Fanfiction World of Warcraft

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A la recherche de Louise

Par shlomite#255
Les autres histoires de l'auteur

Chapitre 1 - Jacques

Chapitre 2 - La traque commence

Chapitre 3 - En route vers Stormwind

Chapitre 4 : La Cathédrale de Stormwind

Chapitre 5 : Les archives

Chapitre 6 : Le maître des Paladins

Chapitre 7 - L'entrainement

Chapitre 8 – Sur la route de Kalimdor.

Chapitre 9 - Dolanaar

Chapitre 10 - Le goulet de Warsong

Chapitre 11 : Louise

Chapitre 12 : Escarmouche

Chapitre 13 - Enlèvement

Chapitre 14 - L'Ombre

Chapitre 15 - Le Grand-maréchal Afrasiabi

Chapitre 16 – Le démon de l'aurore

Chapitre 17 – Shlomite et la Legion Ardente

Chapitre 18 – En avant!

Chapitre 19 – Bataille pour un portail

Chapitre 20 : Jacques contre la Légion

Chapitre 21 : Aux frontières du réel ?

Une femme arrivait aux urgences, victime d'une crise cardiaque. Jacques, le chirurgien opérait au troisième, il n'a pas tout de suite été prévenu. On ne voulait pas le déranger pendant l'opération délicate qu'il pratiquait. Peut-être aurait-on dû. La femme avait le pouls faible, un coma avait été annoncé. Elle respirait et était hors de danger. Il faut dire qu'elle n'en était pas à sa première urgence. Elle avait toujours eu des problèmes cardiaques. Mais Jacques s'en était toujours bien occupé. Il faut dire qu'étant son mari, la motivation venait naturellement. Lorsqu'on le prévint de la présence et de l'état de sa femme, son sang ne fit qu'un tour. Il descendit aux urgences dans l'instant. Arrivé là, il demanda à la voir. Sa demande fut évidement accordée. En plus d'être son mari, il était son médecin.

Mais il ne put guère faire grand-chose. Elle ne se réveilla pas. Le coeur serré, des larmes coulait le long de ses yeux. Il tenta le baiser sur la bouche, mais l'effet « belle au bois dormant » ne marcha pas. Il aida à la monter à l'étage des comateux.

Ainsi commença ses longues et régulières visites. Dés ce jour, il ne rentra plus chez lui. Ses enfants étaient déjà grands, personne ne l'attendait plus là-bas. Il dépêcha son fils aîné d'aller chercher quelques affaires. Il prit un lit d'hôpital, l'installa auprès de sa femme, et en fit son domicile. Il espérait qu'elle se réveillerait. Que ferait-il sans elle ? Elle était sa lumière. Il espérait.
Chaque fois qu'il en avait l'occasion, il passait la voir, l'espérait réveillée, espérait qu'elle ait les yeux ouverts. Mais elle était toujours endormie. Le visage paisible, elle semblait rayonnante. Peut-être rêvait-elle ?

On fit un scanner. Une forte activité cérébrale fut détectée. Elle rêvait. Et ses rêves semblaient lui convenir. Les jours passèrent, les mois et les années. Jacques resta au chevet de sa bien-aimée.

Trois ans plus tard, Jacques lisait un magazine à voix haute à sa femme :
-De récentes découvertes de l'université d'Atlanta permettent à présent un voyage à travers les rêves. Vous pourrez rentrer dans les rêves de vos enfants, entrer dans ceux de votre conjoint. Un nouveau monde merveilleux s'ouvre à vous. Ayez enfin la curiosité d'Alice ! Les études ont démontrés que la qualité du voyage dépend de la puissance du sommeil de l'hôte. Les recherches ne sont qu'expérimentales, mais nous pouvons espérer dans un futur proche proposer cette technologie au service de la société....

Jacques s'arrêta de lire. Il n'en croyait pas ses yeux ! Il pourra entrer dans l'esprit de sa femme ! Il pourra la rencontrer ! Il saura la sauver ! La ramener à la réalité ! Il relu l'article une dizaine de fois. L'e-mail de l'auteur apparaissait au bas de la page. Il le contacta. Une semaine plus tard, il reçut une réponse. Il possédait à présent un numéro de téléphone. Il l'appela et le convainquit de tester l'expérience avec sa femme. Il ne réussit à le convaincre qu'après avoir ajouté un volet financier à la transaction. Il y mit toute sa fortune et sa retraite. Que valaient-ils sans sa moitié ? Il accepterait des années de travail pour un regard, des châteaux, des palais pour la revoir, il donnerait ses certitudes, et toute sa vie, mais juste pour la voir, lui parler.

Un mois plus tard le chercheur arrivait à l'hôpital de Toulouse. Tout son attirail l'accompagnait. Il prévint Jacques :
-Ce voyage, vous pourrez ne pas en revenir. Si dans une heure vous n'êtes pas de retour, je vous ranimerais, si je le peux.
-Allez-y, s'écria Jacques, excité comme jamais. Allez-y, je veux y aller !
-Installez-vous sur le lit. Buvez cette solution, attention c'est acide, buvez tout.

Alors que Jacques buvait avec une légère appréhension le liquide vert et odorant, le chercheur installa un gros appareil dans la salle. Il y brancha quelques fils et plaça des espèces des capteurs sur la tête de Jacques. Il le badigeonna d'une certaine crème. Il opéra le même rituel avec la femme de Jacques.
-Êtes-vous prêt ? demanda le chercheur.
-Allez-y, répondit Jacques.
-Ca va secouer, dit-il en actionnant un bouton.
Jacques ressentit une douleur intense à la tête. Il cria. Mais il n'entendait pas ses cris, sa souffrance couvrait son univers. Il eut alors l'impression de se trouver au coeur d'un ouragan, tout tournoyait autour de lui. Il perdit toute notion de temps et de lieu, puis il s'évanouit.

Lorsqu'il se réveilla, sa tête lui faisait encore mal, il ouvrit les yeux faiblement. Il était allongé dans une espèce de jardin. Il entendait une voix de femme :
-Monsieur, monsieur, réveillez vous, monsieur, vous allez bien ?
Il se redressa, s'assit sur le sol et se massa la tête. L'image faisait follement cliché.
-Où suis-je ? demanda t'il d'une voix à peine audible.
-Vous avez dû sacrément vous faire mal monsieur...
-Mais qui êtes vous ?
-Je me prénomme Shlomite. Vous êtes sur Azeroth...
Jacques regarda la femme intensément. Il ne comprenait pas :
-Où ? Redemanda-t-il ?

La femme le regarda avec pitié. Elle était plutôt grande, brune, les yeux bleus, un visage clair. Elle avait une queue de cheval et une longue robe blanche. Elle semblait jeune. La trentaine peut-être.
-Mon pauvre monsieur... Je crains que vous ne souffriez d'amnésie...

Il réfléchit quelques instants et réalisa qu'il était dans le rêve de sa femme. Il lui fallait la retrouver.
-Où est Louise ? Demanda-t-il.
-Louise ? Je n'ai jamais entendu un nom pareil...
-... Il faut pourtant que je la retrouve...
-Il faudrait déjà que vous repreniez vos esprits. Pour commencer vous allez vous lever.

Il se leva. Se faisant, il remarqua à son grand étonnement qu'il portait un lourd équipement. Il se dévisagea. Il était habillé de maille, à sa ceinture une épée. Il sentit sur son dos un poids, qu'il devina être un bouclier. Il était tels les guerriers de la Renaissance!
-Mais comment suis-je habillé ? D'où vient cet accoutrement ?!?
-Ca va vous revenir, ne vous en faites pas. Commencez par me dire votre nom.

Il ne divulguerait pas son identité. Il ne se trouvait pas dans son univers. Peut-être était-ce une volonté de ne pas mélanger sa nouvelle vie avec son ancienne. Ou était-ce plutôt le fait de se garder un jardin à lui. Ou alors, se préserver en ne montrant qu'une apparence extérieure, un masque pour se protéger de ce monde inconnu.
Il chercha alors un nom, il choisit le nom de Mirdhyn, du nom d'un des trois bardes qui accompagnaient Merlin l'enchanteur. Histoire qu'il avait toujours beaucoup appréciée.
-Je me prénomme... Mirdhyn.
-Décidément, vous avez de drôles de nom, répliqua la dénommée Shlomite.
-Pas autant que Shlomite...
-Oh vous savez, c'est le nom que portait ma grand-mère, c'est de tradition dans la famille.
-Enfin bref. Savez-vous où je devrais commencer mes recherches ?
-Oh, le mieux serait d'aller à l'auberge, ils ont des archives des voyageurs qui y ont séjourné. Votre amie y a-t-elle séjournée ?
Elle a dû « atterrir » au même endroit que lui, selon toutes probabilités, elle a donc dû séjourner dans cette auberge.

-Je n'en sais rien... Peut-être... Sûrement, après tout, répondit-il.
-Alors allons-y, je vais vous accompagner, la nuit va bientôt tomber.
-Très bien, c'est loin ?
-Oh pas trop... possédez-vous une monture ?
-Une monture ? Non, je ne possède pas de monture ! Dit-il, un rictus au visage.
-Je m'en doutais, ce n'est pas grave, vous monterez avec moi. Venez.

Elle se dirigea vers une grande bâtisse ressemblant à un monastère des temps anciens.
Il la suivit et en profita pour regarder ce qui l'entourait. Autour de lui, tout n'était que verdure. Autour du monastère quelque personnes discutaient, certains étaient habillés en maille comme lui, mais d'autre, en peau de bêtes ou encore, d'autres étaient en robe. Ici et là des écureuils courraient, il aperçut au loin quelques gazelles. Le monastère était logé dans une vallée entourée de montagnes. Le tout était calme et accueillant. La jument vers laquelle se dirigeait Shlomite arborait une belle robe brune à l'image des cheveux de sa cavalière. Elle hennit en la voyant arriver.
Shlomite la monta sans trop de difficulté. Elle trotta jusqu'à la hauteur de Jacques, lui sourit et lui tendit la main :
-Allez-y, montez.
Jacques accepta de bonne grâce l'aide qui lui était proposée et monta à l'arrière de la jument.
-Accrochez-vous bien.

Elle donna un petit coup sur le flanc de la jument, et ils se mirent en route.
Le cheval galopait assez rapidement.
Jacques en profita pour admirer le paysage. Ils pénètrent une vaste forêt bien feuillue.

-Où sommes-nous ? demanda jacques.
-Nous pénétrons la forêt d'Elwynn, nous étions à l'abbaye de Northshire.

Elle expliqua brièvement la situation géographique de la forêt, elle introduit les villes de Goldshire, de Stormwind, mais aussi les régions avoisinantes, elle parla du problème défias, de la faune et de la flore.
Ils arrivèrent dans une clairière, quelques maisons ici et là, et enfin l'auberge. Elle était située sur une sorte de place, à coté d'une scierie.
-C'est ici, dit Shlomite en descendant.

Jacques l'imita.
Ils pénétrèrent dans l'auberge.
Elle était faite de bois, était sur deux étages. Ils arrivèrent dans une grande salle. Etaient disposées là quelques tables. Un feu crépitait dans une cheminée.
Shlomite lui fit signe de la suivre, elle se dirigeât vers une femme, brune, la cinquantaine :
-Bonjour, je suis une prêtresse de Stormwind, j'aimerais consulter vos archives.
-Mais bien sûr, veuillez me suivre.
Elle se dirigea vers une salle derrière, un homme y était occupé à prélever des abats sur une grosse pièce de viande. Jacques ne put identifier la bête.
-Qui désirez vous trouver ?
-Une personne nommé Louise, dit Jacques.
La femme ouvrit un gros livre et le feuilleta.
-Alors... mhhh... Louise... avec un « L » j'imagine.... Alors Louise.... Laâm, c'est pas ca, Larsene, c'est pas ca, Larusso, non plus, ....Léonie.... Liam.... Llois ... Lorie, non, Lucien... Bon ben je suis désolé, mais je crains que votre recherche s'avère infructueuse. Vous devriez voir les archives centralisées de Stormwind, toutes les archives s'y trouvent, si une personne a séjourné dans une auberge, elle sera inscrite dans les archives de Stormwind.
-Bon, et bien, dit Shlomite, nous verrons demain. Nous prendrons une chambre pour ce soir.
Soudain, Jacques ressentit cette même douleur intense. Il tombât à genoux, les mains sur la tête, il hurla....

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait dans son hôpital de Toulouse, il vit le chercheur :
-Alors, c'était comment ?
-C'était fou, répondit Jacques en se relevant, il avait mal à ma tête. Je me suis retrouvé au temps du moyen-âge, j'avais une épée, et un bouclier, j'étais avec une jeune femme en robe, elle avait un cheval...
-Etait-ce votre femme ?
-Non, elle ne connaissait pas le nom de Louise. Elle m'a proposé d'aller dans leur capitale pour accéder aux registres mieux renseignés.
Il fit une courte pause.
-Le tout paraissait si réel, reprit-il. Mes rêves, ceux dont je me souviens n'étaient pas si vrais... Si logiques...
Il se massa la tête et repris :
-Mais ces transferts sont sacrément douloureux...
-Oui dit le chercheur. Ce transfert n'est pas naturel. L'horloge interne est perturbée par tous ces déplacements, ce changement de dimensions. Mes souris n'ont pas résisté à plus de cinq transferts... Bien que l'esprit de l'homme soit plus puissant que celui de la souris, ces voyages restent dangereux, je vous avez prévenu. J'imagine que vous voudrez peut-être vous reconnectez à son esprit. J'agrandirai alors l'espace dont vous disposerez dans ce monde. Je vous réveillerai dans 24h. Je vais prévenir le service hospitalier de ne rien toucher à votre chambre.

