Fanfiction World of Warcraft

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Histoire de Shlomite - Tome 3

Par shlomite#255
Les autres histoires de l'auteur

Bref rappel des deux premiers tomes

Chapitre 1 : Fuite

Chapitre 2 : Pensées carcérales

Chapitre 3 : April

Chapitre 4 : Dix minutes auparavant

Chapitre 5 : Stormwind en trouble

Chapitre 6 : La Foule

Chapitre 7 : La Diplomate

Chapitre 8 : Revanche et Préparation

Chapitre 9 : Apocalypse Now

Chapitre 10 : Un aller simple vers l’enfer

Chapitre 11 : Naxxramas

Chapitre 12 : Les interrogatoires

Chapitre 13 : Meurtre à Stormwind

Chapitre 14 : Kel’Thuzad

Chapitre 15 : L’Empire contre-attaque

Chapitre 16 : La traîtrise de Prestor

Chapitre 17 : La fin d'une ère

Chapitre 18 : Epilogue

Bref rappel des deux premiers tomes :

Voulant faire redevenir son fils Elenith devenue Réprouvé, Humain, Shlomite parcoure le monde se fait des amis éternels aussi bien dans la Horde d'Orgrimmar que dans l'Alliance.

L'Archidruide Fandral Staghelm permet finalement la transformation d'Elenith en Humain. Mais cette transformation risque de briser un fragile équilibre entre la Horde l'Alliance, car tout Réprouvé devient potentiellement Humain. Pour garder cette transformation secrète, la Horde déclare la guerre à L'Alliance et pour marquer sa supériorité s'allie aux Elfes de Sang. L'Alliance pour survivre n'a d'autre possibilité de rallier à leurs causes les Draeneïs. Shlomite s'occupe de cette mission et aidé par la Horde, car si L'Alliance périt, la Horde se retrouvera seul et impuissante face au Fléau Mort-Vivant. Grace aux Draeneïs, l'Alliance vainc la Horde. Mais en acceptant l'aide la Horde, Shlomite devient une traitresse pour l'Alliance. Dénoncée par Benedictus sa supérieur hiérarchique, elle est enfermée dans les prisons de Stormwind. Au même instant, on annonce qu'Undercity, la capitale Réprouvée a été détruite il y a quelques heures...

C'est la que reprend notre histoire...
-Kel'Thuzad !

-Oui maitre ?

-Faites moi un rapport détaillé des derniers événements.

-Bien maître. Undercity est sous-contrôle, elle a été nettoyée de ses derniers résistants. La bataille n'a pas été longue, la ville était pratiquement vide, tout ses habitants était parti combattre l'Alliance...

-Oui... nous avons bien choisi le moment, je m'en félicite... Bien, tout se déroule comme prévu. Undercity retrouvera le maître qu'elle aurait dû avoir si Sylvannas la Banshee ne nous avez pas trahie. Où en sont nos plans d'invasions ?

-Les Nécromanciens sont en routes. Les morts des cimetières d'Azeroth se relèveront et combattront à notre cotés. Les portes de Stormwind nous seront ouvertes suivant notre accord avec l'Humaine, nous aurons ainsi accès aux prisons de la ville. Ces prisons présentent un véritable amas de cadavres depuis les mesures drastiques prises par Stormwind pour combattre le banditisme. De plus, la récente guerre entre les peuples d'Azeroth a été particulièrement meurtrière, de nombreuses pertes des deux cotés, qui se rajouteront bien évidement à nos effectifs.

-Excellent... Où se trouvent actuellement nos Nécromanciens ?

-Ils avancent vers les différents cimetières d'Azeroth.

-Quand pourrons-nous commencer les opérations ?

-Dans vingt-quatre heures, les magiciens prennent position. Ah oui, j'oubliais, les Réprouvés ont amélioré les effets meurtriers de la peste. Elle est désormais bien plus puissante que celle que j'avais utilisée lors de la troisième guerre. Nous pourrons l'utiliser à nos propres fins.

-Intéressant... oui... Ordonnez la contamination de tout ce qui vit, animaux et végétaux, que tous soient empoisonnés.

-Bien maître, a vos ordres.

Cachée dans une armoire de son ancienne capitale, la Magicienne Elaria a entendu la conversation entre Arthas et on lieutenant. A présent, elle perçoit les pas du lieutenant vaquant à ses occupations. Elle n'ose bouger, ni respirer. Elle sait qu'elle doit rester en vie pour ramener ces précieuses informations. Elle doit rester en vie.

Mais l'ennemi est puissant, elle ne peut se permettre de se compromettre. Elle a défendu Undercity, elle a résistée, elle a utilisée tout son savoir de mage pour cette tache, elle a vu tout ses frères d'armes tombés sous les épées maléfiques de la Légion. Elle sait qu'elle est la seule survivante... C'est un devoir de rester en vie, elle doit ramener ses informations à sa Reine...

Soudain, elle entend la voix d'Arthas donner des ordres :

-Fouillez tout, chaque recoins. Eliminez les scélérats qui auraient résisté à la surveillance de Kel'Thuzad, il y en a tout prés, je le sens...
La Réprouvée entend le Chevalier de la Mort se diriger vers elle... Il faut qu'elle fuie... Se téléporter ? Oui, c'est la seule solution. Une téléportation à courte distance, faute de temps. Elle se met en position de rituel, et se concentre sur sa destination : dix mètres plus loin.
Elle prononce quelques formules et se retrouve à l'endroit souhaité.

Vite, courir ! Elle prend ses jambes à son cou. Il faut absolument rejoindre l'issue de secours le plus vite possible, les égouts, c'est la seule solution. Déjà, elle entend des pas derrière elle. Jetant un regard par-dessus son épaule, elle aperçoit une dizaine de goules courant de leurs démarches ridicules vers elles. C'est là que résonne un sinistre rire :

-Ah ah ah... Laissez là... Elle fera un excellent repas. Les Nérubiens n'ont rien mangé de consistant depuis bien longtemps.

Alors que le rire maléfique continue de résonner dans les vastes salles d'Undercity, Elaria continue sa course. Elle sait ce qui l'attend, elle a déjà entendu parler des Nérubiens, ces puissantes Araignées qui ont autrefois vaillamment combattu la Légion, elles sont tombés, et Ner'zhul, le roi Liche les ressuscita. Elles sont maintenant de fidèles serviteurs du Fléau, elles qui furent si fières et si puissantes autrefois.

Elaria court encore, les égouts, elle continue sa course, rien derrière elle, pas de poursuivants, ce qu'elle redoutait le plus se réalise. Arthas n'avait pas menti, elle va devoir affronter les Nérubiens...

En effet, à peine a-t-elle parcouru quelques mètres au dehors qu'elle entend un bruit sourd derrière elle. Elle se retourne. Bavant à travers ses mandibules, une énorme araignée lui fait face.

Vite, il faut fuir !

Mais à peine fait-elle quelques pas, que deux autres Nérubiens font leurs apparitions, elle est cernée. Il faut pourtant qu'elle donne ses informations, elle a une lourde responsabilité et elle le sait, elle ne peut se permettre de faillir. Elle se téléporte dix mètres plus loin, elle continue de courir, elle se dirige vers le Sud.

Autour d'elle, tout n'est que désolation, des goules et autres créatures maléfiques déchiquètent les corps de ses camarades, tout brule autour d'elle, tant d'efforts détruits... Elaria sert les dents : le Fléau le regrettera.

Derrière elle, elle le sent, les Nérubiens la poursuivent. Bientôt, elle en rencontre d'autre. Ceux-ci, dés qu'ils la voient agitent leurs mandibules avec appétit avant de se lancer dans la course poursuite.

Bientôt la Réprouvée est poursuivie par une dizaine d'Araignées géantes. Elle continue, mais elle ne pourra pas continuer ainsi longtemps, l'endurance n'est pas son fort. Elle emprunte le bois. Mais alors qu'elle s'épuise à la course, elle se heurte à quelque chose. C'est invisible, gluant... Elle est collée à ce mur élastique. Elle plane véritablement à quelques centimètres au dessus du sol, elle ne peut pas bouger. Elle réalise alors qu'elle vient d'être pris au piège, c'est une toile d'Araignée géante...Elle essaye de se défaire, de s'enfuir, d'user de sa magie, mais elle ne le peut, l'énergie qu'elle tente d'utiliser semble être aspirée par la toile qui se renforce.

Les araignées se rapprochent. Mais elles semblent hésiter. Comme si la toile leur faisait peur, elles craignent quelque chose.

D'abord légèrement, puis ostensiblement, la toile se met à s'agiter. Bientôt arrive un Nérubien plus grand que les autres. A sa vue les autres araignées reculent de quelques pas. La grande araignée les regarde menaçante de ses deux puissantes pattes avant en agitant ses mandibules.
Ses quatre pattes du milieu enroulent Elaria dans un cocon visqueux blanc. La Réprouvée a beau se débattre rien y fait, elle ne fait pas le poids face à la puissante musculature de son agresseur.

Une lueur passe soudain dans l'oeil d'un des Nérubiens, il va attaquer. Il se lance sur Elaria. Mais la grande araignée, rapide et efficace attaque de ses mandibules une patte de son ennemi. Cette dernière pousse un cri de douleur inhumain avant de s'enfuir. Elaria ferme les yeux, son visage se crispe tant le cri est strident.

Les autres Nérubiens, résignés, suivent leur camarade meurtri.

Elaria reste emprisonnée dans son cocon en compagnie de la grande araignée. Celle-ci approche sa tête du cou d'Elaria, ouvre ses mandibules...

Quelques instants après un long filet de sang se répand sur le sol.
Voilà bien deux bonnes heures que je suis enfermée dans les prisons de ma propre ville, deux heures à me morfondre : que peut-il m'arriver de pire, considérée comme une renégate ? Quel crime ai-je commis... J'ai accepté l'aide qui m'était proposée... Benedictus ne s'est jamais opposée à ça... Et après, j'ai commis l'acte visiblement répréhensible de laisser en vie celui qui m'été venu en aide... Non... Ce n'est pas possible, j'ai toujours cru en la justice, mais là, je dois avouer que je ne tiens plus les valeurs de l'Alliance en grande estime... Où est passé l'Honneur !
Oh et puis... A quoi cela me sert-il de me morfondre, ce n'est pas cela qui va arranger les choses... Il faudrait que je pense à sortir, je ne vais tout de même pas passer le restant de mes jours dans cet endroit lugubre ! Il faut que je sorte pour... pour... pour quoi en fait ? Que m'attend t-il dehors ? Mon fils ? Oui... La dernière fois, il s'est empressé de partir en mission... Seymour ? Oui... Seymour, ok... est-ce donc cela ma seule envie de sortir ?

Non... franchement, je ne tiens pas encore à risquer ma vie... pourquoi ? Pour qui ? Pour une Alliance qui me jette en prison après des mois de missions, mission réussi avec succès qui plus est !

Je ne vois pas ce que l'avenir pourrait m'apporter... Je ne vois rien à l'horizon, je n'ai plus de but, et pire que tous je ne sais pas comme ma situation actuelle pourrait s'empirer...

Lasse, dans ma prison bien sombre, moi qui suis censée distribuer la Lumière... Un comble pour un prêtre ? Moui... Ben ça ne me fait pas sourire et encore moins rire

J'ai peut-être voulu rendre le monde plus beau... Mais qu'y puis-je ? Moi... Prêtresse emprisonnée comme un vulgaire voyou... J'ai voulu changer le monde, apporter la paix... Quelle utopie ! Que je suis ridicule...

Mes pensées si joyeuses sont alors troublées par la voix criarde et blonde d'un garde adolescent :

-Une visite pour Shlomite !

J'entends alors la démarche calme et mesurée de Seymour. Ca ne m'étonne pas... Hexiatröhm, quoi qu'il en dise n'est pas tout à fait mort en lui, demeure cette mesure, cette maîtrise de soi, quelles qu'en soient ses sentiments, il demeure maître de son corps, et le plie à sa volonté. Elenith le suit, sa démarche est légèrement plus accentuée, plus excitée, son corps est en phase avec son esprit.

-Hé, me fait Seymour affectueusement à travers les barreaux.

-C'est tout ce que tu trouve à dire ? Lui rétorqué-je.

-Tu as une petite mine, répond t-il.

Je ne réponds pas.

-J'ai entendu ce qu'il t'est arrivé...Ca me révolte mais je n'y peux rien... D'un autre coté.... Faut les comprendre, bien qu'ils n'aient aucune excuse, enfin bon...

-Maman, interrompt Elenith, on va te libérer ! On ne peut pas te laisser comme ça !

Je souris : ils sont touchants.

Croyant bon de m'en informer à cet instant, Seymour m'annonce:

-J'ai mis Elenith au courant pour nous.

-Oui, maman, je te rassure, je trouve ça formidable que tu te remaries ! s'écrie Elenith.

-« Remaries », c'est un peu fort, précisé-je, disons qu'on s'aime bien, c'est tout, peut-être plus... Je suis heureuse et surprise de ta réaction, je ne pensais pas que tu le prendrais si bien...

-Ben écoute, je ne veux pas d'une mère seule, qui va s'occuper de toi quant tu seras vieille et décrépit ? demande t-il en arborant un large sourire.

-Je ne suis pas vieille et décrépit ! Je suis encore jeune et en pleine possession de mes moyens...

-Oui, reprend t-il, à quarante ans en prison, j'imagine que tu n'as jamais été aussi heureuse !

Ses jeunes yeux bleus pétillent de malice.

-J'essaie d'enjoliver ma situation, je te prie de ne pas détruire mes illusions !

Soudain la voix juvénile du garde se fait entendre :

-Encore dix minutes !

-Venons au fait, reprend Seymour dans un ton sérieux. Je pense avoir trouvé un moyen de te faire libérer. Mais je ne veux pas te donner de faux espoirs, aussi je ne t'en parlerai pas.

-Tu viens de le faire, lui fis-je remarquer, sarcastique.

-C'est vrai, avoue t-il, mais je ne t'en parlerai pas plus. Je vais complètement changer de sujet. Alors Undercity...

-Effectivement, l'interromps-je en esquissant un clin d'oeil, tu changes complètement de sujet...

-Donc, comme je disais avant d'être bêtement interrompu, repris t-il en me jetant un regard noir malgré des yeux pétillants tout en accentuant sur le mot « bêtement », Undercity a été détruite. Des rumeurs accusent le Fléau, rumeurs que je corrobore d'ailleurs. Il aura choisi le meilleur moment, le plus opportun, il aura profité de la guerre, et dire que tout cette histoire n'est qu'un enchaînement d'événements à partir du moment où tu t'es mis l'idée folle de rendre Elenith Humain... C'est sûrement ce qu'on appelle l'effet gryphon, un simplement battement d'aile de gryphon dans la forêt d'Elwynn peut déclencher une tornade dans les contrées de Kalimdor... Enfin bref, le fait est que cette attaque a déclenché un véritable ouragan médiatique et diplomatique. On parle déjà d'une Double Entente Alliance/Horde appelée communément Entente pour faire face à ce redoutable ennemi sorti d'outre-tombe, c'est le cas de le dire. Toujours selon ces fameuses rumeurs, Lady Jaina Proudmore serait en route pour Stormwind afin d'organiser une rencontre entre dix peuples importants d'Azeroth que sont les Humains, les Gnomes, les Nains, les Draeneïs, les Elfes de la Nuit, ceux de Sang, les Orcs, les Trolls, les Taurens et les Réprouvés.

-Une rencontre Alliance/Horde, quoi... fis-je

- Oui, répond-il. C'est ce qu'affirment les rumeurs. Ces rumeurs viennent des gardes royaux, donc elles sont plutôt fiables.

-Et quand aurait lieu cette rencontre ?

-Oh... je pense, au plus tôt demain.

-J'aimerai bien voir ça, dis-je amusée. J'aimerai voir la tête que fera Benedictus lorsqu'elle verra Thrall dans Stormwind... Cette femme a beaucoup trop de préjugés...

-C'est justement pour ce problème que je ne crois pas que Thrall se déplacera en personne, il craindra une traîtrise de notre part... Nos
responsables en sont bien capables, le père de Jaina lui a déjà tendu un piège de ce genre... Aussi, je crois qu'il enverra son conseiller principal.
-Angelwing ?

-Oui. Ou l'autre, Hellena je crois.

-C'est ça... Ainsi le Fléau est de retour...

-Il faut le faut le détruire, s'écrie soudainement Elenith, il nous a trop fait souffrir, ça dure depuis trop longtemps. Pendant plus de six ans il m'a asservi, m'a fait souffrir, a pris le contrôle de mon corps et dicté mes pensées. Chaque jour il grandit et sa puissance augmente, il faut le défaire. J'irai me battre avec les autres !

-Non ! Éclaté-je, tu n'iras pas. Je n'en peux plus de m'inquiéter pour toi ! J'ai déjà assez souffert lorsque j'ai crû te perdre. Je ne veux pas renouveler cette expérience

-Ecoute maman, répond t-il d'une voix calme, j'ai trop enduré le joug du Fléau pour ne pas prendre cette décision à coeur. Je ne veux pas passer le restant de mes jours à regretter de ne pas avoir participé à cette guerre, à considérer comme j'ai été lâche.

-Et si tu meurs, tu pourras considérer à loisir comme tu as été brave ! Lui fis-je, cassante.

-Ma décision est prise.

-Non, reste... dis-je, suppliante, larmes aux yeux. Reste, n'y vas pas, ne risque pas ta vie pour rien !

-La visite est terminée, annonce le garde.

-Désolé maman, conclue Elenith avant de partir.

Quelques secondes les voilà partis, et me revoilà seule, la parole intérieure démangeante.

Par delà les barreaux, les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève, la plainte douloureuse d'un chien qui aboie, le silence inquiétant qui précède les rêves, quand le monde disparu l'on est face à soi... je sens que je vais veiller tard...
Les yeux grands ouverts, elle regarde la créature noire vaciller à droite, à gauche, avant de s'écrouler de toute sa masse sur le ventre de sa proie. Un craquement se fait entendre. La jeune femme hurle de douleur : ses cotes sont brisées. Le corps arachnéen de l'assaillant tressaille. Puis, rien : la créature reste inanimée, morte.

Alors qu'une bave verdâtre sort des mandibules du Nérubien et coule sur le visage de la Réprouvée, une douleur immense envahit son corps, si forte qu'elle n'a plus qu'une idée en tête : se dégager. Elle ne se demande par quel miracle elle a été sauvée. Elle pousse de ses maigres bras à travers le cocon qui l'enveloppe le corps touffu de l'araignée, en vain : le Nérubien est beaucoup trop gros, et elle, beaucoup trop frêle.
Elle entend quelqu'un courir vers elle, mais ne s'en soucie guère. A bout de forces, elle a du mal à respirer, étouffe mais se débat encore.
Soudain, Elaria entend le souffle d'une puissante rafale, frôlant le visage de la Réprouvée, exhibant ses cheveux au vent. Sa tête est plaquée sur le sol. L'énergie déployée est telle que le corps massif de l'araignée décolle pour atterrir quelques mètres plus loin déracinant dans son vol une dizaine d'arbres.

Trop faible pour ouvrir les yeux, elle entend le sauveur se précipiter vers elle, elle sent ses mains la palper, elle entend en langue Humaine :

-Repose-toi, tout va bien, le mal est passé.

Elle comprend ce langage, elle était Humaine avant.

Elle connaît cette voix, elle l'a déjà entendue.

Ses cotes lui font horriblement mal, prise d'une soudaine fatigue, ses pensées se flouent et, comme si son corps avait pris instinctivement pris possession de son esprit et lui ordonnait par nécessité de lâcher prise, le danger étant passé, elle sombre dans l'inconscient.

Réveillée par le bruit d'une tasse qu'on pose sur une table, faiblement, Elaria ouvre les yeux. Elle se sent beaucoup mieux. Allongée dans un lit, emmitouflée dans une couverture en peau de bêtes, des bandages sont posés sur ses multiples blessures, vestige des combats d'Undercity.

-Réveille-toi, je t'ai apportée une tisane fait la voix Humaine.

