Fanfiction World of Warcraft

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L'histoire d'Argrim

Par Zheelm

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Argrim Thorungar naquit par une nuit de tempête, au coeur des montagnes de Dun Morogh. Fils de Golin Thorungar et de Edda Agrendan, il fut, dès le jour de sa naissance promis à une grande destinée. Il vécut une enfance heureuse, au plus profond d'une petite vallée entourée par les pics enneigés de la contrée des nains. Dès lors, sa bonté ne fit aucun doute, car il n'avait de cesse d'aider et de soigner les animaux blessés, ainsi que les voyageurs égarés.

Dans sa jeunesse, il apprit avec son père, qui était un grand maître joaillier, les rudiments de ce métier. De plus, il lui arrivait souvent de partir en quête de minerai, car c'était la monnaie d'échange la plus courante chez les nains, et il apprit donc à manier la pioche avec une grande dextérité.
Malheureusement, cette vie tranquille ne dura pas éternellement. Un beau jour de printemps, alors que son père et lui étaient partis vendre leur marchandise, des bagues, des colliers et des bijoux tous plus magnifiques les uns que les autres, ils tombèrent dans une embuscade menée par des Orcs. Ceux-ci attendaient manifestement leur passage et avaient la ferme intention de repartir avec tout leur chargement. Mais le père d'Argrim ne le voyait pas de cet oeil, cette marchandise était pour lui le fruit de plusieurs années de travail, et si ces maudits orcs s'en emparaient, il serait ruiné.

Argrim ne savait pas alors que son père était un grand guerrier, qui, dans sa jeunesse, avait fait goûter le tranchant de sa hache à grand nombre de membres de La Horde. N'ayant jamais vu de telles créatures de sa vie, il fut pris de panique et supplia son père de fuir.

- Un nain ne fuira jamais devant de la vermine Orque de cette espèce, dit alors Golin. Mon fils, reste en arrière pendant que je m'occupe d'eux.

Argrim accepta à contrecoeur et se mit en retrait, alors que son père commençait à se battre. De sa vie, il n'avait jamais vu un tel déchaînement de violence, Golin se battait contre quatre adversaires à la fois, mais il parvenait à leur tenir tête en faisant tourner sa hache autour de lui, tout en hurlant : « Pour l'Alliance !! ». Le jeune nain ne comprit pas ces mots sur le moment.

Le combat sembla durer une éternité mais le nain, malgré ses nombreuses blessures, réussit à se défaire de trois de ses assaillants. Alors que le dernier était sur le point de battre en retraite, se fit entendre dans l'air froid de Dun Morogh un cri terrifiant, et une créature semblant venir des enfers se jeta sur Golin, alors que celui-ci paraissait être en proie à une malédiction qui l'affaiblissait considérablement. S'en fut trop pour ce valeureux guerrier qui, sous les coups du dernier Orc qui revint à la charge et de la créature démoniaque, finit par tomber.

Argrim assistait toujours à ce triste spectacle mais ne pu rien faire pour son père, qui ne lui avait jamais appris à se battre. Entre temps, le quatrième des agresseurs succomba à ces blessures, et, le maître de la créature, un humanoïde semblant venir d'outre-tombe, se montra enfin.

Le jeune nain, quant à lui, était encore sous le choc, mais il sentit monter en lui une rage incommensurable. Il sortit alors de sa cachette et se jeta sur le mort-vivant et son serviteur, alors qu'il sentait monter en lui une vague de lumière. Ses mains devinrent flamboyantes et des éclairs de lumière s'abattirent alors sur les deux immondes créatures, tel un châtiment divin. Ses deux adversaires tombèrent sous la puissance de cet assaut et Argrim comprit que c'était bel et bien lui qui avait déclenché cette magie lumineuse et destructrice.

Epuisé par ce combat court mais intense, il se laissa tomber au côté de son père et sombra dans l'inconscience.
Quand il reprit conscience, Argrim ne se remémora pas immédiatement les événements qu'il venait de vivre. Il se trouvait dans ce qui semblait être un caverne, et se demanda comment il avait pu se retrouver dans un pareil endroit.

Alors qu'il reprenait ses esprits, un grondement sourd se fit entendre à l'entrée de la grotte et une forme imposante masqua la lumière. Encore hébété, le nain ne réagit pas de suite, mais il se rendit vite compte que cette apparition n'était autre qu'un ours gigantesque. Acculé au fond de la grotte, encore incapable de se lever, il vit s'approcher de lui cette créature. Cependant l'ours avait quelque chose d'étrange, et ne ressemblait pas à ceux qu'il avait pu croiser jusqu'alors. Ses oreilles étaient longues et pointues, et il se dégageait de lui une aura bienfaisante.

Quelle ne fût pas sa surprise lorsque ce dernier se mit à parler, d'une voix grave et douce, d'abord dans une langue étrange qu'il ne comprenait pas, puis, dans la langue que lui avait apprise sa mère, la langue commune.

- N'aies pas peur mon ami, je ne suis pas ce que tu crois.

C'est alors que, d'un ours, cet être se changea en un humanoïde de grande taille, à la peau bleutée, et aux longues oreilles pointues.

- Je m'appelle Túrin Turambar, et je ne te veux aucun mal. Je suis un elfe de la nuit venu de la cité de Darnassus, et je t'ai recueilli alors que tu étais allongé dans la neige à côté du cadavre d'un de tes compagnons, sur ce qui ressemblait à un champ de bataille.

Les événements récents revinrent alors à la mémoire du jeune nain, qui ressentit une profonde tristesse.
Comme tout le monde le sait en Azeroth, la fierté des nains est légendaire ; ainsi, Argrim ne laissa rien transparaître de ses sentiments devant cet inconnu. Il resta donc impassible quand il raconta à l'elfe le déroulement de la bataille qui avait fait rage. Avec l'infinie patience propre aux membres de sa race, ce dernier écouta le nain relater les derniers instants du brave Golin. Cependant, à mesure que l'histoire se rapprochait de sa fin tragique, il devint évident que celle-ci ne laissait pas Túrin de glace. Dès le récit terminé, il s'exclama :

- Ces maudits Orcs, ils ne reculent devant rien ! Venir jusque dans les terres de l'Alliance pour tendre des embuscades, je les reconnais bien là !

L'Alliance, c'était la seconde fois que le nain entendait ce terme et il n'en connaissait toujours pas le sens. Que cet inconnu répète ce mot qui fut l'un des derniers de son père le troubla, et il décida alors d'en demander la signification.

- Avant que mon père ne tombe au combat, il a prononcé ce mot lui aussi. Qu'est ce donc que cette Alliance ?

Túrin sembla stupéfait.

- Comment, s'exclama-t-il, tu ne connais pas l'Alliance ? Tes semblables ne t'en ont donc jamais parlé ?

- Non, je n'en ai jamais entendu parler. Pourquoi est-ce aussi étonnant ?

- Bien, je suppose que je vais devoir te raconter alors l'histoire de ton peuple.

C'est alors que Túrin se mit à conter comment le peuple des hommes, celui des elfes, ainsi que les nains furent amenés à s'allier pour combattre la Horde sauvage des Orcs, qui voyaient de jour en jour leurs rangs s'agrandir. Il conta comment les valeureux nains de Loch Modan furent assiégés dans la forteresse de Stormgrade et comment les armées Orques, menées par leur seigneur de guerre Orgrim Doomhammer écrasèrent les habitants des montagnes et les massacrèrent jusqu'au dernier.

Il fit également le récit de la venue des Draenaï, descendants des Erédars, qui furent forcés de quitter leur terre d'adoption en Draenor pour fuir la Légion ardente, et pour finalement trouver refuge en Azeroth, aux côtés des membres de l'Alliance. Túrin parla aussi longuement de son peuple, les elfes de la nuit, anciennement nommés Kaldorei, adorateurs d'Elune, et connus en tout Azeroth pour la capacité de leurs druides à se changer en animaux.
Une journée entière passa dans cette caverne sombre et humide, pendant que Túrin racontait l'histoire de l'Alliance et des méfaits des légions de la Horde, ainsi que de la naissance du Fléau. Dehors la neige tombait sans cesse.

Argrim ne l'interrompait que rarement, et presque uniquement lorsque l'elfe relatait les exploits des nains, et alors il vantait le mérite et le courage de ses congénères.

Parfois cependant, il interrogeait Túrin sur l'apparence de telle ou telle créature, car il n'avait jamais vu ni ouï quoique ce soit à propos des Elfes de sang ou des Taurens, ou d'autres créatures qui ne s'aventuraient pas en Dun Morogh. Argrim était littéralement fasciné par ces récits épiques, mais il sentait aussi l'amertume et la haine l'envahir, contre ceux qui avaient tué son père et persécuté tant de ses semblables.

Le soleil était sur le point de se coucher quand Túrin eut fini de conter les événements qui avaient mené à la situation actuelle.
C'est alors qu'Argrim prit conscience qu'il n'avait même pas songé à remercier celui qui l'avait secouru.

- Je te remercie pour tout, vénérable elfe de la nuit, dit-il. Sans toi, je ne serais peut être plus de ce monde, et tu m'as beaucoup appris grâce à tes sages paroles sur l'histoire de mon peuple. Je te suis redevable.

- Non, tu ne me dois rien maître nain. Après tout je n'ai fait que te ramener ici, et conter des histoires fait partie des choses que j'apprécie.
Cependant, j'ai bien peur d'avoir tout de même un service à te demander.

- Demande ce que tu veux mon ami. Je t'aurais volontiers offert une bonne chopine mais malheureusement l'endroit ne semble pas approprié.

- Hé bien, je dois me rendre à Forgefer pour rencontrer le maître d'arme, Buliwyf Main-de-pierre. Mais je crains que de voyager seul sur les routes ne s'avère dangereux. Il n'est pas impossible que d'avantage d'Orcs ou autres viles créatures se soient aventurées dans le pays.

- Et tu veux que je t'accompagne n'est ce pas ? Ce serait avec plaisir, mais j'ai bien peur de t'être inutile si nous nous trouvons attaqués.

- Au contraire mon ami ! s'exclama Túrin. Ta compagnie me sera d'une grande aide.

- Alors soit, je t'accompagnerai.

Ils décidèrent de passer la nuit dans la caverne et de partir à l'aube, la nuit n'étant assurément pas le moment de voyager, surtout si d'autres serviteurs de la Liche se trouvaient dans les parages. Ils allumèrent donc un feu à l'entrée de la grotte pour éloigner les animaux, et fumèrent la pipe, un passe-temps fort apprécié des nains.