Jacques écoutait, pensif. Il lui faudrait prendre une décision très bientôt... S'il ne découvrait pas Louise très bientôt, il devrait choisir entre le monde réel et le monde de Louise. Entre la pilule blanche et la pilule rouge, son choix devrait se faire. Abandonnerait-il Louise, ou abandonnerait-il son monde ? Il réfléchit un moment et demanda :
-Ce monde là, dépend-t'il de Louise ? Si Louise meurt, ce monde de ces rêves s'éteindra t'il avec lui ?
-Je me doutais que vous poseriez cette question. Et en effet, la survie de votre femme dépend de celle de son monde. Si elle meurt et que vous êtes à l'intérieur, votre esprit mourra.
Jacques respira profondément et dit en soupirant :
-Bah... nous verrons bien. Mais ne me renvoyez-moi pas là-bas pour le moment, ca va être la nuit là bas. Je vais dormir ici, et à mon réveil, j'irai dans ce monde. Je vais vous trouver un lit pour vous.
-Comme vous voulez répondit le chercheur, je vous réveillerai 18h après votre entrée dans le monde de Louise, ce sera alors le soir si le temps s'écoule de la même façon qu'ici.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le lit fut installé dans la chambre de Louise, Jacques et le chercheur s'endormirent et au petit matin, le transfert se fit :
-Très bien, rallongez-vous, dit le chercheur.

Jacques reprit sa place et le chercheur lui fit subir le « rituel » d'envoi. Jacques hurla de nouveau de douleur, le tourbillon réapparut, son esprit s'évada.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il entendit Shlomite dire :
-Ah c'est bon, il rouvre les yeux.
-Ca lui arrive souvent ce genre de crise demanda une voix de femme qu'il reconnut comme étant la voix de l'aubergiste.
-Je ne sais pas, dit Shlomite sur un ton pensif.
-Pff... soupira l'aubergiste avant de retourner voir ses clients.
Jacques se redressa :
-Ma tête...
-Votre tête vous joue des tours Mirdhyn... Vous vous êtes évanoui hier, j'ai eu très peur... Nous irons voir une grande prêtresse que je connais une fois à Stormwind, elle pourra éventuellement nous donner un diagnostique et peut être vous soigner.
-Oh non, c'est inutile, s'empressa de dire Jacques, ne vous inquiétez pas ! D'ailleurs, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait jusqu'à maintenant.
-Oh vous savez, ne vous excusez pas, je viens de rentrer de mission, je suis en repos jusqu'à ma nouvelle mission. Ca peut-être n'importe quand ! Je suis libre. Et votre histoire est bien plus intéressante que l'histoire des kobolds que je lisais à l'abbaye de Northshire.
-C'est gentil à vous en tout cas.
-Ah... Assez, je déteste ce genre de politesse pompeux, on croirait entendre un elfe !
-Un elfe ?!? dit Jacques...
Shlomite l'observa, pensive, un semblant de rictus en guise de sourire:
-La mémoire vous reviendra, ne vous en faites donc pas. Bon, et bien ne perdons pas de temps, ne gâchons pas notre journée. Rendons nous à Stormwind.

Jacques se leva et précéda Shlomite vers la sortie de l'auberge, monta derrière elle sur la jument. Il était neuf heures du matin, et le soleil déjà haut dans le ciel. C'était une belle journée.
Le cheval se mit au galop. Et bientôt, Stormwind, la capitale humaine apparut dans toute sa splendeur aux yeux éblouis de Jacques.
Les statues des héros du passé l'interpellèrent dès son arrivé par leurs prestances, leurs dignités, leurs grandeurs et leurs solennités. Jacques fut grandement impressionné par cette entrée majestueuse. Le tout collait parfaitement avec l'idée qu'il se faisait d'un château de la Renaissance : ces grandes portes, ce pont magistral, ces soldats aux armures impénétrables, cet ordre qui semblait régner. Une fois les portes intérieures franchies, il pénétra à l'intérieur de la cité. La ville grouillait de vie. Jacques découvrit toutes sortes d'espèces d'être vivants. Tous avaient leurs caractéristiques, leurs montures. Des hommes aux tailles enfantines montaient des autruches mécaniques, d'autres, aux tailles de nains, hommes robustes à la barbe hirsute montaient des béliers, les hommes montaient les chevaux. Des êtres aux longues oreilles, à la chevelure longue et soyeuse et au teint terne montaient des tigres. Enfin les derniers, êtres bleus aux pieds d'équidés montaient des espèces d'éléphant étranges. Certains avaient des animaux sauvages à leurs cotés, d'autres des créatures venant des enfers. Certains avaient l'air peu recommandable, et tous allaient à vive allure dans les allées de la ville. Jacques n'avait jamais vu de telles espèces, il se revit en plein roman de Tolkien.

Shlomite et Jacques parcoururent la place principale, empruntèrent des allées étroites, traversèrent un fleuve. Le tout ressemblait au Strasbourg des bords du Rhin. Enfin, ils atteignirent une grande place ou trônait une imposante cathédrale blanche. Là, Shlomite descendit et invita Jacques à faire de même :

-Voici la Cathédrale de Stormwind, nous allons voir une amie, c'est une grande prêtresse. Elle vous examinera, nous verrons ensemble quel est le diagnostic vous concernant.
-Très bien, répondit Jacques d'une voix mal assurée.
Saura t-il assez bien feindre l'amnésie pour berner le prêtre ? Il le fallait pourtant. A qui pouvait-il faire confiance ?
-Alors allons-y, fit Shlomite en se dirigeant d'un pas décidé vers l'intérieur de la cathédrale.

Jacques la suivit et en découvrit l'intérieur. Il fut fortement impressionné par ses dimensions, ses vitraux, ses chandeliers, cette ambiance de prière et de piété qui y régnait.
Shlomite se dirigea vers une jeune femme au fond de la salle. Habillée d'une robe jaune et d'un haut blanc, elle portait un grand bâton qui se terminait par une sorte de croix entourée d'un rond de bois et portant un gros saphir en son centre.

-Bonjour Laurena, fit Shlomite.
-Hey Shlomite, répondit Laurena, le sourire acceuillant. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
-C'est cet homme, fit Shlomite, désignant Jacques. Il semble souffrir d'amnésie aggravée. La seule chose dont il se souvienne est le nom de Louise. Il ne se souvient de rien d'autres. Il n'a jamais entendu parler d'Elfes, et je crois comprendre que les Draeneis, les Gnomes, ou les Orcs ne lui en disent pas plus. Ce cas me parait étrange. Quel est ton avis ?
-mmmh.... Dis Laurena en guise de réponse. Étrange en effet. Comment vous appelez vous ? demanda-t-elle à Jacques ?
-Je me prénomme Mirdhyn.
-Très bien Mirdhyn, connaissez-vous la ville dans laquelle nous nous trouvons ?
-Non, je ne l'ai jamais vue...
-Je vois...en effet, votre amnésie semble assez grave. Veuillez-vous allonger ici, dit-elle en désignant un lit de bois. Je vais pénétrer votre esprit. Ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien. Ne pensez à rien. Je vais essayer de voir ce qui bloque votre mémoire, et si possible, réparer le problème.
Jacques commençait à prendre peur :
-Oh non, ne vous inquiétez pas, tout va bien, je suis sure que ca va revenir, tenta t-il.
-Ne discutez pas, ou je vous fais interner, dit Laurena, sourire aux lèvres.
-Ne la testez pas Mirdhyn, elle en est tout à fait capable, ne craignez rien, vous êtes en de bonnes mains.
-Ne vous inquiétez pas, je ne divulguerai rien de votre esprit.
Jacques pâlissait en temps réel. Mais il se reprit, il n'avait guère le choix.
-Bien, dit-il en s'allongeant.
-Je ne penserai à rien, songea t-il, elle ne pourra pas lire en moi, elle ne se guidera pas sur ma pensée.
-Ne vous inquiétez pas, répéta Laurena, je n'interromprai pas votre cheminement de pensée, mon esprit sera un autre processus totalement indépendant du votre, vous ne me sentirez pas, vous ne sentirez rien. Soyez calme, et reposé, détendez-vous.

Jacques sentit le stress l'envahir.... Elle va savoir... Elle ne le doit pas, ce secret ne devait pas être divulgué, il le savait... Il ne voulait pas être le centre d'intérêt, centre d'investigation... Il souhaitait la discrétion. Devinant sa pensée, Laurena trouva bon de le rassurer :

-Je ne divulguerais pas vos secrets, le rassura t'elle avec un sourire bienveillant.
A moitié rassuré, jacques dit :
-Allez-y, je suis tout à vous.
-Bien dit-elle en plaçant ses mains sur la tête de Jacques.
Celui-ci tâcha de ne penser à rien, et à peine dix secondes plus tard, Laurena fit :
-C'est bon vous voyez, c'était rapide, sa voix était tremblotante.

Jacques la regarda et prit peur : son visage était livide.

-Shlomite, je voudrais vous parler quelques instants, Jacques, voulez-vous bien nous attendre quelques instants.
-Très bien, dit-il.
Il les vit s'éloigner. Elles se dirigèrent vers une salle vide, et fermèrent la porte derrière elle. Une fois sure de n'être pas entendue, Laurena annonça :
-Votre ami ne s'appelle Mirdhyn, mais Jacques. Il ne connait rien de se monde, car il vient d'un autre univers, il est là pour retrouver sa femme...

Laurena raconta toute l'histoire à Shlomite, Louise, l'accident, le coma, le chercheur, tout...
-Cette situation est inquiétante, conclut-elle, il faut alerter les autorités !
Shlomite souriait :
-Je me doutais qu'il y avait quelque chose d'anormal... mais là... Merci Laurena, sans toi, je n'aurai put savoir, mais ton rôle s'arrête là...
-Qu'est ce que ca veux dire ?!? interrompit Laurena.
-Tu vas tout oublier ! fit Shlomite en se mettant en position d'incantation.

Jacques, anxieux, attendait. Quelques minutes plus tard, Shlomite rouvrit la porte et dit à Jacques :
-C'est effectivement une forte amnésie. Mais ne vous en faites donc pas, le temps est le remède, la mémoire va vous revenir.
-Me voilà soulagé, fit Jacques.
-Bien, fit Shlomite. Allons consulter à présent les archives de la ville.
Quelques instants plus tard, les voici devant le donjon de Stormwind. Ils le pénetrent.
Jacques sentit la royauté planer au dessus de lui. Le couloir est drapé de bleue, de ce bleue qui semblait caractériser toute la ville. Au loin, il aperçut le trône et suppose le poste qu'occupe son propriétaire.

Devinant sa pensée, Shlomite annonça :
-C'est le Roi de Stormwind, Varian Wrynn. C'est un roi plutôt dur, c'est normal, après tout ce qu'il a subit..., les cachots, gladiateur à Orgrimmar, etc. Il a une haine féroce envers la Horde... Mais évidement, tu ignores ce qu'est la Horde j'imagine, non ?
-Effectivement, fit Jacques.
-Et bien ne t'inquiètes donc pas, ca va te revenir.

Ils empruntèrent un couloir perpendiculaire traversèrent une cour intérieur et aboutirent dans une bibliothèque comparable à une grande librairie à plusieurs allées.
Shlomite parla au premier venu, c'était un homme d'un certain âge, le front dégarni, une moustache :
-Bonjour, pouvez-vous m'indiquer où se trouve l'archiviste, je vous prie ?
-Mais c'est moi-même, que désirez-vous ?
-C'est pour mon ami, il recherche quelqu'un qui aurait séjourné dans une auberge.
-Bien sure, j'aurai besoin du nom et de la date.
-Alors, dit Jacques, le nom, c'est Louise, et la date, ca devait être... laissez-moi réfléchir... il y a un peu plus de trois ans.
-Il y a un peu plus de trois ans..., alors voyons...
Il chercha dans une armoire pleine de classeurs, il en feuilleta certain :
-Ah le voilà. Alors, quel nom disiez-vous ? Eloïse, c'est cela ?
-Louise, précisa Jacques.
-Louise, ok, alors Louise... Louise, Louise, Louise... dit-il en tournant les pages du classeur choisi. Ah voilà, Louise, fiche numéro 2675. Je m'en vais voir sa fiche.