Elaria se redresse, devant elle se profile une chambre en bois, deux fenêtres, rideaux rouge, une porte, visiblement d'entrée, il y a qu'une seul pièce. Elle est déjà venue ici, elle le sait. Elle connaît bien cet endroit, c'est la maison de son amie April, et, elle s'en souvient à présent, c'était aussi sa voix :

-Ben dis donc, tu as bien dormi ! Il est midi, tu as dormie presque quinze heures !

Elaria connaît bien April, c'était une amie de ses parents, elle venait souvent chez elle manger des bonbons et des gâteaux aux myrtilles.
Gnome Mage aux cheveux violet, coiffée de couettes, la cinquantaine, April est sans enfant. Habitant une petite maison au Nord des montagnes d'Alterac en bordure du lac Lordamere, elle a, comme Shlomite, aidé Stormwind face à la menace Orc durant la troisième guerre. Quelques années plus tard elle recueillit Elaria. Celle-ci, devenue réprouvée, était seule, sans abris, sans amis, sans patrie, sa famille assassinée par le Fléau. Elle lui ré-offrit son amitié, l'aida à se créer un home sweet home digne de ce nom, lui fournit nourriture, argent et matériel, l'initia et lui enseigna plus tard de son mieux l'art de la magie, c'est grâce à April si plus tard, Elaria devint l'une des plus jeune et talentueuse garde royale d'Undercity. Elle a toujours était là. Elle est encore là aujourd'hui, l'a sauvé encore une fois.

Elaria se rappelle alors Arthas et son plan d'attaque, elle n'a pas beaucoup de temps, elle en a déjà perdu assez, il lui faut partir. Elle doit prévenir sa reine des derniers événements, l'attaque imminente du Fléau dans tout Azeroth, l'existence d'une traîtresse Humaine. Elaria calcule le temps qu'il reste avant ce moment fatidique : six heures. Le mieux est de se téléporter à Orgrimmar prévenir Thrall ou un autre personnage important de la hiérarchie. Cela lui est impossible, elle ne possède pas de rune de téléportation. Cette rune est indispensable à la téléportation, elle doit absolument s'en procurer une si elle veut prévenir à temps de la menace Mort-Vivante.

-Il me faut une rune de téléportation, c'est urgent, demande t'elle précipitamment à April.

-Mais je n'en ai pas, répond celle-ci, intriguée par le ton urgent de la question, pourquoi en veux-tu ? Tu ne comptes tout de même pas retournée là-bas ! Si ?

-Où se trouve le plus proche commerce de runes ? demande Elaria.

-Il y en a bien un à Southshore, c'est assez loin... Ah c'est vrai que la Horde a détruit Southshore... Bon ben, le plus proche commerçant se trouve à ... Ironforge, toutes les villes au Nord ont été détruites.

-Ca c'est pour l'Alliance, qu'en est-il de la Horde ?

-Laisse-moi réfléchir... Sachant qu'on ne peut pas aller à Brill, le plus proche endroit est Moulin-de-Tarren, on en a pour cinq heures de trajet à cheval.

-Il faut partir tout-de-suite ! s'exclame Elaria en se levant.

-Sans boire de tisanes ?!? demande April, outrée.

-Pas le temps, fait la Réprouvée en s'habillant.

-Je t'accompagne, je suis en danger ici, avec la Légion au Nord qui approche...

-Ok, dit simplement Elaria, en sortant de la maison.

April suit, sort et ferme la porte de chez elle avec nostalgie :

-C'est la deuxième fois que je quitte ma maison, espérons qu'elle ne sera pas détruite à mon retour.

-Allons-y, affirme Elaria en montant son cheval squelette.

April sort son mécanostrider, une sorte d'autruche mécanique servant aux Gnomes de montures. Les révolutionnaires mécanostriders des Gnomes sont une nouvelle preuve de leur ingéniosité. Chaque mécanostrider est conçu pour un cavalier particulier. Ils sont équipés de systèmes à air comprimé, de moteurs dynamiques et de plaquage en duro-acier. Ce sont des montures extrêmement fiables, même si certains leur reprochent d'être des montures dénuées d'âme et stupides. Les Gnomes affirment de leur côté que leurs mécanostriders sont plus réactifs que la plupart des montures vivantes.

En chemin, Elaria explique à son amie la situation : l'attaque d'Undercity par la Légion, la discussion entre Arthas et son lieutenant, leur projet d'invasion, la dead-line de vingt-quatre heures avant l'attaque des Nécromanciens, l'existence de la traîtresse Humaine, sa fuite poursuivie par les Nérubiens.

Quelques heures plus tard, elles arrivent devant Moulin-de-Tarren, il reste dix minutes avant l'attaque du Fléau.

-Entre-toi, affirme April, ils ne me laisseront pas entrer, je fais partie de l'Alliance, et prévins-les de l'attaque.

Elaria approuve et entre dans le village Réprouvée. Elle trouve l'agitation qui précède les batailles. Les villageois sont affairés à la défense. Des barricades sont dressées, le forgeron baille à force de passer des nuits blanches...

Elle se rend chez le marchand de composant et surprend une conversation :

-... réunion à Stormwind des grands chefs d'Azeroth ?

-L'Alliance va rencontrer la Horde ? Impossible !

-Si je te dis ! C'est un ami Mage qui m'a dit ça, y aurait même la Reine !

-Oui, on besoin d'aide, tu as vu ? Féanor affirme avoir aperçu des rôdeur cette nuit rôder prés des cimetières, c'est mauvais signe...

Si Sylvannas est à Stormwind, elle doit s'y rendre. Faisant partie de la Horde, Elle ne peut créer de portail de téléportation vers Stormwind. April s'en chargera.

-Donnez-moi une rune de téléportation, je vous prie, demande t'elle au commerçant en alignant quelques pièces d'argent sur le comptoir.

Celui-ci s'exécute.

-Ce sera tout ?

-Oui, gardez la monnaie, répond t'elle avant de sortir de la ville.

Une fois en dehors, elle retrouve April.

-Crée un portail vers Stormwind, on n'a pas le temps, demande t'elle en donnant la rune à son amie.

-Mais pourquoi Stormw...

-fais vite, on n'a pas le temps, je t'expliquerai après !

Le portail est créé, les deux amies s'y engouffrent...

A temps ?
Prison de Stormwind :
Depuis ce matin, je ne pense qu'à ça... Elenith...
Le voilà reparti à l'aventure... Je n'y peux rien, faut s'y faire... : parfois même tout donner n'est pas forcément suffire...

Entrée de Stormwind :
Stormwind...
Jamais Angelwing n'aurait imaginé entrer dans cette ville ! Impensable... Et pourtant, le voilà qui marche aux cotés de son chef, d'Hellena, et de deux autres guerriers d'élite Orcs. A leurs cotés avancent Cairn Bloodhoof chef des Taurens, Vol'jin, fils de Sen'jin et chef des Trolls, Sylvannas Windrunner, reine des Réprouvés, ainsi que Lor'themar Theron, Seigneur régent de Quel'Thalas, chef des Elfes de Sang, chacun escorté de guerriers de leur races respectives.
Ainsi avancent-ils dignement sur ce qui reste du pont d'entrée de Stormwind endommagé par les affrontements des derniers jours.
Des gardes Humains s'agenouillent à leurs passages.
Devant eux, des hauts gradés les attendent au vues de leurs armures dorées. Parmi eux se trouve Jaina Proudmore.
Soulagé, il respire : ses craintes étaient infondées, la présence de Jaina discrédite l'hypothèse du traquenard qu'il avait lui-même émise. Il serre quand même les dents : Benedictus est là, plus hypocrite que jamais.

Prison de Stormwind :
Je l'aime trop pour le retenir, qu'il parte et qu'il trouve ce qu'il cherche, qu'il trouve quelqu'un qui saura l'aimer mieux puisque je ne peux l'aimer plus.

Entrée de Stormwind :
Celui qui semble être le chef s'avance :
-Je suis Bolvar Fordragon, Généralissime de Stormwind. Voici Magni Bronzebeard roi des Nains, Tyrande Whisperwind, Grande Prêtresse de Darnassus, Fandral Staghelm, Archidruide de Darnassus, Mekkatorque, chef des Gnomes, Velen, Prophète de Draeneïs, Jaina Proudmore, pour ceux qui ne la connaisse pas, c'est la dirigeante de Théramore, et enfin, ma conseillère Dame Katrana Prestor. Je vous souhaite la bienvenue dans ma cité. Mais le temps presse, veuillez me suivre.
Ensemble, les différents chefs d'Azeroth pénètrent dans la capitale Humaine

Prison de Stormwind :
Reste le même, si tu trahissais je t'aurai tout à fais perdu...

Quartier commerçant de Stormwind :
Des femmes aux fenêtres, des hommes devant la porte de leurs maisons, quelques curieux hagard, tous fixent le groupe insolite qui fait son entrée dans la cité Humaine.
Angelwing a alors la désagréable impression d'être comme ces tigres dans les cirques itinérants parfois présents dans la foire de Sombrelune - une foire itinérante qui présente des attractions étranges et extraordinaires, on la trouve souvent dans la forêt d'Elwynn et à Mulgore -, c'est-à-dire, exotique et dangereux.
Le groupe pénètre dans les canaux de la ville.

Prisons de Stormwind :
Tu as fais de ta maison l'horizon, mais dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir... pas trop tard...

Canaux de Stormwind :
Stormwind est sillonné de canaux, ces différents cours d'eaux divisent la villes en quartiers, chaque quartier a sa particularité, son architecture et ses commerces.
L'eau est claire. Les pécheurs portent leurs attentions d'avantage sur les dérogations que sur leurs cannes à pêche si bien qu'une d'entre-elles, entrainée par un poisson visiblement assez musclé, échappe des mains du pauvre curieux lui faisant étouffer un juron.
Angelwing semble être le seul à l'avoir remarqué, tout le reste du groupe a l'attention ailleurs.

Prison de Stormwind :
Une ombre furtive surprend mes pensées. Qu'est ce que c'est ?
Je dois me surprendre moi-même...
Mais ne nous ennuyons pas et ne nous égarons pas, reprenons notre attitude abattue, continuons notre monologue interne.
Où en étais-je ? Ah oui : Elenith. Ben qu'il accomplisse sa destinée...

Canaux de Stormwind :
Le groupe arrive face au donjon. Il est assez monumental, tout en briques argentées, nappé ici et là du bleue de l'Alliance. Un long couloir mène à la salle royale.
Le groupe avance rapidement, en silence, guidé par Bolvar et Dame Prestor. Benedictus ferme la marche.

Prison de Stormwind :
Un bruit dans la cellule en face, un bruit de lente inspiration ininterrompue. Pourtant cette cellule est vide ! Je ne comprends pas. Je fixe la source du bruit : rien ne bouge, mais la respiration continue.

Donjon de Stormwind :
Ils arpentent le long couloir au couleur et tapis bleues. Bientôt ils parviennent au centre du château. La salle est le centre de sept autres couloirs.
Bolvar en désigne un :
-Nous serons bien ici pour discuter.
Il emprunte le corridor, celui-ci mène à une vaste salle carré éclairée munie de table et de chaises.

Prison de Stormwind :
Je continue de fixer la cellule en face. Dans la pénombre de la prison, j'ai du mal à bien distinguer ce qu'il se passe. Je me concentre, je ne vois rien qui puisse expliquer un tel phénomène.
Soudain, le même bruit dans la cellule à coté, personne n'y était aussi. Puis un autre, et un autre...
La prison tout entière respire et produit ce ronronnement pas surnaturel.

Salle du donjon de Stormwind :
-Prenez place, annonce Bolvar, avant de s'asseoir sur une chaise en bout de table.
Peu à peu, tous sont attablés. La Horde d'un coté, l'Alliance de l'autre, Thrall en face de Bolvar.
Angelwing fait face à Benedictus, celle-ci l'évite du regard. Amusé par cette attitude, le conseiller Troll la fixe, rictus prononcé.

Prison de Stormwind :
Oh et puis, en quoi ces bruits m'intéressent ? En quoi suis-je concernée ? C'est leur problème ! Plus le mien !
Je m'assois sur ma couche et m'adosse au mur avec nonchalance et soupir.
Soudain, un bruit, tel un ronronnement d'avion se fait entendre.
Je regarde de nouveau dans la direction de la cellule, ce que je vois me glace le sang : une main grise et décomposée sort de la terre, et s'agite, tentant d'agrandir le trou.

En haut de la tour du Quartier des Mages de Stormwind :
Un portail s'ouvre, une Gnome et une Réprouvée en sortent au grand étonnement des Mages Humains présent dans la salle.
-Où est la Reine Sylvannas ? demande Elaria.
-Mais qui êtes vous, il faut appeler les gardes !
-Répondez moi, c'est urgent, ca concerne l'attaque du fléau, elle est imminente, renseignez-moi ! Éclate la Réprouvée.
-Ne vous énervez pas, ils sont au Donjon de Stormwind, concède le mage.
-Allons-y, annonce Elaria à son amie en prenant la direction des escaliers en courant.
April la suit de prés.

Prison de Stormwind :
La main agrandit peu à peu le trou, une autre apparaît, une tête, le corps suit : un Mort-Vivant vient de sortir de la terre sous mes yeux ébahis.
Je lâche un cri d'effroi.

Azeroth :
Un peu partout, des hurlements se font entendre.

Salle du donjon de Stormwind :
-Qu'est ce que c'est ? fait Thrall en se levant, alarmé.

Quartier des Mages de Stormwind :
-Ca a commencé... murmure Elaria.
Qu'est ce que cela signifie ? Pourquoi les morts se relèvent-ils ? La Légion est ici ? Déjà ? Comment a-t-elle fait ?

Embêtée, je pince ma lèvre inférieure : la situation est grave, je suis en danger ! Je ne peux rien faire !

Dans le couloir principal, des dizaines de rats détalent vers la sortie. Je recule de quelques pas, une main devant la bouche, épouvantée. Je sens le mur derrière moi.

La respiration continue, des râles monotones et surnaturels se font entendre et couvrent le bruit, quelques grognements gutturaux que j'imagine sortis tout droit des entrailles de quelques monstruosités surnaturelles sont ronflés dans ce foisonnement sonore. Quelques instants plus tard, des cliquetis apparaissent, des bruits de métal qu'on tort.

Je me force à rester calme, je tente de réguler ma respiration haletante, j'inspire profondément. Restons calme.

Les secondes s'allongent proportionnellement à mon stress qui grandit.

Des pas lourds et saccadés se font entendre...

Quelques instants après, des cris Humains, déchirants, affreux, ultime... Je ferme les yeux, me rassure par la présence du mur derrière moi, le palpe, et m'assois ; je grimace, comme devant ces choses qui répugnent et qu'on nous montre, inéluctablement ; les cris me serrent les poumons.
Les yeux fermés, j'attends. Je me bouche les oreilles de mes mains et reste ainsi, recroquevillée.

Les pas, les grognements, les respirations, ces cris... Et ce temps... si lent... Que ca finisse !

Le bruit des pas se rapproche... Les monstres sont prés... Je les sens... cette haleine, cette odeur, putride, pourrie, avariée et malsaine envahissent lentement l'espace restreint de la cellule.

Ils arrivent.

Un cri Humain, CRAAC. C'est la cellule à coté. La voix s'arrête : mon voisin est mort.

Ma lèvre inférieure saigne, trop mordue ; les yeux fermés, tendue, tremblante, je serre les points, mes ongles pénètrent ma peau.
Qu'on me tue ! Je n'ai plus rien à perdre !

Je les entends, ils sont à présent devant ma porte. Je n'ose regarder. Le bruit m'informe : la porte est détruite, ils sont là.

Je vais mourir.

Soudain, l'un des monstres échappe un cri de douleur. J'ouvre les yeux et redresse la tête. Le corps déformé et mutilé d'une Abomination de deux mètres, patchwork d'organes hypertrophiés récupérés sur différents cadavres, s'abat lourdement à quelques centimètres de moi avec fracas.

Sa tête est plantée d'une flèche, entre ses omoplates est empalée d'une énorme hache aiguisée et sanguinolente.

Je reconnais cette hache, c'est celle qu'arbore fièrement le Guerrier Nain du nom de Barahir :

-Par mes fiers aïeux Nains ! C'était moins une ! Tu ne pouvais pas te défendre ? Que diable ! Je t'ai connue plus forte ! Par Bronzebeard ! Jamais un Nain qui se respecte ne se serait trouvé dans une telle position ! Heureusement qu'on passait par là !

-Salut Shlomite, dit joyeusement Seymour, on passait te dire un petit bonjour.

-Salut maman, ca va ? demande Elenith arborant un large sourire.

Mais ils sont tous inconscient ? On va mourir ! Je les regarde d'un air ahuris, il faudrait que je me lève ! Pourquoi je ne fais rien ?

-Vous revoir me fait grand plaisir, annonce la propriétaire de la flèche, la Chasseuse Elfe de la Nuit Asoka, mais je crains que le moment soit mal choisi pour de telles plates politesses, -dit-elle en jetant un oeil furtif au fond de la prison, d'autres ne vont pas tarder à rappliquer, nous ferions mieux de sortir d'ici, nous aider des soldats.

Enfin ils se décident à partir.

-Peuh, un Nain est tout à fait capable de se mesurer à ces faibles ennemis, lâche Barahir !

-Se mesurer ? demande Asoka, un imperceptible rictus au visage, je crains que votre taille ne le permette pas...

-En effet, ma taille est certainement moins grande que le sont vos oreilles, répond Barahir en haussant la voix.

-Je crois que nous devrions partir, annonce Elenith en reculant progressivement vers la sortie, vous n'entendez pas ?

En effet, des râles, des pas, des grognements, des bruits de ferrailles résonnaient dans la prison, le brouhaha se rapprochait ostensiblement.

Il faut partir ! La situation s'aggrave !

-Allons-y, fis-je, en me levant d'un pas décidé et me dirigeant vers la sortie.

-Courons prévenir les gardes, propose Asoka.

Peut-être est-ce le bruit de notre fuite vers la sortie, le fait est que soudain, tout bruit dans la prison s'arrête pendant quelques instants, comme faisant une pause avant de reprendre de plus belle : cris de rage, rugissements sourd et bestiaux, pas de course rapides et puissants éclatent dans la prison : nous sommes poursuivis.
Nous sortons du couloir, et nous pénétrons dans la salle d'accueil de la prison :

-Des Mort-Vivants ! Ils arrivent ! Crié-je.

Un Humain gradé me regarde en fronçant les sourcils : c'est vrai, je suis censé être en prison ; mais il ne me dit rien à ce sujet :

-Ils sont nombreux ? demande t-il simplement.

-On ne les a pas vus, mais au moins une dizaine si ce n'est plus, réponds-je.

-Nous devrions être en mesure de nous en occuper. Allez plutôt soutenir les soldats à l'entrée de Stormwind, ils sont débordés, des milliers de Mort-Vivants !

-Allons-y, crie Barahir, ma hache a pris assez de repos, par Bronzebeard !

Quelques minutes plus tard, nous sommes devant le pont de Stormwind, Des centaines de soldats de l'Alliance se battent, à leurs cotés, les dix chefs d'Azeroth, représentants des peuples de l'Alliance et de la Horde, unis pour la liberté, pour la victoire et pour le lendemain.

Devant lui, les Héros des anciennes guerres se battent à nouveau, les Grands Chefs et les Rois, l'union est là, resplendissante, l'Entente du mont Hyjal est de retour.