Ils partirent à la levée du jour, Túrin passant devant en forme d'ours au cas où il y aurait une embuscade.
Contre toute attente, ils ne rencontrèrent aucun danger durant leur voyage, qui dura pourtant un peu plus de deux jours.
Argrim ne s'était jamais rendu à la capitale des nains mais son père lui avait souvent décrit la ville, le plus grand et plus bel ouvrage de son peuple. Alors qu'ils marchaient sur la route menant à Forgefer, il sentit l'excitation monter en lui, enfin il allait pouvoir voir de ses propres yeux ce dont ses semblables étaient capables. Túrin non plus n'avait jamais eu l'occasion de se rendre dans cette cité creusée au coeur de la montagne, et il semblait impatient lui aussi. Plus ils montaient et plus ils croisaient de voyageurs. On y trouvait bien sûr de nombreux nains, mais aussi des gnomes, ainsi que quelques humains et quelques elfes, qui se rendaient là pour diverses raisons. Le nain était émerveillé, il n'avait jamais vu autant de monde, ni une telle diversité.

Enfin, ils purent apercevoir au loin les portes de la cité, surplombées par une immense arche de pierre creusée dans la roche, sculptée par les artisans nains des centaines d'années auparavant.

Aux alentours on pouvait voir des tours de pierre émerger de la montagne, se fondant en elle comme si elles en avaient toujours fait partie. Ces ouvrages semblant être taillés à même le roc étaient parsemées de nombreuses ouvertures, hautes et étroites, d'où filtrait une lueur diffuse provenant de l'intérieur. De l'extérieur, cette cité ressemblait à une forteresse, avec ses portes impénétrables et ses nombreuses tours. Argrim était émerveillé devant la splendeur de la cité des nains.

"_Je n'aurais jamais imaginé que c'était aussi beau ! s'exclama t'il. Dépêchons nous d'entrer, ce doit être encore plus magnifique à l'intérieur."
Túrin ne répondit pas. Le nain se retourna alors vers lui et vit que l'elfe semblait être dans un état second.

"_Túrin, réveille-toi ! lui lança t'il. Nous devons entrer si tu veux rencontrer le maître d'arme."

L'elfe sortit alors de sa torpeur, et dit, d'une voix mal assurée.

"_ Tu es sûr que nous devons rentrer ? Je n'aime pas trop cet endroit, vas y tout seul si tu veux."

"_ Comment ? Tu n'aimes pas cet endroit ? Mais c'est la cité des nains, la fierté de tout mon peuple. Comment peux tu ne pas apprécier une telle merveille ?"

"_ C'est juste que la cité se trouve sous la montagne... Je n'aime pas trop ça. Et si la montagne s'écroulait ?"

"_ Mon ami, ne dit pas n'importe quoi. Quand les nains construisent quelque chose, c'est du solide. Nous pouvons y aller sans crainte."

Argrim partit devant, et Túrin se décida à le suivre, malgré son appréhension. Les portes passées, ils virent devant eux une immense statue d'acier et de bronze, gardant l'entrée de la cité. Cette statue représentait un nain aux deux bras levés, tenant dans l'une un marteau et dans l'autre une hache. La légende raconte que celle-ci représenterait le frère du roi, Muradin Bronzebeard, fondateur de la Ligue des explorateurs, qui perdit la vie quelques années auparavant, par la main de son ami qui s'était emparé de l'épée maudite, Frostmourne.

Ils restèrent un instant en admiration devant ce monument puis continuèrent leur chemin.

Enfin, ils entraient dans la cité, et ils firent stupéfaits par le spectacle qui s'offrait à leurs yeux.

Et pour cause, l'intérieur de Forgefer était une gigantesque caverne creusée sous la montagne, dont la voûte était soutenue par des piliers de pierre colossaux. De l'entrée, la caverne formait un arc de cercle où était nichées contre la paroi d'innombrables bâtisses de pierre sculptées dans la roche. A une dizaine de mètres de l'entrée, un pont, en pierre également, surplombait un fleuve de lave, recouvert d'une grille de fer forgé, qui parcourait la cité et séparait celle-ci en deux parties. De l'autre côté de ce fleuve rougeoyant, qui teintait de rouge tout l'environnement, de nouvelles bâtisses de pierre formaient un arc de cercle opposé au premier.

Comparé à l'extérieur, il faisait une chaleur étouffante, mais le nain ne paraissait pas en être affecté. Il était par contre évident que Túrin n'était pas à l'aise, et il le fit savoir au nain.

"_Argrim, la chaleur est insoutenable ici. Sortons."

"_Qu'est ce que tu racontes ? Les elfes sont vraiment des mauviettes, allons plutôt demander à un garde où on peut trouver celui que tu cherches."

Ils demandèrent donc leur chemin à l'un des gardes, imperturbable derrière sa barbe, qui leur indiqua un endroit près de la Grande Forge, au centre de la cité.

Le coeur de Forgefer abritait en effet une grande forge, qui fut à l'origine du nom de la cité, où les maîtres forgerons nains exerçaient leur talent. C'est de là que se déversaient les torrents de métaux en fusion qui parcouraient la ville.

Argrim et Túrin se rendirent à l'endroit indiqué par le garde, mais ils eurent un peu de mal à trouver leur chemin car les bâtisses étaient toutes semblables les une aux autres. Quand ils furent enfin arrivés, ils entendirent, venant de l'intérieur, de grands éclats de voix. Argrim rentra en premier, Túrin le suivait de près mais il semblait toujours un peu troublé dans cet environnement peu familier pour lui.

Ils virent alors que le maître d'armes qu'ils cherchaient, Buliwyf Main-de-pierre, était en grande discussion avec quelqu'un. C'était un homme de taille moyenne, aux cheveux couleur de paille attachés en une longue queue de cheval, et aux yeux bleus. Ce dernier était vêtu de mailles et portait une grande masse sur son dos. Il semblait être de bien mauvaise humeur et il ne prêta pas attention aux nouveaux venus.

"_ Mais c'est n'importe quoi ! s'exclamait-il. Vous vous dites maître d'armes et vous ne savez même pas m'apprendre à manier une épée à deux mains. Si c'est comme ça je m'en vais l'apprendre tout seul !!"

"_ Et bien allez y je ne vous retiens pas, répondit le nain. Je me tue à vous répéter que c'est mon collègue à Hurlevent qui s'occupe de l'apprentissage du maniement des épées."

"_Il faudrait savoir ! Je viens de Hurlevent et il m'a dit exactement le contraire."

"_Je n'y peux rien moi, monsieur. Et ce n'est pas parce que vous dites être un grand paladin que ça va y changer quelque chose."

Sur ce, le paladin partit, furieux, et heurta Argrim au passage, sans même prononcer un mot d'excuse.

Suite à cet incident, Túrin se présenta à Main-de-pierre et lui demanda de lui enseigner le maniement des masses, sur quoi le maître d'arme promis qu'il manierait aussi bien le marteau qu'un nain dans les sept jours.

L'elfe avait ce qu'il était venu chercher, mais Argrim, lui, n'avait aucun but précis. Les deux amis improbables décidèrent donc d'aller boire une bière à la taverne pour discuter de leur avenir.
La taverne était un endroit chaleureux, où la bière coulait à flot et où il était difficile de s'entendre parler. Le chaos qui régnait là reflétait bien l'état d'esprit actuel d'Argrim, et il s'y sentit, dès l'instant où ils entrèrent, comme chez lui. Les deux compagnons cherchèrent un endroit ou s'installer mais se rendirent vite compte que cela n'allait pas être chose aisée. Une unique table n'était pas occupée et ils se dirigèrent donc vers celle-ci.
C'est alors qu'ils remarquèrent la présence, à la table voisine, de l'homme qu'ils avaient croisé chez le maître d'arme. Celui-ci ne semblait pas s'être calmé et il avait apparemment déjà descendu un bon nombre de bières. Il était accompagné d'un autre homme qui lui ressemblait, à ceci près que ses cheveux étaient d'un noir de jais et que sa peau était beaucoup plus sombre. Il était vêtu d'une longue robe de couleur sombre, et écoutait patiemment le paladin.

Argrim se souvint de l'impolitesse de cet individu, et il se dirigea vers lui pour obtenir des excuses. Cependant celui-ci ne voulut rien entendre, et, malgré les protestations de son compagnon, il provoqua le nain en duel.

"_Finkel, dit l'homme brun, laisse donc ce brave nain tranquille et fait lui des excuses."
"_Laisse moi... Xasthell. Ce petit ... nabot m'a provoqué, c'est mon problème."

Argrim sentait qu'il avait ses chances contre cet homme à moitié ivre, s'il arrivait à utiliser la puissance de la magie qu'il sentait en lui, il n'en ferait qu'une bouchée.

"_Je relève le défi, dit-il alors. Je ne supporte pas qu'on me traite de nabot !"

Túrin voulut protester mais le nain lui fit comprendre qu'il était décidé.

L'homme et le nain sortirent de la taverne, suivit par Túrin et l'homme brun, dont le nom était apparemment Xasthell. Les deux adversaires se préparèrent alors au combat.

Argrim se concentra pour essayer de retrouver la sensation qu'il avait eue face au serviteur de la Liche, quelques jours auparavant. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de faire quoique ce soit, son adversaire lui asséna un grand coup de masse, qu'il esquiva de justesse mais qui le laissa hébété pendant un court instant. C'est alors que, au grand étonnement du nain, l'homme utilisa sur lui une magie semblable à celle qu'il avait déployée pour venger son père. La douleur fut fulgurante mais ne dura pas, cependant Argrim était mal en point, et le paladin s'apprêtait à donner l'assaut final.

Túrin, qui assistait au combat de loin, se mit à encourager le nain.

Mais l'homme arrivait et Argrim ne parvenait toujours pas à maîtriser les flux d'énergie qu'il sentait en lui. Apparemment, sa colère l'avait aidé l'autre fois mais il n'avait pas réellement contrôlé son pouvoir.

Une chose inattendue se produisit alors. Le paladin commença à tituber dans sa course, puis s'étala au sol de tout son long, et il ne se releva pas. L'autre homme s'empressa de venir examiner son compagnon.