Il rangea le classeur, en sortit un autre, plus volumineux, l'ouvrit et prit la fiche concernée.
-C'est dans cette fiche que seront répertoriés toutes les événements répertoriables de la vie de Louise.
Il jeta un bref coup d'oeil sur celle-ci :
-Le seul événement répertorié par la dénommée Louise a eu lieu en effet il y a trois ans et trois mois. Elle a séjourné une nuit dans l'auberge de Dolanaar, à Teldrassil. C'est la seule chose qui soit inscrite sur cette fiche.
-Dolanaar, dites-vous ? demanda Shlomite, Teldrassil, mmh... c'est à l'autre bout du monde ca... Très bien, merci du renseignement.
-Ravi d'avoir pu vous aider, dit l'archiviste en revenant à ses occupations.
-Alors Mirdhyn, dit Shlomite, voyez ! On l'a trouvé votre Louise.
-Oui... j'en suis heureux, c'est la seule piste que nous avions. Mais où se trouve Dolanaar ?
-C'est à Teldrassil, une région de Kalimdor. Shlomite respira profondément et continua : le monde d'Azeroth dans lequel tu te trouves est composé de trois continents, le Royaume de l'Est, Kalimdor et Northrend. Tu devras allais en Kalimdor, ce sera un long voyage. Il te faudra affronter maints dangers. Ce monde est plein de surprises, tu verras. Mais il faut que tu sois prêt à l'affronter, mais là, ton amnésie amène ton discrédit. Il faut que tu trouve ta voie. Je vois que tu es armé d'une épée, sais-tu te battre ?
-Euh... non pas vraiment dit Jacques en dévisageant ses armes et son équipement.
Shlomite eut un rictus moqueur et continua :
-Pour tout te dire, je m'y attendais. Mais je peux t'affirmer, que d'après l'endroit où je t'ai trouvé, et d'après ton équipement, je peux me permettre d'en déduire que tu appartiens soit à la classe des Guerriers, soit à celle des Paladin. Viens avec moi, nous allons faire un petit test qui nous permettra de déterminer quel est ta classe afin de connaitre le meilleur moyen pour toi de pouvoir survivre.
-Très bien, de quoi s'agit-il, dit Jacques, un peu anxieux.
Shlomite se mit à marcher, Jacques la suivit.
-Oh rien de bien compliqué, répondit-elle. Selon ta classe, tu posséderas en toi soit une énergie magique nommée mana si tu es un Paladin, soit, une énergie au sens plus étymologique du terme, une énergie que tout être connait mais qui est plus prépondérante chez les Guerriers qui est la rage. Je vais te mettre seul face à une souris malade, tu devras la soigner. Je t'y laisserai vingt minutes. Si tu parviens à la guérir, tu seras un Paladin, si tu n'y parviens pas, réessaie de toutes tes forces, et si tu es un Guerrier, la rage devrait venir naturellement et tu finiras par tuer la souris.

Jacques écoutait, il se pensait parfaitement capable de guérir une souris, il était chirurgien. Il voulut néanmoins plus de précisions :
-Comment devrais-je m'y prendre.
Ils pénétrèrent une petite salle, il y avait là une table en bois, au fond quelques cages, des souris à l'intérieur, et sur la table, un couteau.
-Laisse-moi t'expliquer, dit Shlomite en prenant une boite, elle la mit sur la table. Tu ne devras pas toucher la bête, tu devras user de l'énergie qui coule en toi.
-Une guérison à distance, demanda Jacques ?
-En quelques sorte oui, fit Shlomite en prenant le couteau. Je vais entailler la bête.
Elle tint fermement la bête dans une main, et de l'autre, lui plantât le couteau en plein ventre. La souris émit un petit cri.
-Voilà, tu peux y aller, elle en a pour vingt minutes. Moi, je reviens, une course à faire.
-Très bien. Je vais faire de mon mieux, dit jacques.
-Bonne chance dit Shlomite en partant.

Jacques se retrouva seul, il vit la souris, elle saignait... Il mit ses mains au dessus d'elle, comme le font les sorciers et docteurs qu'il avait lu une fois ou deux dans les mangas de son fils. Et il se concentra sur la bête, pensa ardemment sur le seul but de la soigner. Il sentit alors un flux étrange, pas spécialement désagréable venir assez naturellement. Il traversa son corps, pénétra ses bras, finit dans ses mains et sortait vers la cible. Il vu la plaie de la souris réduire, il la vit reprendre peu à peu vie, et au bout d'un moment, la plaie fut complètement fermée. La souris se mit sur ses quatre pattes, et détala du mieux qu'elle put. Jacques la dévisagea vaguement, puis dévisagea ses mains. Il avait été capable de soigner une souris à distance.
Il était un Paladin.
En attendant le retour de Shlomite, Jacques se mit à réfléchir, il était entré dans un univers aux lois physiques et morales qui ne lui étaient pas communes. Plein de questions se créaient en son esprit foisonnant : Qu'est-ce qu'un Paladin ? Qu'est-ce que cela impliquait pour lui ? Qu'était-il censé faire ? En quoi consistait le rôle du Paladin ? Etait-il prêt à affronter les prochains dangers qui se montreraient ? Quel seront ces dangers ? Quand reverrai t'il Louise ? Comment la reconnaitra t'il ? Et puis toutes ces choses qu'il ne connaissait pas, des choses dont il n'avait entendu que le nom : Orgrimmar, la Horde... La Horde... Qu'était-ce ? Le nom conviendrait parfaitement à une grosse meute de loups, mais dans le contexte où il se trouvait, il pencherait plutôt pour un groupe de Barbares aux meurs peu recommandables et dangereuses. La plupart - la totalité - de ces questions ne connut à cet instant nulles réponses.

Shlomite le surprit dans ses pensées en pénétrant dans la salle. Il ne l'avait pas entendu venir :
-Alors ? Qu'elle est le résultat ? Où est la souris ?
-Elle s'est enfuit, dit Jacques.
-Oh, donc vous l'avez soigné. Vous êtes donc un Paladin. Venez avec moi, je vais vous présenter à un ami qui vous enseignera les règles de l'art. Vous apprendrez tout ce qu'il y a à savoir sur le Paladin.
-Suivez-moi, dit-elle en sortant de la salle.
Elle emprunta divers autres couloirs du Donjon de Stormwind avant de se retrouver devant une salle éclairé. Le Bleue ne faisait pas défaut. Au centre une table, plusieurs personnes y était assises. Au fond, deux personnes largement équipés, aux armures argentées étincelantes, discutaient. Ils étaient armés d'imposants marteaux, autant qu'un marteau puisse équiper un être.
-Arthur ! dit Shlomite en arrivant.

Le plus grand d'entre eux se retourna, vit Shlomite et lui sourit :
-Bonjour Shlomite. Tu te fais rare au royaume des Paladins ! Que me vaut ta visite ?
-Je te présente Mirdhyn, c'est un jeune Paladin. J'aimerai que tu lui enseignes tout ce qu'un Paladin doit savoir.
-Si tu crois que j'ai le temps ! J'ai énormément de travail. Je le passerai à un de mes lieutenants.
Shlomite le regarda. Ses yeux devinrent légèrement froids. Elle fit un geste des doigts, comme pianotant l'air, ce fut fait tellement naturellement que personne n'y prêta intention. Se faisant, elle dit d'un ton tout à fait amical :
-Je suis sûre que tu trouveras le temps.
-Bon allez, dit le Maître des Paladins, donne le moi, je trouverai bien le temps de tout lui enseigner. Dans six mois, il sera prêt.
Shlomite émit un rictus à peine détectable.
-Entre vieux amis, on ne peut rien se refuser hein, dit-elle en riant.
Puis elle se tourna vers Jacques :
-Mon ami, je vais te laisser là. Un long chemin t'attend. Ne désespère pas. Ta quête est noble mais longue. Je viens d'être appelé en mission. Je vais te laisser, je suis sûre que nous nous reverrons.
-Merci à toi, répondit Mirdhyn.
-Oh, c'était amusant dit Shlomite en partant. A bientôt, fit-elle avant de disparaître.
Arthur le Maître des Paladin regarda Jacques :
-Et bien Mirdhyn, nous avons un long chemin à parcourir ensemble. Commençons déjà par l'administratif.

Quelques heures plus tard, un logement trouvé dans le Quartier des Nains, quelques papiers administratifs mis au point, le voilà chez lui, dans son petit appartement, en face du tram-des-Profondeurs, allongé dans son lit.
Mais à peine a-t-il le temps de fermer les yeux qu'un mal à la tête le prend. Il ferme les yeux et serre les dents, il met ses mains à sa tête et se recourbe, il est à genoux, en position de prière, ses mains serrent sa tête, il lâche un hurlement de douleur.
Et puis le tourbillon, et puis le changement des univers, et puis rien, et puis le vide.

Une voix :
-Jacques ! dit le chercheur, Jacques !
Jacques ouvrit faiblement les yeux, il gémit :
-Ma tête...
-Votre tête et votre nez maintenant...
Jacques mit ses doigts sous son nez, il sentit le liquide. Du sang.
-Ca s'aggrave, reprit le chercheur...
Jacques se redressa douloureusement.
-C'est-à-dire, demanda Jacques ?
-Ben c'est-à-dire que mes souris sont mortes peu de temps après. Il ne doit te rester que deux ou trois aller-retour, peut-être moins.
-Je vois, dit Jacques, pensif.
Un silence de quelques secondes se fit. Il n'était pas gênant. Il était profond.
-Nous continueront, conclue Jacques. Je retrouverai Louise ! Il ne peut en être autrement.
-Comme tu veux dit le chercheur.
-Je dois être de retour demain.
-Ok, dit le chercheur. Raconte-moi à présent ce qu'il s'est passé.
Et alors que Jacques lui racontait la Prêtresse Laurena, le test de la souris, son état de Paladin, le Paladin Arthur, et son apprentissage, le chercheur se prit à passionner par cette histoire, demandant des détails, posant des questions. Ses yeux pétillaient.

Le lendemain, Jacques était de retour en Azeroth, dans le Quartier des Nains de Stormwind. Son entrainement pouvait commencer.
Les jours et les mois qui suivirent furent témoins de l'apprentissage de Jacques. Sous les conseils et les enseignements d'Arthur, il apprit non seulement l'art de la guerre à travers le maniement de tout styles d'armes allant de l'épée à la masse, le déversement agressif de magie, mais aussi l'art de la défense, avec la meilleurs gestion du bouclier, pouvoir être un rempart entre l'ennemi et sa cible, un rempart infranchissable, grand devait alors être le choix de l'équipement, et enfin, l'art du soin, être à même de pouvoir garder en vie tout un groupe quelque soit l'adversaire, là, la gestion de la magie devenait primordiale.

Il apprit également l'Histoire d'Azeroth, ses origines, aussi loin qu'elles puissent être connues, ses moeurs, ses habitants. Il apprit la Horde et l'Alliance, Kalimdor, le Royaume de l'Est et Norfendre, les bateaux et les Zeppelins, les Gnomes et les Gobelins, du Fléau Mort-Vivant aux démons de la Légion Ardente et des Nagas des mers aux Géants des montagnes. Mais si toute cette connaissance ne pouvait pas être profonde, faute de temps, elle fut parfaite pour l'aventure à laquelle se destiné Jacques, il eut ainsi une assez bonne culture générale. Il dût choisir parmi la protection, l'attaque et le soin une spécialité, un domaine qui le caractériserait dans la panoplie des Paladins. Il mit du temps à faire son choix, mais il prit la protection. Il était venu pour sauver Louise, et la protéger. Soin aurait-été préférable ? Il devait faire un choix, ce choix fut fait, ce fut ainsi.

Il s'entrainait tous les jours, apprenait, lisait. Le tout le passionnait. Il avait toujours adoré l'Histoire avec une petite faiblesse pour l'Antiquité, les Romains, les conquêtes, les empires, les guerres et les traîtrises. Il retrouvait ici un petit peu son univers. Les guerres qui s'étaient déroulaient sur Azeroth étaient des plus passionnantes, les alliances qui furent faites, et les dangers qui furent présentés étaient des plus épiques. Le monde avait maints fois failli n'être plus, mais des êtres s'étaient battus pour leurs survies, soulevant des montagnes qu'ils ne se savaient pas capable. De la Guerre des Anciens aux batailles des Dragons, du Mont Hyjal à Silithius, et de l'Outreterre à Norfendre, le monde d'Azeroth n'avait été que guerre et défis, fortune et gloire, bataille et défaite, mort et oublis.

Une semaine avant la fin de l'entrainement, Jacques s'entrainait contre Arthur en combat singulier. Leur combat était particulièrement long, il durait déjà depuis deux heures. La légende dit qu'il y a fort longtemps un combat opposât deux Paladins, ce combat durât deux semaines, l'un des combattants s'endormit en plein action. Jacques, avec souplesse évitait les coups de son ennemi ou brandissait son bouclier, et le coup paré, portait un coup de son épée. Il avait depuis bien changé. Il avait à présent arme et équipement tout à fait un convenable, une belle épée en Mithril et un bouclier marqué du sceau au lion bleu de Stormwind. Un Gnome pénétra dans la salle, observa ses occupants, cherchant visiblement une personne. Lorsque ses yeux furent sur jacques, ils ne le lâchèrent plus. Le Gnome, cheveux, noir de jais, épais et mal peigné, il portait des lunettes vertes, habillé de noir, deux épées étincelantes à la ceinture. Jacques remarqua sa présence et se su observé.
-Concentrez-vous mon ami ! s'exclama Arthur. Ne faites pas attention à ce qui vous entoure, votre cible, c'est moi !
Et Jacques redoubla d'effort.