Cependant, remarque-t-il, de la Horde, seuls les chefs sont présents. Leurs guerriers devraient rappliquer bientôt, nous ne sommes pas assez nombreux. Les ennemis sont beaucoup plus, leurs nombre semble être leurs forces, car, pris un par un, ils sont faibles, pâles imitations de ce qu'ils étaient. Ce ne sont que des morts ressuscités, lui a suivi un autre processus. Il y a en effet deux sortes de Morts-Vivants, les ressuscités ou invoqués, et les Morts-Vivants à proprement parler, ceux qui ont comme lui subies de leurs vivants le processus qui fait d'eux de vrais soldats du Fléau. Contrairement à la première catégorie, ceux là ne dépendent pas du temps, ils resteront esclaves tant que la Légion Ardente ne les aura pas libéré de gré ou de force. Ils n'ont pas non plus perdu en puissance, ils ont simplement perdu la maîtrise de leurs volontés.
Devant lui s'étend un véritable champ de bataille ressuscité par les forces des Enfers. Tout ces guerriers relevés, ayant perdu leurs âmes, leurs personnalités, leurs volonté; ils se soumettent à présent, esclaves du mal incarné: le Fléau. Ils n'ont plus cette fierté, cette loyauté qui les caractérisait, ils sont devenus cadavres obéissants, chairs démembrés, corps sans esprits, robots. Parmi eux, quelques Abominations sont présent.

Il les voit se battre: des Trolls, des Taurens, des Gnomes, des Humains, des Elfes de sang et de Nuit, des Draeneïs, des Nains, des Orcs, tous ressuscités. Seuls les Réprouvés échappent aux sortilèges maudits des Nécromancien de la Légion Ardente.

C'est logique, pense t-il, les Réprouvés sont déjà passés par là, ils ne peuvent redevenir Mort-Vivants au sens, membre du Fléau.

-Allons les aider, par Bronzebeard, ils vont tâter ma hache! s'écrie Barahir à sa droite.

-Espérons que tu ne seras pas aussi faible que d'habitude, ne te rappelle tu pas de notre score? demande Asoka, petit sourire en coin.

-Pff, je suis sure que tu as triché, le contraire est impossible, un Nain ne peux pas se faire battre par un Grandes Oreilles... Reste à savoir comment tu t'y es prise...

Sa mère est là à les regarder, lèvres pincés.

Sure qu'elle stresse encore! Elle doit surement les prendre pour des fous! Elle doit se dire: "quelle bande d'inconscient, comment peux t'on penser à ce jeu idiot maintenant! Non mais vraiment!" ... Pff... Comme d'habitude! Mais qu'elle se relâche! Ca va! On a connu pire!
Il a alors hâte de se battre : « ils vont voir comme je suis fort, sûre qu'ils vont tous être impressionnés! Et peut-être même qu'une jolie fille deviendra folle de moi, juste en voyant mon agilité, ma vitesse, ma dextérité! Je suis vraiment très fort! Si ça se trouve, ils vont me prendre comme Sergent! »

Allons-y! Il court vers la bataille, s'élance, dégaine ses lames.

Un Bouclier Sacré l'entoure alors: merci maman. Telle qu'il la connait, il ne sera pas plus de cinq secondes sans cet artifice.

Il revoit le champ de bataille, suffoquant sous le soleil, il entend dans le brouhaha les cris qui éclatent et rebondissent autour de lui. Et perdu parmi ces gens qui le bousculent, étourdi, il reste là. Quand soudain, il se retourne, elle se recule, et la foule vient le jeter entre ses bras.
Il lacère de ses armes autour de lui, les autres succombent, son corps se rapproche de la fille, elle est là. Il la connait, il sait à qui il a affaire.
Emporté par la foule qui les traîne, les entraîne, écrasés l'un contre l'autre, ils ne forment qu'un seul corps. Et le flot, sans effort, les pousse enchaînés l'un et l'autre et les laisse tous deux, épanouis, enivrés et heureux.

Bien qu'il sache qui elle est, il éprouve alors à ce moment quelque chose qu'il n'a jamais éprouvé, pour personne. Ce n'est plus cette attirance physique et animale qu'il avait ressenti pour Yucie, c'est autre chose, beaucoup plus profond, beaucoup plus... saint. Il se rend compte que ce qu'il pensait être l'amour n'était qu'attirance sexuelle, instinct. Ce terme prend alors tout une autre dimension, un espace confus où se mêlent sentiments et émotions, tendresse et beauté intérieur, attirance intellectuelle et passion.

Il se rend compte qu'il ne l'avait jamais vu ainsi. Elle ne s'est encore jamais dévoilée sous cet angle.

Pourtant, cet amour est impossible, il sait qu'il ne doit pas l'aimer, les valeurs familiales le veulent, ainsi que les moeurs et les préjugés.
Entraînés par la foule qui s'élance et qui danse une folle farandole, leurs deux mains restent soudées. Et parfois soulevés, leurs deux corps enlacés s'envolent et retombent tous deux, épanouis, enivrés et heureux.

Il tournoie avec elle, tout en tranchant de ses lames autour de lui.

Et la joie éclaboussée par son sourire, le transperce et rejaillit au fond de lui, mais soudain il pousse un cri dans le brouhaha, quand la foule vient l'arracher d'entre ses bras...

Emportée par la foule qui les traîne, les entraîne, les éloigne l'un de l'autre, il lutte et se débats, mais le son de sa voix s'étouffe dans le désordre sonore, et il crie de douleur, de fureur et de rage et pleure. Entraînés par la foule qui s'élance et qui danse une folle farandole, il est emporté au loin. Il crispe alors ses poings maudissant la foule qui lui vole la femme qu'elle lui avait donnée.

Il continue à se battre avec agilité et grâce. Comme si son corps avait pris le relai, laissant l'esprit vagabonder à d'autres occupations, penser librement sans se soucier de se que fait le corps, lui faisant entièrement confiance, évaluant que l'ennemi n'en vaut pas la peine.

Il faut qu'il la retrouve, il le faut, et peu-importe ce que les autres en penseront! Peu importe si sa mère le renie! Bien que, et il le sait très bien: elle ne le fera jamais! Certainement trop faible pour le faire.

Non! Il ne doit pas penser comme ca! La vie n'est pas si pragmatique. Il faut faire ressortir le coté humain. Elle n'est pas faible, elle est juste trop attachée à ses valeurs. De même que si il aime quelqu'un, peu importe les préjugés, l'amour est au-dessus. Il aimera qui lui plaira, et peu importe les chuchotements et les médisances.

Oui, la morale est peut-être contre lui, mais la morale n'est rien face à la vie, à l'amour, se répète t'il, se forçant à s'en convaincre. Les autres verront-ils cela ainsi? Sera t-il de nouveau rejeté comme il l'était avant d'être Réprouvé.

Ses pensées ailleurs, il ne se rend pas compte que le combat s'est achevé, ne reste plus que quelques Mort-Vivants, il ne se rend pas compte que les guerriers de la Horde sont venus prêter main forte en plein milieu du combat. Il est ramené à la réalité par la voix sèche et rauque de Barahir le Nain:

-Quarante-trois!

-Quarante-quatre, lui susurre Asoka, en décochant une flèche sur la tête d'un Mort-Vivant à terre, gigotant.

-Eh! Il était mort!

-Il bougeait encore, mon ami.

-Normal, ma hache était plantée sur son système nerveux! lui réplique Barahir.

-Quand même!

Elenith remarque alors le regard en coin de sa mère. Sait-elle? A t'elle remarqué quelque chose? Et puis, qu'en pense la principale intéressée? Éprouve-t-elle les mêmes sentiments que-lui?

L'entrée de Stormwind est complètement dévastée. La plaine jadis verdoyante précédant la forêt d'Elwynn fait à présent place à un véritable champ de bataille, jonché de cadavres de Morts-Vivants. Une odeur nauséabonde plane et prend un aspect gazeux et verdâtre, presque palpable à l'entrée de la Forêt, comme émanant d'elle. C'est étrange, mais peu lui importe, il le sent, il le sait: il est amoureux.

Une jeune Réprouvée accompagnée d'une Gnome d'une cinquantaine d'année se dirigent alors en courant alors vers La Reine Sylvannas, lui glisse quelques mots. La Reine Réprouvée écoute, son attention grandissante, l'air grave, son regard fixant la forêt et ses inquiétantes volutes vertes.

Soudain, laissant ses informateurs, Sylvannas se rue vers Thrall et Bolvar Fordragon et leurs parle. Et le même phénomène se produit: attention et visage grave tourné vers la Forêt.

Fordragon alarmé s'écrie alors d'une voix puissante:

-Tous à Stormwind, que personne ne s'approche de la cité, qu'aucune nourriture, animal ou plante n'y pénètre. Qu'on ferme les portes! La Peste est de retour!

Shlomite court alors vers Elenith:

-Fais vite! Rentrons! Il ne vaut pas rester là!

-Que faites-vous ici? Fait la voix lancinante de Benedictus, ne devriez vous pas être en prison?

L'Archevêque de Stormwind, chevauchant un magnifique cheval blanc, arrive à leurs hauteurs:

-Gardes, emparez-vous d'elle, ramenez-la à son cachot, et apprenez-lui ce qu'il en coûte de défier les autorités!

-Je ne crois pas que vous ferez quoi que ce soi, fait une voix calme derrière Elenith.

Celui-ci se retourne: l'auteur de la voix n'est autre que Seymour, air calme, large sourire aux lèvres.
Comment peut-il empêcher benedictus de m'envoyer en prison ? Je le regarde perplexe. Visiblement, je ne suis pas la seule à penser ainsi : Benedictus se tourne lentement vers Seymour, le fixe intensément, et d'une voix lente mais ininterrompable et impérieuse, elle répond :

-Ah, vous ne croyez pas que je ferai quoi que ce soit ? J'en suis fort aise, je vous rappelle que je suis l'Archevêque de Stormwind, ma parole est de ce fait autorité. Vous n'avez pas les moyens de me contrer !

Seymour garde son sourire :

-Moi, humble citoyen, je n'ai effectivement aucun pouvoir sur votre décision.

Son sourire défigure à présent son visage. Benedictus le dévisage :

-Mais alors, par quels moyens pouvez-vous... oh et puis, pourquoi je perds mon temps avec vous ? Et cessez de sourire bêtement, vous êtes ridicule !

Gardant son sourire visiblement imperturbable, Seymour sort une enveloppe cacheté du sceau de Stormwind, et répond d'une voix haute et clair, tel une annonce :

-J'ai entre mes mains une lettre garantissant à Shlomite l'immunité auquel à droit tout diplomate, Shlomite est en effet par cette présente nommé Diplomate Responsable des Relations entre l'Alliance et la Horde.

-Impossible ! s'exclame Benedictus en arrachant le papier des mains de Seymour, ce poste doit être signé par la majorité des chefs de l'Alliance !
Devant le silence de Seymour, l'Archevêque de Stormwind ouvre l'enveloppe d'un geste brusque et en sort un parchemin d'allure officielle. Elle le parcoure de ses yeux, mais s'attarde à la fin. Elle ouvre la bouche, visiblement surprise et reste ainsi quelques secondes, visage décontenancé. Mais elle se reprend vite, redonne à son allure son habituelle dignité et m'annonce en me tendant la lettre :

-Shlomite, vous avez de puissants et précieux amis.

Troublée, je prends le parchemin, comment est-ce possible ? C'est donc vrai ? Je suis libérée ? Qui sont les chefs qui ont signés ? Je suis diplomate ? Qu'attend-on de moi ?
Mais à peine ai-je la lettre à ma main que Benedictus commence alors à galoper vers Stormwind.
Je la regarde s'éloigner puis m'intéresse au parchemin :

Shlomite,
Au vu de vos récentes missions couronnées avec succès, des excellentes relations que vous entretenez avec la Horde, nous avons le plaisir de vous annoncer votre promotion au titre de Diplomate Responsable des Relations entre l'Alliance et la Horde. Par ce titre, vous bénéficierez de l'immunité diplomatique. Vous recevrez bientôt vos prochains ordres de missions.

Signé :
Magni Bronzebeard, Roi des Nains
Tyrande Whisperwind, Grande Prêtresse de Darnassus
Velen, Prophète des Draeneïs


Je n'arrive pas à y croire ! Bronzebeard, Whisperwind, Velen! Incroyable! Comment?

-Oh Seymour, dis-je en l'enlaçant, tu as fait tout ca pour moi! Que c'est gentil !

-Je ferai tout pour toi, répond t'il.

-Montre, me demande Elenith.

Je lui tends la lettre :

-Ouah ! Tu es libre, s'exclame t'il quelque instant plus tard, et en plus tu es Diplomate ! Ma mère est Diplomate ! Je vais pouvoir tout me permettre, j'ai l'immunité !

-Oh, attend un peu toi, dis-je lentement en me séparant des bras de Seymour, tu faisais quoi lors de la bataille ? Tu te battais ou tu draguais ? Tu aurais pu te tuer !

Elenith ouvre la bouche pour tenter une réponse, mais il est interrompu par un garde :

-Dépêchez-vous, vous n'avez pas attendu le Généralissime ? « Tous à Stormwind ! ». Allez-y, la zone est déclaré dangereuse.

Effectivement, le champ de bataille est à présent vide, nous faisons partis des derniers.

-Ok, ok, concédé-je, on y va.

Puis, plus bas, à Elenith :

-On en reparlera.

Ensemble, nous rentrons dans la capitale Humaine.

Je repense à Elenith. Je n'en reviens pas ! A la limite du voyeurisme ! Comme ca, en plein combat, devant tout le monde, ils se tiennent la main, s'enlacent ! Comme si ils étaient seuls, comme si le monde n'existait pas, comme si eux seul comptaient... Ca a beau sembler romantique, « c'est ca l'amour », mais je trouve cela totalement inconscient ! Il aurait se blesser, ou pire ! Quand on est en combat, il faut se concentrer ! Quelle attitude désinvolte ! Si ce n'était pas Elenith, je critiquerai ses parents j'en suis sure : « quel éducation ! Ses parents devraient avoir honte ! ». Est-ce ma faute ? Surement... mais pour ma défense, j'invoquerai qu'il a raté une partie de son éducation, faut bien se donner bonne conscience !
Peut-être après tout est-ce normal, il devient peu à peu Humain à part entière, l'adolescence, les premiers amours qu'il aurait du avoir, tout ces petits événements qui auraient dû lui arriver et dont il a été privé ressortent tous en même temps, il revit tout en accéléré, comme une montée d'hormones, il découvre soudain l'amour.

Mais avec qui ? Insoupçonnable ! La coquine ! Dire que je l'ai vu le dévisager dans lors du voyage transport l'armée Draenïenne vers le Royaume de l'Est... Jamais je n'aurai pu imaginer que... Et après tout pourquoi pas... D'accord c'est sa cousine, mais je la connais au moins, j'ai passé le cap des moeurs, je peux accepter ca, j'ai vu et vécu pire...

Il aurait tout de même put découvrir ces sentiments à un autre moment ! En plein milieu d'un champ de bataille entouré de Mort-Vivants ! Ah si je n'étais pas là à lui administrer à chaque fois un bouclier... Oui... Il faut que je sois là, je n'ai pas le droit de me reposer, je n'ai plus droit à mes sauts d'humeur. L'attitude que j'ai eu en prison maintenant que j'y repense était totalement irresponsable, je ne peux pas laisser mon fils partir en guerre et moi je reste seul, bras croisé comme une vieille grand-mère ! Je suis responsable de sa vie !

Les derniers retardataires arrivés dans la cité, celle-ci ferme ses vastes portes aux motifs du Bleu de l'Alliance.

-Verrouillez l'entrée, ordonne un lieutenant, mettez la ville en quarantaine !

S'amasse sur le pont endommagé de la ville une foule de soldats de la Horde et de l'Alliance confondu à laquelle viennent se joindre quelques civils et curieux. Vite les discussions et habituelles rumeurs d'après-événements apparaissent :

-Je pensais que l'attaque de la Légion serait plus importante, si ce n'est que ca, rogntudjuuuu, Arthas a intérêt à se cacher, On arrive !

-M'enfin, répond un civil d'allure mince, la tête ronde et les cheveux en bataille, habillé d'un pull à col roulé vert trop court, espadrilles très usées, t'as bien vu que c'était que des ressuscités, ils devaient surement être là pour semer la panique en attendant le véritable affrontement !

En effet, pensé-je... Ce type doit avoir raison, le Fléau était trop faibles... Où étaient les goules, les abominations étaient trop peu, ils manquaient les Nérubiens, les Démons et toutes les horreurs que la Légion a crée... Non, j'en suis sure, le pire reste à venir...

Ah quelle semaine !

Que d'événements ! Déjà la destruction de la totalité des villes d'Azeroth par le Fléau ! Toutes les armées étant concentrés à Stormwind, les autres capitales et villes ont été dévastées ! Ironforge a résisté uniquement grâce à l'arrivée massive de soldats grâce au Tram des Profondeurs reliant la capitale Naine à son homologue Humaine. Ainsi, les villes Orgrimmar, Thunder Bluff, Exodar, Lune d'Argent, Booty Bay, Gadgetzan, Théramore et j'en passe sont aujourd'hui des ruines corrompus et infestés. Leurs habitants devenus Mort-Vivants déambulent à présent sans but dans les rues devenues brumeuses par la Peste.

Nombres de réfugiés sont arrivés surtout en fin de semaine, de toutes races : Humain, Elfe de Sang et de Nuit, Nain, Gnome, Troll, Tauren, Orc, Réprouvé, mais aussi furbolgs, gobelins, géants, centaures...

La ville est devenue une véritable fourmilière en constant éveil. Cet élan contre le Fléau est si grisant, cette alliance créée si soudainement... Comme quoi... dés que le danger apparaît, on oublie momentanément les rancunes aussi tenaces et profondes soient-elles.

Les anciens groupes se recréent, les anciens alliés sont de retour, d'autre organisations prêtent allégeance à l'Entente : les Nains Dark Irons, Wildhammer, Stormpike, les gobelins du Cartel Gentepression, les Trolls de différentes tribus, notamment Zandalar, Darkspear. Il y a aussi entre autre des organisations indépendantes : la tribu Grumegueule, le cercle Cénarien, la foire Sombrelune, les Hydraxiens, et l'organisation de l'Aube d'Argent regroupant des membres ayant juré la mort de la Légion.

La Résistance s'opère. Le donjon de Stormwind, devenue quartier général de l'Entente en accueille les chefs et représentants des différentes factions. Devenue diplomate, j'assiste à quelques réunions mais je sers surtout de messager entre l'Alliance et la Horde. Je n'ai pas appris grand-chose. Il s'agit surtout de la préparation de la riposte : l'union des forces en une unique armée. J'ai aussi appris l'existence d'une traîtresse Humaine qui aurait ouvert les portes de la cité permettant l'entrée des prisons, merci bien ! Une enquête a été ouverte pour découvrir son identité. Je me demande bien qui ca peut être... Les porte sont gardés nuit et jour... L'ouverture a du se dérouler pendant la nuit pour la discrétion. Il aurait fallu l'absence des gardes à ce moment. Serait-ce un garde ? Ou plutôt une garde en l'occurrence ? C'est peu probable, car, il aurait fallu corrompre tout les gardes, et il ne s'agit que d'un seul traître. Donc, l'ordre vient de plus haut... Celui qui dirige les gardes n'est autre que le général Marcus Jonathan, commandant en chef des garnisons de Stormwind, mais je le connais, il est digne de confiance... de plus c'est un homme, non... Ca ne peut pas être lui... Mais, si ce n'est pas lui, ca vient forcément de plus haut... Du Donjon ? Possible... Mais aussi du SI:7, de la Cathédrale... les maîtres de ces endroits ont beaucoup d'influence dans la ville... Si on commence à douter d'eux, qui doit-on croire... Il ne sert à rien de se pencher dans cette enquête, c'est bien trop compliqué.

Un des évènements les plus remarquables de cette semaine est sans doute le retour de la Peste... Des centaines de personnes sont mortes dans la capitale, d'autres sont gravement malades, dévoilant des symptômes que je n'avais encore jamais vus. La Cathédrale de Stormwind est devenue pour l'occasion un hôpital. Les plus grand Prêtres sont présents et utilisent les nombreuses facettes et secrets de leur art pour contribuer à la lourde tache à laquelle je participe.