"_Il s'est endormi, dit-il. Ca ne m'étonne pas, il ne tient vraiment pas l'alcool, et la bière d'ici est vraiment forte !"
"_Et notre duel alors ? répondit Argrim. Réveillez le qu'on en finisse."
"_Non, il faut le laisser. Vous savez, il n'est pas comme ça d'habitude, mais nous avons fait un long voyage pour rien, et il était furieux. "
"_Il ne s'en sortira pas comme ça, mais nous remettrons ça à plus tard. Mais au fait, à qui ai-je l'honneur ?"
"_Ah oui ! Nous ne nous sommes mêmes pas présentés. Mon nom est Xasthell, je suis apprenti démoniste, et voilà Finkel, qui lui s'initie aux arts des paladins. Nous sommes venus de Hurlevent pour rencontrer maître Main-de-pierre, mais il n'a pas répondu à nos attentes."
"_Moi, je me nomme Argrim Thorungar, fils de Golin Thorungar, et voici Túrin Turambar, que j'ai rencontré il y a peu et qui m'a demandé de l'accompagner ici car il devait également rencontrer le maître d'arme."
"_Enchanté, Argrim, dit l'homme. Je m'excuse encore pour le comportement de mon ami mais je pense qu'il le fera de lui-même quand il sera de nouveau en état. En attendant qu'il se remette, pourquoi ne pas aller boire une pinte de cette excellente bière naine. Je vous l'offre, pour nous faire pardonner."
"_Ce serait avec plaisir, répondit Argrim. En fait, nous venions à la taverne pour ça."

Et le nain, l'elfe et l'homme retournèrent dans la taverne.
De retour dans l'établissement, ils s'attablèrent et discutèrent longuement, l'alcool aidant à délier les langues. Argrim raconta de nouveau son histoire à Xasthell, qui, lui, expliqua comment et pourquoi lui et son compagnon s'étaient retrouvés à Forgefer. Ils firent donc connaissance et découvrirent qu'ils avaient chacun un but commun : s'aguerrir afin de faire face aux hordes de la légion ardente et de la Liche. Tous avaient perdu au moins un être cher dans la guerre incessante qui faisait rage en Azeroth.

Ils discutaient de leur projet d'avenir quand l'homme blond fit irruption dans la salle, il semblait s'être remis et ne titubait plus. Il se dirigea sans aucune hésitation vers leur table, et se confondit en excuses envers Argrim. Celui-ci les accepta de bon gré, voyant qu'elles étaient sincères. L'homme se présenta alors.

"_Je me nomme Finkel Galaadson, dit-il, et ma famille est originaire d'une contrée nordique de la province de Lordaeron. Nous avons du émigrer lorsque le fléau s'est abattu sur notre pays, et nous avons perdu beaucoup des nôtres. Depuis, je vis dans la région de Hurlevent. Mon ami et moi étions venus ici dans l'espoir que maître Main-de-pierre nous apprenne le maniement des armes, mais apparemment nous nous sommes fourvoyés."

"_J'ai bien peur que oui, lui répondit Argrim. Les nains sont surtout connus pour leur habileté au marteau et à la hache, nous n'apprécions pas tellement les épées."

"_Je l'ai bien compris maître nain, à mes dépends. Mais, au fait, vous ne vous êtes pas présentés, vous et votre ami."

Túrin intervint alors :

"_Nous nous sommes présentés à votre ami alors que vous étiez endormi sur la pierre, devant la taverne."

"_Oublions ça !! le coupa Xasthell. Mon ami, je te présente Túrin Turambar, elfe de la nuit de la province de Teldrassil, et Argrim Thorungar, qui lui vient des montagnes non loin au sud d'ici."

Finkel s'attabla avec eux et, à son tour, il conta son histoire. Comment il avait décidé d'entrer au service de la lumière, aux côtés des paladins, et comment il avait débuté son instruction à l'abbaye de Northshire, où il avait rencontré Xasthell.

Apparemment, les deux hommes ne s'étaient pas quittés depuis, excepté lorsque leur apprentissage les poussaient à mener des quêtes solitaires. Xasthell, lui, s'était lancé dans la voie sombre des arts de la démonologie, puisque, selon lui, mieux valait combattre le mal par le mal.
Sur ce point les opinions des deux hommes différaient, et Argrim et Túrin comprirent vite qu'il fallait mieux éviter d'évoquer ce sujet, qui semblait avoir été la source de nombreuses disputes.

Ils passèrent toute la journée ensemble, et en vinrent à se parler comme des amis de toujours.

Enfin, le nain posa à Finkel une question qui lui tenait à coeur depuis qu'ils avaient combattu.

"_Dis moi Finkel, dit-il, la magie que tu as utilisée avant de sombrer dans le sommeil, ce sont les paladins qui t'ont appris à la maîtriser ?"

"_Oui, c'est bien ça, lui répondit le paladin. C'est Uther Lightbringer qui fut l'un des premiers à maîtriser ce sort."

"_Alors, je devrais peut-être aller voir les paladins de Forgefer, ajouta le nain, ils pourront sûrement m'aider à maîtriser la magie que je ressens en moi."

Finkel sembla réfléchir quelques instants, puis il dit alors une chose qui fut une révélation pour Argrim.

"_D'après ce que tu dis, ta magie semble être très puissante. Je pense que tu as sûrement le potentiel pour faire partie de l'ordre des prêtres. Tu devrais aller voir maître Theodrus Barbe-de-givre, ici même, à la garde mystique. Je suis sûr qu'il pourra t'aider."

S'en suivirent quelques remarques sur cette proposition, surtout de la part de Xasthell qui ne semblait pas porter les prêtres dans son estime. Mais Argrim savait au fond de lui que c'était son destin, il allait devenir prêtre et guérir les blessures infligées par les immondes créatures qui étaient ses ennemis.
Une semaine plus tard, Argrim se réveillait dans sa petite chambre de l'auberge de Kharanos, illuminée par les rayons de soleil matinaux se réverbérant sur l'épaisse couche des neiges éternelles de Dun Morogh. Les jours qui avaient précédé avaient étés mouvementés.

Après leur discussion à la taverne, les quatre nouveaux compagnons étaient repartis chacun de leur côté, Finkel et Xasthell retournaient à Hurlevent, et Túrin devait voir maître Main-de-pierre, pour commencer son instruction. Argrim, quant à lui, s'était empressé d'aller à la rencontre de Theodrus Barbe-de-givre, afin de rentrer dans les ordres.

Le grand maître des prêtres était un nain trapu à la longue barbe, comme la plupart des nains. Sa barbe était d'une blancheur immaculée, ainsi que ses vêtements desquels semblait émaner une lueur surnaturelle. Il dégageait une aura de sérénité et de bienveillance, et Argrim, aussitôt qu'il l'avait approché, s'était senti le bienvenu.

Il lui avait expliqué alors ce qui lui était arrivé, et lui avait rapporté les conseils de ses amis.

Le prêtre l'avait accueilli à bras ouverts, lui assurant qu'il sentait un grand potentiel en lui, et expliquant que peu de gens choisissaient de se tourner vers la voie de la lumière, tellement celle-ci était difficile. Cela n'avait pas fait peur à Argrim, qui désirait commencer son entraînement au plus tôt.

Le grand maître Barbe-de-givre lui avait alors conseillé de se rendre à Kharanos, au Sud de Forgefer pour rencontrer le maître des prêtres de là-bas, qui débuterai son initiation.

Argrim était donc parti dès le lendemain, après avoir fait ses adieux à Túrin et s'être équipé pour le voyage qui l'attendait.

Cela faisait quatre jours qu'il était arrivé à destination, le voyage lui ayant pris deux jours car, non loin du village, il s'était retrouvé pris dans une tempête de neige qui l'avait empéché d'avancer pendant plus de douze heures. Cependant, son initiation avait commencé dès son arrivée, sans lui laisser le temps de se reposer, et cela avait été l'épreuve la plus dure de la vie d'Argrim, excepté la mort de son père.

Le maître des prêtres de Kharanos l'avait envoyé dans les vastes plaines gelées de Dun Morogh, uniquement vêtu d'une simple robe en lin et avec pour seule arme une masse ridiculement petite, ainsi qu'un couteau de dépeçage. Il lui avait dit qu'il ne voulait le revoir que s'il revenait avec douze peaux de loups, ces peaux ne pouvant porter aucune marque de coup ou de quelconque arme. Il devrait donc utiliser la magie.

Argrim avait protesté, affirmant que s'il venait à sa rencontre s'était justement pour apprendre la magie, et donc qu'il ne savait pas l'utiliser, mais cela n'avait eu aucun effet.

Le nain était pourtant décidé à embrasser sa destinée, et il était quand même parti, seul, pour accomplir une quête qui lui semblait désespérée.

Une fois arrivé au coeur de la région la plus sauvage de la contrée des nains, après à peine une demi journée de marche, il s'était mis en quête d'un abri pour attendre la nuit, le moment le plus propice pour chasser les bêtes affamées et féroces que sont les loups. Il avait trouvé refuge dans une caverne, en tout point semblable à celle où il s'était réveillé quelques jours auparavant, et s'était préparé pour l'épreuve qui l'attendait.
Dès qu'il avait entendu les premiers hurlements percer, il s'était mis en route, au clair de lune. Il savait bien que les loups le repéreraient à son odeur bien avant qu'il ne les voie lui-même, mais cela lui importait peu, c'était perdu d'avance.

Il s'était vite senti épié, mais il n'était pas parvenu à repérer les créatures qui le suivaient, celles-ci se déplaçant sans bruit, tapies dans l'ombre des quelques sapins qui parsemaient la vaste étendue neigeuse. Malgré la résistance bien connue des nains aux températures glaciales, le froid le mordait à travers sa fine robe blanche, mais son esprit restait aux aguets.

C'est alors qu'il s'était retrouvé nez à nez avec une bande de trois loups, qui manifestement l'attendaient là. Leurs babines étaient retroussées et découvraient de longs crocs aussi blancs que la neige qui tapissait le sol. L'un d'eux, le plus gros des trois, et sans aucun doute le chef, était légèrement en retrait par rapport aux autres. Ces loups étaient bien plus imposants que ceux qu'il avait déjà vu, et ils semblaient bien plus féroces. Leur fourrure aux poils dressés était d'un gris assez clair, se fondant presque dans le paysage environnant, mais leurs yeux, dans l'obscurité qui régnait là, semblaient animés par la rage ; ils étaient rouges, d'un rouge couleur de sang.

Argrim n'avait eu que quelques secondes pour réfléchir, il fallait qu'il abatte le chef pour que les autres soient désorientés, et alors il s'attaquerait à eux.