Durant l'heure qui suivit, Jacques et Arthur continuait leurs combats. L'endurance semblait ici le principal attribut concerné. Le Gnome quant à lui continuait de fixer Jacques. Jacques l'observait aussi, du coin de l'oeil, à la dérobée tout en restant concentré sur son combat. Il le devina de la classe des Voleurs, et pratiquant le métier d'ingénieur. Il avait cet air louche si caractéristique de la race des Gnomes. Que lui voulait-il ? Pourquoi le fixait-il ? D'où le connaissait-il ? Le combat était haut en couleur, à coup de Bouclier Divin, de Soin, de coup Assommant, de coups d'épée sur bouclier. Résonnait un fracas sur les murs du donjon. Lorsque combat prit fin, Jacques se dirigeât vers le Gnome.

-Ah Mirdhyn ! s'exclama le Gnome.
De plus en plus surpris, Jacques lui demanda ;
-D'où nous connaissons-nous ?
Le Gnome souriait et lui dit-tout bas :
-Allons Jacques ! Tu ne me reconnais pas ?
Jacques le regarda, un peu effrayé : qui est-il ? Comment pouvait-il savoir ? Qui d'autre le sait ? Le Gnome sembla s'amuser de la réaction de Jacques, son oeil pétillait, il voulut continuer son petit jeu malicieux un peu plus, mais c'aurait été trop. Il faut de la mesure à toute chose, aussi il cessa le mystère qui entourait son identité :
-C'est moi, dit-il tout bas, c'est Albert ! Albert Goldstein ! De l'université d'Atlanta !
-Que fait le chercheur ici ? se demanda Jacques.
-Ce monde tel que tu me l'as conté il y a un peu plus de cinq mois avait l'air si passionnant, que pris de curiosité, je t'ai suivi ! Je suis entré également dans le rêve de Louise, j'ai subi à mon tour ton fameux mal à la tête, et je me suis retrouvé dans cet univers. Je m'attendais à voir ta forêt d'Elwynn, mais non, je me suis retrouvé en pleine montagne, dans une vallée enneigée...
-Dans les montagnes des Nains de Dun Morogh, interrompit Jacques.
-Bien deviné ! Comme je me suis retrouvé dans la peau d'un Gnome, j'ai donc atterri prés des leurs, à Ironforge, dans la vallée des Frigènes, là où commence l'apprentissage des Nains et des Gnomes. Mon dieu ce qu'il y faisait froid !

Jacques le dévisagea :
-Tu semble bien équipé, dit-il en voyant ses épées.
-Oui, je savais que tu t'entrainerais, j'ai donc fait de même, j'ai découvert ma vocation, Voleur, et je dois avouer qu'on me dit assez doué. J'ai suivi différents Maîtres, passé différents tests, et me voilà prêt pour des premières missions.
-Et ingénieur avec ça, remarqua Jacques.
-Etonnant, répondit le chercheur, d'un ton sarcastique ?
Jacques souris et changea de sujet :
-Et comment t'appelle-t-on ?
- Rese, je ne sais pas d'où m'est venu ce nom. Lorsqu'on me la demandé, c'est le premier « mot » qui me soit venu à l'esprit... Va savoir ce qui se promène dans les méandres des inconscients....
-Etrange comme nom, en effet, admit Jacques.
-J'ai programmé notre retour dans un an.
-Un an ?!? Ca me parait beaucoup, jugea Jacques, quoique... Ca ne devrait pas poser de problèmes.
Le chercheur paru satisfait et demanda :
-Alors ? Comment prévois-tu la suite des événements ?
-Je finis mon entrainement de Paladin dans deux semaines. Et là, je partirai vers Kalimdor.
-NOUS partirons, précisa Albert.
-Si tu veux m'accompagner, dit Jacques, ce sera avec plaisir.
-Qu'il en soit ainsi, interrompit Arthur en arrivant. En attendant Mirdhyn, continuons notre entrainement ! On a encore du pain sur la planche, je ne veux pas qu'un de mes élèves se retrouve six pieds sous terre !

Et c'est ainsi que quinze jours plus tard, Jacques, son enseignement terminé, devenu jeune Paladin embarqua en compagnie d'Albert le chercheur dans un navire pour Kalimdor, direction Auberdine, c'était un Jeudi d'Aout, il devait-être dix heures du matin. Un vent frais ondulait les vagues de la Grande Mer. Il faisait beau, quelques nuages blancs parsemaient le ciel.

Puis ce fut trois mois plus tard, Novembre frissonnant, le brouillard maussade de Sombrivage. Là, les deux amis montèrent les Hippogriffes des Elfes de la Nuit vers les racines de Teldrassil, foyer des Elfes.

Puis ce fut la Capitale calme de Darnassus. Au contraire d'Ironforge ou de Stormwind, la Cité des Elfes de la Nuit était une ville reposante, sereine, proche de la nature. L'architecture faisait penser aux maisons chinoises avec ces arches, et ces grandes bâtisses de bois. Quelques gardes montés sur des tigres faisaient des rondes. Des petites rivières traversaient la ville. L'herbe partout cultivait une faune douce et amicale. C'étaient gazelles, grenouilles et écureuils, peut être les seuls à animer cette ville, les seuls sources de bruit. Parfois un petit vent soufflait et emportait quelques feuilles mortes tapissant le sol, et créait ainsi une espèce tourbillon automnale jaune et rouge qui formait l'air du vent.

Le lendemain dès l'aube, à l'heure où la rosée mouille l'herbe, après une bonne nuit de sommeil, Jacques et Albert partirent. Qui sait ce qui les attendrait ?
Ils allèrent par la forêt, ils allèrent par les collines, Jacques ne pouvait demeurer loin de Louise plus longtemps... Cette ambiance lui faisait penser à Victor Hugo, il trouva cela étrange, il ne chercha pas plus loin, ils continuèrent.

Soudain, alors qu'ils marchaient sur les sentiers allant à Dolanaar, il y eut un bruit, un craquement de branche. Jacques et Albert s'arrêtèrent et regardèrent. Rien. Le bruit venait des profondeurs de la forêt.
Puis des cris se firent, et de toute part, une lance à la main, une meute de Furbolgs courut dans leur direction et les encerclère. Jacques et Albert se mirent en position de combat. Ils étaient deux, ils étaient dix...
De tout cotés l'ennemi se tenait. Nulle échappatoire. Il fallait combattre. Que leurs voulaient-ils ? Paisible ? Hostile ? Visiblement hostile... Ils approchaient, lentement, assurément, décisif, et l'heure de l'affrontement les accompagnait. Jacques les observa, tenta de percer leurs regards, tactique d'intimidation basique et empruntée au monde animale. Mais leurs sombres yeux ne semblaient nullement gênés.

Jacques connaissait ces êtres, ils ne sortaient que rarement de leurs antre. Ils étaient réputés redoutables en meutes. Jacques le savait, ils étaient en grand danger, et la fuite étaient inenvisageable. La bataille n'était pas acquise, elle devrait se gagner. Soudain, le plus grand d'entre eux poussa un cri, et tous se ruèrent sur Jacques et Albert, et le combat commença.

Jacques mit en pratique avec force et vigueur les conseils d'Arthur, son bouclier encaissa tant bien que mal des coups de lance. Quant à Albert, il se déplaçait avec aisance parmi les Furbolgs et coupait tout ce qui avait le malheur de se trouver sous les lames de ses armes.
Mais malgré toute la fureur qu'ils furent capable d'employer, ce n'était pas suffisant. Les Furbolgs étaient trop nombreux... Un Furbolg se rua sur Albert, ce dernier l'évita mais ne vit pas un autre Furbolg derrière lui, il transperça son ventre d'un coup de lance. Albert hurla de douleurs et tomba à genoux sur le sol. Du sang sortait de sa bouche.

Le sang de Jacques ne fit qu'un tour, il tenta de réaliser un cercle de sécurité autour du corps d'Albert, d'une main tenant son bouclier et de l'autre soignant Albert du mieux qu'il put. Mais cette situation ne pouvait durer, il ne pouvait réussir. Les Furbolgs ne lui laissaient pas un seul instant de répits. Ils l'entouraient et l'attaquaient de tout cotés. Soudain un cri se fit entendre à une dizaine de mètre de loin, c'était un cri d'une sonorité inconnue, inhumain. Mais avant que Jacques puisse voir de quoi il s'agissait, il reçut un coup puissant sur la tête, s'écroula et perdit connaissance. Sa dernière image fut une ombre noire et menaçante, et des cris de Furbolgs affolé se dispersant, puis rien.

Jacques se sentait bien, ses forces lui revenaient, les yeux fermés, il bougea un petit peu pour se mettre dans une position plus confortable. C'est là qu'il entendit un bruit, et des bruits de pas. Il ouvrit les yeux, se redressa et ne vit personne. Il se trouvait sur la route de Dolanaar, à coté de lui il vit Albert. Puis il se souvint : les Furbolgs, la bataille, la blessure d'Albert, l'ombre. Il se jeta sur son ami pour voir son état. Il respirait normalement, il dormait encore. Son armure était brisée au niveau du ventre. Jacques la lui retira, à sa grande stupeur, sa blessure avait disparu, elle faisait à présent place à une cicatrice parfaitement soignée, Albert était en parfaite santé.

Il se rassit, et se mit à réfléchir. Que s'était-il passé ? Qui était cette ombre ? Pourquoi les avait-elle aidés et soignés ? Pourquoi s'était-elle enfoui ? Il pensa aux personne le connaissant plus ou moins : Shlomite, Arthur, mais tout cela n'avait aucun sens, que feraient-ils ici ? Albert se réveillât. Jacques lui fit part des événements et de ses inquiétudes. Albert l'écoutât, regard sombre, posa quelques questions, puis conclut :
-Bah ! C'est certes inquiétant, mas bon, Nous verrons bien !
Jacques considéra qu'Albert avait sans doute raison. Ils reprirent leur route. Mais ces questions tourmentaient néanmoins son esprit.

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent à Dolanaar. Village tout aussi paisible que pouvait l'être Darnassus. Il allait enfin avoir des éléments sur Louise, il espérait bien en apprendre plus pour la retrouver. Il accéléra le pas, l'impatience se lisait sur son visage. Ils n'eurent guère de mal à trouver l'auberge. Ils la pénétrèrent. Jacques s'approcha de l'aubergiste, c'était un Elfe aux cheveux vert et à la peux violète, il portait une robe sombre.

-Bonjour, commença Jacques, j'aimerai des renseignements à propos d'une personne ayant séjourné dans votre établissement il ya de cela quelques années.
-Mais naturellement, fit l'aubergiste, suivez-moi.
Il les mena à l'étage et sortit un classeur rempli de feuilles.
-Quel le nom de votre ami ?
-Il s'agit de Louise, précisa jacques.

L'aubergiste ouvrit grand les yeux.
-Ce nom me dit quelque-chose, il m'avait déjà interpellé par son étrangeté, je m'en souviens, c'était une Elfe, c'était il y a à peu trois-quatre ans je pense.
-Oui, fit Jacques, savez-vous ou nous pouvons la trouver ?
-Oh là, je n'en sais rien... mais je me souviens maintenant qu'elle avait changé de nom au lendemain de sa venue chez nous, elle a séjournée chez nous quelques mois encore sous le nom de Maaya. Oui, c'est cela, Maaya. Puis elle est partit vers Darnassus, et je ne l'ai plus jamais revu. Je pense que vous aurez plus de chance du coté de Darnassus.
-Maaya, pensa jacques, m'étonne pas d'elle, sa femme avait toujours été proche des enfants et ce nom d'abeille lui était familier. Mais il est notable de la savoir Elfe de la Nuit...
Comme il avait hâte de la retrouver !
-Et bien merci pour tout mon cher ami, fit Albert.
-Oh mais c'est avec plais... Euh... Attendez, je m'en souviens de quelque chose... il y a quelques mois, une personne est venu me demander des détails à propose de votre Louise... et...

Brusquement, le visage de l'aubergiste s'était perdu dans le vide.
-Et puis, demanda Jacques ?
-Comment, fit l'aubergiste revenant à lui ?
-Vous disiez que quelqu'un s'était renseigné sur Louise il y a plusieurs mois.
-Louise ? Qui est Louise ? Louise... ce nom me dit quelque-chose, il m'avait déjà interpellé par son étrangeté, je m'en souviens, c'était une Elfe, c'était...
-Vous n'auriez pas plutôt une chambre pour cette nuit, demanda Albert ?
L'aubergiste le regarda :
-Mais naturellement, suivez-moi.

Jacques les suivi, et réfléchit : il y avait décidément quelque chose de louche dans toute cette histoire...