Elenith a rendue quasiment officielle sa relation avec sa cousine Nefret. Ils vont à présent ouvertement, sous mon nez, malgré mes critiques que je souhaite acerbe, se battre ensemble, ou plutôt, j'ai l'impression, s'amuser ensemble dans les combats. Que je n'aime pas ça... inconsciente jeunesse ! Mais je n'y peux plus rien... je ne baisse pas les bras, tout ce que je peux faire, c'est d'être présent à tout ses combats pour le surveiller. Mais, elle... Elle d'occupe de lui, elle lui met des boucliers plus rapidement que moi, elle me nargue... Mais, je ne sais pas si elle le sait... Elle prend ma place. Elle le soigne et le protège. C'est mon rôle ! C'est moi la mère ! L'ennui, c'est que je ne peux décemment pas lui en vouloir ouvertement... Elle n'a rien fait de mal et n'est surement pas consciente du rôle qu'elle prend, de celui qu'elle m'enlève, de l'importance de ses actes... Enfin bon, je n'ai pas mon mot à dire... reste à espérer que cette histoire finisse bien...

La vie s'organise dans Stormwind : toute la nourriture vient de l'intérieur de nos murs : rien n'est importé. Normal, avec cette peste qui sévit... Bientôt les vivres viendront à manquer, mais ce n'est pas inquiétant. En effet, les Mages sont capables de créer des éléments comestibles. Je dis « éléments », car cela n'a effectivement rien à voir la de la vrai nourriture cuisinée, c'est sans goût, comme mâcher du bois, mais au moins, ça a le mérite de remplir l'estomac et de ne pas être empoisonné. Néanmoins, je redoute ce moment qui ne saurait tarder, en effet, nous serons alors en situation bien précaire si nos Magiciens en étaient réduis à créer de la nourriture au lieu de se battre.

Les batailles sont d'ailleurs devenues journalières avec les raids de la Légion qui se multiplient. Les portes de la ville accueillent désormais les démons du Fléau, des myriades de soldats ennemis se tiennent debout, prêt à tenir leurs positions. Les combats vont s'éterniser. Déjà, juste hier, les premières machines de guerres sont arrivées aux portes de la cité. Des bombardements ont eut lieu, et une partie de la muraille intérieure a été gravement endommagée. Mais l'Entente a tout de suite réagie : Des catapultes Orcs, combinés à des lance-roquettes d'origine Gobeline et un Super-Charge de Sapeur Gnome, enfin... il parait, je n'y connais rien... En tout cas, j'en ai vu le résultat pour le moins spectaculaire, les machines de guerres ennemis ont décollés littéralement à plus de vingt mètre du sol et ont explosés déversant sur les soldats gangrenés de la Légions des dizaines d'explosifs qui à leurs tours rugirent de tout leurs puissances de feu. Un véritable feu d'artifice !
En tout cas, cette riposte semble les avoir calmé, car depuis ce matin, plus rien.

Occupée à la cathédrale à soigner les blessés avec la Croix Blanche, nous recevons continuellement des comptes-rendus des événements les plus récents. Ainsi, j'ai pu apprendre qu'une agitation certaine règne dans leur campement.

La Tension est lourde. Un silence trahit l'inquiétude des occupants de Stormwind. Une chaleur pesante et incitante à boire pèse. Il y a quelque chose dans l'air, quelque chose de bizarre, peut-être le silence pesant des enfants qui jouent sur les pavés à l'extérieur, ou est-ce les vieux assis sur leurs bancs avec leurs drôle de regards brillant étrangement sans rien fixer ni sans rien voir. C'est comme si les femmes et les hommes avaient fuit tout à coup.

C'est dans cette atmosphère angoissante que soudain, plus loin des chants graves se font entendre. Il se passe quelque chose. C'en est presque un soulagement : enfin cette tension tortionnaire cesse.

Quelques instants, un garde arrive en courant vers Deneb Walker, le responsable de la Croix Blanche, et lui crie :

-Ils attaquent ! Dépêchez tout les Prêtres disponibles pour aller combattre !

-Très bien, répondit un Walker décidé, que tout les Prêtres aillent aider au front, seuls resteront pour soigner les blessés ici : vous Benedictus, mais aussi vous Yokaï, Micdis et Gahïbard. Les autres allez-y vite !

Je me lève en vitesse, et cours à l'extérieur de la Cathédrale avec les autres Prêtres. Arrivé dehors, je monte ma jument et me dirige vers l'entrée de Stormwind, monte du haut des murailles et observe le siège. Face à moi, en contrebas, des nuées de monstres devant la ville, avançant lentement, chantant une chansons si lugubre que le vent chaud de l'après-midi d'été est maintenant glaciale...

Une des plus grandes batailles de l'Histoire de Stormwind, s'apprête à commencer...
Je rejoins à l'entrée Asoka, Barahir, Elenith, Elvior, Oseus le Druide et Seymour, j'aperçois Benedictus au loin aux cotés de Bolvar Fordragon et Thrall.

-Fermiers, forgerons, garçons d'écurie, aucun n'est un soldat, remarque Oseus.

-La plupart ont déjà vu passer trop d'hivers, répond Seymour.

-Ou trop peu. Regardez-les, ils sont terrifiés, ça se lit dans leur yeux. Et il y a de quoi, je n'ai encore jamais vu de telles monstruosités.

-Il le faut pourtant, réplique Seymour.

Un voile de fumée noir et vert filtre les rayons du soleil, baignant le paysage d'une lueur maléfique. Le ciel se recouvre peu à peu d'étranges et épais nuages sombres.

-Mais pourquoi faut-il que ces créneaux soient-aussi hauts, fait Barahir, sautillant pour mieux voir. Mais par Bronzebeard ! Que se passe-t-il ?

-Dois-je tout te décrire ou te faut-il un marchepied, rétorque une Asoka plus malicieuse que jamais.

Le Nain la dévisage alors d'un regard mauvais auquel Asoka répond d'un clin d'oeil taquin.

Devant nous, à milles mètres des murs de la cité se tiennent les armées ennemis. Ils sont innombrables, et de tout types, des monstres que je n'ai encore jamais vu : des cerveaux flottants bleus turquoises aux dents acérées, des espèces de pieuvres dégoulinantes aux couleurs pourpres et rouges, des monstres si répugnants qu'un certain dégout s'empare de moi à leurs vues.

-Mes frères ! Encourage le généralissime de Stormwind galopant sur son destrier le long des murailles de la ville. Peuples d'Azeroth, anciens ennemis, nouveaux alliés, aujourd'hui, nous allons nous battre pour le lendemain ! Pour que demain nous et nos enfants soyons libres ! Pour l'indépendance ! Battons-nous contre nos ennemis de toujours, contre les ennemis de l'humanité ! Par cette bataille, nous montrerons notre supériorité et notre soif de liberté ! Pour Azeroth !

Une grande clameur de rage et de courage résonne alors à l'intérieur de la cité.

-Allons-y, mes frères, battons-nous ! Archers, préparez-vous !

Les arcs se dressent uniformément comme un seul arc, les cordes se tendent prêtes à lancer leurs flèches tranchantes et meurtrières.
Mais déjà, comme donnant le signal, de gros blocs enflammés s'écrasent sur les armées vivantes, provoquant un brouhaha et une grande désorganisation.

-Archers, tirez ! Crie Bolvar, Soldats, éloignez-vous de ces projectiles, ce doit-être des Infernaux ! Mages ! Anéantissez ces monstres ! Ouvrez les portes, et montrons la puissance d'Azeroth ! Déversons sur la Légion notre rage, monterons leur qu'ils n'auraient jamais dû franchir la Porte des Ténèbres !

Alors que les Infernaux croulent sous la puissance de feu des Magiciens, les soldats courent vers le Fléau, devancés par les flèches des archers. Nous avançons vers notre destiné, comme si les paroles de Bolvar nous avait donné une force surhumaine, nous avaient donné l'assurance de la victoire, comme si rien ne nous était interdit, comme si nous n'avions pas affaire au plus grand ennemi de l'Humanité... Fous que nous sommes... Fous, peut-être, mais désespérés, nous jouons surement l'ultime carte, en effet, qu'espérez de mieux, comment pouvons-nous être plus prêt, quel autres alliés avons-nous, quels autres êtres vivants habitent Azeroth ?

En réaction à notre attaque, des météorites d'Infernaux atterrissent un peu partout devant nous, nous barrant la route. Les armées de la Légion s'élancent vers nous.

Nos mages détruisent de loin les premiers Infernaux, mais ils en arrivent encore et encore, les soldats attaquent alors, les sorts fusent, les lames se dégainent, les carquois frémissent.

Les armées s'entrecognent alors dans un épique brouhaha.

Je commence alors mon travail de soin, essayant de limiter mon énergie, d'attribuer la bonne quantité de soin. Et toujours cette grande question du rendement soin/rapidité... Le soldat sera-t-il encore en vie lorsque j'aurai terminé mon incantation de soin ? Dois-je choisir des sorts rapides mais demandant beaucoup d'énergie pour peu de soin ? Ou des longs sorts pour beaucoup de soin, et un taux raisonnable d'énergie dépensé ? Comme pour pas mal de choses, la réponse réside dans le cas par cas... il faut jauger la résistance d'un homme, jauger sa rage, son activité, sa capacité à se défendre... Un long et laborieux travail que le soigneur... on ne dirait pas comme ca... mais ca demande beaucoup d'esprit...
Assez vite, l'organisation se met en place, les Prêtres à l'arrière avec les tireurs à distances, et les autres aux combats. Je me retrouve aux coté de Nefret et à quelques dizaines de mètres de Benedictus.

Des potions d'énergie spirituelles sont régulièrement distribuées, mais ce n'est généralement pas suffisant, l'opération demande beaucoup trop de soin, et vite, des pauses s'imposent.

J'entends alors le décompte joyeux des morts par Asoka et Barahir :

-Et de trente ! clame Barahir.

-Et moi, j'en suis à cinquante-quatre, rétorque Asoka décochant une flèche avec une rapidité toute féline.

-Ah, je ne laisserai pas d'oreilles pointues me dépasser ! s'écrie Barahir, et il redouble de rage.

Quelques heures plus tard, nous sommes toujours collés à l'entrée de Stormwind. La Légion ne lâche pas une once de terrain. C'est alors que retentit la voix de Bolvar :

-Envoyez l'armée de l'air !

Alors que l'ordre se transmet, les cors résonnent. Quelques instants plus tard, sortant de Stormwind, planant nonchalamment au milieu des nuages, lentement, princes des airs, véritables navires des cieux, les zeppelins naviguent sur les écumes blanches des nuages, voguent vers la bataille, assurément. Tel des dauphins sautant joyeusement autour des navires, des gryphons, hippogriffes, wyverns et chauves-souris géantes chevauchés par des soldats de toutes races et de toutes allégeances les accompagnent.

Déjà ils survolent la bataille et lancent les premiers projectiles, flèches, balle de fusils, mais aussi, bombes, dynamites, marteaux et sorts. Du haut des zeppelins, les Druides et les Chamans déchaînent les cieux contre les ennemis de la Nature. En effet, les Druides par essences sont les Gardiens du Monde, ils se sont éveillés pour affronter pour la Légion Ardente, Ils ont choisi de rester éveiller pour veiller à rendre à la Nature sa grandeur souillé par le Fléau.

Tempête, pluie torrentielle, et tornade ne tardent pas à s'abattre sur les armées de la Légion nous donnant ainsi un véritable avantage. Celles-ci, non préparées à des attaques aériennes deviennent impuissantes face à de tel menaces. Et bien vite, la débandade se crée dans leurs rangs.

-Retranchez-les dans leur position ! ordonne Bolvar.

Peu à peu, nous avançons, ils reculent. Nous le sentons, la victoire est proche.

C'est tout de même étrange... Ca ne peut pas être si facile, l'ennemi reste le Fléau tout de même... Tout Azeroth en a rêvé, aujourd'hui, nous allons acquérir la liberté. C'est grisant.

Un sentiment de puissance s'empare bientôt des soldats. La confiance les gagne avant de commencer son règne.

Nous étions acculés, nous ne le sommes plus. La distance nous séparant de l'entrée de Stormwind s'agrandit peu à peu jusqu'à dépasser les cent cinquante mètres.

A ce moment là, un bruit sourd ce fait entendre, la place que nous avons laissé, qui nous séparait de l'entrée de la cité tremble, des morceaux de terres bougent. A différents endroits, espacés les uns des autres de quelques mètres, des monticules se créent, avant de dévoiler leurs entrailles : des centaines de Nérubiens !

Nous sommes pris entre deux feus, la Légion d'un coté et ces nouveaux arrivant de l'autre, nous séparant ainsi de l'entrée de la ville.

Immédiatement, Bolvar s'écrie :

-Plan B !
Les zeppelins amorcent dés lors une descente, certainement pour recevoir l'armée devenue impuissante. Mais les Nérubiens envoient alors des filets de toiles d'araignées sur les navires volants et autres gryphons, les emmenant à terre, les privant ainsi de leurs avantages.

L'armée tente de résister, de défaire les toiles, mais elles sont puissantes, et tellement nombreuses. Certaines toiles cèdent, mais la majorité des soldats de l'air tombent dans les filets des Nérubiens.

Néanmoins, un grand nombre de Zeppelins arrivent à destination, et se posent prés de nous.

-Montez ! Vite le temps presse ! Crie Bolvar.

Toute l'armée commence à s'engouffrer à l'intérieurs des appareils, néanmoins, nous sommes très nombreux, je commence à m'inquiéter, je suis dans les derniers rangs. Derrière moi, les Nérubiens s'occupent des soldats de l'air n'ayant put leur échapper, ils se désintéressent pour le moment de nous. Pour combien de temps ?

De longues minutes se passent, il reste encore des soldats. Bientôt certains Nérubiens s'approchent dangereusement de nous. Les soldats s'affolent, et se bousculent pour entrer dans les zeppelins.

Nefret à coté de moi tremble. Je tente de la rassurer de quelques mots, mais en ces instants, que peuvent des mots ?

Alors que les Nérubiens commencent à envoyer leurs filets sur les soldats. Nefret se jette sur moi et me serre. J'essaie de la calmer.

-Dépêchez-vous, venez par là, il y a un passage ! Nous siffle Elenith courant à notre rencontre.

Mais à ce moment même, un filet blanc et gluant nous emprisonne. J'essaie de m'en défaire, en vain : il est résistant, et moi, pas spécialement doué... Elenith se rue sur nous, dégaine ses lames, et commence, avec peine, à rompre les liens.

-Laisse-moi, Elenith ! Lui dis-je, va t'en ! Sauve-toi, ils vont t'avoir, ne t'inquiète pas, je protégerai Nefret !

-Non ! Je ne peux pas vous laisser ! répond Elenith, s'écharnant sur le fil.

Autour de nous, c'est la débandade, des filets de partout, les soldats du Fléau se joignant aux Nérubiens.

Soudain, une goule s'approche d'Elenith par derrière :

-Elenith ! Derrière-toi ! S'écrie Nefret.

Mais avant qu'il ait le temps de se retourner, une lame tranche la gorge de la goule, Seymour arrive, prends Elenith de force, et l'emmène vers le Zeppelin.

-Nous ne pouvons faire autrement, nous les sauveront, ne t'inquiète pas. Shlomite, je te sauverai ! Je ne te laisserai pas ! Je ne t'oublierai pas !
Ils s'en vont ! Que puis-je faire ? Que puis-je dire ?

-Mais ils vont les tuer ! Répond Elenith, se débattant.

-Non, réponds Seymour le trainant vers le zeppelin, ils les font prisonniers, s'ils voulaient les tuer, ils l'auraient déjà fait... Nous n'avons pas le choix...

Ils embarquent dans le dernier appareil, qui dés lors décolle, nous laissant sans défense. Notre sort est jeté... Je regarde, autour de moi, il y a environ un millier de prisonniers, parmi eux, je reconnais Oseus, Barahir, la Réprouvé qui était avec Sylvannas. A coté de moi, quelques larmes coulent le long des joues de Nefret.
Nous voilà de nouveau en plein dans la gueule de l'ennemi... Sauf que cette fois-ci, ce n'est plus la Horde qui tient le rôle du geôlier... Nous n'avons pas à espérer de grâce, et à moins d'être sauvé par l'Entente, notre avenir est tout écris : l'esclavage à perpétuité... Voilà une pensée réjouissante...

Alors que Nefret me serre, je repense à Seymour. Sa réaction était dur... Il a bien agi, je le sais, il n'y avait pas d'autre solution... Mais peut-être aurais-je voulu qu'il reste avec moi... oui, je l'admets, c'est une réaction égoïste... mais, ne dit-on pas pour le meilleurs et pour le pire ? Même si, on n'est pas marié... marié... On ne pourra plus l'être... C'est peut-être la dernière fois que je revois Seymour... Mais il a bien agi ! A quoi aurait t'il servi emprisonné avec moi ? Là au moins, il peut se battre, se battre pour ma liberté et la sienne, il peut me sauver ! Enfin... il pourra me sauver... Nous avons failli aujourd'hui, nous n'avons pas gagné, pourtant, nous ne pouvions pas être plus prêt... Non contente d'avoir gagné la bataille, la Légion a en plus renforcé son armée en nous plaçant sous son joug... je ne vois pas comment l'Humanité pourra vaincre les démons, comment la Lumière pourra à nouveau resplendir dans l'Obscurité.

Et puis que Seymour était là pour empêcher Elenith de faire une bêtise, s'il l'avait laissé, il serait avec nous... Je préfère le voir en liberté ! Non, Seymour a bien agi !

J'essaie de m'en convaincre, mais le fait est que sa présence me manque, malgré mes arguments solides et objectifs, je reste malheureuse et seule. Bien seule et démunie pour faire face à ces assaillants.

Lentement, les abominations s'approchent de nous et de tous les prisonniers. Certain comme Barahir et la Réprouvée se mettent en position de combat. Je sais que ca ne servira rien. La suite est inéluctable, et l'on y peut rien.

De ses bras puissants, une abomination nous hisse loin du sol et nous porte sous son épaule aussi naturellement qu'un gaulois porterait son sanglier. Il nous amène vers une espèce de calèche muni de quatre pattes en bois ressemblant fortement à une araignée, ouvre bruyamment la porte et nous y projette. Ma tête heurte violement la paroi du chariot ambulant et tout deviens blanc.

J'ouvre les yeux avec difficulté, un mal de crâne me fait souffrir. Allongée à même le sol dans une position fortement inconfortable, je me relève et étire mes membres endoloris.

Je regarde autour de moi, l'intérieur de la calèche animée est faiblement éclairé par la lumière parvenant de l'unique fenêtre. C'est assez vaste. Il y avec moi dix soldats de l'Entente dont Oseus, Nefret et la Réprouvée, tous accroupis.

-Ah oui... commence Oseus, tu t'es écrasée contre le mur, tête la première, pas étonnant que tu te sois évanouie et que tu te retrouve dans cet état...

-J'ai beaucoup dormi ? Demandé-je la gorge sèche et la bouche pâteuse.

-Tu as bien dormi deux heures, me répond Nefret.

Je vais à la fenêtre : il y a une cinquantaine de chariot-araignées et chacun est escorté par quatre goules noires. Je reconnais la région désertique des carmines, nous empruntons actuellement le pont du lac placide. Je peux contempler au loin la ville devenu fantôme de Lakeshire.

-Mais où se dirige-t-on ? Interrogé-je.

-J'imagine qu'ils vont nous emmener chez eux..., répond Oseus avant que je l'interrompe :

-En Northrend ? C'est loin... Non... je ne crois pas... Beaucoup trop loin... Le fléau est très présent aux Maleterres...

-Arthas se dirigera sûrement vers Undercity, maintenant qu'il en est le maître, avise la Réprouvée.

-Ah oui, fais-je, il en a toujours rêvé... Et c'est Sylvannas...

-C'est la Reine Sylvannas, m'interrompt la Réprouvée d'un ton cassant.

-Oui, oui, si tu veux, la Reine Sylvannas... ben c'est elle qui a ravi son royaume à Arthas. Celui-ci souhaitait en faire son QG, et c'est devenu la capitale des Réprouvés et la base de la Horde sur la Royaume de l'Ouest.

-Mouai... Je ne suis pas convaincu, dit Oseus. Je ne pense pas qu'Arthas en tant que Chevalier de la Mort veuille à tout pris Undercity parce que c'était son rêve, il n'a plus de sentiment.