Les deux plus petits loups étaient passés à l'attaque plus vite qu'il ne le pensait, obéissant à un grognement sourd de leur chef. Ils avaient bondi sur lui à une telle vitesse que le nain avait à peine eu le temps d'esquiver, et il avait ressenti une douleur lancinante dans son bras gauche, duquel un morceau de chair avait été arraché. Il avait cependant réussi à dévier le second loup grâce à sa masse, auquel il avait asséné un coup dans la mâchoire. Celui-ci s'était mis à gémir, alors que le sang coulait de sa blessure et se mêlait dans la neige au sang d'Argrim, dont le bras saignait abondamment.

Le loup encore valide était revenu aussitôt à l'attaque, bondissant à la gorge du nain. Ce dernier avait, à ce moment, ressenti la même sensation que lorsqu'il s'était retrouvé face aux deux créatures démoniaques, après la mort de son père. Une faible aura lumineuse avait commencé par émaner de son corps, éclairant la neige et les arbres alentours, puis Argrim avait réunit toutes ses forces afin de la canaliser autour de lui, pour se protéger de l'assaut de la bête féroce. Une sorte de bouclier lumineux s'était alors formé autour de lui, et le loup avait été repoussé, à sa grande surprise.

Il avait réussi, mais maintenir ce bouclier en place le vidait de ses forces, et il n'avait pu en profiter que quelques secondes. Il avait tenté alors de concentrer le peu d'énergie qu'il lui restait sur sa blessure, et avait pu la refermer partiellement.

Pendant ce temps, les loups avaient battu en retraite, apeurés par cette lumière surnaturelle jaillissant de nulle part en plein milieu de la nuit. Argrim avait gagné une bataille, mais il ne comptait pas en rester là. Après s'être reposé, il avait pu pister les loups grâce aux traces de sang laissées sur la neige par celui qui était blessé à la mâchoire. Il avait alors utilisé la magie qu'il commençait à peine à maîtriser, provoquant sur eux des éclairs de lumière dévastateurs. Cependant, la bataille avait duré longtemps, les loups évitant de leur mieux ces attaques qui les terrassaient un à un.

Finalement, Argrim était venu à bout d'une bonne douzaine de bêtes, et il était épuisé. Pourtant, il avait décidé de repartir sur l'instant, en emportant le maximum de carcasses de ses victimes, puisqu'il ne pouvait supporter l'idée de tuer des bêtes si ce n'était pour se nourrir.

Le voyage retour lui avait pris bien plus longtemps que l'aller, il était blessé, il portait sur ses épaules la carcasse du chef des loups, et en traînait deux autres derrière lui.

Le prêtre, en le voyant revenir, lui avait expliqué que cette épreuve était un test, et que son initiation allait enfin pouvoir commencer.
C'était donc ainsi qu'Argrim s'était retrouvé à Kharanos, dans la petite auberge qui surplombait le village. Il était encore endolori par les épreuves des jours précédents, mais sa fatigue était oubliée. Il se leva, prêt pour son initiation aux mystères de la voie de la lumière. Il s'apprêtait à partir, quand il remarqua un miroir, à la droite du petit lit au matelas de paille où il s'était écroulé la veille, transi de froid et de fatigue. Il distingua alors furtivement son reflet dans la glace, mais il eut le temps de remarquer, non sans surprise, que ses cheveux et sa barbe, qui avait bien poussé, étaient devenus complètement blancs. Il resta quelques instants stupéfait, à fixer son reflet. Finalement, il s'approcha de la glace et étudia son reflet. On aurait dit qu'il avait dix ans de plus que seulement quelques semaines auparavant.

Mais Argrim se souvint alors que sa véritable initiation devait commencer le jour même, et il s'empressa donc de s'habiller et descendit à la rencontre de Maxan Anvol, le maître des prêtres de Kharanos qui l'attendait à la taverne, au rez-de-chaussée de l'auberge.

A partir de ce moment, il se mit définitivement au service de la lumière. Son initiation fut longue et douloureuse, mais il devait passer par là pour accomplir sa destinée. Il commença par apprendre à maîtriser les soins, la compétence la plus importante chez un prêtre, puis vint le moment où il apprit à rendre la vie aux êtres inanimés depuis peu, et il regretta de ne pas avoir connu cela plus tôt, au moment où il avait perdu son père.
Une fois qu'il avait maîtrisé les sorts de guérison, son maître lui enseigna l'art de contrôler les magies obscures, mais lui conseilla de les utiliser avec parcimonie, car celles-ci pouvaient se retourner contre celui qui en abusait.

Pendant tout ce temps, il reçut régulièrement des nouvelles de ses amis, grâce aux courriers par griffon qui arrivaient régulièrement au village.
Túrin, lui, continuait sa quête de la parfaite harmonie avec la nature, et s'entraînait à reproduire la forme des animaux qui l'entouraient. Quant à Xasthell et Finkel, leurs routes avaient divergé pendant un moment, mais il s'étaient finalement retrouvés, l'un suivant une voie proche de celle d'Argrim, l'autre une voie totalement opposée. Mais leurs pouvoirs se complétaient, et ils oeuvraient tous deux activement pour la défense du royaume des humains.

Six mois passèrent ainsi, où chaque jour apportait de nouvelles épreuves, et chaque épreuve un peu plus d'expérience. Il allait bientôt être nommé prêtre, et pourrait enfin combattre pour l'Alliance, aux côtés des héros de la troisième guerre.

Cependant, quelques jours avant la fin de son entraînement, un événement inattendu précipita son départ de Kharanos. C'était une lettre, arrivée par griffon le matin, et écrite de la main de Finkel.


Cher maître nain,

J'ai ouï dire que ta formation était presque achevée, là-bas, dans les lointaines montagnes de Dun Morogh. J'ai bien peur que tu ne doives écourter celle-ci, car nous avons un grand besoin de toi, ici, à Hurlevent. En effet, un clan de renégats humains, qui se surnomment eux-mêmes les défias, ont pris possession des Mortemines, les plus importantes carrières d'extraction d'étain de l'Alliance, dans la Marche de l'Ouest.
L'armée humaine étant occupée en ce moment même à repousser encore et toujours les forces de la Horde, les dirigeants de notre capitale ont décidé d'envoyer de jeunes recrues, en l'occurrence Xasthell et moi, pour s'occuper de ce problème. Seulement, nous ne serons pas assez de deux pour venir à bout de ces bandits, et notre roi nous a donc donné toute latitude pour former un groupe capable d'intervenir là-bas.
Nous avons donc immédiatement pensé à toi et Túrin, qui nous a déjà rejoint, avec un de ses amis elfe, et nous te prions donc de nous rejoindre, car nous avons grandement besoin des talents de guérisseur que tu as développé. J'espère que tu seras des nôtres, car de hauts faits nous attendent.

Amicalement,

Finkel Galaadson



Argrim n'avait pas dû se faire prier, et était parti sur le champ pour Forgefer, sans même en informer son maître. De la capitale, il prit le tram des profondeurs, qui avait été réparé il y a peu par les ingénieux gnomes du quartier Brikabrok, jusqu'à la cité des hommes, la puissante citadelle de Hurlevent.
Hurlevent, à cette époque, était encore la capitale des Hommes, symbole de leur puissance, mais aussi de leur orgueil. Les Hommes étaient sans aucun doute la race la plus corruptible de l'Alliance, d'ailleurs nombreux étaient ceux qui tremblaient encore à la simple évocation du nom de Medivh, qui avait failli mener Azeroth à sa perte.

Leur cité était donc à la mesure de leur ambition, démesurée. La cathédrale en était l'exemple le plus flagrant. Sa flèche principale, au centre de quatre autres flèches à peine moins hautes, s'élevait à une hauteur vertigineuse, alors que ces quatre flèches secondaires étaient elles aussi au centre de quatre autres pointes dirigées vers le ciel. L'entrée de la nef centrale était précédée d'un imposant escalier de marbre blanc, recouvert d'un tapis bleu à bordures dorées, les couleurs de l'Alliance.

Cette cathédrale était le reflet de l'opulence de la cité, qui, tout en étant la capitale des Hommes, était aussi un lieu de rassemblement pour toutes les races de l'Alliance.

Argrim ne fut pas tellement impressionné devant la splendeur de Hurlevent, car à côté de la cité sous la montagne, une telle cité paraissait insipide aux yeux d'un nain. Mais il fut émerveillé par la diversité des peuples qu'il rencontra, et spécialement par ces grands êtres à la peau bleue et aux barbes tentaculaires, qu'il reconnut être les Draenaï, ce peuple exilé en Azeroth dont lui avait parlé Túrin.

Finkel ne lui avait pas fixé de lieu de rendez-vous, mais le nain savait où les trouver, assurément dans la taverne du quartier des nains. Il en avait beaucoup entendu parler à Forgefer, et c'était sûrement la taverne où l'on servait la meilleure bière de la ville.

Et il les retrouva bien là, attablés tous les trois non loin du bar ou une naine, fort jolie d'ailleurs, servait des bières à tour de bras. Túrin était accompagné d'un de ses semblables, qui était certainement l'ami dont Finkel avait parlé dans sa lettre. Celui-ci avait une peau aux reflets mauves, de longues oreilles pointues, comme tous ceux de sa race, et des cheveux bleutés, alors que ceux de Túrin étaient blancs comme la neige de Dun Morogh.

A la vue d'Argrim, ses trois compagnons l'accueillirent à grands cris, et bientôt ils lui présentèrent le nouveau venu du groupe.

"- Argrim, je te présente Xark Telemnar, dit Túrin. C'est un grand ami à moi et il m'a souvent été d'une aide précieuse. Il sait se déplacer furtivement et prendre les ennemis par surprise, ce qui saura assurément nous être utile !"

"- Tu l'as dit Túrin, ajouta Finkel, qui avait l'air un peu soûl. Ce môsieur est un grand voleur à ce qu'il paraît !!"
Décidément, le paladin et la bière naine ne faisaient pas bon ménage, se dit Argrim.

"- Je vous remercie Túrin et Finkel, rétorqua alors le dénommé Xark. Je suis enchanté, maître nain, de vous rencontrer. Vos amis m'ont dis le plus grand bien de vous, je suis donc honoré de partir combattre à vos côtés."

"- Moi de même, répondit Argrim. Bon, maintenant que les présentations sont faites, j'aimerais connaître la situation."