Au lendemain, de bonne heure, Jacques et Albert prirent la route de Darnassus. Là, Jacques demanderait accès aux archives de la ville afin de savoir où se trouvait Louise mieux connu sous le nom de Maaya. Enfin, il saurait ! Enfin il aurait des nouvelles substantielles de sa femme. Cependant, le comportement de l'aubergiste de Dolanaar le troublait... Médecin de son état, Jacques avait du mal a expliqué l'apparente amnésie de l'aubergiste, c'était vraiment étrange. Ce trouble qu'il avait lu sur son visage, ces yeux hagards, il s'était passé quelque chose d'inquiétant. Cela lui rappelait les colloques qu'il avait suivi sur l'hypnose. Cette pratique ne l'avait guère convaincu à l'époque et surtout, ce n'était pas vraiment de son domaine de compétence. Mais il devait avouer que les symptômes de l'aubergiste concordaient assez bien avec ce qu'il savait de cette pratique d'origine écossaise.

En route quelques Furbolgs furent observés, mais ils fuyaient à leurs arrivées, ils étaient devenus craintif. Les événements de la veille avaient dû les perturber.
-Et si tous ces événements étaient liés, pensa Jacques. Dans le cas des Furbolgs et de l'aubergiste, nous avons un fort pouvoir psychique à l'action. Je me souviens avant m'être évanoui avoir vu fuir les Furbolgs apeurés. L'assaillant ne les avait pas attaqués physiquement... Et visiblement cette peur a duré, Il pouvait y avoir donc un lien. Le premier événement a eu lieu pour les sauver, et le deuxième, quelqu'un a demandé à l'aubergiste des nouvelles de Louise et n'a pas voulu qu'il s'en souvienne. Qui peut être au courant au sujet de Louise ? Laurena ? Shlomite ? Personne d'autre à priori... Et je vois mal Laurena faire ça... ni Shlomite d'ailleurs... Quoi qu'il en soit, cette personne aurait donc eu la connaissance du nom de Maaya, donc à priori, Albert et moi suivons ses pas, cette enquête a déjà été mené, quelqu'un d'autre est à la recherche de Louise... Mais qui ? Et pourquoi ? Mais aussi, si les deux affaires sont reliés, ce qui est plus que probable, pourquoi nous garder en vie, Albert et moi ?

Quelques heures plus tard, ils arrivaient à Darnassus. Ils demandèrent l'emplacement des archives, ils s'y dirigèrent. C'était dans l'une des salles du Temple de la Lune. Ce Temple aux allures grec semblait en réel harmonie avec tout ce qui l'entourait, il était paisible dans la nuit calme.
Jacques et Albert le pénétrèrent et se dirigèrent vers une salle. Un Elfe s'adressa à eux :
-Bonjour nobles étranger, que puis-je pour vous ?
-Bonjour, répondit Albert, nous voudrions savoir si dans vos archives, vous auriez une certaine Maaya.
-Maaya dites-vous ? Attendez, je vais chercher, mais déjà ce nom me dit quelque chose, attendez, cela va me revenir, Elune m'a doté d'une assez bonne mémoire.

Il porta sa main à une étagère remplie d'une trentaine de classeur. Tous portaient une lettre. Jacques ne fut guère étonné de le voir prendre la lettre M.
-Maaya, reprit-il,... mmh... ah la voilà. Maaya. C'est une Druide. Depuis un peu plus de trois ans maintenant elle sillonne le monde. Depuis six mois, elle aide l'Alliance dans son combat contre la Horde entre la forêt d'Orneval et les Tarides, plus précisément dans le Goulet de Warsong.
Il se mit à réfléchir, puis repris :
-Ah voilà maintenant, ca me revient, je sais d'où ca me vient, c'est quelqu'un qui m'en avait parl...
Il s'arrêta soudainement, ses yeux se vidèrent, son regard pâli un bref moment, puis repris des couleurs :
-Ah en fait non, je n'en ai jamais entendu parler.

Les doutes de Jacques se confirmaient.
Après avoir remercié l'archiviste, Jacques confia à Albert ses inquiétudes.
-Oui, j'y avais pensé, confirma le chercheur... Mais je n'ai aucunes explications à te fournir. La probabilité que tout ces événements soient indépendant et quasi-nulle sachant que nous sommes à priori des inconnues pour tous, tout les évènements qui nous arrivent nous sont liées et comme nous sommes dans une mission unique, tout porte à croire qu'en effet, tout est lié. A présent ce qui nous manque en effet, c'est la clé de cette énigme, mon pouvoir de crochetage ne me permet d'ouvrir des coffres psychiques.

Sur ces mots, ils prirent deux hippogriffes vers Astranaar, le village au coeur de la forêt d'Orneval. Pour la première fois, Jacques montait des créatures qu'enfant il rêvait de chevaucher. Grand amateur de l'Antiquité, Jacques était baigné de mythologie, il montait les créatures de Virgile, il se croyait aux temps d'Homere, il se voyait tel le Roland de l'Arioste, héro d'aventures trépidantes, aventurier des trésors perdus !

Le soir arrivait, Astranaar en vue, le voyage avait été long. Jacques et Albert se dirigèrent à l'auberge pour la nuit, le lendemain, ils reprendraient leur route. Le sommeil leurs prit leurs libertés, les plongea dans des rêves dont lui seul avait le secret, en était le maître, et au petit matin le leurs rendit. Jacques et Albert se mirent en route. Prudemment, ces routes n'étaient pas sûre, le goulet n'était pas loin.

Aux alentours de midi, ils firent une petite pause, partagèrent un repas froid, quelques fruits, pour ne pas attirer l'attention. Soudain, plusieurs cris, et de tout cotés, ils furent encerclés, ils étaient six. Guerriers de la Hordes, il y avait là deux Taurens, un Réprouvé et trois Trolls. Leurs armes dégainées, ils menaçaient les deux amis.

Ils se levèrent, leurs fruits tombèrent à terre, posture de combats, ils n'avaient encore une fois aucune chance... Quel événement improbable allait-il encore se passer ? Reverrait-il cette fameuse ombre ?

Jacques l'espérait, les guerriers de la Horde n'avaient pas l'air commode, il connaissait ses chances de survies...
Il étaient six. C'étaient deux Mages, un Prêtre, et trois Guerriers. Ils étaient deux. Que pouvaient-ils espérer? En tout cas, ils se battraient. Lames dégainées, le combat allait commencer. Déjà un des Guerriers courait en hurlant, tel un dégénéré, vers Jacques. Ce dernier, tel un matador attendit sa proie, son épée de Mithril caché derrière son bouclier d'acier, son bras vengeur derrière la protection marquée du sceau de Stormwind.

Le contact se fit, l'épée se heurta au bouclier, le choc bruyant et métallique marque le début des hostilités. Les Guerriers encerclaient les deux amis, les Mages, ainsi protégés, pouvaient à leurs guise déverser leurs puissance dans leurs sorts hostiles. Les blessures infligées aux assaillants étaient soignées par le prêtre.

Jacques usait de tout ses pouvoirs de protection, mais aussi soignait Albert. Il serait bientôt à bout de force. Les dommages infligés par les Mages étaient conséquents, c'était des traits de feu, des jets d'arcanes. Jacques continuait, ses blessures bientôt à vif, la brûlure de sa peau augmentait en dégré, proportionnellement à sa souffrance. Courageux, son combat redoublait d'intensité. Son courage n'était-il pas pure folie? Avait-il le choix? Devait-il baisser les armes? S'avouer vaincu? Espérer la clémence d'être retenu prisonnier, voire otage?

Jacques se savait impuissant et faible face à tant d'adversité. Mais secrètement, il espérait l'aide de l'Ombre. Il n'abandonnerait pas, il était si proche. Bientôt, il laissa son épée, et se consacra au soin et à la protection. Albert faisait ce qu'il pouvait, il sautait et lacérait de ses armes. Le regardant, Jacques revoyait cette scène de « Star Wars épisode 2 : La Guerre des Clones », il revoyait l'impressionnant Maître Yoda se battre contre le compte Dooku. Albert profitait en effet de sa taille de Gnome pour sautiller de partout, il se déplaçait avec agilité et adresse. Mais tout était vain. Le flux énergétique qui s'écoulait dans le corps de Jacques s'amoindrissait. Il ne pourrait bientôt plus combattre.

C'est là, lorsque tout semblait perdu, toujours avec ce sens de l'improbable, cet insupportable goût du suspens si peu apprécié de Jacques, c'est à cet instant que l'Ombre choisit pour réapparaître. Le prêtre du groupe se mit soudainement à hurler, les mains sur ses oreilles, les autres guerriers le regardèrent, et les Mages plantèrent instamment leurs regards vers un buisson, ils parlèrent entre eux dans une langue que Jacques ne connaissait pas, puis lancèrent des sorts. Là, sortant des buissons, l'Ombre se dévoila, c'était un être encapuchonné, vêtu d'un long manteau de voyageur noir, on ne pouvait voir son visage.

Deux des Guerriers se ruèrent sur elle. L'Ombre se mit en position d'incantation et parla d'une voix forte, sombre et lourde, une voix d'outre-tombe, et deux fils bleus magiques la lièrent aux deux Guerriers, leurs vitesse diminua de moitié et ils hurlèrent de douleurs. Les Mages lui envoyèrent des boules de feu, mais l'Ombre semblait protégée par un halo de lumière, les boules furent absorbées.

Là, l'Ombre hurla, et une onde circulaire dévastatrice s'émit de sa position, elle progressa dans les dimensions, tous furent projeté de cinq mètres, et alors, qu'elle recommença ses incantations, soudain, sa tête encagoulée fixa une direction, puis s'enfuit dans la direction opposée.

Les guerriers de la Horde se relevèrent, se regardaient entre eux, ne sachant ce qu'il se passait lorsque brusquement, un gros Ours apparut, rugit et sautât sur l'un des Mages, l'étouffant sous son poids, il fut suivit par une quinzaine de soldats de l'Alliance. Ils encerclèrent la Horde. Jacques et Albert en profitèrent pour s'éloigner quelque peu du combat, s'appuyèrent contre un arbre pour reprendre leurs souffle.

-Si l'Ombre n'était pas arrivée, pensa Jacques, jamais nous n'en serions sortis... Évènement notable, l'Ombre a fui dès que l'Alliance est arrivée. Trois possibilités: soit elle est connue de l'Alliance et veut l'éviter, soit elle nous considérait comme sauvé et donc pouvait partir et ainsi ne pas risquer de dévoiler son identité, soit les deux premières possibilités. Quoi qu'il en soit, cette Ombre et ses desseins restent un mystère. Il n'empêche qu'en ces zones, il est bien dangereux de voyager seul. Shlomite s'est faite bonne conseillère lorsqu'elle convaincu Arthur de m'enseigner les arts du Paladin.

Quelques minutes plus tard, l'ours, devenue une Elfe de la Nuit, belle allure, le teint rose, cheveux et tatouage vert s'avança vers eux:
-Qui êtes-vous?
-Je me prénomme Myrdhin, et voici mon ami Rese. Nous sommes à la recherche d'une dénommée Maaya.

Après une courte pause, l'Elfe répondit:
-Et que lui voulez-vous?
-Nous devons lui parler, c'est important.
L'Elfe les dévisagea pendant une dizaine de secondes, tenta de percer leurs regards. Jacques la regarda droit dans les yeux.
-Mon instinct m'indique de vous faire confiance. Aussi le ferai-je. Je suis Maaya.
Jacques regarda l'Elfe. Il était surpris si bien que l'expression de son visage resta inchangée durant une trentaine de seconde, la bouche légèrement ouverte, les yeux écarquillés. La situation eut été comique si elle avait été présentée autrement. Albert quant à lui dévisagea l'Elfe de la Nuit et dit:
-Vous êtes bien différentes de ce que j'imaginais.
L'Elfe demanda:
-Que me voulez-vous?
Jacques ouvra la bouche et dit faiblement:
-Louise?

L'Elfe fut à son tour figé, le visage profond, la respiration calme mais lourde.
-D'où connaissez- vous ce nom?
-Mais c'est moi, dit Jacques, moi, Jacques!
-Jacques?!?

Une grande surprise se lisait sur son visage.
-C'est bien toi? balbutia t-elle. Comment est-ce... Pourquoi... Qu'est ce que tu... Comment...

Jacques l'enlaca. Elle se laissa faire, droite comme un piquet. Tout ca lui paraissait si soudain, elle en était si émue. Lentement, elle leva les bras puis rendit son geste à Jacques.
Alors que le couple se retrouvait, Albert décida de s'allonger non loin, la bataille l'avait fatigué. Il regarda le ciel d'Orneval, toujours sombre même en pleine journée, des étoiles scintillaient.