-Mais alors, répliqué-je, si ce n'est pas à Undercity, où allons-nous ? A Naxxramas ?

-Précisément, fait la réprouvée. C'est la base avancée du Fléau, c'est là-bas qu'ils sont le mieux préparé.

-Naxxramas... La Nécropole volante au-dessus des Maleterres... C'est là bas qu'est Kel'Thuzad, le lieutenant d'Arthas... Mais ça n'a pas été détruit par les soldats et volontaires de l'Aube d'Argent ?

-Pas que je sache, elle a bien été assaillie, mais a toujours résistée...

-Et quelle chance avons-nous de nous en sortir ? Demandé-je un soupçon d'espoir dans la voix.

-Oh, je pense qu'on peut s'en sortir sous un malentendu... fait Oseus avec un sourire plein d'ironie.

Oui... Il y en a que ca fait rire... Tant mieux pour eux : « vaut mieux rire que pleurer » dit le vieux dicton...

Je me penche vers la fenêtre, et observe autour de moi. Nous pénétrons alors les terres arides et rouges des Steppes Ardentes.

Elenith... Oui, Seymour a fait pour le mieux. S'il n'avait pas agi ainsi, Elenith serait là, avec moi prisonnier avec un avenir incertain, à marcher vers l'enfer même.

Mais voilà, je suis seul. Et Elenith l'est aussi... Moi avec Nefret, lui avec Seymour. Quelle ironie...

Mes pensées se dispersent alors qu'autour de moi divaguent diverses conversations, sur la destination, certains s'interrogent encore, sur notre sort, je n'en ai personnellement aucun doute, et ca me glace à chaque fois que j'y pense, sur une possible victoire de l'Entente, encore une fois, je suis assez pessimiste, mais c'est ma nature, sur les diverses stratégies que pourrait émettre l'Entente.

La nuit commence à tomber alors que nous atteignons les bords de la montagne Blackrock, la journée a été longue. Malgré une veillée, peu à peu nous nous endormons.

Et ainsi ont passé les jours.

Nous étions quotidiennement nourris par la fenêtre de viande crue récemment tuée. Néanmoins, l'état de la bête montrait que celle-ci était gangrenée, corrompu, la peste avait déjà agi. D'une couleur vert kaki générale donnant un aspect répugnant, le corps était recouvert de vers grouillant à sa surface. L'odeur en était pestilentielle.

La grève de la faim était de mise et a été voté sans que personne n'en émis l'idée ni n'en parla. Elle était simplement évidente. Nous jetions la viande par la fenêtre.

La Réprouvée du nom d'Elaria créa quotidiennement de la nourriture magique, et ainsi, nous survivions.

En ces temps de disette, nous conversions quant à notre récente défaite :

-Le Fléau était quand même fichtrement malin, faisait remarquer Oseus : penser à mettre des araignées juste sous l'armée, et les faire ressurgir au moment opportun...

-C'est impossible, répliquais-je, ils ne pouvaient savoir le coup de l'armée de l'air, car c'est uniquement grâce à cette stratégie que l'armée de l'entente a pu avancer et ainsi mettre pendant un temps la Légion en déroute. Je ne vois pas comment ils auraient tout prévoir... à moins que...

-Oui, continuait alors Elaria, oui... à moins que votre fameuse traitresse ait encore agi ! Elle a tout dit au Fléau, elle a donné notre stratégie, ainsi, ils savaient pour les zeppelins, peut-être même qu'ils ont reculaient délibérément pour favoriser l'attaque des Nérubiens et ainsi causer notre emprisonnement, et je ne vous le cache pas : notre perte.

Je soupirais fortement et disais:

-Encore elle... Mais qui ca peut-être ? C'est forcément quelqu'un de haut placé...

-Surement Benedictus... tentait Oseus.

Et c'est généralement là que les discussions s'égaraient dans des hypothèses les plus loufoques ou invraisemblables les unes que les autres.
Bientôt, Elaria sans apport énergétique suffisant finit par perdre ses pouvoirs, par manque d'afflues magiques dans son corps. La nourriture vint alors à manquer, la solution de la bête corrompue commença à émerger dans les esprits des soldats.

Chaque jour, nous recevions un autre morceau répugnant. Et la faim commença à se faire sérieusement ressentir. Puis, les soldats commencèrent peu à peu à succomber et à manger de cette nourriture infâme. Nous n'avions guère le choix...

Cette nourriture devait être corrompu, car peu à peu, nos corps commencèrent à se vider de l'esprit, de la régénération d'énergie magique, tout notre résistance psychique s'évaporait...

Puis, au bout de quelques jours, alors que nous n'étions que des corps presque sans esprit, nous atteignions les Maleterres, cette région dévasté par le Fléau, gangrenée jusqu'à la moelle, où les aigles reculent, manque l'oxygène, rien ne pousse, là où les âmes s'éteignent, où plus rien ne frisonne, plus rien ni personne, au plus sauvage où renoncent les fauves, au bout du mal, où tous les dieux nous quittent et nous abandonnent, dans ces boues noires où même les diables hésitent.

Et enfin, un matin, au loin, ténébreuse et effrayante, la Nécropole de Naxxramas...
Au loin, planante au dessus de l'ancienne capitale Humaine et berceau de l'Alliance : Stratholme, la puissante et gigantesque Naxxramas plane nonchalamment au loin devant nos yeux apeurés.

Nous approchons. Nous pénétrons une espèce de bois fait d'immenses champignons marron, des Nérubiens y ont élu domicile, visiblement pour dissuader d'éventuels visiteurs. Je pense qu'ils font bien leurs travail : il ne me viendrait jamais à l'idée de venir y passer mes vacances.
Une question me tracasse tout de même : comment allons nous pouvoir accéder à la métropole ? Vont-ils nous hisser ? Nous faire voler ? Nous aspirer ?

Mais bientôt la réponse vient : un immense escalier magique, fait de corps en putréfaction monte vers la Nécropole, tel l'escalier du fameux Jacob.

La calèche grimpe les marches comme si elle était une véritable araignée. A l'intérieur des entrailles de la « bête », nous nous approchons ostensiblement de la Nécropole.

Au bous de dix minutes, nous sommes aux portes de Naxxramas.

Je ne pensais pas un jour y pénétrer. Et aujourd'hui, sans que j'en aie conscience, marque une période de ma vie qui me reviendra chaque nuit. Une période que je ne suis pas prête d'oublier.

Cela fait dix minutes que le chariot « marche » dans le couloir, à la fenêtre, j'aperçois les habitants de cet avant-poste des enfers : des abominations, des Nérubiens, des goules, des Chevaliers de la Mort par centaines, ces cavaliers en armures, dignes soldats d'antan aujourd'hui devenus esclaves d'élite de la Légion.

Enfin, le chariot s'arrête, la porte s'ouvre, des abominations pénètrent dans la cage ambulante, nous font signe de sortir et nous escortent jusqu'à notre cachot, nous y enferment. Je me retourne et les regarde clopiner de leur démarche ridicule, ces corps mutilés et corrompus, constitués des restes prélevés sur différents cadavres. Lentes et peu brillantes, les Abominations perdent constamment du sang et leur odeur rappelle celles d'abattoirs frappés par la peste. Elles sont armées de grands hachoirs et de crochets démesurés. Un nuage de bactéries et de virus suit les Abominations à la trace. Cette nuée est réputée pouvoir faire pourrir les chairs en quelques instants. Curieusement, les Abomination semblent être joyeuses. La chair les réjouit grandement.

En les voyant s'éloigner, Elaria m'explique que les Abominations du Fléau sont créées dans des Maisons de Massacre, dont bon nombre se trouvent dans les Maleterres de l'Est mais récemment les Réprouvés, dépourvus de Nécromanciens, ont réussi à en créer grâce à l'alchimie des Apothicaires royaux - en utilisant des humains prisonniers. Les Réprouvés utilisent principalement ces créations comme simples gardes, bien que certains soient montés dans la hiérarchie militaire, tel que le Lieutenant Murp de la vallée d'Alterac.

Je regarde autour de moi : Barahir, Elaria, Oseus et moi nous trouvons avec six autres soldats de l'Entente dans l'une des multiples cellules de cette immense salle sombre. Les autres cellules contiennent les autres soldats. Tous se tiennent loin des barreaux, loin des abominations qui semblent être maîtres de cette aile de la Nécropole. Au plafond, sur les murs, au sol sont gravées sur les murs faits de briques couleurs mauves, ornées, parsemées de têtes de morts. Un peu partout, des flaques de liquides vert boursouflées de bulles vitreuses stagnent.
La cellule, d'à peu prés six mètres carrés est incrustée de couches de pierres. Certain soldat dont Barahir s'y hissent et s'allongent. Je les comprends, il n'y a pas grand-chose à faire. Ils ont l'air de se résigner à leurs sorts. Mais, je ne sais pas, je n'ai pas envie de les imiter, je reste les mains tenant les barreaux aux matériaux blancs mais de matériaux indéfinissables, surement des os... Bizarrement, je ne suis pas stressée, au contraire, je suis détendue, je ne pense à rien. Peut-être est-ce leurs poison dans la carcasse durant le voyage... le fait est que je reste là. Debout, le regard vide, les yeux cernés, je reste là.

Au bout d'un certain temps, obéissant à mon corps, je marche nonchalamment vers ce qui me sert de lit, je me couche sur la pierre, je ferme les yeux, puis m'endors.

Au matin, après une nuit sans rêve, je me réveille. Peut-être est-ce la fameuse nuit qui porte conseil, peut-être est ce cet endroit, mais le fait est que je réalise que la guerre qu'il va falloir que je mène et que je gagne - je n'ai pas le choix - est une guerre psychologique, une guerre de l'esprit, il ne faut pas que je laisse le fléau avoir raison de moi, il faut que j'utilise toute mes ressources pour ne pas succomber est soumettre mon esprit à Arthas.

Il va falloir que je ferme mon esprit, je serais attaqué par le maléfique pouvoir des Nécromanciens, ce sera une bataille sans répit, mais je ne faiblirai pas, mon esprit s'en ira avec mon corps ! ... enfin.... J'espère...

Je me redresse de ma couche, et me met dans une position assise, mes bras ballants sur mes cuisses et ce que je vois me surprends : Barahir est assis par terre jouant au Ratchet, avec quatre autres soldats de l'Entente.

-Bonjour, me fait Barahir, bien dormi ?

Je le regarde, les yeux ébahis par tant d'insouciance. Visiblement, il devine ma pensée et se sent le besoin de se justifier :

-Bah quoi ? Tout' façon, par Bronzebeard, y'a rien d'autre à faire ! Dit-il en se concentrant de nouveaux sur son jeu.

-Pff... Que d'occupation... fait Elaria avec dédain, visiblement, y en a qui s'ennuie...

-Et y en a qui veulent tâter ma hache, réplique Barahir sans lever les yeux de son jeu.

La Réprouvée répond d'un rictus dédaigneux que je suis la seule à remarquer.

Avec une volonté certaine de changer de sujet, je me lance :

-Vous ne vous êtes pas senti étrange hier ? C'est comme si il y avait quelque chose dans l'air, quelque chose de bizarre... Je ne sais pas, c'est comme si mes pensées me fuyaient, vous avez remarqué ca vous aussi ?

-Non, répond Barahir, moi, j'ai rien re...

Mais il est interrompu par Elaria :

-Normal, t'es un guerrier, tu n'es pas versé dans l'art de la magie...

-Et la Réprouvée ! Dis tout de suite que je suis bête !

Sans faire attention à lui, la Réprouvée continue :

-Shlomite ressent cela car la magie qui s'écoule dans son être est importante et souvent utilisé de par sa profession. La magie est ce qui donne au guerrier de l'esprit son pouvoir. C'est un champ d'énergie crée par tout les êtres vivants. Elle nous entoure et nous pénètre. C'est ce qui lie la galaxie en un tout uni. Shlomite, ce que tu as ressenti est en fait dû à ce lieu, à cette nourriture infâme que nous avons mangé. Ainsi notre esprit s'affaiblit, comme nous avons pu le voir durant le voyage. Tout ca est ainsi afin de permettre à Arthas de mieux nous soumettre à sa volonté. Il nous faudra nous déf...

-Mais comment elle sait tout ca, elle ? Fait Barahir sans la regarder.

-Elle, comme tu dis, réplique une Elaria énervée d'avoir était interrompu, a déjà subit cela. Je suis une Réprouvée, je suis donc passé par là, je connais par conséquent la suite des événements.

Une bouffée de chaleur me prends soudainement, la réalité me revient froidement au visage, c'est comme ca que je vais devenir, moi qui me suis battu contre ca, qui est transformé Elenith...

-Il n'y a donc aucun moyen de s'en sortir ?

-Je n'ai pas dit ça, mais ce sera dur, il faudra une grande force intellectuelle... C'est une science appelée l'Occlumancie, tout Réprouvée l'apprends au cas où nous nous retrouverions dans cette situation. Cette branche de la magie a pour objet de permet l'esprit aux intrusions et influences extérieures. Car Arthas, de par la puissance maléfique de la Légion Ardente est très habile en matière de legilimancie...

Voyant notre regard franchement ahuri, Elaria s'explique :

-Il s'agit de la faculté d'extraire de l'esprit d'autrui des sentiments et des souvenir.

-Donc, dit Oseus, il serait capable de lire dans nos pensées ?

-A peu prés... Mais les pensées ne sont pas un livre qu'on ouvre et qu'on peut feuilleter tout à loisir. Elles ne sont pas gravées à l'intérieur du crane, à la disposition du premier intrus qui passerait par là... Il est vrai, cependant, que ceux qui maîtrisent la legilimancie sont capable, dans certaines conditions, de plonger dans l'esprit de leurs victimes et d'interpréter correctement ce qu'ils y découvrent. Arthas et ses sbires Nécromanciens, par exemple savent toujours lorsque quelqu'un leurs ment. Seuls ceux qui pratiquent l'Occlumancie arrivent à interdire tout accès aux sentiments ou aux souvenirs qui contredisent leurs mensonges et peuvent ainsi proférer de fausses affirmations en sa présence sans qu'ils parviennent à les détecter.

-Il nous faut donc apprendre l'Occlumancie ! s'exclame Oseus.

-Oui, en effet, c'est bien beau tout ça, mais avec ce peu de flux énergétique, la tache s'avérera difficile, annonce la réprouvée. Bon, très bien, je vais vous expliquer, il faudra lors de la tentative d'intrusion fermer vos yeux, vider votre esprit, vous débarrassez de toutes émotions.

-Ne pensez à rien ? Fait Barahir, C'est pour les murlocs ca, le propre de l'être, c'est de penser, et comme le dit Madoran Bronzebeard le sage : « je pense donc je suis » !

-Alors, fais Elaria d'une voix sèche, tu deviendras une proie facile pour Arthas ! Les idiots qui portent fièrement leurs coeur en bandoulière, qui sont incapable de contrôler leurs émotions, qui se complaisent dans les souvenirs les plus tristes et se laissent facilement provoquer - les gens faibles, en d'autres termes - n'ont aucune chance de résister à ses pouvoirs ! Il parviendra à pénétrer ton esprit avec une facilité absurde !

-Par Bronzebeard ! Réplique Barahir en se levant d'un coup en s'appuyant sur sa hache, je ne suis pas faible !

-Alors prouve-le, répond seulement Elaria.

-Mais, ose timidement Oseus de peur se faire insulter par la Mage Réprouvée, techniquement, la Légion peut seulement soumettre les vivants, non ? Enfin... ceux qui sont, disons... de type...

Mais sa phrase est finie par Elaria, un rictus au visage :

-Non Réprouvée ?

-Voilà.

-Oui... Et bien, théoriquement, les Réprouvées n'auraient pas à craindre cette menace... A moins qu'ils ne trouvent un moyen de nous transformer en Humain, répond Elaria afin d'émettre un petit rire, comme si cette idée était si saugrenue qu'elle était objet à plaisanterie...
Comme si c'était impossible... Que ferait l'ennemi d'une telle information ?

Une angoisse forte et froide m'envahit alors...
Une heure plus tard, des bruits de pas se font entendre, des chuchotements parmi les abominations apparaissent. Un groupe de quatre goules sortent d'un couloir et se dirigent vers nous. Elles escortent un être petit et trapu, vêtu d'une cape rouge balayant le sol derrière lui, il porte une longue barbe. Sur son visage émacié et d'allure maléfique, deux petits yeux violets, sombres et sournois brillent.

Derrière eux, un par un, quatre autres groupes similaires apparaissent et suivent les premiers.

-Les Nécromanciens, chuchote Elaria... Les interrogatoires vont commencer...

Sans nous accorder le moindre regard, les petits groupes s'installent chacun dans une cellule vide. Deux abominations se placent devant les barreaux chaque cellule de telles sortes que nous ne pouvons voir ce qui s'y passe.

Cinq minutes plus tard, le schéma se reproduit pour toutes les salles d'interrogatoires : une des abominations se déplace vers les cellules et choisit un prisonnier. Le premier à partir chez nous est un soldat Humain d'une vingtaine d'année. En se voyant désigné, le prisonnier pâlit, mais courageusement se lève en tremblant en marche dignement derrière l'abomination. Il entre dans la cellule, et le garde se remet à sa place.
Un silence apparait alors, un silence lourd. Et le temps s'arrête, du moins, il semble s'arrêter. Je respire lentement. Mais j'ai les yeux fixés sur cette cellule. Mais je ne vois rien mise à part ces gros tas gardant l'entrées.

Des cris nous parviennent des différentes salles d'interrogatoires, des supplications.

L'atmosphère s'alourdit. Les secondes interminables se succèdent. Des perles de transpirations se créent sur mon front. D'un revers de bars, je les enlève. Je respire avec difficultés. Je ferme les yeux par moments, j'essaie de me calmer. Qu'est ce qui m'attend ?

Un quart d'heure plus tard, un des gardes nous ramène le prisonnier, il le porte sur son épaule, arrivé à notre cellule, il jette le prisonnier à terre, puis désigne Barahir, et lui demande de le suivre.

Le Nain regarde l'autre prisonnier à terre, celui-ci est pâle, il respire faiblement, ne bouge pas, git sur le sol.

Le Guerrier Nain respire bruyamment, se lève et d'un pas assuré s'en va vers son destin sans un mot.

Je le regarde partir. Mes angoisses repartent de plus belles.

En silence nous mettons le soldat sur une couche. Il va s'en remettre.

Un quart d'heure plus tard, c'est un Barahir tremblant qui en ressort, un Barahir apeuré. Tout en avançant vers nous, il marmonne :

-Je dois obéir, je n'ai plus de secret pour le Maître, je dois obéir, je n'ai plus de secret pour le Maître, je dois obéir...

Le garde désigne Elaria. La Réprouvée, indifférente à Barahir, s'en va vers la salle du Nécromancien, d'une marche lente et noble.

Les soldats et moi levons Barahir et le mettons sur une couche. Des mes faibles pouvoirs restants, je tente de la calmer, et peu à peu, le Nain s'endort en laissant échapper parfois des « obéir » ou des « plus de secret ».

Le voyant ainsi, je m'adosse au mur et me laisse tomber au sol. De mes mains, je tiens ma tête. Je suis désemparée.

Un quart d'heure plus tard, le garde s'avance vers nous accompagné d'une Elaria à la démarche aussi digne et noble et qu'à son départ. Comme si elle n'avait subi qu'un simple interrogatoire de routine.

C'est donc vrai... l'Occlumancie aide à se battre et à survivre.

C'est au tour d'un soldat.

Celui-ci nous revient un quart d'heure plus tard dans le même état que le premier : inanimé.

Puis vient le tour d'Oseus : tremblant, il se lève et va vers la salle d'interrogatoire.

Et là, au milieu des cris et des supplications habituelles retentissent de véritables grognements d'animaux, des rugissements bestiaux. Est-ce Oseus ?

On ne s'y trompe en effet guère, quinze minutes plus tard, c'est un de ces grands mammifères plantigrades de l'ordre des carnivores, famille des ursidés, d'une fourrure dense, queue courte, grandes capacité olfactive et d'odorat, cinq griffes non-rétractiles, un ours en d'autre termes, qui sort de la salle d'interrogatoire en suivant le garde.

