelqu'un avant même qu'il ou elle ait le temps de vous voir. Mais avant, je vais vous apprendre à vous servir de votre dague. Elle est bien plus pratique qu'une épée ou un glaive car plus légère, elle est aussi plus courte. Je vais vous montrer comment exécuter une attaque pernicieuse. » Trias sortit une lame courte de sa ceinture.

« Placez-vous face à moi et frappez d'estoc. »

Kaerina obtempéra. Le mort-vivant s'écarta avec la souplesse d'un chat, de manière à se retrouver sur sa droite, sa lame contre le ventre de la revenante. « À vous. » dit-il.

Trias se mit face à elle et sans attendre, frappa. Kaerina esquiva au dernier moment, se plaça sur la gauche de son adversaire, là où il l'attendait le moins et appuya sa lame sous la gorge du maître voleur. Il ne la félicita pas. Il lâcha simplement « Technique suivante ».

L'entraînement dura un mois, jour pour jour. Au terme de celui-ci, Trias dit : « Je ne peux plus rien vous apprendre. Parcourez le monde, vous croiserez beaucoup de maîtres de notre ordre, ils vous formeront. »

Avec ses nouvelles compétences, Kaerina est à même de débuter sa quête, celle qui la mènerait aux réponses à cette question : Qu'était devenue sa famille ?









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