Le soir vint, et dans une auberge Elfique éloignée du front du Goulet, autour d'un bon repas, steak d'araignée, sauce au poivre, les amis discutaient, l'ambiance était bon enfant. Albert discutait avec deux amis de Louise, il s'agissait d'un Guerrier Nain - "il faut toujours qu'il y en ait un, dans toutes les histoires d'héroïque-fantasy, se dit Albert" - du nom d'Odhinn et un Démoniste Humain du nom d'Asca. Jacques et Louise au bout de la table discutaient entre eux, à voix basse, de sortes que personne ne pouvait les écouter. Ils se racontaient leurs péripéties mutuelles, Jacques apprit les aventures de sa femme, ses périples, ses voyages, ses rencontres, et Louise découvrit l'histoire de Jacques depuis l'accident, cette fameuse crise cardiaque. Elle apprit que tout n'était que rêve, mais comme elle le dit-elle même:

-Je l'ai toujours su. Je savais que ca ne pouvait être réel. Pourtant, tout avait l'air - tout à l'air - si vrai... Et au fur et à mesure des années - ca fait quand même presque quatre ans que je suis dans ce monde - j'oubliais peu à peu mon ancienne vie. Je pense que tout aurait semblé lointain. Sans toi, les réalités se seraient inversées, ce monde m'aurait paru réel, je t'aurais oublié, je ne t'aurais jamais crû! Qui pourrait croire être dans la Matrice? Il est dur de reconnaître que son monde n'est pas le vrai. Il est dur de choisir la Pilule Bleue. Alice sait-elle qu'elle est le Pays des Merveilles? Elle doit s'en douter un peu quand même...

Le repas se continua tard dans la soirée, puis ce fut le moment d'aller dormir. Albert partagea une tente avec Asca et Odhinn, quant à Jacques il suivit Louise sous sa tente.

Quelques heures plus tard, Jacques fût réveillé par Louise :
-Réveille-toi, il se passe quelque chose, chuchota t-elle.
-Hein, fit Jacques, à peine éveillé, que se passe-t-il?
-Chut, intima Louise, écoute, il y a quelque chose dehors.

Jacques tendit l'oreille: rien.
-Tu dois te tromper, dit-il en se recouchant, il est tard, allez dormons.
-Non, je ne me trompe pas, il se trame quelque chose.

Soudain, la tente prit feu, c'était des flammes couleur pourpre. Jacques et Louise en sortirent. Au devant d'eux se dressait une attaque. Jacques vit deux êtres sombres, ailés, des cornes à la tête, des sabots aux pieds, il reconnut là les Seigneurs de la Légion Ardente. Ce devaient sûrement être des Seigneurs inférieurs. Il y avait aussi une vingtaine de petit démons, ces êtres que les démonistes invoquent, mais la couleur noir remplaçait le rouge de leurs peau. Au centre se trouvait l'Ombre, elle semblait les accompagner. Le campement était en feu. Ils devaient être une trentaine de soldats de l'Alliance, à peine réveillé. Les seigneurs étaient en plein rituels d'invocation et quelques instants plus tard, des météores enflammés tombaient du ciel dans un fracas. Ces météores s'articulèrent et s'élevèrent, c'étaient des Infernaux.
L'Ombre était au centre, incantait des sorts maléfiques, des droites bleues marines épaisses émanaient d'elle et visaient les soldats de l'Alliance. Ceux-ci hurlaient de douleurs, et peinaient à fuir, comme si leurs vitesses de mouvement était réduite de moitié. Parfois l'Ombre hurlait d'un son lugubre et froid, et un être tombait...

Jacques ne savait que faire, un petit peu pris de court:
-Que fait la Légion Ardente ici? pensait-il. Pourquoi nous attaque- t-elle? Que nous veut-elle? L'Ombre est parmi eux. Il est donc à peu prés certain que cette attaque est liée à notre aventure. Mais pourquoi? Que nous veut cette damnée Ombre? Elle semble puissante en plus! Que faut-il faire? Fuir? Attaquer? Braver le danger? Le pari est de taille! Mais d'un autre coté, si son but était de nous tuer, l'Ombre en a eu l'occasion à maintes reprises, lors de l'attaque des Furbolgs, lors de l'attaque de la Horde...

Indécis et hésitant, Jacques regardait autour de lui, un peu désemparé, perdant du temps sans prendre de décision. Il jeta un oeil du coté sur Louise pour avoir une idée de l'attitude à adopter. A sa grande surprise, celle-ci devenu Ours d'un son effrayant, rugit et se rua sur l'Ombre. Au même instant, cinq jets d'Arcanes se dirigèrent sur l'énigmatique être encagoulé, c'était cinq Mages de l'Alliance, trois Gnomes et deux Draeneïs. L'Ombre fit un geste de sa main et un halo de Lumière l'enveloppa, quatre jets d'Arcanes furent absorbés, quant au cinquième, il rompit le Bouclier de l'Ombre dans un fracas et la percuta de plein fouet, la projetant à terre deux mètres plus loin.

Louise galopait vers l'Ombre, mais une dizaine de petit Diablotins se ruèrent sur elle, la plaquèrent au sol, elle était entourée de tout cotés, ils l'attaquèrent, la mordirent, elle rugit, tenta de se débattre. Voyant cela, le sang de Jacques ne fit qu'un tour, il sortit l'épée de son fourreau, s'arma son bouclier et courut au secours de sa bien-aimée. Mais sur le chemin qui la séparait d'elle, sauta un Infernal. Il lui barrait la route, et avançait vers Jacques, menaçant. Le brave Paladin se mit en posture défensive et s'élança sur le monstre démoniaque. L'Ombre s'était relevée et attaquait à présent les Mages à l'aide de ses sorts et aidés d'Infernaux.

Albert quant à lui se faufilait pour aider Louise, il serait plus efficace contre les Diablotins que contre les Infernaux. La lame dégainée, il prit par surprise quelques-uns de ces petits monstres du Malin et les égorga, faisant gicler leurs sang noir et visqueux. Il se prit à un moment pour Béatrix Kiddo, dite La Mariée de Kill Bill, qui armée de son sabre de Hattori Hanzo se défendait avec rage et détermination face à une armée de jeunes Samouraïs. Les Samouraïs devenaient des Diablotins, et leurs sang coulait à flot dans cette nuit étoilée de cette clairière de la Forêt d'Orneval.
Il y avait cependant trop d'Infernaux, et ils étaient puissant, Jacques avait beaucoup de mal à éviter les coups de son adversaire, son bouclier arrivait à peine à dévier ses féroces poignes. Mais il le savait, ce n'était plus qu'une question de temps, l'armée allait arriver, et l'armée arriva.

Les cors de l'Alliance résonnèrent, et une centaine de soldats en monture se présentèrent du haut de la colline qui surplombait la clairière. Ils étaient sauvés!
L'Ombre jeta une bref regard vers les nouveaux venus et parla à ses démons d'une voix rapide et sombre. Immédiatement, les Infernaux se rapprochèrent d'elle, et cinq d'entre eux se précipitèrent sur Jacques, Louise et Albert. Louise et Albert, aux prises avec les Diablotins ne purent parer aux coups des Infernaux, ils s'évanouirent.

Voyant le corps de l'Ours inanimé, Jacques laissa échapper un cri de désespoir et redoubla d'ardeur. Il fit à présent face à trois Infernaux, son bouclier le protégeait du mieux qu'il put. Mais il devait tenir! Il le devait! Il ne pouvait avoir fait tout ce chemin pour rien. Il déploya alors une puissance insoupçonnée, redoubla de puissance. L'armée arrivait, elle n'était plus qu'à une dizaine de mètres. Toutes ses âmes criaient l'arme à la main, le Lion de l'Alliance sur leurs tabards. Mais Jacques n'entendait rien, il ne voyait rien. Il était concentré dans son combat, il s'aidait de tout son esprit, et il se débattait.

Voyant l'urgence de la situation, l'Ombre cria:
-Assez!
Et elle incanta un puissant sort que Jacques reçut de plein fouet. Un mal l'envahit, la douleurs le prit de tout ses membres. Mais il fallait survivre! Il le fallait! Aussi eut-il juste le temps d'incanter un Bouclier Divin, et s'écroula. Il était encore conscient. Un Infernal le souleva et il vit les corps inanimé de Louise et d'Albert sous les aisselles d'un autre Infernal tel un Obélix transportant ses sangliers. Les Infernaux se mirent à courir, accompagnés des Diablotins, ils suivaient l'Ombre qui fuyait dans les bois en direction de Gangrebois....
L'Ombre courait devant, derrière elle, les cinq Infernaux suivaient, escortés des quatre Seigneurs inférieurs de la Légion. Autour d'eux, devant, derrière, sur les cotés, la vingtaine de Diablotins allaient avec eux, des sortes d'éclaireurs. Jacques étaient conscient, il avait mal à la tête, mais il ne bougeait pas, il feignait l'inconscience. Au loin, derrière eux, on entendait encore la confusion de l'Alliance, l'incendie du campement semblait les occuper.

Jacques réfléchissait:
-Où nous emmène t-on? Pourquoi? Que nous veut-on? Qui est donc cette Ombre, quels sont ces desseins? Comment parviendra t-on à s'en sortir? Sera-t-on secouru? Ça n'en a pas l'air, ils ont l'air plutôt occupé là-bas, au campement, c'est la panique. Ici, la situation n'est guère mieux. Il faut pourtant nous en sortir, trouver un moyen, agir, nous sauver, que faire?
Devant lui, un Infernal portait Louise et Albert, ils étaient encore inconscient.
-Il faut agir, pensait-il, mais comment?
Ils étaient cernés.
-Mais d'un autre coté, si leur but était de nous tuer, il l'aurait déjà fait, autrement dit, ils ont besoin de nous. Pourquoi? C'est une autre affaire. En tout cas, il faut profiter de cet élément de donnée non négligeable. Même si la tentative échoue, la situation ne pourra pas être pire qu'elle ne l'est déjà.

Il passa alors à l'action, il tenta quelque-chose, ce fut improvisé, sur le moment, il verrait bien. Rapidement, il monta sur les épaules de l'Infernal qui le portait et avant que celui-ci ne l'attrape, il sauta sur l'Infernal qui portait ses compagnons. Il planta avec force son épée dans la tête du géant de pierre et de flamme, avec difficulté, la lame pénétra la roche, l'Infernal émit un cri rauque, lâcha Albert et Louise et s'écroula, puis devint cendre.

Instantanément, le convoi s'arrêta, les Seigneurs de la Légion regardèrent Jacques, et se dirigèrent vers lui, l'air menaçant. Jacques tenta de réveiller Albert et Louise, mais le coup qu'ils avaient reçu avait dû être puissant, car ce fut vain. Ils restèrent inexorablement inanimés. Face au danger à présent imminent, Jacques se prépara à recevoir les Seigneurs. Ils approchaient de lui. Il se mit en posture de combat défensive. Sa spécialisation n'avait décidément pas été vaine, encore une fois, il la mettrait en pratique.

Le combat commença, les Seigneurs étaient agiles, mais la défense de Jacques était solide, son bouclier encaissait tant bien que mal les attaques, mais il le savait, cela ne pourrait durer, seul, il n'avait aucune chance, car déjà les Diablotins se rapprochaient, l'Ombre aussi. Il fallait tenir, tenir jusqu'à l'arrivé de l'armée, l'espoir était là, c'était la seule issue positive possible, Jacques le savait, il devait gagner du temps.

L'Ombre le savait aussi, ils devaient se dépêcher, aussi elle décida de prendre les choses en main:
-Laissez-le-moi, dit-elle d'une voix sombre peu naturelle, et avançaient, le Seigneur Nihilim vous attends, dépêchez-vous, je vous rejoindrai avec le courageux Paladin.
L'un des Seigneurs fit un hochement de tête:
-Allons-y.
L'un des Infernaux prit Louise et Albert et partit avec le reste des Démons vers Gangrebois.
Jacques resta seul face à l'Ombre.
-Et bien Myrdhin, je vois que tu as fait de net progrès, mais ce n'est guère suffisant. Ploies devant moi et tu ne souffriras pas.
-Jamais, cria, Jacques, je ne sais pas qui tu es ni d'où tu connais mon nom, mais...

L'ombre l'interrompit:
-Tu mets en péril ma mission, c'est inacceptable!
Et elle incanta sa ligne bleue vers Jacques. Il eut à peine le temps de se rendre compte de l'attaque que le rayon était sur lui, il tenta de se protéger avec son épée, mais celle-ci fut éjectée à quelques mètres sous la puissance du jet bleu. Il se protégea de son bouclier, et le choc se fit, la puissance de l'Ombre contre la défense de Jacques, la hargne de la Légion Ardente contre le Lion de l'Alliance, la magie contre le métal. Jacques subit alors la force du jet, mais il tint, ne recula point.

Pendant une dizaine de seconde, chacun resta sur ses positions, chacun tentant d'avoir le dessus sur l'autre. Bientôt, Jacques avança, un pas, puis un autre, il tenait, il résistait, et il avançait. Lorsqu'il fut à quelques mètres de l'Ombre, celle-ci entra dans une colère noire, dans sa cagoule, ses yeux apparurent, c'étaient deux lueurs rouges, étincelantes, et maléfiques. L'Ombre hurla, le bouclier sauta, et tel l'épée, il se retrouva cinq mètre plus loin. Le rayon bleu s'arrêta, l'Ombre allait incanter un autre sort.