Il s'est ainsi métamorphosé afin de moins ressentir les effets de domination que l'on lui impose. Et oui... aux dernières nouvelles, les ours ne sont pas domptables, ils restent animaux sauvages.

Les garde ouvre la cellule et le moment tant redouté se produit : il me pointe du doigt. Il faut que je me lève. Néanmoins, comme pétrifiée, je ne bouge pas. Tremblante de tout mon corps, je reste assise par terre.

L'abomination grogne, pénètre la cellule, me soulève, et me porte sur son dos comme si je n'étais qu'un vulgaire fagot. Il m'emmène dans la salle d'interrogatoire, là où sont passé Barahir, Elaria, et les deux soldats. Il faut que je me batte !

-Pose-là et va t'en ! fait le Nécromancien avec une voix étrangement féminine, une voix que je connais...

L'abomination obéit, il me fait assoir sur une chaise de la cellule. Celle-ci est comparable à la notre, mise à part qu'elle contient une table et deux chaises.

-Vous êtes une prêtresse de Lordaeron... Je vois... Essayons de voir un peu plus loin...

Je connais cette voix ! C'est celle-de Benedictus ! Comment se fait-ce ?

-Arrêtez de penser à cette voix, et penser à votre passé, ou je vous forcerai à le faire ! Et vous n'allez pas aimer ca !

Il ne faut pas qu'il sache !

-Que je ne sache pas quoi ? Voilà qui est intéressant... Quelque chose que je ne devrais pas savoir... Qu'est-ce donc ?

Pensons à autre chose vite !

-Oh que non ! Vous ne penserez pas à autre chose, et vous me direz précisément ce que je veux savoir ! Vous allez m'obéir ! Vous allez livrer vos secrets au Maître, vous nous appartenez à présent ! Légilimens !

Je revois à présent mon passé, Elenith, Kilyo... La Troisième guerre, Elenith le Réprouvé, Obi le guerrier Nain, Hexiatröhm... Il ne faut pas qu'il aille plus loin ! Je revois Booty Baye, la première rencontre avec Elvior, il ne faut qu'il sache ce qu'il s'est passé ensuite !

-Non ! M'écrié-je alors qu'un Bouclier de lumière m'enveloppe, vous ne saurez rien !

-Maudite Prêtresse, il vous reste un peu de flux énergétique ! Ce n'est pas grave, je suis illimité en la matière ! Légilimens !

Mon Bouclier vole en éclat. Et je repense à Elvior a Booty Baye, c'est là bas qu'a été émise l'idée de ... de... pensons à autre chose ! Oui, c'est là qu'à était émise l'idée de cueillir des champignons, mais il faut faire attention au grand méchant loup...

-LEGILIMENS !!

Booty Baye revient... Il faut penser à autre chose !

-LEGILIMENS !!

Bouclier ! Le grand méchant Loup !

-LEGILIMENS !!

Alors que mon esprit commence à vaciller, j'entrevois Orgrimmar, Thrall et Sylvannas...

-NON !!!!!!!!!!!!!! Le Grand Méchant Loup ! C'est lui que je veux cacher ! Prenez-le-lui ! Laissez-moi en paix !

Un blanc s'installe alors...

-Elle ne dira rien aujourd'hui, marmonne la voix de Benedictus dans le corps du Nécromancien, elle sait des choses que nous ne savons pas... Il faut prévenir Kel'Thuzad, lui pourra lui dénouer la langue.

Et je m'évanouis...
-Voudriez-vous enfin m'expliquer, Benedictus, pour quelles raisons vous m'avez demandé de vous accompagnés dans la plus haute tour du donjon ? Alors que nous serions mieux en bas, avec les autres pour célébrer la victoire ? C'est vrai, le Fléau a été repoussé jusque dans les Paluns, c'est une grande victoire ! Alors pourquoi diable restons-nous ici ? Pourquoi m'interdisez-vous de mettre mon nez dehors ?

-Monsieur l'Archidruide, je comprends vos questions, mais je crains, avec tout le respect que je vous dois, que vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez !

-Mais je ne vous permets pas ! Pour qui vous prenez-vous ?

-Laissez-moi vous expliquez, répond tranquillement Benedictus. Vous rappelez-vous ce qui a provoqué cette guerre ? Guerre contre le Fléau, anciennement guerre contre la Horde ? Vous-rappelez-vous ce qui a provoqué tout ces morts ?

-Vous vous sans doute parlez de l'histoire de Shlomite...

-Enfin, on y arrive... Shlomite... Une brave inconsciente... Une pauvre imbécile qui croit en l'amitié, en l'honneur, au courage... autant de beaux mots qui ne mènent à rien, mise à part à se sentir tranquille pour le restant de ses jours, en oubliant le reste...Et vous... vous avez contribué à sa plus grosse bêtise...

-Que voulez-vous dire ?

-Sylvannas...

-Quoi Sylvannas ? Je pensais que cette affaire était réglée, j'ai promis de ne rien dire, de ne jamais refaire cette cérémonie, le secret de la transformation est connu par moi et par moi seul, et je l'emporterai dans ma tombe ! De plus, peu de personne connaissent l'existence même de cette transformation.

-Shlomite en connait l'existence, non ?

-Et ? Elle ne dira rien à personne !

-De son plein gré ? En effet, elle ne dira rien de son plein gré...

-Je vois où vous voulez en venir...

-Enfin ! Et moi qui vous croyez perspicace...

-Vous voulez dire que Shlomite, enfermée par le Fléau, va dévoiler l'existence de cette transformation. Le Fléau s'en servira afin de soumettre également les Réprouvés à Arthas... Mais ils ne pourront pas, car le seul à connaitre le secret, c'est... c'est...

-Vous commencez à comprendre... Oui, le Fléau ne va pas tarder à s'intéresser à vous... Mais Sylvannas aussi...

-Mais quel est le lien avec Sylvannas ?

-Sylvannas a également, selon nos sources, pensé à un tel scénario... Et donc, elle ne laissera jamais le Fléau s'emparer de vous...

-Ben, c'est parfait alors, elle est avec nous...

-En effet... dans un sens, elle est avec nous... Mais les méthodes de Sylvannas sont quelques peu différentes des nôtres, disons qu'il existe d'autres moyens d'être sure qu'un homme ne parlera pas que de se fier à sa parole...

-Je comprends, vous pensez que Sylvannas va essayer de m'assassiner pour m'empêcher de livrer au Fléau mes secrets ?

-C'est un peu ça, oui...

-Et c'est pour ca que vous nous enfermez ?

-Un peu oui... J'ai été placée auprès de vous en tant que garde du corps, pour vous protéger et du Fléau, et de Sylvannas.

-Et bien rassurez-vous ma chère Benedictus, je suis parfaitement capable de me défendre tout seule, vous pouvez me laisser.

-Je crois que vous ne saisissez pas bien l'ampleur du danger qui vous menace. Sylvannas va bientôt envoyer tout une troupe de ses assassins sur vous, des Voleurs d'élites, et aussi puissant que vous soyez, vous ne ferez pas long feu.

A cet instant, un bruit de verre brisé résonne, il provient de la salle d'à coté. Des bruits de pas se font entendre.

-Ils sont là, préparez-vous, nous allons nous défendre, affirme Benedictus, alors qu'un halo de lumière l'enveloppe avant qu'un autre halo enveloppe de l'Archidruide Fandral Staghelm.

Ainsi équipé d'un Bouclier de Lumière, ce dernier invoque cinq tréans, ces arbustes vivants et combattants pour leurs maitres.

Soudain la porte de la salle s'ouvre, et s'engouffrent une dizaine de Réprouvés encagoulés et vêtu de noirs. Chacun une dague à la main, les Voleurs Réprouvés passent à l'attaque. Cinq d'entre eux s'occupent des tréans, un est immobilisé par des racines géantes invoquées par l'Archidruide, deux se battent au corps à corps avec Benedictus, le dernier se bat avec Staghelm.

La combat se déroule ainsi durant un quart d'heure, à cet instant, le Voleurs pris par les racines se libère et saute sur Benedictus, en voulant l'éviter, la Prêtresse fait un pas de coté, mais ne parvient pas à éviter une dague qui se plante directement dans son cou...

Prise d'un spasme soudain, elle aspire profondément sans parvenir à expirer. Les trois Réprouvés en profitent pour lui taillader le corps de coups de dagues. Ses yeux se remplissent de larmes rouges. Des jets de sang jaillissent de toutes ses blessures souillant ainsi à jamais son habit blanc et parsemé d'or, sa robe royale.

Quelques secondes plus tard, la Grande Prêtresse de Stormwind s'écroule à terre dans la plus haute tour du donjon de la capitale Humaine, laissant ainsi échapper son dernier souffle.

Voyant cela, l'Archidruide pousse un cri féroce et bestial, un cri d'ours, puis il écarte ses bras, et rugit comme une panthère. A cet instant, le sol commence à trembler, et un arbre se met à pousser à une vitesse prodigieuse, détruisant le plafond dans un fracas assourdissant.

L'Archidruide s'agrippe à l'une de ses branches et s'envole vers les cieux.

Le tronc grandissant expulse lentement les Voleurs Réprouvés vers l'extérieur. Malgré leurs efforts pour se maintenir ils sont lentement éjecter et chutent dans le vide.

Après une demi-heure à se cramponner à son arbre bâti sur le dernier étage de la tour de principale de Stormwind, l'Archidruide voit arriver quatre personnes sur montures volantes. Il reconnait Bolvar, sa conseillère principale Dame Prestor, Thrall et son conseiller principal Angelwing.
Les gryphons et wyverns se posent sur les branches de l'arbre et après que Staghelm ait brièvement expliqué les derniers événements, Bolvar prend la parole :

-Benedictus morte... Je ne parviens toujours pas à réaliser... Elle était pourtant si forte... Vous aviez raison, Thrall... Vos méfiance à l'égard de Sylvannas se sont révéler exact. A votre avis que convient de faire concernant Sylvannas et concernant la sécurité de Staghelm ?

-Concernant Sylvannas, nous ne pouvons malheureusement pas nous passé des effectifs Réprouvés, la Légion est trop puissante et nous avons besoin d'effectif. De plus Sylvannas niera toutes accusations quant à sa participation au meurtre de ce soir.

-Pourtant nous savons tout les deux qu'elle en est le principal commanditaire...

-Hélas, nous ne pouvons rien y faire... Le mieux que nous puissions faire est d'assurer votre sécurité, Staghelm...

-Le mieux est que vous disparaissiez, rajoute Bolvar à l'adresse de l'Archidruide, Katrana Prestor assurera votre sécurité avec Angelwing, le conseiller principal de Thrall.

-Qu'il en soit ainsi, conclue le principal intéressé... En espérant que cette crise passe... Parce que je ne compte pas rester cacher ainsi longtemps. Je suis conscient de la gène que j'occasionne, je m'en excuse, sincèrement.

-Nous n'avons malheureusement pas le temps pour les civilités, coupe Thrall. Votre voyage est organisé, vous partirez dés ce soir, nous garderons le lien avec vous par Angelwing et Prestor. Je vous souhaite bon voyage.

Quelques minutes plus tard, sous le ciel surplombant un Stormwind endormi, trois cavaliers montés sur des gryphons et wyverns quittent la capitale.

Je me réveille, la bouche pâteuse, l'esprit embrumé.

-Tiens bois-ca, dit Elaria en me tendant un sceau rempli d'eau sale, j'ai invoqué cette eau. Bon, elle n'est pas de toutes qualités, mais ça t'aidera au moins à te remettre d'aplomb, à revigorer ton flux énergétique.

-Mais alors, s'exclame Oseus, rempli d'une soudaine agitation, si tu peux régénérer ton flux énergétique, tu n'a qu'à l'utiliser a invoquer d'autre eau régénératrice, et ainsi te régénérer à ton maximum !

L'interrompant bruyamment en l'applaudissant lourdement et lentement des mains, Elaria lui répond :

-Bravo... Quelle logique implacable ! Seulement, il faut que tu sache quelque chose, jeune et fougueux druide, je suis au moins aussi intelligent que toi, et vois tu, si je pouvais faire ce que tu dis, tu penses bien, pauvre imbécile que, je l'aurai déjà fait ! Donc, la prochaine fois, au lieu de parler et de dire des bêtises aussi énormes, réfléchis un peu !

Effrayé par temps de haine, Oseus, dépité et la mine déconfite, se rassoit.

-Ne t'occupe pas d'elle, c'est qu'une frustrée ! confie alors un Barahir remis de ses émotions d'hier au pauvre Druide en jetant un oeil en coin à la Réprouvée.

Elaria émet alors un soupir audible, puis prends la parole avec une soudaine excitation qui contraste avec la froideur habituelle de son ton :

-Non franchement, réfléchissez un peu. C'est le seul moyen de vous en sortir, il faut cultiver votre pensée, ne jamais penser à rien, être toujours maître de son esprit. Allez au fond de votre pensée à chaque fois, soyez vous-même maître des évidences, témoin des preuves, sachez que vous ne savez rien, redécouvrez le monde par l'expérience et la logique. Questionnez-vous sur tout, ne laissez pas quelqu'un d'autre vous dire ce que vous pouvez découvrir par vous-même.

Oui... Il ne faut plus que je ne pense à rien, la parole intérieure doit me démanger ! Il ne faut plus que je laisse ce Nécromancien lire mes pensées... Il y a un élément qui m'étonne tout de même :

-La voix du Nécromancien, vous ne l'aviez pas déjà entendu ? Demandé-je avec une certaine fermeté dans la voix, fermeté destiner à montrer à Elaria que je ne suis pas de celle qu'on gronde comme un enfant.

-Le Nécromancien n'a pas de voix à lui, répond la Réprouvée reprenant sa voix monocorde, il te parle dans ton esprit en utilisant la voix de la personne que tu respectes et crains le plus, ceci afin de facilité ta soumission au roi Liche.

-Ah... Voilà pourquoi j'ai entendu la voix de mon ex... fait Barahir, quelle femme... Fière et insoumise, par Bronzebeard, une vraie Naine !

Quelques heures plus tard, dans le courant de l'après-midi, le second interrogatoire à lieu.

Tout se passe comme la veille : Barahir ressort dans un état semi-comateux et Elaria, aussi indifférente qu'en entrant.
Quand vient mon tour, je ne sais à quoi m'attendre, Kel'Thuzad sera t'il l'interrogateur ?

Les indices concluant à cette évidence se sont malheureusement multipliés : au lieu des abominations habituelles, ce sont des chevaliers de la morts qui m'ont escortés ; la cellule ne tient plus place de salle d'interrogatoire, je me dirige vers un autre endroit, immense, certainement le centre de la Nécropole, c'est une salle carré, en son centre, debout, lui-même...

Flottant à quelques centimètres du sol, haut de trois mètres, vêtu seulement d'une longue robe noir déchiquetée, Kel'Thuzad se tient devant moi, avec son corps décharné, son squelette volumineux, et ces chaines si particulières gravissant autour de lui, comme pour montrer qu'aussi puissant soit-il, il est lui aussi esclave du roi Liche, fidèle serviteur d'Arthas.

Il me regarde, un sourire sadique s'étire sur son visage cadavérique :

-Voilà celle qui pourrais m'apporter de nouvelles informations, fait-il d'une voix glaciale, une voix d'outre-tombe...

A sa vue, je blêmis. Il faut que je réussisse ! Il le faut, il le faut ! Il faut que je réussisse...

« Il le faut, il le faut, il faut que je réussisse, il le faut il le faut... » : voilà certainement la maxime que je n'ai eu de cesse de me répéter ces quatre derniers mois. Ces quatre derniers mois où j'ai vu mes forces s'amenuir et mes compagnons sombrer dans la folie et l'horreur...

Je restais néanmoins à peu prés lucide grâce aux conseils avisés et aux soins nutritifs fournis par Elaria, je ne fus pas le seul à survivre heureusement, Nefret, Oseus et Elaria restèrent maître de leurs esprits. Néanmoins, l'état de Barahir était inquiétant. En effet, les interrogatoires quotidiens le rendaient très faible, au bout de quelques mois, il fût atteint de forte fièvre et dû rester couché, des migraines et des cauchemars, des visions et divagations le prenaient et le dévoraient de l'intérieur. Je tentais de le soigner, de le maintenir en vie, Elaria lui fournissait des substances nutritives certes de piètre qualité mais qui néanmoins l'aider à combattre l'ennemi.

Quant à moi, peu à peu, Kel'Thuzad, a force de temps et de patience sut à peu prés toutes mon histoire, plus rien de lui échappait...
En attendant que les secours arrivent, s'ils arrivent un jour...

... Et ce jour arriva...

C'est l'après-midi, alors que Kel'Thuzad lit mes pensées comme on relit un vieux bouquin, il se met à murmurer pour lui-même, comme si je n'étais pas là, comme si je n'existais plus à ses yeux, comme si... j'étais déjà condamnée... :

-Ce Nécromancien... N'importe quoi... « Elle sait des choses que nous ignorons, elle tente de le cacher, je suis sûre que ce doit être important »... Elle ne sait rien du tout oui ! Et moi qui pensais enfin connaitre le secret de l'Archidruide... Cette Shlomite ne vaut rien ! L'Humaine nous avait déjà tout fourni ! Elle au moins, elle sait des choses ! Et elle est bien placée pour le savoir ! Elle nous fournira tout ! Oui... Vu qu'elle escorte l'Elfe qui Sait, elle va l'emmener directement chez le Maître, et là... même les Réprouvés seront en danger ! Ah ah ah ! Je m'en réjouis d'avance ! Plus aucun avorton ne pourra défier la puissance du Maître, la tache Sylvannas sera à jamais effacée ! Et le Maître me récompensera... oui... Je deviendrai puissant... puissant... puissant...

C'est à ce moment que soudain, des clameurs se font entendre tout autour de la Nécropole, celle-ci commence à pencher, à tanguer dangereusement.

Immédiatement, Kel'Thuzad prend les commandes :

-Nous sommes attaqués, Défendez Naxxramas !

Elenith n'en croit pas ses yeux... Tout bonnement incroyable...

La Nécropole devant lui est la cible de frappe terrestre d'une importance rarement égalée. De véritables engins de sièges, des Chars à Vapeurs, sortes d'imposantes machines de guerre motorisés avançant grâce à la puissance de la vapeur, ce sont des armes constituées d'un canon monté sur un véhicule automobile blindé.

Un à un, à tour de rôle, les Chars tirent leurs obus sur Naxxramas, causant à chaque fois des dégâts substantielles.

Un sentiment d'allégresse s'empare peu à peu de l'esprit d'Elenith. Tous ses tourments, ses cauchemars qu'il a endurés depuis si longtemps vont enfin prendre fin, ses pires moments sont derrière lui. Il va enfin revoir son aimée et sa mère. Du moins... il l'espère... S'il n'est pas trop tard, si elles sont encore vivantes, si...

Mais pourquoi ne le seraient-elles pas ? Pourquoi faut-il toujours qu'il y ait un « mais » ? Depuis ces derniers mois, l'Entente n'a connu que des victoires, pourquoi aujourd'hui serait-il un jour différent ?

Depuis la défaite lors de la bataille de Stormwind où tant de monde se sont retrouvés prisonnier du Fléau, de nouvelles stratégies plus adaptés sont apparu. Le point faible de la Légion Ardente a était découvert, et ca marche ! En effet, il suffit, du haut des avions et autres Gyrocoptères - sortes d'engins volants soutenus par de larges hélices horizontales -, de bombarder les positions ennemies en évitant les Araignées visibles. De cette façon, non seulement les Nérubiens enterrés sont anéantis, mais les positions ennemis sont fortement touchés. Puis vient l'armée de Terre qui vient avec les puissants Chars à Vapeurs et autres Mortiers - bouche à feu tirant à inclinaison élevée (plus de 45°), pour effectuer des tirs indirects - et toute la puissance de l'Entente se déploie sur l'ennemi. Ce déversement impérial de technologies et de courage est d'autant plus impressionnant qu'est la diversité des peuples de la Grande Alliance. Ensemble, tout devient alors possible... « Etre plus pour gagner plus » devient alors le sous-titre officiel de l'Entente.

