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Itinéraire d'un prisonnier

Par Mathieu

Itinéraire d'un prisonnier

Il est entravé, le dos contre un mur de pierres affreusement froides. Il ne devrait pourtant pas s'en soucier, le froid, il connait, il a participé à la campagne du Norfendre. Mais ces pierres n'ont rien de naturel, tout ici est mort, même les pierres. Les chaînes lui transpercent la peau, son esprit embrumé peut encore ressentir la douleur. Autour de lui, du bruit, beaucoup de bruit, des cris parfois, trop souvent. Des pas. Des pas qui, il en est convaincu, se rapprochent de lui. Il ouvre alors les yeux, pour ne pas finir comme un lâche, incapable de faire face. Une silhouette sombre se tient fièrement debout face à lui. Avec un sourire, celui qui ressemble d'avantage à un cadavre qu'à un humain, le libère de son entrave et lui donne une arme. Il sait. Il va devoir mener son dernier combat. Mais il sait. Il sait qu'il va mourir.

Soldat d'infanterie dans l'armée de Hurlevent, le caporal n'a jamais été un grand combattant, se contentant de faire son devoir. Lorsque la contre-attaque des armées de l'Alliance sur les terres du Fléau a été décrétée, sa compagnie, sous les ordres du Vice-Amiral Keller fut envoyée au Fjord Hurlant afin d'y créer et d'y tenir une tête de pont pour permettre au gros de la flotte de débarquer. Les combats y ont été sanglants et les pertes innombrables mais grâce au courage des soldats et du renfort de quelques héros de l'Alliance vétérans des combats contre la Légion Ardente en Outreterre, les vrykuls furent repoussés et le port de Valgarde solidement ancré dans le territoire du Fléau. Le peu d'éléments restants de la troupe du caporal fut réaffecté à la protection des colons humains installés à Fort Hardivar.

Il grelotte. La vie est monotone ici. Mis à part une attaque de worgs un peu trop téméraires, rien à signaler. Non pas que cela lui déplaise, au contraire. Il dispose de tout le confort qu'un soldat puisse rêver. Nourriture fraîche, lits épais et même un bain de temps en temps. Il pourrait même s'habituer au froid. Mais sa terre lui manque, Hurlevent lui manque. Même si lui ne manque à personne. S'étant engagé très tôt dans l'armée, il n'a ni femme ni enfants et ses parents sont morts depuis longtemps. Et pourtant, il donnerait tout ce qu'il possède pour être en ce moment assis près du feu de la taverne du Baril Ambré dans le quartier des nains. Les nains font la meilleure bière de tous les royaumes. Cette pensée le réchaufferait presque. Presque. Si ce n'est que son sergent lui a annoncé qu'il repartait au front dans deux jours, assister la septième Légion au Fort de Garde-Hiver dans la Désolation des dragons. Assister la septième Légion, les forces spéciales, les meilleurs éléments de l'armée du Roi. Lui, un petit caporal et sa troupe de soldats tout juste à l'aise avec un bouclier. Ridicule. Il se remet à grelotter.

Leur voyage fut long mais sans véritable problème. Même si camper dans les forêts des Grisonnes n'a jamais très agréable et même effrayant pour les plus jeunes recrues. Comme le caporal l'avait prévu, une fois arrivés sur place, ils se rendirent vite compte que la septième Légion n'avait pas besoin d'eux. Ils en avaient fini avec Naxxramas et s'apprêtaient à nettoyer toute la zone sud-est de la Désolation des dragons des quelques poches de morts-vivants restantes. Le Haut-Commandant Verroctone les envoya plus loin à l'ouest, à Angrathar, le Portail du Courroux ou, disait-il, Bolvar Fordragon avait besoin d'homme pour attaquer Arthas sur ses terres.

Il a froid. Il marche dans la neige depuis deux jours. Il n'aperçoit toujours pas le Portail. Il est fatigué. Il entend un cri, sans doute l'éclaireur. Les hommes se mettent à courir, lui aussi. Quand il arrive, c'est déjà trop tard, l'homme est mort, une flèche dans la gorge. Alors il les voit. A une centaine de mètres. Des archers squelettes, des goules et leur officier, un humanoïde en armure de plate. Une nuée de flèches furieuses vole vers eux. Il lève son bouclier à temps, d'autres n'ont pas eut cette chance. Les squelettes baissent leurs arcs, c'est aux goules de charger avec leur officier. Il entend un ordre, son sergent. Il dégaine son épée, la peur l'envahit. Les goules se rapprochent. « Formez la ligne » hurle le sergent. La neige ralentit ses mouvements. Les goules sont sur eux. La peur se mue en terreur. Il voit les hommes tomber sous les morsures et les griffures. Le sergent se défend mieux, il en tue quatre avant que l'officier mort-vivant ne soit sur lui. Il ne voit pas son sergent mourir, il entend seulement son cri. Il lâche ses armes, attendant la mort. Le guerrier en armure s'approche de lui. Une vive douleur à la tête. Le noir.

Il prend l'arme que lui donne son bourreau. Le combat commence. Il est faible. Son ennemi est fort. Il n'a jamais été un grand guerrier. Son ennemi est né pour tuer. Il se défend de toutes ses forces, sachant qu'il va mourir. Il ne veut pas laisser une image de faiblesse. Dans une passe bien exécutée de son adversaire, il est désarmé. Dans les yeux du mort-vivant, aucune émotion. Un éclair argenté. Il tombe. Il ne sent plus rien. Il n'a plus peur.
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