Jacques en profita pour courir chercher son épée, il l'attrapa et se jeta sur l'Ombre, sauta vers elle, l'épée dans les deux mains, tel le coup de grâce. Mais il reçut un sort mental de plein fouet. Un mal à la tête terrible lui survint. Il s'écroula, mit ses mains contre sa tête et se tortilla.
L'Ombre se rapprocha de sa victime:
-Tu étais prévenu, tu ne vaux rien face à moi.
Et elle recommença son jet bleue en avançant vers sa cible.
Jacques hurlait de douleur. Bientôt elle fut à un mètre de lui. Il commençait à lâcher...
-Quand cela finira-t-il, pensait-il, mais qu'elle en finisse, mais qu'elle en finisse! A l'aide!
Son cri interieur fut-il entendu? Toujours est-il que l'armée de l'Alliance arriva, dans un fracas. L'Ombre n'avait visiblement pas fait attention, avait baissé sa garde pour se concentrer sur son combat et n'avait pas entendu l'armée arriver. Elle tenta de fuir, mais elle fut vite encerclée.

Un homme visiblement gradée:
-Guerrier Odhinn, identifiez-moi l'attaquant.
Le soldat obéit, et sans peur ni crainte, s'avança de l'Ombre, et lui retira sa cagoule. Grande, brune, les yeux bleus, le visage sombre. Elle avait une queue de cheval et une longue robe noir. Jacques reconnut le visage de Shlomite...
Shlomite se cachait donc sous la cape sombre de l'Ombre. Shlomite! Celle qui l'avait aidé, celle qui l'avait guidé! Tout cela n'avait aucun sens pour Jacques... Il observait la scène et n'en revenait pas. Shlomite, entourée des soldats de l'Alliance, le visage sombre, rempli de haine, des yeux rouges étincelants. Cette Shlomite n'était pas celle qu'il avait connue, il ne pouvait le croire. Que lui était-il arrivé depuis?

La découverte de la personne qui se cachait sous la cape de l'Ombre faisait son bonhomme de chemin. Jacques entendait autour de lui murmures et chuchotements:
-C'est une humaine!
-Qui est-elle? Que veut-elle?
-Je la reconnais, c'est un une prêtresse, elle s'appelle Shlomite.
-Que fait-elle avec la Légion? Est-elle une espionne?

Jacques ne put résoudre cette énigme avec les données qu'il avait, et de toutes les manières, son esprit était pour le moment occupé par un tout autre problème, quoiqu'intimement relié à cette affaire. Il devait retrouver Louise. Il la savait en danger, et cela lui était intolérable. Il devait la retrouver, et il ne pouvait y arriver seul.

L'homme qui avait donné l'ordre à Odhinn, un homme grand, les cheveux gris, le visage âgé, mais dur, il arborait l'insigne du Grand-maréchal:
-Emprisonner cette femme, on l'interrogera au campement.
Shlomite, le regard fier, le fusillait des yeux.
Jacques se rua sur le Grand-maréchal.
-Il ne faut pas perdre du temps, dit-il en vitesse, mes amis ont été emmenés en direction de Gangrebois. Il faut partir à leurs recherches, ils sont peut-être en danger, il faut y aller tout-de-suite.

Le Grand-maréchal l'observa quelques instant, le dévisagea, le jaugea, puis dit à voix haute:
-Qui est cet homme? Qui le connait?
Odhinn prit la parole:
-Moi Grand-maréchal Afrasiabi. Il était en relation avec le soldat Maaya, elle a été enlevée par la Légion.
Le Grand-maréchal resta pensif quelques instants, puis dit:
-Tout cela est douteux, il faut y voir clair, emmenez-le au campement, nous mettrons tout cela au clair.
-Mais, fit Jacques, nous ne pouvons perdre de...
-Garde, interrompit le Grand-maréchal, emmenez cet homme, et qu'il apprenne qu'on ne discute pas les ordres!
-Mais, dit-Jacques, ...
-Viens, dit Odhinn, c'est pas le moment.
Et le Guerrier prit Jacques par le bras et l'éloigna du Grand-Maréchal.
Il était six heures du matin, déjà les gazelles commençaient à se dégourdir les jambes, et les lapins gris, le visage réjoui, frappaient frénétiquement le sol de leurs pattes arrières.

Plus tard dans la matinée, vers huit heures, le Grand-maréchal réunit sous sa tente Jacques, Odhinn et d'autre guerrier de l'Alliance parmi lesquelles Jacques reconnut Laurena. Quelques instant plus tard, enchainée de toute part, escorté par deux gardes Draeneïs, Shlomite fut emmenée sous la tente. L'interrogatoire allait commencer.
La tente du Grand-Maréchal était vaste, blanche et haute. Des drapeaux verticaux de l'Alliance étaient nonchalamment suspendus au plafond de toile. Au centre se tenait Shlomite. Droite et digne, le visage sombre, les yeux remplis de haine. Elle fustigeait du regard le Grand-Maréchal Afrasiabi. Celui-ci la regardait calmement. Autour d'eux, une vingtaine de soldats garantissaient la sécurité des lieux.

Afrasiabi s'approcha de Shlomite:
-Qui-êtes vous?
Shlomite soutint son regard, mais ne dit rien.
-Je répète: qui-êtes vous?
Rien.

Le Grand-Maréchal porta sa main au visage de la sombre prêtresse. Le coup fut rude. La lèvre supérieur saignait. Lentement, douloureusement, Shlomite dirigea son visage vers celui de son agresseur, le fixa, le fusilla de ses yeux couleurs de sang étincelant de haine. Elle lui cracha au visage d'un air dégoûté. Le Grand-Maréchal s'essuya lentement de sa manche, aussi lentement que grimpait son impatience. Elle ne vit pas le coup venir.
-C'en est assez, cria-t-il.

Il la gifla de nouveau. Le coup fut d'une telle puissance telle qu'elle en perdit l'équilibre et se retrouva à terre.
Lentement, Shlomite se releva et dit d'une voix sombre:
-La prochaine fois que vous osez lever la main sur moi...
-Vous répondrez à mes questions ! interrompit le Grand-Maréchal en portant de nouveaux sa main sur Shlomite.

Celle-ci hurla et une onde néfaste émanant d'elle se répandit autour d'elle, telle une sphère grandissante dans les dimensions du réel et du mystique. Celle-ci projeta les êtres qu'elle rencontrait sur son passage en plus de les attaquer mentalement. Jacques fut projeté un mètre plus loin en plus d'un mal à la tête saisissant. Il porta ses mains à sa tête. Il ouvrit les yeux: tous les soldats étaient à terre, gémissant.

Le Grand-Maréchal était également à terre. Il se releva sans mal, sortit son épée, la pointa vers Shlomite:
-Vous parlerez, vous verrez.
-Vraiment? dit Shlomite dont le cou était caressée par la pointe de l'épée. Et c'est votre épée qui va me forcer à le faire? - Elle eut un petit rire - Et croyez-vous que trancher ma gorge sera le meilleurs moyen de me faire parler? Allons, vous et moi savons que je vous suis indispensable. Aussi, c'est avec un malin plaisir que je me moque du bout d'acier qui semble être votre seul moyen d'expression et d'argumentation. Vous êtes minable.

Et elle incanta son trait bleue et le posa sur le Grand-Maréchal.
Lentement et assez nonchalamment, Afrasiabi se protégea de son bouclier et dit:
-Enfermez-la, et attachez-la, elle ne pourra plus utiliser ses sorts. Grande prêtresse Laurena, attaquez-la mentalement, et forcez-la à parler.
-Bien Grand-Maréchal, dit la jeune femme.
Et elle incanta un sort, Shlomite se retrouva à terre.

Laurena s'approcha de Shlomite alors que les soldats de l'Alliance se ruaient sur la sombre prêtresse, l'attachaient à une corde.
Laurena posa ses mains sur Shlomite. Celle-ci la fusillait du regard à telle point que Jacques eut l'impression que les yeux de Shlomite sortiraient de leurs orbites pour attaquer la jeune femme. Laurena pénétra l'esprit de Shlomite de même qu'elle avait pénétrait celui de Jacques quelques mois plus tôt. Jacques regarda la scène: tout les soldats étaient groupé autour de l'ex-Ombre, le Grand-Maréchal regardait Shlomite, la mine coléreuse, Laurena, les yeux fermées lisaient les pensées de Shlomite. Celle-ci, crispé, se débattait pour s'échapper de leurs emprises, ses efforts étaient vains.

Laurena retira ses mains du visage de Shlomite. Son teint était livide:
-Vous ne me croirez jamais!
-Parlez Laurena, ordonna Afrasiabi.
-C'est une histoire incroyable, commenca la jeune femme. J'ai moi-même du mal a le croire. Ca dépasse l'entendement. Notre univers même est remis en cause. Cet homme - dit-elle en pointant Jacques - ne fait pas parti de notre monde.

Afrasiabi considéra l'alien Jacques:
-Ainsi vous venez d'Outreterre? Comment se fait-ce?
Alors que Jacques s'apprêtait a répondre, il fut interrompu par Laurena:
-Pas du tout, laissait moi vous expliquer: d'après ce que j'ai compris, il fait partie d'une dimension parallèle. Une autre planète, un autre monde, un autre univers. Notre monde est dans la tête de Louise. Si Louise meurt, notre monde s'écroule. Non, je suis d'accord c'est invraisemblable, mais c'est pourtant la vérité. Je l'avais vu avant que Shlomite ne me retire ce moment de la mémoire.
Et Laurena raconta sa première rencontre avec Jacques quelques mois plus tôt, la vision qu'elle avait alors eu, l'autre monde, Louise, son coma, son rêve, le chercheur, Jacques devenant Myrdhin.

Elle continua avec la version de Shlomite des évènements:
-Seulement lorsque Jacques est arrivé sur Azeroth, la première personne qu'il ait recontré fut Shlomite. Shlomite avait peu de temps auparavant été en contact avec des agents de la Légion, des Seigneurs de l'Effroi. Ces Nathrezims donnaient á Shlomite accès a leurs source de pouvoir en échange d'informations sur Stormwind. Ainsi la prêtresse de Sormwind devenait agent de la Légion. Lorsque Shlomite apprit par moi la vérité sur Jacques, elle transmit l'information a la Légion qui la chargeat d'enquêter sur Louise. En effet, Louise devenait le portail qui reliait notre monde a celui de Jacques. Vous savez comment la Légion raffole des portails. L'Outreterre en est empli. Leur but est de pénétrer grâce a Louise au monde de Jacques: la planète Terre. Shlomite partit donc a la recherche de Louise. Elle prit soin de rester discrète, n'hésitant pas utiliser ses pouvoir psychiques a ses fins. Elle camoufla son passage et son enquête, personne ne devait la savoir ici. Ce voyage l'amena en Kalimdor, a Teldrassil, a Dolanaar, oú elle apprit le pseudonyme de Louise, Maaya. Elle apprit également que Louise se trouvait au goulet de Warsong. Elle s'y rendit et elle trouva Maaya. Shlomite, le visage sombre exprimait une rage lourde, une haine profonde se lisait dans ses yeux rouge.

Au fur et a mesure des explications, Jacques revoyait son voyage vu d'un autre oeil. Ses questions résolues les unes après les autres. Il comprenait a présent l'état des personnes qu'il avait interrogé, leurs soudaines pertes de mémoire. Mais un détail le traccassait:

-Mais pourquoi nous a-t-elle sauvé a maintes reprise, mon camarade et moi?
-Bonne question, fit Afrasiabi qui trouvait d'abord l'histoire complètement folle et sans intérêt, mais sans s'en rendre compte, il y prenait goût, comme ces contes fantastiques qui passionnent. Il voulait connaître la suite du feuilleton.
-Tout simplement, répondit Laurena, vous valiez mieux vivant que mort. Voua aviez des informations qui pouvaient s'averer précieuse. Vous n'étiez a priori pas indispensable. Ils auraient pu se passer de vous, ils ont préférés être prudent. D'autant plus que Shlomite attendait le bon moment pour enlever le soldat Maaya. En multipliant les moments seuls que vous avez passés avec votre femme, vous avez multipliés les occasions pour Shlomite de vous enelever. Finalement, ils ont profité de la nuit pour agir.
-Si j'en croit votre histoire ahuruissante, essaya de résumer Afrasiabi, notre monde ne tient qu'a la vie de cette dénommée Louis. Et encore faut-il qu'elle reste dans son coma. Donc, il faut qu'elle reste en Azeroth. Oú se trouve t'elle actuellement?
-C'est lá qu'est l'hic, fit Jacques, sans se rendre compte de l'effet oral comique de son expression, il n'avait pas vraiment l'esprit concentrée sur ce genre de plaisanterie. Elle a été enlevé par la Légion, ils se dirigent vers Gangrebois, il faut partir tout de suite!
Afrasiabi réfléchit quelques instant, puis dit:
-Ne nous précipitons pas. Laurena, combien faut-il de temps a la Légion pour mener a bien leurs projet?
-Je dirai, répondit la jeune prêtresse, considérant le fait que ce cas doit-être un cas d'école, même pour eux, il leurs faut quand même pas mal de matériel, de potion en tout genre, nous avons une journée et demi, au minimum, je dirais deux jours, mais je ne pense pas être la mieux placés pour affirmer de tels jugement.
-C'est exact, fit-un elfe visiblement gradé, votre analyse est tout á fait correct. Général Lockshock pour vous servir, j'ai été a une époque Général de brigade de griffons du Bastion de l'Honneur. C'était lors de l'épopée en Outreterre, vous devez certainement vous en rappeler, tout le monde en parlait, et Illidan par-ci, et le Temple Noir par la. Nous organisions des raids pour pénétrer la forteresse, je me souviens d'ailleurs de ce vieux nain Barahir qui...
-Merci pour la confirmation, général Lockshock, interrompit Afrasiabi, nous nous passerons de vos détails aussi intéréssant soient-ils, mais hors de propos. Quoiqu'il en soit, il nous faut prendre une décision. Laurena, assurez-vous l'authenticité de la version dont vous vous en faîtes l'oratrice?
-Comme je vous l'ai dit, aussi incroyable cette histoire soit-elle, elle est rigoureusement exact, c'est inimaginable d'ailleurs comme...
-Oui, interrompit Afrasiabi, merci. Si cette histoire est exact, nous devons agir. Préparons les troupes. Il est 9h, nous partirons pour Gangrebois aux alentours de midi.
A midi, les troupes furent prêtes. Ils étaient devant lui. C'était une centaine d'hommes et de femmes de l'Alliance. Nains, Elfes de la Nuit, Draeneis, Gnomes, Humains, Worgens, tous vêtus du tabard bleue. Tous prêts et entraînés au combat. Jacques les observaient. La peur ne se lisait pas dans leurs visages, ni la haine, ni l'envie de combattre. Non, de leurs visages ne se dégageaient que de la bonne humeur. Ils discutaient. Habitués qu'ils devaient être á la guerre.