Sept mois de guerre ont servis à repousser l'ennemi jusque dans ses bases les plus retranchées. Ce qui a permis de découvrir l'ampleur des dégâts causés par le Fléau : une faune et une flore souillée, des animaux malades, une peste qui répand son venin verdâtre, pestilentielle et gazeux, mais aussi, toutes les villes du monde - mise à part Stormwind et Ironforge - prises par ce poison.

Afin de permettre à l'Armée de passer, les Druides se sont occupés d'éradiquer, du moins, de diminuer les effets de la Peste, ils ont tenté d'aider la nature à vaincre cette ennemi, cette gangrène, de renforcer les défenses de la vie végétale et animale, de protéger ce qui vit.
Tant de victoires... et aujourd'hui... La ténébreuse Naxxramas... Il faut qu'il aille les sauver, celles qu'il aime... Elles doivent rester en vie ! Elles le sont forcément, comment envisager qu'elles ne le soient plus ? Comment est-ce juste envisageable ? Comment juste oser y penser ? Il n'a pas le choix... Il doit réussir ! Il est prêt à se battre lorsque le moment viendra !

Soudain, alors que la Nécropole subit les assauts des véhicules blindés, celle-ci se met à déverser sur l'armée une sorte de liquide vert visqueux. Tel la lave qui se répand et détruit tout sur son passage, dans un tourbillon de fumée, le liquide s'abat sur le sol et coule en direction de l'armée de l'Entente qui, effrayée commence à reculer. Mais les Hydraxiens demeurent, ces fiers êtres d'eaux fixent de leurs regard vague et aqueux l'arrivée des eaux pestilentielles et mortelles. Puis, ils lèvent leurs bras vers le ciel et émettent un cri qu'Elenith décrit comme le bruit d'un cri sous-marin, et, venant de nulle part, un flot d'eau surgit et se dirige à une vitesse torrentielle vers l'ennemi vert. La collision des deux liquides provoque une grande fumée semblable à celles des flammes prises par les eaux. Mais la Nécropole continue inlassablement de déverser son venin, néanmoins, les Hydraxiens n'en démordent pas et continuent d'invoquer leur rivière.

Alors que la Nécropole volante est en partie cachée par le flot qu'elle déverse, dans un bruit de ferraille, Elenith, effaré, voit le toit de Naxxramas se détacher du reste et s'envoler tel un bouchon de Champagne vers les cieux alors que le partie inférieur, le premier étage, descend vers le sol tel l'ascenseur de Thunder Bluff.

Dans un brouhaha d'oiseaux en cage, une myriade de Gargouilles sortent de la « marmite volante » Naxxramas et se dirigent de leurs ailes vers les armées vivantes. Les Gargouilles de Northrend sont des créatures volantes redoutées pour leur férocité. Ce sont les armées du Roi Liche qui les ont rapportées du nord glacial, où leurs ailes de peaux ont acquis la solidité du cristal.

Immédiatement, après ordre de Bolvar et de Thrall des milliers de gryphons, hippogriffes, chauves-souris et wyverns déchirent le ciel en rugissant et volent vers l'ennemi, l'attrapent et des milliers de combats singulier et aérien apparaissent.

Plus bas, la guerre des eaux continue, mais Elenith comprends que le liquide vert a un double rôle : défendre la Nécropole en faisant reculer l'ennemi, mais aussi permettre l'arrivé de troupe au sol via l'ascenseur.

Soudain, Naxxramas cesse de déverser son liquide et par la même occasion dévoile l'armée qu'elle a amené au sol : Des milliers d'abominations, des centaines de Chevaliers de la mort, des goules et autres Nérubiens, et au milieu de cette puissante armada : la puissante liche Kel'Thuzad. Celle-ci rugit d'un cri inhumain, un cri d'outre-tombe, et l'armée mort-vivante commence à marcher vers l'Entente. Cette dernière, encouragée par Thrall et Bolvar entreprend également sa marche vers les ténèbres, le véritable combat commence.

C'est alors que, venant des entrailles de la Nécropole, un cri intense et aigu parvient, des puissants battements d'aile se font entendre, et sortant de Naxxramas par le haut, Saphiron, le wyrm des glaces apparait dans toute sa splendeur, ce puissant dragon bleue jadis serviteur de Malygos la Main de Magie tué puis relevé par Ner'zhul, il ne reste de lui aujourd'hui que ses os majestueux et sa magnificence naturelle.
Il ouvre la gueule en direction des gryphons et un jet de glace et de grêle en sort ce qui a pour effet de faire tomber quelque uns des fiers défenseurs volants de l'Alliance.

Immédiatement, des bruits de moteurs commencent à ronronner. Et alors, s'envolent vers le ciel, une trentaine d'avions farcies de gnomes et dotés de fusil à cadence rapide. Ils commencent à mitrailler le puissant dragon qui pousse alors un cri de rage et se dirige vers ses assaillant.
En réponse, il reçoit de plein fouet de puissantes boules de feu qui le refroidissent dans son élan. Les responsables de cette attaque magique apparaissent alors nonchalamment sortants des nuages au lointain : les zeppelins de la Horde font leurs apparitions dans le champ aérien. A leurs bords, de milliers de Mage, Chaman, Démonistes et Druides déversent leurs sorts, provoquent les nuages, déploient le tonnerre, emploient les éléments et déchainent la nature.

Alors que toues les forces apparaissent, tout les atouts surprise font leurs entrées plus ou moins magistrales, débute dans un désordre épique l'une des batailles les plus décisives du monde connu.

Rempli de nuage noirs et menaçant, le ciel, sous l'ordre des Druides et Chamans, déverse sur les armées une pluie torrentielle, des vents violents, les Mort-Vivant deviennent rapidement des paratonnerres ambulants s'ils ne sont pas pris par des tornades sauvages.

De par ses dagues puissante, sa dextérité, sa rapidité et sa rage, Elenith est un véritable combattant, il déchire tout autour de lui. Les lentes abominations ne peuvent rien face à lui. Elles ne sont pas assez rapide, il tournoie autour d'elles les entaillant de ses lames tranchantes.
Autour de lui, tous se battent, chaque combattant à sa place. Les fronts se forment. Les cris de guerre apparaissent, encore une fois, les tambours de guerre résonnent. Elenith a alors l'étrange impression d'être dans une vaste sphère où tout n'est que bataille et guerre. Devant, à coté, derrière et au-dessus de lui, tous risquent leurs vies pour la sauvegarde du monde. Tous sont conscients de l'importance de la réussite de cette bataille. L'ampleur de la mission est de taille.

Mais malgré l'ardeur certaine avec laquelle se battent les mort-vivants, ils ne font pas le poids. Le fait est qu'ils sont beaucoup moins nombreux que l'Entente. Après tout, Naxxramas n'est qu'un poste avancé du Fléau, il ne peut tenir face à un tel siège. Néanmoins, Kel'Thuzad et Saphiron sont d'une puissance énorme. Le Dragon, de son souffle glaciale, refroidit quiconque se trouve sur son chemin, les divers volatiles de l'Entente n'en mènent pas large. Quant à la Liche, elle provoque ici et là de véritables blizzards gelant littéralement des "paquets" de soldats, et refroidissant le corps de ceux qui sont à proximité.

Elenith est d'accord avec Bolvar lorsque celui-ci ordonne de se concentrer sur Kel'Thuzad, en effet, lui mort, le reste sera ne sera qu'une formalité. C'est ainsi que toute la puissance de feu des utilisateurs de magie de l'Entente est focalisée sur la Liche. Etant Mage de son état, cette dernière évite le corps à corps, et ainsi se placent derrière ses troupes. Cette situation s'avère alors être idéale pour les Chars à Vapeurs qui n'ont plus à se soucier de la présence éventuelle de soldats de l'Entente. Ils peuvent désormais envoyer leurs puissants obus sur la Liche.
Le combat redouble d'ardeur et, au bout d'un quart d'heure, et ce malgré son bouclier de glace, la Liche Kel'Thuzad tombe. Des cris d'allégresse et de joie sont alors poussés.

La mort de la puissante Liche a pour effet une montée grisante de bien-être chez tous les combattants, de légèreté, la fin est proche, elle devient presque palpable. Un sourire apparait sur la plupart des visages. Le courage revient, et a des effets catastrophique sur les mort-vivants restants, ils finissent tous par tomber, quant à Saphiron, il ne tarde pas à fuir vers le Sud, survolant la forêt de champignons géants.
C'est alors que la Nécropole, tel un oiseau perdant soudainement ses ailes, plane lentement vers le sol avant de tomber lourdement sur le sol flétri.

-Allez voir s'il y a des survivants, ordonne Bolvar.

Et une vingtaine de soldat pénètre la Nécropole sans défense.

Elenith attend dehors en compagnie de Seymour et d'Asoka. Au loin, il voit la Gnome qui accompagnait la Réprouvée. Elle a la mine angoissée... comme tout le monde... Personne ne dit mot, tous attendent. Seront-ils tous vivant ? Dans quel état reviendront-ils ? S'ils reviennent...

Inquiet et anxieux, Elenith attend. Et s'il perd Nefret ? Alors que leur relation vient à peine de commencer. Il est conscient que cet amour qu'il éprouve est une chose incroyable que lui en tant qu'ancien Réprouvé n'aurai jamais pu éprouver... Aimer quelqu'un ! Sylvannas aussi fière et puissante soit-elle ne pourra jamais se payer ce luxe. Et quel luxe ! « Par Bronzebeard ! » comme dirait Barahir, s'il devait perdre ca... S'il devait perdre ce qu'il vient d'avoir, ce qui scelle à jamais son statut d'Humain, qu'adviendrait-il de lui ? Quel statut aurait-il ? Il doit se battre pour elle, pour lui !

Hélas ! Si seulement ca dépendait de lui... Le sort de Nefret, et par là son propre sort, est en d'autres mains... Tout ce qu'il peut faire est d'espérer, ce qu'il fait très bien.

Un quart d'heure plus tard, les soldats reviennent transportant sur leurs épaules des rescapés. Ceux-ci sont immédiatement pris en charge par la Croix Blanche.

-Il y a plein des malades, amenez les brancards, s'exclame l'un des soldats qu'Elenith reconnait en tant que Deneb Walker, responsable de l'organisation pour la formation aux premiers secours.

Un à un, des dizaines de prisonniers sortent de Naxxramas, certains sur des brancards, d'autres marchant avec difficultés. Beaucoup ont un regard vide, impénétrable, ils marchent droit, sans regarder où ils vont, d'autres marmonnent des phrases inintelligibles, incompréhensibles.
Des dizaines de personnes de toutes races accourent pour espérer reconnaitre leurs conjoints, leurs enfants, leurs amis... Certains sont heureux de voir leurs espérance récompensée, et s'en vont enlacer, voire embrasser celui ou celle qui a provoquer tant de stresses, d'angoisses, de peurs et de pleurs.

Enfin, Elenith reconnait sa mère, appuyée sur l'épaule de Walker, la mine fatiguée, les yeux cernés. Suivent la Réprouvée, marchant normalement comme si de rien n'était et Nefret, appuyée sur l'épaule d'un soldat transportant un brancard transportant un Barahir bien pâle. Oseus marche avec difficulté, le regard vague et étrangement bestial.

Immédiatement, Elenith se rue vers Nefret, l'enlace avant de l'embrasser, des larmes dans les yeux :

-Tu m'as tellement manqué... Oh... tu...

Et visiblement ne trouvant pas d'autres mots pour exprimer ce qu'il ressent, il l'enlace de plus belle.

Au bout de quelques minutes, il repense à sa mère et un sentiment de culpabilité s'empare de son esprit. Immédiatement, il cour vers elle et la trouve avec Seymour. Les deux tourtereaux s'enlacent, des larmes coulent le long des joues de Seymour. Ce dernier, voyant Elenith approcher, s'écarte un peu pour le laisser avec sa mère. Elenith avance lentement vers Shlomite et l'enlace. Celle-ci, faiblement lui rends son étreinte et l'embrasse doucement sur le front. Mais un soldat vêtu de l'habit de la Croix Blanche les sépare :

-Elle doit reprendre des forces, elle n'est pas toutes jeune.

-Eh ! S'exclame Shlomite d'une voie à peine perceptible, je ne suis pas encore morte, je suis encore là ! dit-elle avant de s'assoir sur un brancard alors qu'un infirmier lui fait boire de l'eau énergétique, et peu à peu, son teint reprend des couleurs. Le même phénomène apparait chez Oseus et Nefret ainsi que chez Barahir qui, plus loin, avale lentement des Bouchées de Busards.

Soudain se lève la voix forte de Bolvar :

-Nous camperons ici ce soir, nous prendront la route demain vers le port à l'Est, il nous faut rejoindre Northrend, profitons que le Fléau soit affaibli pour l'attaquer, c'est le meilleur moment.

C'est alors qu'une une voix lente et à timbre normal résonne sur les terres fétides des Maleterres de l'Ouest :

-Oh.... Inutile de vous donner cette peine... Je suis là !

Et sortant des nuages noirs, chevauchant Saphiron, l'ex-prince de Lordaeron, le Roi Liche en personne, arborant fièrement à se ceinture la terrible épée Frostmourne, Arthas apparait. Le dragon déchire l'air survole l'armée de l'Entente et va se poser à l'entrée de la forêt.

Les soldats de l'Entente commencent alors à se rapprocher ostensiblement les uns des autres. Les zeppelins et les volatiles suivent les armées terrestres. Tous forment alors une sphère dense. Elenith sent son ventre se contracter : la bataille n'est pas finie... elle ne fait que commencer...
C'est alors que sort de la forêt des milliers de Goules, des centaines de Gargouilles commencent à virevolter dans ciel, tout autour de l'armée de l'Entente, des milliers de Nérubiens sortent de la terre. Quelques Nécromanciens ici et là apparaissent.

L'armée des vivants est alors encerclée, et la supériorité numérique de la Légion Ardente apparait alors comme une évidence aux yeux de tous. Acculés et épuisés, les soldats de l'Entente se contractent un à un, la peur se lit sur leurs visages pourtant, il y a quelques minutes, si souriants.
C'est alors qu'un gros Nérubien sort de la forêt, entre ses mandibules, deux corps sont enveloppés dans une toile visqueuse et blanche. A ses cotés, et à la surprise de tous, marche fièrement Katrana Prestor, la première conseillère de Bolvar, avouant par la même occasion sa traitrise aux yeux de tous.

Cette entrée magistrale provoque chez les vivants un brouhaha, des doigts désignent Prestor, des réactions d'indignations apparaissent.

Arrivé prés d'Arthas, le Nérubien dépose les deux corps encore gigotant.

-Merci Anub'arak, dit le Roi Liche au Nérubien, va à présent rejoindre et diriger les autres Nérubiens.

C'est alors que sortant des rangs de l'armée de l'Entente, Jaina Proudmore avance d'un pas vers Arthas puis s'exclame :

-Arthas Menethil fils de Terenas Menethil ... Comment as-tu pu... Tu as donc autant changé... Tu t'es plongé dans les ténèbres si profondément... Ton épée t'a détruit... Le Roi Liche s'est emparé de ton esprit... Tu as assassiné le roi, ton propre père ! Tu n'es plus l'Arthas de mon enfance ! Et là tu t'apprêtes à détruire l'humanité, mais ressaisis toi, cesse ce massacre !

-Jaina mon amour... Toi aussi tu n'as pas compris... Tu aurais dû me suivre jadis au lieu de suivre Uther Lightbringer, tu serais devenu puissante, tu aurais connu le pouvoir... Tu me demande d'arrêter, mais crois-tu que je souhaite ce massacre ? Crois-tu que je me réjouisse des guerres ? De la pauvreté ? De la misère ? De la mort ? Mais tout cela, c'est dans votre nature. La guerre a toujours fait partie de votre monde depuis la nuit des temps ! Guerre de territoires, de politiques, au fond, guerre de jalousie ! Vous enviez les terres d'autrui, les richesses d'autrui, vous vous complaisez dans vos victoires, dans vos meurtres ! Seule, sans moi, vous vous conduirez vers l'anéantissement total de toutes les races ! Les Trolls se font la guerre, l'Alliance et la Horde se font la guerre, les centaures et les Taurens se font la guerre, la vallée d'Alterac, le bassin d'Arathi, le goulet de Warsong, et j'en passe ! Vous vous autodétruisez et vous le faites très bien ! C'est là que j'interviens avec la solution que j'estime efficace. Mais malheureusement, tout changement important ne se fait pas du jour au lendemain, il faut du temps pour changer les mentalités, j'utilise la violence, c'est un moyen comme un autre. Mais à terme, ce que j'envisage, c'est la paix, plus de jalousie entre les êtres, l'égalité pour tous ! Imaginez ! Des jardins, de l'amour et du pain, des chansons, du vin, vos Nains seront ravi ! Il y aura du soleil sur vos fronts et du bonheur plein vos maisons. Ce sera une nouvelle ère révolutionnaire. Vous aurez du temps pour rire et s'aimer, plus aucun enfant n'ira travailler, il y aura des écoles pour tous. Un monde nouveau, vous comprenez, rien ne sera plus jamais comme avant !

-Mais c'est affreux, s'exclame alors Jaina, c'est la même pensée pour tous ! C'est un totalitarisme absolu ! Tu veux contrôler les esprits, les pensées, la vérité et la mémoire ! Tu veux créer une armée de zombies !

-Appelle-les comme tu veux, ma version me convient tout à fait, et de toutes les manières vous n'avez pas le choix ! Tous, vous serez sous mes ordres, tous vous serez libres !

-Attendez un instant, Arthas, interrompt soudain Katrana Prestor, selon les termes du contrat que nous avons conclus, j'ai droit à cinq pour cent des vivants pour mon usage personnel ! Vous me les avez promis contre mon aide et mes informations ! C'est moi qui vous ai apportez l'Archidruide et le conseiller principal de Thrall, c'est grâce à moi que vous avez eu accès à Stormwind ! Vous devez me donner mon dû !
Arthas éclate alors d'un rire glacial et moqueur :

-Que vous pouvez être naïf vous les vivants... Va plutôt rejoindre tes « amis », tu subiras le même sort qu'eux, tu ne vaux pas mieux !

-Comment osez-vous me comparez à ces vermines ! Moi, Ony...

-J'ai mieux, interrompt Arthas, Saphiron, occupe toi d'elle !

-Pff... que peux faire un dragon de glace contre moi ! Tu regretteras, Arthas, ta traîtrise !

Et sous les yeux effarés de tous, Prestor se transforme alors en un monstrueux dragon rouge qu'Elenith a déjà vu dans le livre « les grands monstres d'Azeroth » : Onyxia...

Dame Katrana Prestor... C'était donc elle... Elle qui a trahi les siens... Enfin... "Trahi"... Depuis le début, elle nous a trahis, depuis son arrivée à Stormwind, elle a caché sa véritable identité, son caractère reptilien... Prestor est donc Onyxia... Inimaginable! Elle qui trônait auprès de Bolvar, la première femme de Stormwind! Si en plus elle s'est alliée avec Arthas, elle a dû lui fournir nombres d'informations secrètes et précieuses... Elle lui a grandement facilité la tache, déjà en lui ouvrant les portes de Stormwind, mais aussi en lui livrant l'Archidruide et Angelwing... Ce doit être eux là-bas, à terre, près d'Arthas, emprisonnés dans les toiles du Nérubien. Elle a dit que son "dû" était de cinq pour cents des armées pour son usage personnelle, je comprends à présent cette phrase... "Usage personnelle"... Elle a voulu se créer un garde-manger plutôt! Mais la situation a un peu changé maintenant... Arthas a également trahi Onyxia en refusant de lui attribuer sa récompense... Va t'elle nous rejoindre? Aura-t-on donc une chance de s'en sortir?

Nous sommes actuellement cernés, sans l'aide de la dragonne, nous n'avons aucune chance de nous en sortir... Et je me demande même si la dragonne pourra faire la différence... Tout va se jouer maintenant...