Finkel et Xasthell se mirent alors à exposer rapidement la situation aux Mortemines. C'était une mine d'étain qui appartenait à l'Alliance, et qui avait été prise d'assaut par la Confrérie Défias il y a peu. Elle était devenue maintenant le repaire de cette organisation de pirates, bandits et autres voleurs. De là, ils contrôlaient une bonne partie du commerce maritime passant à proximité et terrorisaient les innocents habitants de la Marche de l'Ouest. L'armée de l'Alliance ne pouvait se charger de ce problème, occupée qu'elle était à repousser les assauts des Orcs et à contenir l'invasion du Fléau. Mais il était urgent de reprendre le contrôle de cette mine, qui était l'une des plus importantes sources de minerai de l'Alliance.
Ces mines abritaient aujourd'hui le chef de cette bande de bandits, Edwin VanCleef, un voleur dont la renommée n'était plus à faire.

Il faudrait donc pénétrer dans cette mine, se défaire des bandits qui la peuplaient et surtout se débarrasser de leur chef, qui risquait de poser problème.

Ils passèrent le reste de la journée à discuter de la stratégie à adopter, et à se préparer pour le voyage. Finkel, Xark et Túrin devraient passer devant, et pendant que l'un encaisserait les coups, les deux autres contourneraient les ennemis pour les prendre par surprise. Argrim et Xasthell quant à devaient rester en retrait, l'un pour soigner les blessures des premiers et l'autre pour affaiblir les ennemis.

Ils devaient partir le lendemain, ils feraient route à pied jusqu'aux marches de l'Ouest, et se reposeraient là-bas avant d'entrer en action.
La route avait été longue et pénible, une fois quittées la tranquillité et la fraîcheur de la forêt d'Elwynn. La Marche de l'Ouest était un pays sec et chaud où le soleil tapait durement, et où la végétation se faisait rare, mis à part des champs immenses qui s'étendaient à perte de vue.
Cependant ils n'avaient pas eu d'ennuis sur la route, et étaient arrivés à la colline des sentinelles, un petit village perdu dans l'immensité des plaines brûlées par le soleil.

Ils avaient passé la nuit là-bas, et étaient repartis à l'aube, en direction du village de Ruisselune, au Sud. Ce village, anciennement paisible et laborieux, était tombé sous la férule Défias quelques années auparavant et ceux-ci l'avaient transformé en avant-poste destiné à protéger leurs activités souterraines dans leur repaire des Mortemines.

_______________


Les cinq compagnons arrivaient enfin en vue du village, et ils sentaient la tension monter. Ils apercevaient au loin l'entrée de la mine, une vieille bâtisse délabrée. Mais celle-ci était bien gardée, cinq bandits se trouvaient à proximité, et plusieurs autres patrouillaient aux alentours. Cela s'annonçait déjà plus difficile que prévu.

Ils se concertèrent sur la tactique à adopter afin de pénétrer dans la mine, et se mirent d'accord pour envoyer Xark et Túrin chacun d'un côté, pour se débarrasser furtivement des patrouilleurs, et éventuellement repérer d'autres gêneurs, puis ensuite de s'occuper des cinq gardes à l'entrée.

Xark partit le premier. Il se déplaçait avec une telle agilité et une telle discrétion que même Argrim, qui pourtant savait où le trouver, eut du mal à le suivre. Il disparut quelques instants plus tard dans l'ombre, et Túrin partit de son côté. Il s'était métamorphosé en félin, et se déplaçait à pas de loups, prêt à bondir sur sa proie.

Les deux hommes et le nain assistèrent au spectacle, et virent les deux elfes remplir parfaitement leur tâche. Ils se débarrassèrent sans problème, et en toute discrétion, des quatre patrouilleurs, et étaient prêts à prendre en tenaille les gardes regroupés non loin de la bâtisse principale, qui ne se doutaient de rien.

A leur signal, Finkel se mit à charger en hurlant, suivit de près par Argrim et Xasthell. Le paladin brandissait son épée devant lui, et le premier des gardes eut à peine le temps de se retourner pour se voir empalé sur celle-ci. Deux des bandits, sous le coup de la surprise, furent tentés de s'enfuir mais eurent tôt fait d'être rattrapés par les magies opposées lancées par Argrim et Xasthell. L'ombre et la lumière, mêlées en une unique et puissante attaque, consumèrent sur place les deux fuyards.

Les deux derniers survivants s'élancèrent alors vers les deux magiciens, mais Túrin, surgit de nulle part, bondit à la gorge du premier alors que Xark, sortant de l'ombre, égorgea le second de sa dague aiguisée.

Le combat avait été intense mais rapide, et les brigands n'avaient offert que peu de résistance, grâce à l'effet de surprise. Néanmoins, sous l'effet de la poussée d'adrénaline, le coeur d'Argrim s'était mis à battre la chamade, et ses mains tremblaient légèrement. Il reprit vite ses esprits et se mit en devoir de guérir les blessures superficielles que Xark et Túrin avaient subies, lors du dernier assaut. Alors qu'il prononçait les incantations sacrées qu'il connaissait désormais par coeur, Xasthell se mit à murmurer des paroles incompréhensibles dans un sombre langage. Argrim ne comprit ce que cela signifiait que lorsque l'homme s'écria :

"_Des profondeurs du vide je t'invoque, créature ténébreuse. Sers moi et sois mon arme pour envoyer mes ennemis dans les ténèbres d'où tu viens !!"

Le corps de l'homme émettait une lueur teintée de violet, qui s'amplifia jusqu'à en devenir éblouissante, puis celle-ci s'évanouit en un tourbillon ténébreux, d'où émana pendant un instant une atmosphère oppressante et maléfique.

Une créature cauchemardesque apparut alors. C'était une ombre, un amas de ténèbres condensé cherchant à reproduire une forme humaine. Seuls deux points lumineux, qui faisaient sûrement office d'yeux, se distinguaient de cette masse sombre et informe, tels deux étoiles perçant une masse de nuages. Argrim sentait émaner de cette créature une malfaisance à donner froid dans le dos, et pourtant ceci n'avait pas l'air d'affecter les autres membres du groupe.

En effet lui seul paraissait ressentir la nature de la créature. Il avait toujours été très sensible à la nature profonde des choses, et ressentait souvent la moindre parcelle de mal en quelqu'un.

Il ne comprenait donc pas que Xasthell appelle une créature aussi versatile et dangereuse, et essaya de lui faire comprendre. Xasthell rétorqua qu'il n'y avait aucun risque, qu'il la contrôlait parfaitement et qu'elle serait bien utile pour se défaire des bandits qu'ils devraient affronter. Argrim ne chercha pas à le contredire, et il dû donc se faire à la présence de cette chose.

Ils allaient enfin pénétrer dans cette mine, afin d'accomplir leur première mission pour le compte de l'Alliance, où ils pourraient tout aussi bien se couvrir de gloire, que sombrer dans l'oubli.
La mine était divisée en plusieurs galeries humides et étroites, éclairées uniquement par de rares torches qui émettaient une lueur blafarde et vacillante. Ça et là on pouvait apercevoir de légers éclats métalliques dans la roche, qui laissaient présager de la présence de filons de minerai. Ces galeries semblaient s'enfoncer profondément sous terre, et l'on pouvait entendre au loin le son de pioches s'acharnant contre les parois.
Argrim se sentait bien, le son des pioches et les parois de pierre avaient quelque chose de familier pour lui. Dans sa jeunesse il était souvent descendu dans des mines de ce genre afin de trouver les matériaux nécessaires au travail de son père, et il se surprit à repenser à ces instants avec nostalgie. Pourtant cela n'était pas il y a si longtemps, mais il avait l'impression de vivre une autre vie maintenant.

Soudain, on le tira violemment en arrière. C'était Finkel qui l'avait sortit de ses pensées, et qui, maintenant, lui disait d'une voix irritée :

"_Mais enfin Argrim, à quoi tu penses ? Si tu continues comme ça tu vas tous nous faire tuer. Regarde un peu par là bas !"

Argrim s'exécuta et vit que Finkel avait raison, un peu plus loin, au détour d'un galerie, on pouvait distinguer la lueur de deux torches qui se mouvaient dans leur direction. C'était sûrement des patrouilleurs Défias qui faisaient le tour des galeries.

S'ils l'avaient aperçu, ils auraient tôt fait de donner l'alarme et toute la bande leur serait tombée dessus.

"_Désolé, s'excusa t'il. J'avais tellement l'habitude de marcher dans des galeries de ce genre avant que je me suis mis à penser au passé, et que j'en ais oublié la situation. Je vais marcher derrière et rester concentré maintenant."

"_Je l'espère répondit Xark, ce serait dommage de nous faire tuer à cause de la distraction d'un nain."

Argrim ne répondit pas. Il savait qu'il avait eu tord de se comporter ainsi, et ces réflexions étaient justifiées.

"_Maintenant si vous le voulez bien, monsieur le nain distrait, ironisa Túrin, nous allons nous débarrasser de ces deux gêneurs. Ça ne devrait pas être un problème pour nous cinq mais prépares toi à nous soigner dans le cas d'une riposte inattendue."

Argrim marmonna quelque chose d'inintelligible dans sa barbe, et se tint prêt au combat.

Ils adoptèrent la même tactique qu'auparavant, Túrin et Xark contournèrent les deux bandits pour les attaquer par surprise, tandis que Finkel s'approchait par devant, suivit de Xasthell, du serviteur de ce dernier, et d'Argrim.

Cependant cela ne se passa pas exactement comme ils l'avaient espéré. Túrin porta le premier coup et les deux hommes se retournèrent sur le champ, s'acharnant sur ce dernier. Sous la pluie de coups, il dut reculer et appela Argrim à l'aide. Mais celui-ci était déjà en train d'incanter les formules sacrées pour lui venir en aide. Pendant ce temps, leurs trois compagnons et le démon qui les assistait avaient pu venir à bout du premier des bandits, qui poussa un cri en s'effondrant, le dernier de son existence. Le second s'apprêtait à fuir quand Finkel lui asséna un coup de la paume de son épée, qui l'assomma pendant un court moment. Xasthell en profita alors pour déchaîner sur le brigand sa magie ténébreuse, qui finit par le terrasser en quelques instants.

Ces patrouilleurs avaient été bien plus coriaces que ceux de l'extérieur, et les cinq compagnons durent se reposer avant de repartir à l'assaut de la mine. Ils étaient désormais sceptiques sur la réussite de leur mission, s'ils devaient affronter un grand nombre de ces brigands à la foi, ils seraient perdus.

Ils se remirent en route, cette fois à l'affût du moindre bruit, du moindre mouvement. A mesure qu'ils s'enfonçaient sous terre, la chaleur se faisait de plus en plus insoutenable, et la tension devenait palpable. Ils ne rencontrèrent pas de résistance, jusqu'à ce que, au détour d'une galerie, ils entendent un grondement sourd, répétitif.

Ils se mirent à couvert, et Xark s'avança furtivement, en éclaireur. Les autres attendaient, tapis dans les ombres, adossés aux parois suintant l'humidité. Avant que l'elfe ne soit revenu, ils avaient compris d'où provenait ce bruit. C'était des bruits de pas, les pas d'une créature qui devait être gigantesque.

Xark de retour, son expression désabusée ne laissa aucun doute dans l'esprit de ses compagnons.

Il leur décrit alors ce qu'il avait vu.

"_La galerie donne sur une salle souterraine, dit-il. Au fond de cette salle il y a une grande porte, qui doit donner sur le repaire des Défias, mais celle-ci est gardée. Une énorme créature fait les cent pas devant cette porte, elle doit bien faire trois fois ma taille."

"_Décrit la nous plus précisément, dit alors Túrin. Je pourrais peut être vous dire de quelle créature il s'agit."

"_D'accord. C'est une créature humanoïde, assez corpulente. Elle a des bras et des jambes énormes, mais sa tête est assez petite en comparaison. Sur son crâne se dresse une corne, et elle a des dents assez proéminentes. "

"_Hum, il s'agit sûrement d'un ogre. Dans ce cas nous devrions pouvoir nous en débarrasser facilement, malgré sa taille. En effet, les ogres sont connus pour leur intelligence très limitée, il devrait être facile de le berner."

"_Comment allons nous opérer alors ?" Intervint Finkel.

Argrim avait une idée sur la façon de se débarrasser de ce gêneur.

"_Xasthell, dit-il. Es-tu prêt à sacrifier ta créature ?"

"_Oui bien sûr, je pourrais en invoquer une autre ensuite. Mais pourquoi voudrais tu la sacrifier ?"

"_Car il nous faut un appât, pour éloigner cet ogre de la porte. Une fois qu'il sera à découvert, l'éliminer ne devrait plus poser de problème."

"_Quel est ton plan, maître nain ?" demanda alors Xark.

Le nain leur exposa donc son idée, qu'ils acceptèrent sans hésiter.
L'ogre, s'en était bien un, se tenait devant la porte, impassible. Une énorme masse, dont la tête devait faire la taille d'un gnome adulte, pendait au bout de son bras droit. Ses yeux vitreux, dénués de la moindre étincelle d'intelligence, fixaient la paroi, de l'autre côté de la salle.

Il mit un certain temps à réagir, quand il vit la sombre créature s'avancer vers lui. Il eut d'abord un air perplexe, il sembla hésiter quelques instants, puis il poussa un grognement puissant. Il leva alors sa masse qui reposait au sol, puis se dirigea à pas lourds vers l'ombre, qui reculait déjà vers les galeries.

Les cinq jeunes aventuriers s'étaient cachés dans les ombres, collés aux parois de la galerie. Ils virent l'ogre passer tout près d'eux, sans qu'il les aperçoive pour autant. Ses pas faisaient trembler le sol, et durant un court instant ils restèrent figés devant la puissance de cette créature.

C'est Argrim qui réagit le premier.

"_Túrin ! lança t'il. C'est à toi !"

L'elfe sortit de sa cachette, et prononça quelques paroles dans la langue des druides, les mains devant lui, comme s'il adressait une prière à un dieu quelconque. Un tremblement ébranla alors la galerie, et l'ogre stoppa net. Il s'était retourné vers Túrin et s'apprêtait à s'élancer dans sa direction quand des racines sortirent de terre, et se déployèrent, telles un monstre tentaculaire. Elles se refermèrent sur la créature et celle-ci se retrouva prise au piège d'une prison végétale. L'ogre était furieux, il tenta de se dégager tant bien que mal mais ses efforts furent inutiles, il était complètement immobilisé, du moins pour quelques instants.

Le druide avait remplit sa tâche, mais il devait rester concentré pour que son sort retienne suffisamment longtemps le monstre.

Les quatre autres se firent donc un devoir de mettre l'ogre à terre, avant qu'il ne soit libéré. Argrim et Xasthell lancèrent leurs sortilèges les plus puissants, tandis que Xark et Finkel faisaient pleuvoir les coups sur la créature, en s'efforçant de rester hors de portée de ses bras gigantesques.
Túrin faiblissait, mais l'ogre n'était pas encore à bout. Pourtant sa peau était complètement lacérée, et il avait perdu des litres de sang. Mais ces créatures sont connues pour leur résistance hors du commun, et celle-ci ne faisait pas exception à la règle.
L'elfe était visiblement arrivé à sa limite, il posa un genou au sol, maintenant tant bien que mal ses mains devant lui.
"_Je ne pourrais plus le retenir très longtemps, dit-il d'une voix faible. Achevez le !!"

L'ogre semblait pourtant être sur le point d'abandonner, de se laisser aller à la mort certaine qui l'attendait, mais, apparemment, il ne comptait pas partir seul. Dans un dernier élan de fureur, il lança de toutes ses forces son énorme poing en direction de Finkel, qui, lui, avait été distrait par l'interpellation de Túrin.

Il ne vit donc pas le coup arriver, et, malgré les cris de ses camarades, l'encaissa de plein fouet. La puissance du coup l'envoya valser contre une des parois de la galerie, et on entendit distinctement plusieurs de ses os être broyés net. Il poussa un hurlement qui se réverbéra le long du boyau rocheux, puis sombra dans l'inconscience, sous l'effet de la douleur.

Leur adversaire, quant à lui, avait mobilisé ses dernières forces dans cet assaut, et il succomba à ses blessures après s'être débattu encore quelques instants. Les quatre combattants restant étaient à bout de souffle, mais pour l'un d'eux le combat n'était pas fini.

"_Argrim, cria Xasthell d'un ton inquiet. Dépêches toi de t'occuper de Finkel, j'ai l'impression que ses blessures sont graves."

Le petit être trapu était à bout de forces, mais il se précipita immédiatement vers le corps de son camarade, et établit un diagnostic rapide. Il avait de toute évidence plusieurs vertèbres en miettes, et, si Argrim n'intervenait pas rapidement, le paladin serait sûrement paralysé à vie.

Il s'attela donc à ressouder les os, canalisant les énergies sacrées en un flux réparateur dirigé vers les blessures de la victime. C'était une opération très douloureuse, et l'homme se réveilla en poussant un cri, que le nain tenta tant bien que mal d'étouffer.

"_Que.... Que s'est t'il passé ? demanda Finkel d'une voix hésitante."
"_Rien de grave. Mais n'essaies pas de bouger surtout, et retiens toi de crier, si tu peux."

Le nain continua d'incanter les paroles sacrées, afin de guérir le paladin blessé, tandis que les autres profitaient de ce répit pour se reposer, et pour bander leurs blessures superficielles.

"_Fiou ... on a eu chaud, s'exclama Xasthell après quelques instants de silence. Il était coriace ce gros machin !"
"_Moi je trouve qu'on s'en est bien sortit, rétorqua Xark. A part Finkel bien sûr... En tout cas ton idée était judicieuse, maître nain. "

Argrim ne répondit que par un marmonnement qui se perdit dans sa barbe. Il était visiblement trop occupé pour apprécier le compliment.

Durant de longues minutes l'apprenti prêtre dû rester concentré, pendant lesquelles Finkel gémissait de douleur, jusqu'à ce que le rituel fût fini. Argrim s'effondra alors littéralement, s'étant visiblement vidé de toute son énergie.

L'homme, de son côté, put se relever quelques instants plus tard, sous les exclamations de joie de ses amis, et s'occupa alors de son sauveur, l'abreuvant afin qu'il retrouve ses forces.
Quelques minutes plus tard, ils étaient prêts à repartir. Ils récupérèrent sur l'ogre quelques objets qui pourraient leur être utiles, puis se tournèrent vers la porte qu'il gardait si farouchement. Ils n'avaient aucune idée sur la manière de l'ouvrir, mais leur réflexion ne dura pas longtemps. En effet, la lourde porte de bois et de métal avait commencé à s'ouvrir lentement, pivotant irrémédiablement sur ses gonds rongés par la rouille. Les compagnons se cachèrent dans les ombres de la salle attenante, s'attendant à voir surgir d'un instant à l'autre une armée de bandits, ou de quelconques renforts venant à l'aide du gardien de la porte.

Au lieu de cela, une fois que celle-ci eut terminé sa lente rotation, rien ne se passa. Incrédules, Argrim et les autres se glissèrent discrètement à proximité, et jetèrent un regard dans l'obscurité qui régnait derrière l'entrée qui était maintenant béante. A part de vagues lumières un peu plus loin dans la galerie, ils ne distinguèrent aucune menace immédiate, et s'aventurèrent donc sur ce chemin qui s'ouvrait à eux.

"Drôle de système de sécurité, pensa Argrim. L'ouverture de cette porte devait dépendre de cet Ogre qui nous barrait la route, mais maintenant qu'il est mort, la porte s'ouvre..."

Il fit alors part de ses pensées à ses camarades.

"_Hé, vous ne trouvez pas étrange que cette porte se soit ouverte toute seule ? Pour moi, foi de nain, ça ne sent pas bon. Nous devrions être très prudents."
"_Oui tu as raison, répondit Túrin. Restez sur vos gardes vous autres, je ressens dans la terre un danger imminent..."
Le groupe continua d'avancer, scrutant les ombres pour y desceller la moindre menace, tendant l'oreille à l'affût du moindre bruit suspect.

La galerie débouchait sur une immense caverne, où les cinq aventuriers s'étaient engagés avec une extrême précaution, puisque depuis peu ils pouvaient entendre un bruit continuel, métallique. Cette caverne abritait en fait une scierie, où des ouvriers, de toute évidence des gobelins, travaillaient à la construction des navires de la Confrérie.

Ils décidèrent de traverser cette usine discrètement, après tout les gobelins étaient fidèles à qui les payaient, et l'Alliance avait besoin de bons ingénieurs, il serait donc mieux d'éviter de s'en faire des ennemis.