Maintenant revigorée, je suis prête à me battre ainsi que tout ceux qui été captifs de Naxxramas.

Sous l'ordre de son maître, Saphiron commence à s'en prendre à Onyxia en lui lançant un trait de glace en plein sur le flan droit. La dragonne rugit alors si fort que des étincelles jaillissent de ses naseaux, et d'un coup, elle bat ses ailes puissantes et s'envolent dans le ciel. Saphiron la suit de prés, et s'entame alors dans le ciel sombre des Maleterres de l'Ouest l'un des plus majestueux combat de dragons jamais vu depuis des millénaires. Le combat est serré, car bien que les jets de flammes d'Onyxia causent énormément de dégâts à la glace qui compose le corps de Saphiron, le dragon d'Arthas est bien plus puissant physiquement et ses serres déchirent les entrailles de la noble dragonne.

"L'ennemi de ton ennemi est ton ami" dit-on, et c'est ainsi qu'instinctivement les gryphons, wyverns, chauves-souris et hippogriffes, suivi de prés des avions Gnomes s'en vont aider Onyxia. En réponse immédiate, les gargouilles volent également vers les défenseurs de l'Entente, les Nérubiens leurs envoient leurs toiles, les attrapent et les mettent à terre. C'est dans cette débâcle confuse que le signal de début des hostilités est donné.

Alors que les cors de la Horde se font entendre, les tambours de guerre, de nouveau résonnent sur les plaines, les cris de guerres apparaissent, "pour l'Alliance!", "pour la Horde!", "pour l'Entente!", ces hymnes sont criés. Et les armées se dispersent, les soldats courent dans toutes les directions. Le front se crée, il est unique, c'est un cercle immense à l'intérieur duquel se trouve les armées vivantes. Au centre se trouvent les Chasseurs, les Prêtres, les Mages, et une partie des Druides et des Chamans, le reste de ces-derniers ont pris place dans les zeppelins, ils aident les soldats de l'air mais déchainent également les éléments de la Nature.

A mes cotés, au centre du cercle, se trouvent Nefret, Oseus, Elvior, Elaria et tant d'autres. Bizarrement, Asoka manque à l'appel, elle devrait être au centre avec les autres chasseurs. Mais par un rapide tour d'horizon, je l'aperçois au front en train de se battre au corps à corps au coté de Barahir. Quoi que puisse en dire la fière Elfe, le guerrier compte pour elle.

A leurs cotés se battent Elenith - Bouclier sur lui bien évidement, au soin de Nefret, tout aussi évidement -, et Seymour - par mes soins là -. Un peu éparpillés partout, se battent les grands Rois d'Azeroth: Thrall, Bolvar Fordragon, mais aussi Cairn Bloodhoof, Vol'jin, Sylvannas Windrunner, Lor'themar Theron, Jaina Proudmore, Tyrande Whisperwind, Velen, Magni Bronzebeard, Mekkatorque ainsi que les dirigeants importants des autres organisations.

Sur terre, les armées s'affrontent dans la pluie, l'orage et les vents d'une puissance affolante. Au ciel, les Zeppelins et autres volants résistent tant que faire ce peu aux toiles Nérubiennes et aux attaques des gargouilles.

Le combat commence à durer. Soudain, un cri de détresse se fait entendre, et dans un fracas assourdissant, Onyxia s'effondre sur l'armée vivante. Son corps est rempli de marque de griffures.

Elle se redresse difficilement sur ses pates et émet alors un cri si puissant et aigu que la plupart des soldats protègent leurs oreilles de leurs mains.

Immédiatement, fendant le ciel, deux autres dragons pénètrent dans le champ de batailles. L'un fait la taille d'Onyxia mais est de couleurs brunes, alors que le second est bien plus grand et de couleurs sombre.

"Nefarian et Deathwing" murmurent-on un peu partout autour de moi. ... Incroyable... Onyxia aurait appelé à l'aide de son frère et de son père...
Deathwing, Gardien de la Terre était l'un des cinq Dragons que le Panthéon avait doté du pouvoir d'immortalité, dans l'espoir qu'ils protègent le monde de toute interférence en général, et de la Légion Ardente en particulier. Corrompu par les Dieux Anciens, il est devenu un être maléfique, mais il a disparu lors de la Seconde Guerre, on ne pensait plus le voir... Il dirigeait le Vol Noir, depuis, la direction de ce Vol a été attribuée à son fils, Nefarian.

Les deux puissants Dragon, à grand renforts de battement d'ailes se posent prés d'Onyxia, Deathwing rugit en direction d'Arthas :
-Humain ! Comment as-tu osé t'en prendre à ma fille ? La chair de ma chair ! Tu as déjà osé me priver de mon lieutenant Searinox, et maintenant, tu t'en prends à ma propre famille ! Jadis, j'ai juré de détruire la Légion Ardente, je pense que je vais aujourd'hui me rapprocher un peu plus de mon but !

Et les trois dragons s'élèvent dans les airs. Et, alors qu'Onyxia et Nefarian s'en prennent à Saphiron, Deathwing s'en prend à l'armée Mort-Vivante, les survole leurs attribuant ici et là quelques souffles « chaleureux », en essayant de ne pas faire trop de jaloux.

Je lève les yeux vers le ciel pour voir s'il y a d'autres surprises de ce genre, mais il semble que ce soit fini pour aujourd'hui. Si les dragons s'allient à nous, nous avons peut-être une chance de gagner alors ! Enfin... Lorsque je vois l'ardeur et la puissance d'Arthas, mon enthousiasme en prend un coup : il joue de son épée Frostmourne comme d'une batte avec laquelle il dévie flèche, balle et sort ; rien ne le touche. Les corps vivants, au contact de la lame maudite deviennent instantanément mort-vivant et se retournent contre leurs anciens alliés.

Alors que je soigne du mieux que je peux les combattants, que je vérifie à chaque instant la présence du bouclier chez Elenith et Seymour, Bolvar se glisse prés de moi et m'ordonne sur le ton de l'urgence :

-Formez immédiatement un groupe et allez libérer discrètement l'Archidruide Staghelm et le conseiller Troll de Thrall. Allez tout de suite, l'Archidruide saura peut-être comment venir à bout d'Arthas.

J'acquiesce alors, rompt, et me faufile en vitesse à travers les soldats. Il faut des personnes qui sachent se camoufler, agir avec discrétion, mais il faut aussi porter les corps et assurer la défense. Je sais exactement qui fera parti de l'équipe. Immédiatement, je me dirige tour à tour vers Elenith, Seymour, Nefret, Barahir et Asoka, leurs explique la mission, puis, nous nous mettons en route, élaborons une stratégie et l'appliquons :

Arrivé devant les corps emprisonnés dans les toiles, Elenith et Seymour, camouflés, se mettent en silence à leurs portés, et s'occupent chacun des deux prisonniers, de leurs dagues déchirent le tissu visqueux et blanc.

Alors qu'autour de nous, tout n'est que combat et sang, il s'agit d'agir avec discrétion et vitesse. Asoka, aux aguets, arc tendu est prête à décocher une flèche sur le premier gêneur venu. Lorsque la toile est coupée, Barahir arrive et soulève l'Archidruide à tel point qu'on ne voit plus le pauvre Nain. Elenith et Seymour quant à eux soulèvent Angelwing et suivent Barahir dans la foule vivante.

Une fois arrivé en sécurité, je peux mieux les observer, les deux rescapés ont le visage pâle, d'un blanc profond, comme mort, mais ils sont vivant, je le sens, je le sais ! Je leurs applique des sort de vie et de régénération, je leurs fais boire un peu d'eau d'énergie et bientôt, leurs visage reprennent vie, et au bout de quelques minutes, Staghelm ouvre les yeux quelques instants avant Angelwing.

Déboussolés, ils nous regardent d'un air ahuri, ne comprenant ce qu'il se passe, où ils sont.

Seymour, avec précision et concision leurs explique la situation, l'encerclement, la bataille, Naxxramas tombée, Kel'Thuzad tombé, ses prisonniers sauvé, Arthas, Prestor devenu Onyxia, Nefarian, Deathwing. Et à chaque mot, le visage d'Angelwing devient de plus ahuris, hébété, comme s'il s'attendait à ce qu'on lui dise à tout moment que ce n'est qu'une plaisanterie.

A la fin de l'éclaircissement de Seymour, je leurs explique la mission : trouver un moyen de détruire Arthas.

Le visage de l'Archidruide devient alors grave. A la fin de mon discours, lentement et solennellement, Fandral Staghelm prend la parole en ces termes :

-Le temps est venu de détrôner le roi Liche, il faut mettre fin au règne Mort-Vivant. En me cachant, en cachant la vérité de l'Histoire d'Elenith, depuis le moment où j'ai eu la faiblesse d'accepter de transformer Elenith, je me suis rendu coupable et responsable de toutes les catastrophes qui ont suivi. Je m'en rends compte maintenant. En tant qu'Archidruide de Darnassus, j'aurai dû agir avec sagesse, j'aurai dû voire que cette transformation, en apportant un bonheur local a apporté un malheur global, la Quatrième Guerre ! Et j'en suis responsable. J'en prends à présent conscience, Benedictus avait raison, j'ai été lâche. Pire encore, ma présence même gêne l'équilibre actuel du monde, le peuple réprouvé risque de disparaitre, si quelqu'un venait à s'emparer de mon terrible secret. Moi vivant, je suis source d'embarras. Or, un Druide se doit de générer l'Equilibre dans le monde. Je vais de ce pas corriger mon erreur et faire ce que tous attende de moi, je vais enfin prendre mes responsabilités, je ne veux plus qu'on parle de moi comme d'un lâche.

-Mais qu'allez-vous faire ?!? Demandé-je, affolée, ne faites pas de folies !

Il me regarde sévèrement, et me dis avant de se tourner vers Arthas :

-Ne me rendez pas la tâche plus difficile, laissez-moi et allez faire votre travail.

Quelque peu indignée du ton dans lequel il m'a parlé, mais respectueuse du degré d'importance qu'il accorde à son devoir et à son sens des responsabilités, je reprends mon travail tout en l'observant :

Il se place à une dizaine de mètres devant Arthas. Ce dernier, occupé par son combat, se rend compte de la présence de l'Archidruide qu'au moment où, dans un grand fracas, un arbre géant se met à pousser juste sous ses pieds. Le démon ricane alors et enfonce son épée sur le sol et l'arbre devient cendre, rapidement des racines, de toutes part commencent à l'assaillir.

Pendant ce temps, Staghelm sort de sa tunique une sorte de cor en bois d'une dizaine de centimètres que je reconnais être la corne de Cénarius le Demi-dieu. C'est avec cet instrument que Malfurion Stormrage a appelé les feus follets, symbole de la puissance de Nordrassil, afin de mettre fin au jour d'Archimonde en détruisant de la même manière l'arbre Hyjal.

Mais utiliser ce cor ici est une folie ! Ce sol n'est pas aussi fertile, pas aussi magique, ces terres ne sont pas bénies comme l'étaient celles de Nordrassil. Déclencher la fureur primitive de la nature n'aura pas le même effet que lors de la bataille du mont Hyjal.

Néanmoins, une dizaine de feux follets, sortes de bulles de couleurs vives et rempli de brouillard, gaz, bouillonnant de vie et de puissances sortent de la terre, des airs et des forêts, et se dirigent vers Arthas en train de se débattre dans les racines.

C'est à ce moment que dans un fracas, Saphiron est éjecté, et envoyé vers Stratholme, l'ancienne capitale Humaine non loin d'ici, s'en suit un violent jet de flamme dans sa direction de la part de Nefarian. Ce coup ultime aura visiblement raison du wyrm des glaces, car il ne se relève pas et ne se relèvera jamais.

Les deux enfants de Deathwing peuvent alors concentrer leur puissance de feu sur Arthas.

C'est alors que, soudain, l'Archidruide Fandral Staghelm écarte les bras vers le ciel et crie des paroles en Ancien Elfique, et peu à peu, de la lumière blanche, pure, s'expulse de tout ses orifices, mais aussi de tout ses bouts de membres, de ses yeux, de ses dix doigts, de sa bouche, et enfin, tout son corps jaillit de la lumière, il devient lui-même énergie. Cet halo, cette sphère, de feu follet géant de lumière s'élève de quelques centimètres et se dirige lentement accompagné de tout les autres esprits de la natures invoqués vers Arthas, l'entourent, tournoient autour de lui à une vitesse toujours plus folle jusqu'à s'unir toutes entre elle pour ne former qu'un seul être de lumière qui explose en plein dans le corps souillé et corrompu du roi Liche/Arthas.

Dans un espace rempli de magie Elfique, où murmures et chant ne font qu'un, le corps illuminé d'Arthas s'élève alors dans les airs. Cette fusion entre le mal et le bien bouleverse alors tout les équilibres, une vague d'éclairs se déchaine, le sol de met à trembler, des jets de lumières jaillissent, cette union crée une onde déséquilibrante autour d'elles et se propage progressivement dans les dimensions.

Au contact de l'onde, les armées vivantes ressentent un état de bien-être jamais égalé, alors que les armées mort-vivantes s'écroulent au sol.
Soudain la lumière cesse de s'écouler du corps du roi Liche qui se repose lentement sur le sol. L'Entente le réalise alors : Arthas est mort, son épée maudite à terre git quelques mètres plus loin, la menace Mort-Vivante n'est plus.

L'Archidruide de Darnassus Fandral Staghelm se sera ainsi sacrifié pour le bien du monde, emportant son secret avec lui.

Un an plus tard...

"La mer
Qu'on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d'argent
La mer
Des reflets changeants
Sous la pluie"


Ainsi chantent les diverses bardes sur le grand navire -toute nouvelle invention des Gnomes: le "Pas-que-beau"- d'un blanc nacré, décoré pour cette occasion si unique de fleurs exotiques et belles, emplies de vives couleurs nobles. Dans cette belle journée d'été, en pleine mer, sous le soleil, dans cette chaleur apaisante, avec cette si légère brise, les cheveux au vent, je me sens si bien, je respire et je tente de graver ces moments exceptionnels dans ma mémoire... Aujourd'hui sera une journée mémorable... Elle a déjà si bien commencée... Fini les soucis, les galères, les guerres, les prisons, les batailles, les horreurs... "Tout est bien qui finit bien" diront les écrivains qui conteront cette fabuleuse épopée... Oui... Tout finit bien... Après l'ultime bataille, je revois partirent les dragons sans un mot d'adieu, je ne les ai plus revus depuis, et ceux qui les ont cherché ne sont plus revenu... Cette alliance fut de courte durée... De même que l'alliance des peuples de l'Entente... Cette coalition n'est plus, tous se sont éparpillé en jurant de se revoir dans dix ans dans cette fameuse Place des Grands Etres - que je pense bien être une légende conté par un barde -, et depuis peu, les petites batailles entre l'Alliance et la Horde ont reprises... Compréhensible: comment faire comprendre à un guerrier un terme tel que "paix"...

Mais je sais que la vraie Paix qui s'est installé est fondée sur de solides piliers que je compte bien en tant que diplomate à plein temps -jusqu'à la prochaine guerre, où ils ne manqueront pas de me rappeler contre mon grés, évidement- surveiller et garder intact. Je suis restée en de très bons termes avec certaines personnes de la Hordes qui m'ont fait l'honneur de répondre à mon invitation afin de participer à cet heureux événement.

"La mer
Au ciel d'été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d'azur
Infinie"


Ainsi dansent les invités, les personnes qui ont nous ont procuré le plaisir de partager avec nous ce moment: Angelwing, Hellena, Elaria et son ami April, Asoka et Barahir - qui ont beaucoup insisté pour reprendre Alterac des mains des Trolls revenus de la Quatrième Guerre-, les Gnomes Rese, Gnominou, Kaelo et Weanwean, il y a aussi Elvior, Oseus, Léralondë, Lockshock, Radasse, Ronith... Ces amis qui m'ont aidé au cour de cette folle aventure, qui m'ont apporté leurs avis, leurs soutiens... Ils sont tous là... Enfin "tous"... Obi, Staghelm, Benedictus... Benedictus... J'ai appris plus tard qu'elle s'était sacrifiée pour sauver Staghelm... Je le réalise à présent, elle n'a jamais été mauvaise, envieuse, elle a juste fait ce qu'il lui semblait le mieux pour le peuple Humain, elle a toujours été fidèle à ses convictions, à ses principes... Là est ce que nous différenciait, nous n'avions pas les mêmes principes... En tout cas, elle n'a jamais changé sa manière de penser, elle a toujours agi au meilleur des intérêts de son peuple, allant même jusqu'à m'attaquer, moi qui fut son élève, son disciple... C'était une femme forte de caractère, courageuse, téméraire, et honnête. Je suis sûre qu'elle serait venue et j'en aurais été honorée.

Il y a aussi ceux qui se sont excusé: Thrall, Bolvar Fordragon, Magni Bronzebeard, Tyrande Whisperwind et Velen, ils m'ont néanmoins envoyés de très beaux cadeaux: les fonds pour cette fabuleuse fête!

"Voyez
Près des étangs
Ces grands roseaux mouillés
Voyez
Ces oiseaux blancs
Et ces maisons rouillées"


Ainsi ont étaient proclamés les unions, dans ce mélange grisant de joie et d'excitation. J'assiste au mariage d'Elenith, habillé d'un costume trois pièce fait par les plus grands couturier de Stormwind, le même costume d'ailleurs - à la taille prés - que celui de Seymour qui me fait l'honneur de devenir mon mari! Nefret habillée d'une robe d'un blanc éclatant, qui ne rivalise pas - selon mon échelle - avec ma superbe tenue de Gean-Jaul Paultier - prix faramineux, mais pour personne d'exception, habit d'exception! -, a obtenu de par ses grâces envers Elenith le mérite de devenir ma bru.

La cérémonie s'est déroulée hier, au cours d'un diner somptueux: nous étions tous à table dans une salle du bateau, une salle d'au moins cinq cents mètres carrés, haute de dix mètres, orné d'un grand lustre d'or d'une rare beauté. Le repas n'avait pas encore commencé, quand un homme au visage long, nez en trompette commence ainsi:

-Mes chers amis, c'est avec une profonde fierté, et un immense plaisir que nous invitons ce soir, détendez-vous, ne pensez plus à rien, prenez-place, et laissez la haute gastronomie d'Azeroth vous présentez... - et sur un ton très conventionnel - "votre diner"...

Et quel diner! C'était la fête! Plat du jour et hors d'oeuvre, cuisine au beur, c'est la meilleur, et croyez-moi, je suis connaisseuse! Mirontons, pommes sautés, Stormwind-Goldshire, crème flambée le tout avec du Champagne! Ils nous ont préparé avec art une fête à nous couper le sifflet!
Puis tout les invités se sont levé et nous ont soulevés assis sur nos chaises. Tout le monde chantaient, tout le monde dansaient alors que nous levions nos verres à nos mariages!

Après des heures de fêtes et de réjouissances, nous montions sur le vaste pont afin d'admirer les milliers d'étoiles scintillant dans le ciel si pure jusqu'à ce qu'il fut envahit par des feus d'artifices gobelins plus impressionnant les uns que les autres. Il faisait un peu froid, Seymour m'enlaça alors. Nous étions bien. Plus loin, Nefret et Elenith bras dessus, bras dessous contemplaient l'imprenables vue de l'océan sous la pluie d'astres et d'étoiles.

[i"La mer
Les a bercés
Le long des golfes clairs
Et d'une chanson d'amour
La mer
A bercé mon coeur pour la vie"

Ainsi s'achève toute une partie de ma vie et de celle d'Elenith, ainsi commence la vraie vie, la plus grande des aventures.

__________________________________________________________

Au même moment, dans les terres reculés des Maleterres, un petit Gnome du nom de Gollum s'empare d'une épée gisant au coté d'un grand guerrier. L'épée de Frostmourne a alors un nouveau propriétaire, Ner'zhul a enfin un corps à contaminer, un corps à s'approprier pour le glorieux et terrible retour du roi Liche...
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