Après d'autres galeries sombres et humides, ils se retrouvèrent dans une seconde caverne, où s'affairaient également d'autres ouvriers gobelins. Ils observèrent quelques instants les cuves rougeoyantes, d'où se déversait du métal en fusion, pour finalement former d'énormes canons, sans aucun doute destinés à armer les navires Défias. Ils se faufilèrent de la même façon qu'avant de l'autre côté de la Fonderie, et poursuivirent leur chemin dans les galeries, qui continuaient de serpenter sous terre.

Argrim menait le groupe, son sens de l'orientation dans ce genre de situation se révélant très précieux. Jusqu'à maintenant ils n'avaient pas rencontré d'obstacles, hormis quelques bandits qui n'avaient pas fait long feu.

Pourtant, au détour d'une galerie ils se retrouvèrent devant une lourde porte de métal leur barrant le passage, et malgré tous leurs efforts ils ne purent la faire bouger. Le doute les envahit alors ; comment pourraient ils passer cette porte, qui n'avait visiblement aucune serrure, et qui résistait à tous les sorts et techniques qu'ils connaissaient.

Ils s'assirent quelques instants, réfléchissant à la manière de passer cet obstacle.

Soudain, Xasthell se leva et répéta les incantations qu'il avait utilisées à l'entrée de la mine. Encore une fois un halo l'entoura quelques instants, et tous le regardèrent, sans oser intervenir, se demandant ce qu'il comptait faire.

La créature qui émergea du portail ténébreux n'avait rien de semblable avec l'ombre éthérée. C'était un petit être vert et remuant, qui ne dégageait pas une aura maléfique, mais qui semblait rusé et bagarreur. Après quelques instants, il s'en éleva une voix stridente :

"_Ghozgil pourrrr vous seeervir Maaaaître ! Quoi moi devoirrrr faire ??"

L'homme fit alors signe à son serviteur de se rapprocher, et lui murmura ses instructions. Ses compagnons étaient perplexes, mais avant qu'ils aient pu intervenir, le diablotin avait détalé à une vitesse étonnante, poussant des cris de sa voix aigue. On pouvait encore entendre ses paroles se réverbérer contre les parois. "Ghozzzgil doit servir maaaaître, trouver le trésor,.... et le lui rapporrrter. Oui....le rapporrter au maître...".
Finkel fut le premier à intervenir.

"_Mais, qu'est ce que tu manigances, Xasthell ? A quoi pourra bien nous servir cette... chose ?"

Pour seule réponse, Xasthell fixa des yeux quelque chose derrière Finkel avec insistance, et tous suivirent son regard. Dans un recoin sombre, à peu près face à la porte, se trouvait un canon recouvert de rouille, qui avait l'air d'avoir été abandonné là.

"_Je ne vois pas le rapport, repris Finkel. Que va-t-on faite d'un vieux canon tout rouillé ? Ta créature est partie en disant quelque chose à propos d'un trésor, de quoi parlait-elle ?"

Encore une fois, l'homme eut un air mystérieux, et ne répondit pas. Cela avait l'air de l'amuser énormément. Argrim, lui, commençait à en avoir assez de ce petit jeu, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, ils assistèrent au retour triomphal du diablotin.

"_Ghozgil a trou...trouvé ce que le maaître cherchait... Un précieux trésor oui.... précieux... "
Il portait deux barils plus gros que lui sur son dos, et apparemment n'avait pas compris que son précieux trésor n'était autre que de la poudre à canon...
Ils avaient donc mis le plan de Xasthell en action, et utilisé le vieux canon pour faire exploser la porte. Ghozgil avait été déçu de devoir leur laisser son précieux trésor, mais il ne pouvait désobéir aux ordres de son maître.

Le fracas de l'explosion avait été étouffé par l'étroitesse de la galerie, et heureusement pour eux personne ne se trouvait à proximité de l'autre côté. Ils avaient attendu tout de même quelques instants, sur leurs gardes, au cas où le bruit aurait attiré des indésirables, mais apparemment le brouhaha qui régnait dans la Fonderie avait couvert le tir du canon.

_______________


Ils sentaient qu'ils se rapprochaient du but, et la tension était à son comble. Peu après avoir enjambé les débris de la porte, ils étaient tombés sur deux bandits qui leur barraient la route. Ces derniers avaient fait l'erreur de leur adresser la parole avant de les attaquer, leur demandant de se rendre à la confrérie. Ils avaient eu à peine le temps de finir leur phrase qu'ils étaient immobilisés par d'énormes racines, et alors qu'ils se débattaient, le petit serviteur du démoniste s'était fait un plaisir de les faire taire.

Peu de temps après, ils se retrouvèrent dans une nouvelle caverne, et sentirent qu'ils avaient atteint leur but. A cet endroit, la grande mer s'engouffrait dans la caverne, par une ouverture qui béait dans l'épais mur de pierre. Ils purent distinguer, non loin de la grande fissure qui semblait avaler la mer, quelques quais, qui permettaient sûrement aux navires Défias de venir s'abriter là. Les quais étaient tous déserts, excepté un seul où était amarré un navire imposant, portant l'emblème de la confrérie sur son pavillon noir qui battait au vent.

Quelques pirates patrouillaient sur le quai, mais le regard des cinq compagnons fut attiré par une forme massive qui était juchée sur la passerelle menant au bateau. Argrim l'observa attentivement, alors que ses compagnons discutaient de la marche à suivre. C'était une créature d'une taille imposante, moins grande que l'ogre cependant, et qui se fondait dans l'ombre. Le nain n'arrivait pas à distinguer nettement les contours de la chose, et il décida d'utiliser un de ses talents pour pouvoir mieux se rendre compte de la situation.

C'était la première fois qu'il allait utiliser ce sort, qui nécessitait une bonne maîtrise des énergies sombres, mais il se sentait confiant. Il se concentra et réussit à envoyer une parcelle de son esprit vers l'un des pirates qui se trouvait proche de la passerelle. Celui-ci ne se rendit compte de rien, mais Argrim pouvait désormais voir à travers ses yeux. Il profita donc que le pirate regarde vers la passerelle pour observer la forme.

La créature qui se tenait là était en fait un humanoïde, qui semblait mêler le Taureau à l'humain, et il la reconnut tout de suite comme appartenant à la race des Taurens. L'homme-taureau était, selon la description que lui avait faite Túrin, plus grand que la moyenne de sa race. Ses muscles saillants étaient recouverts d'une épaisse fourrure noire, et une de ses longues cornes était cassée, cela rajoutant encore plus à son aspect bestial. Il portait pour seuls vêtements un harnais en cuir qui protégeait sommairement son torse, et un pantalon de toile déchiré. A son flanc pendait un sabre d'une taille impressionnante, et il gardait sa main poilue posée dessus, comme s'il était prêt à se battre. Le pirate était en train de se rapprocher du Tauren quand la vision devint floue, puis elle fut remplacée brusquement par la vue initiale qu'avait Argrim sur la passerelle.
Finkel le secouait.

"_Argrim, Argrim ! Tu es avec nous ?" disait-il.

"_Oui je suis là ! Cesses donc de me secouer comme ça !"

"_Désolé, rajouta Finkel. Mais tu avais l'air d'être ailleurs... Túrin nous a dit que la créature là-bas est un Tauren. C'est la première fois que j'en vois un !"

"_Oui, moi aussi, rétorqua le nain. Mais à mon avis ce n'est pas la dernière... Bon...assez discuté, finissons en, mes amis."

Le nain commençait à se diriger vers le quai quand Xasthell intervint.

"_Attends Argrim. Ce Tauren n'est pas celui que nous recherchons. Lui c'est le second du capitaine VanCleef, Mr Châtiment."

"_Et alors, quelle différence cela fait ? le coupa Argrim. Il faudra s'en occuper aussi de toutes façons."

"_Certes, répondit l'homme. Mais il faut être prudent. Si nous l'attaquons de front, de nombreux pirates risquent de nous tomber dessus. Opérons plus discrètement."

Ils suivirent les conseils de Xasthell et s'approchèrent discrètement du navire, et attirèrent tant bien que mal les bandits Défias, en essayant d'éviter d'attirer l'attention de l'énorme Tauren. Heureusement pour eux, ce Mr Châtiment n'avait pas l'air très futé, et il ne s'inquiéta pas que ses hommes disparaissent un à un.

Une fois débarrassés de tous les pirates, Xark décocha une flèche dans l'épaule du Tauren, qui, dès qu'il eut découvert d'où provenait l'attaque, les chargea sans aucune subtilité.

Túrin décida d'utiliser une énième fois le sort qui les avait tant aidés, mais les racines qui sortirent du sol ne furent pas assez solides pour retenir une telle force de la nature. Xark lui, décochait flèche sur flèche, et chacune d'entre elles ralentissait un peu plus la course irrémédiable de l'imposante créature. Il émit soudain un mugissement, et cria d'une voix profonde qui résonna dans toute la grotte souterraine.
"_Vous allez... regretter... de vous être attaqués à Mr Châtiment !"

Mais il était déjà visiblement à bout de forces, et même s'il se rapprochait dangereusement d'eux, les flèches de Xark ajoutés aux sortilèges des deux magiciens finirent par couper sa course. Il s'écroula lourdement, son épais cuir transpercé de toutes parts, ses longs poils collés à sa peau par les flots de sang qui s'écoulaient de ses nombreuses blessures.

Alors qu'ils savouraient leur victoire sur cette montagne de muscles, ils entendirent un rire hystérique, se réverbérant sur les parois de la grotte. Il provenait d'un homme brun, dont le bas du vidage était caché par un bandana rouge sang, qui se tenait sur le pont arrière du navire. La situation semblait l'amuser beaucoup.

Il se mit à parler.

"_Ah ah... Vous m'avez rendu un fier service les amis ! Je comptais me débarrasser de cette vermine depuis longtemps !"

"_Qui es tu ? cria Xark. Si tu es Edwin VanCleef nous te sommons de te rendre immédiatement !"

"_Effectivement c'est bien moi. Mais vous allez devoir nager si vous voulez m'arrêter."

Ils se rendirent alors compte que le navire s'éloignait lentement du quai. Ils en étaient encore trop loin pour pouvoir espérer monter à bord avant qu'il ne soit parti.

"_Vous ferez le bonjour à votre cher roi de ma part, ajouta le pirate. Et dites lui aussi que l'Ordre attend sa réponse avec impatience."
Sur ces paroles il se tut et les observa avec amusement. Ils s'étaient mis à courir, pour atteindre l'extrémité du quai avant que le bateau ne soit définitivement hors d'atteinte, mais c'était trop tard, et ils durent s'avouer vaincus. Ils regardèrent donc le navire s'éloigner, dépités, ne pouvant rien faire pour empêcher la fuite d'Edwin VanCleef.
Ils étaient donc rentrés à Hurlevent, ayant accomplit une partie de la mission qu'on leur avait assignée. Ils avaient bien débarrassé les Mortemines de la présence de la confrérie Défias, mais ils n'avaient pas pu attraper leur chef. C'est la tête basse qu'ils se présentèrent devant le roi de Hurlevent, pour lui faire part du résultat de leur aventure.

Quand il appris la fuite du chef des bandits, son visage se décomposa. Il essaya de le cacher mais cette nouvelle semblait le bouleverser, et c'est la voix hésitante qu'il s'adressa à Finkel.

"_Toi, le paladin ! dit t'il. Dis moi, ce maudit pirate vous a-t-il dit quelque chose avant de s'enfuir ?"

"_Oui votre majesté. Mais je ne pense pas que cela ait grand intérêt pour vous."

"_Je ne te demandes pas d'en juger, mais de me rapporter ses paroles. Parle Finkel Galaadson, je t'en prie."

"_Bien... Il nous a demandé... De vous saluer de sa part. Et puis il a ajouté... que l'Ordre attendait votre réponse. Je pense, votre majesté, que ce bandit se moquait de nous, voilà tout."

Les paroles de Finkel avaient affecté encore plus le roi, contrairement à ce qu'il laissait transparaître, Argrim le sentait. Cependant, ce fut d'une voix assurée qu'il répondit.

"_Oui, en effet, ce sont là les divagations d'un voleur, rien de plus. Vous pouvez disposer maintenant, et je vous remercie encore du service que vous avez rendu à l'Alliance. Vous serez bien sûr récompensés pour vos actes."

Les cinq compagnons s'étaient donc retirés, et s'étaient rendus à la taverne, pour se détendre et discuter de leur aventure. Argrim leur avait fait part de ses observations sur la réaction du roi, mais ils ne semblaient pas y prêter grande importance. Ils se quittèrent donc, prévoyant de se retrouver le lendemain.

_______________


Argrim sortait de l'établissement quand il fut interpellé par un de ses congénères, un nain à la barbe rousse et à l'allure de baroudeur, qui avait l'air fort excité à sa vue.

"_Vous êtes bien Argrim Thorungar ?" demanda t'il.

"_Oui, répondit Argrim. C'est bien moi. Mais, que me voulez vous ?"

"_Je suis très honoré de pouvoir enfin vous rencontrer Argrim. Je me nomme Tordrus Bergelmir, et je fais partie de la ligue des explorateurs. Cela fait plusieurs mois que je suis à votre recherche."

"_Très honoré, Tordrus. Mais pourquoi donc êtes vous à ma recherche ? Et qu'est ce que la ligue des explorateurs ?"

"_Je vais tout vous expliquer, répondit Tordrus. Mais vous devriez m'accompagner dans ma chambre à l'auberge, je pourrais vous y montrer le fruit de mes recherches."

"_Soit, je vous suis. Vous avez attisé ma curiosité, mais je vous surveille."

Les deux nains partirent donc en direction de l'auberge ou logeait Tordrus, qui se trouvait sur le bord du canal, à la limite du quartier des nains.
Sa chambre reflétait parfaitement le personnage. Des cartes et des manuscrits traînaient un peu partout au sol, et de nombreux ouvrages étaient empilés dans un coin de la pièce. Ce nain avait l'air d'être un passionné d'histoire.

"_Alors, s'exclama t'il. Je vais donc vous expliquer ce que fait la ligue des explorateurs, bien que ça m'étonne beaucoup que vous ne la connaissiez pas."

Tordrus commença le récit de l'histoire de la Ligue des Explorateurs. Il expliqua comment Muradin Barbe-de-Bronze, qui était passionné par l'archéologie et l'histoire de son peuple, avait créé cette ligue d'aventuriers, pour explorer le monde et découvrir les secrets qu'il recèle. Il détailla les découvertes que ces derniers avaient pu faire, notamment sur l'histoire des nains et leurs origines.

Ce récit avait passionné Argrim, et, une fois que Tordrus eut fini, il intervint après quelques instants de réflexion.

"_Tout cela est vraiment très intéressant, dit-il. Mais je ne vois toujours pas pourquoi votre ligue s'intéresse à moi. Je n'ai rien fait qui ait influencé l'histoire d'Azeroth, il me semble."

"_J'y viens, répondit le nain à la barbe rousse. En fait, il y a peu, nous avons découvert que Muradin n'était pas l'unique fondateur de la Ligue. Un autre nain, dont le nom était moins illustre alors, a autant contribué que le frère du roi à son développement. Mais son nom avait été oublié depuis, jusqu'à ce que nous fassions des recherches sur nos propres origines pas si lointaines."

"Et c'est là que vous êtes concerné. Car ce nain s'appelait Golin Thorungar."

Argrim resta muet de surprise pendant quelques instants, puis répondit d'une voix incrédule.

"_Mais... ce n'est pas possible. Golin était mon père, et je le connaissais bien. Il... Il m'en aurait parlé si c'était important pour lui."

"_Pourtant nous sommes sûr de ce que nous avançons. Peut être que vous seriez plus convaincu si vous lisiez ceci."

Tordrus lui tendit un ouvrage à la couverture de cuir, il semblait assez récent.

"_J'ai commencé à l'écrire moi-même, il y a quelques mois. Ce sont les deux premières pages qui vous intéressent. Le reste décrit mes péripéties lorsque j'étais à votre recherche."

Argrim ouvrit le manuscrit, et en entama la lecture, toujours un peu sonné par les révélations que lui avait faites cet inconnu.

L'histoire de Golin, par Tordrus Bergelmir.

J'ai noté ici le peu d'informations que j'ai pu rassembler sur Golin Thorungar, d'après mes recherches. J'ai écris cela cette nuit, dans l'auberge où je loge à Forgefer, car demain m'attends un long voyage, et je n'aurais peut être pas le temps d'en écrire plus avant longtemps.


_______________


La famille Thorungar était une des plus grandes familles de Forgefer. Dans la cité sous la montagne, ce nom imposait le respect, et même les Barbe-de-bronze, les héritiers du trône, avaient pour les Thorungar une grande estime. Grimald, l'aîné des trois fils de la famille, était d'ailleurs très proche du roi, Magni Barbe-de-bronze.

C'est dans cette famille qu'était né Golin.

Les premières années de sa vie avaient été faciles, la renommée de sa famille lui ouvrant toutes les portes. Il était entré très jeune à l'académie de la garde militaire, car son destin était de devenir général de la grande armée de la cité, à l'image de ses illustres ancêtres. Ses deux frères ne s'étaient guères révélés doués pour les arts guerriers, et il portait donc en lui tous les espoirs de ses parents.

Mais les études ne le passionnaient guère, et il s'était lié d'amitié avec un certain Muradin Barbe-de-bronze, le cadet de la famille régnante, qui partageait avec lui la même fascination pour l'histoire de leur peuple.

Ils avaient d'ailleurs décidé de fonder ensemble une guilde, la ligue des explorateurs, qui serait vouée à l'archéologie et à l'exploration du monde inconnu.

Ils parvinrent quand même tous deux à sortir diplômés de l'académie militaire, mais Golin n'avait clairement pas l'envergure d'un chef de guerre. Sa passion pour l'archéologie et son trop grand manque de discipline l'avaient écarté du poste que ses parents désiraient tant qu'il occupe.
Mais lui n'en avait que faire, son seul désir était de partir à la découverte du monde, et, quand son ami Muradin fut mandaté par le roi pour se rendre en Loarderon, il le suivit sans réfléchir.

Ils avaient été envoyés là-bas pour renforcer l'amitié entre leur peuple et celui des hommes, ce qu'ils firent à merveille. Ils rencontrèrent même le grand roi Terenas, et son jeune fils Arthas, dont la funeste destinée est aujourd'hui connue de tous.

A partir de ce point leur histoire est confuse. On sait que les deux nains se lièrent d'amitié avec le jeune prince, et que, de longues années durant ils servirent fidèlement l'Alliance, tout en voyageant aux quatre coins du monde pour le compte de la ligue des explorateurs, leur guilde, qui rassemblait de plus en plus d'adeptes.

On raconte qu'ils se seraient séparés suite à une discorde, concernant Arthas lui-même. Muradin avait décidé d'aider le fils de Terenas à accomplir sa quête de vengeance, alors que Golin aurait soutenu que le jeune prince était devenu fou, obsédé qu'il était par l'élimination du Seigneur de l'épouvante Mal'Ganis.

L'histoire raconte que Muradin fut tué par Arthas au moment où celui-ci s'était emparé de Frostmourne, l'arme maudite forgée par le roi Liche lui-même. Mais on ne sait pas ce qu'il advint de Golin alors.

De nombreux témoignages rapportent qu'un nain correspondant à sa description, aurait été aperçu maintes fois sur les champs de batailles, face au Fléau, et qu'à lui seul il aurait abattu des centaines, voire des milliers de serviteurs de la Liche. Ce qui me porte à croire qu'il s'agissait bien de Golin, ce sont les nombreuses personnes qui ont affirmé l'avoir entendu crier, en plein coeur de la bataille : « Pour Muradin !! ».


_______________


Aujourd'hui j'ai pu réunir des informations auprès d'un barman de Forgefer, un de mes amis, concernant ce mystérieux Golin. Il aurait entendu un jeune nain, qui se nommait selon lui Argrim Thorungar, parler de la mort de son père, un dénommé Golin. Ce dernier aurait achevé quatre guerriers Orcs avant de tomber au combat, mis à mal par le sortilège d'un réprouvé.

Je dois retrouver cet Argrim, il pourra sûrement m'en apprendre plus sur celui qui fonda ma seule famille, la ligue des explorateurs.
*_Je suis donc parti à votre recherche, dit Tordrus dès qu'il vit qu'Argrim avait fini sa lecture. Mais vous aviez quitté Forgefer, et je n'ai pas réussi à retrouver votre trace. Il y a quelques jours pourtant, alors que j'étais moi-même de retour là-bas, j'ai eu vent de votre départ pour la Marche de l'Ouest, et je suis donc venu m'installer ici, en attendant votre retour."
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