Il est vrai que récemment, nombreuses s'étaient succédées. Azeroth s'était transformé. Beaucoup d'événements avaient eu lieu. La venue des Orcs, la création de la Horde, les différentes guerres, la Légion, le fléau. Le sort semblait s'acharner sur ce pauvre monde qui ne demandait qu'un peu de répits, un souffle, de quoi se régénérer. A peine Arthas était-il éradiqué, le Cataclysme n'avait il pas eu lieu? Comment les Maleterres pouvaient ils se reverdir si vite? La vie n'avait pas le temps de reprendre ses droits que déjà de nouvelles menaces planaient sur sa si fragile route. Comme si le destin, de son oeil rieur, souhaitait s'amuser avec les peuple, donnait de nouvelles missions aux mercenaires, de nouveaux défis. Toujours des nouveaux challenges, toujours devoir sauver le monde. On en regretterait presque ce goût de vanille qu'avaient les évènements pré-Croisade Écarlate, mais c'était sans compter les grains de sel d'Illidan, les airs menaçant d'Arthas ou les ambitions cataclysmiques de ce cher Aile-De-Mort...

C'était la période d'or des mercenaires. Les missions de mieux en mieux rémunérées, les quêtes de plus en plus attrayantes, les nouveaux périples de plus en plus épiques contribuaient au développement de ce nouveau genre, celui des héros anonymes. Finies les Grandes Épopées de Thrall et de Malfurion, voici les aventures de Jacques, celles de Kateria.

Celles de Jacques continuaient d'ailleurs ainsi:
Il observait les soldats. Leur insouciance le laissait frissonnant. Le sort de Louise le préoccupait plus que toutes autres choses. Mais il lui fallait rester patient, la préparation pends du temps. Et puis il n'y avait pas de raison de s'inquiéter comme l'avait confirmé l'Elfe de la Nuit, ils étaient dans les temps. De toutes les façons, avait-il le choix? Il ne pouvait seul affronter les Seigneurs de la Légion, aussi fort soit-il et aussi tenace soit la passion qu'il portait à sa femme.

Afrasiabi faisait les dernières vérifications, il traversait le camps dans tout les sens, donnant des ordres a ses généraux. Son oeil critique s'abattait sur tout les recoins du camp. Lorsqu'il considéra qu'il était temps, il le fit savoir par un cri de ralliement:
-Soldats de l'Alliance! En avant!

Et la troupe s'engagea dans les sentiers de l'honneur défier la Légion encore une fois. Lentement, assurément, décisive, l'armée avancait dans la forêt d'Orneval. Les pisteurs les guidaient. Il n'étaient en effet pas difficile de suivre les traces des Infernaux, ils semaient sur le sol des braises á peine éteinte. Cette référence pourtant flagrante au petit Poucet n'effleura pas l'esprit de Jacques concentré sur sa Louise.

Passèrent les jours dans le temps, foulèrent les pieds sur les chemins, rythmèrent les Retraites de Raynebois, les Sanctuaires d'Emeraude et les Ruines de Castellas. Ainsi pénétrèrent ils Gangrebois. Ainsi au soir se trouvaient-ils à faire une pause dans une clairière, les éclaireurs ayant été envoyés. Cette terre gangrenée pansait encore ses plaies, mais la Légion a laissé ici une malédiction tenace laissant des traces indélibiles que le temps peinait a effacer.

Et déja, voici le retour des éclaireurs. Ils se dirigent vers Afrasiabi. Jacques était a ses cotés:
-Nous sommes face aux campement de la Légion. Nous avons pu apercevoir l'Elfe de la Nuit Maaya, ainsi que le Gnome. Le gnome est enchaîné. Par contre l'Elfe est suspendu dans l'air par des sorts, elle lévite au dessus d'un portail. Les seigneurs incantent autour et maintiennent l'Elfe dans les airs. Le Gnome et l'Elfe semblent évanouis.
-Il nous faut agir au plus vite, déclara le Grand-Maréchal Afrasiabi.
-Nous avons reçus aussi une information d'un coursier d'Astranaar: Shlomite est parvenue à s'évader..
Afrasiabi considéra un moment les éclaireurs puis dit:

-Voila qui est embêtant. Je comptais mener l'attaque demain dés l'aube, nous attaquerons ce soir. Si Shlomite se pointe, nous aviserons. S'il le faut, je me chargerai personnellement d'elle.
-Shlomite enfuie..., pensait Jacques. Quel mauvais coup cette garce leur préparait-elle. Interviendra-t-elle durant le combat? D'ailleurs quelles sont leurs chances de réussite dans cette entreprise?

L'armée de l'Alliance était composée d'une centaine de personnes. Les démons étaient quant à eux une petite víngtaine. L'arithmétique leur était favorable. Encore fallait-il pondérer le calcul des forces en présence par le poids des puissances individuelles. Combien de soldats de l'Alliance valaient un seul des démons de la Légion? Il n'était pas sûr de l'égalité des moyennes pondérées des deux armées. Le combat serait serré et l'issue, incertaine. Une heure passa. Une agitation certaine animait le camp ennemi. Des clameurs s'y dégageaient. Des incantations s'entendaient.

-Comment allait Louise? s'inquiétait Jacques. Suspendue dans l'air, que ressent-elle? Son esprit va alimenter un portail multi-dimensionnel, sa vie est en danger...

Son épouse décédée, le monde d'Azeroth s'effondrait, et lui avec. Cela le réconfortait. Il ne saurait vivre sans elle. Finalement, quelque-soit l'issue de la bataille, sa femme et lui seraient à nouveau réunis. Pour le meilleur et pour le pire, dans ce monde-ci, dans l'autre, ou ailleurs. Quelque peu rassuré, il était tout de même inquiet. Il préférait si possible rester vivant, la vie offre quand même quelques avantages. Et puis, il n'était pas encore prêt à se soumettre au pari de Pascal: "Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter." La vie après la mort? Il souhaitait la solution de l'énigme ultime, mais pas tout de suite. D'autre aventures l'attendaient, d'autre projets l'intéressaient.

-Soldats de l'Alliance, clama enfin le Grand-maréchal Afrasiabi, il est temps. La Légion une fois de plus tente de détruire notre monde. Nous ne la laisserons pas faire. Pour l'Alliance! En avant!

Et les soldats avancèrent sous les cors sonnant de l'Alliance. Jacques en première ligne. Avec le reste des corps à corps. Spécialisé dans la défense, quelle autre place lui aurait plus convenu? Suivaient les soldats spécialisés dans le combat à distance, armés de fusils, arcs, ou encore les magiciens, quelque soit leur classe. Puis se furent les soigneurs. L'ennemi avait entendu les cors, déjà se préparaient-ils au combat. Alors que trois Seigneurs de l'Effroi étaient restés concentrés sur le rituel d'invocation du portail, les autres Seigneurs avaient invoqué des diablotins. Déjà le ciel s'assombrissait. Des météores brûlants striaient le ciel, s'écrasaient sur le sol et s'articulaient pour devenir les Infernaux. Des nuages noirs apparaissaient dans le ciel pourtant d'un bleu marine pur quelques minutes auparavant. Les chamans et les druides de l'Alliance invoquaient les esprits de la nature, et en déchaînaient les éléments. Des éclairs apparaissaient, foudroyant un à un les diablotins, mais de nouveaux étaient recréés sans cesse. Les Infernaux, insensibles aux éclairs, au vent, s'avancaient inexorablement vers l'armée.

Les contacts se firent, les géant de pierres et de flammes éjectaient au loin les soldats, et avancaient dans le corps de l'armée comme on pénètre dans la mer, sans dificulté. Les sorts commencèrent à fuser. Le feu, le froid, la magie des arcanes, les foudres de la nature, les racines, les armes blanches, les fusils, les arcs attaquaient et ralentissaient ces diables rocheux. Ils n'étaient pas invincibles. Déja commençaient-il à tomber, mais ils étaient nombreux. Lorsques les uns tombaient, les autres étaient recréés. Il fallait cesser cela.

Jacques ne savait plus ou donner de la téte. Il frappait ce qu'il pouvait, se protégeait sans grande difficulté, mais il n'en voyait pas la fin. Afrasiabi vint le voir:

-Jacques, prenez quelques hommes avec vous et allez combattre les Seigneurs, nous tiendrons face aux démons mineurs.

Jacques approuva et partit choisir rapidement quelques hommes. Lockshock, l'Elfe, fut choisi ainsi qu'Odhinn le guerrier Nain parmi d'autres. Ils étaient douze. Jacques les répartit en trois groupes de quatre. Un groupe pour un Seigneur de l'Effroi. Il y en avait une vingtaine. Diminuer leurs nombres amoindrirait la production de diablotins et d'Infernaux. Cela soulagerait l'armée qui pourrait alors s'avérer plus efficace. La stratégie expliquée se mit en place. Les trois groupes choisirent chacun un Seigneur et s'y dirigèrent. Trois mini-combats débutèrent dans la débandade générale.
Jacques accompagné de Lockshock, d'Odhinn et d'un homme, un soldat Humain de Stormind combattait le seigneur de l'effroi. Comme ses frères, il était grand, mesurait trois mètres. Il portait des cornes et de grands ailes. L'air menaçant et sournois, il correspondait parfaitement à l'image qu'on se fait du vrai petit diable! Le bon big boss de fin de jeu. Jacques en avait soupé de ces jeux. D'ailleurs, il ressemblait à Diablo, du nom du boss de fin du jeu éponyme développé par Blizzard. Il commença à se demander si Louise n'avait pas elle-même joué à une licence de cette société américaine de jeux vidéos à succès.

Cette idée eut juste le temps de lui traverser l'esprit quelques instants, que déja, le soldat Humain se jeta sur le démon. Celui-ci d'un coup de revers l'envoya voler quelques mètres plus loin. Ses moindres coups étaient parés par Jacques. Ils étaient costauds, mais Jacques utilisait à pleine puissance sa spécialisation défensive. Ce qui permettait aux deux autres soldats de saigner le corps de l'ennemi de leurs armes blanches. Le sang noir du Seigneur giclait dans les airs.

Jacques commençait alors à devenir optimiste. Ils avaient gagné, finalement ce n'était pas si dur. Il entrevoyait la fin de ses ennuis.
Acculé, et surpris de tant de résistance, le Seigneur de l'Effroi décida de passer aux choses sérieuses et de montrer l'étendue de ses pouvoirs. Il rugit, et un essaim putride apparu. C'était une horde chauves-souris qui venait de s'abattre sur le petit groupe.

D'abord déboussolé, le groupe fit assez instinctivement d'amples mouvements du bras pour éloigner les bestiaux. Les chauves-souris évitaient les coups gauches et veules avec leur aisance et leur vitesse caractéristique, voltigeaient autour du groupe, mordant les uns et les autres, transmettant leur venin.

Profitant de cette confusion créée, le Seigneur de l'Effroi frappa le groupe d'une grosse claque. Jacques et ses alliés se retrouvèrent face contre le sol, les chauves-souris sur eux. Le Seigneur s'apprêtait déjà a leurs fournir le coup de grâce. Jacques s'appliqua la Main de Protection, se releva, et ainsi insensible aux chauves-souris il plaçât son bouclier en face du Seigneur. Le choc se fit. L'attaque du démon était puissante, mais Jacques tint bon.

-Attaquez ces maudites chauves-souris!
Rapidement, Odhinn et Lockshock se relevèrent et effectuèrent des compétences à effet de zones. Bientôt, les chauves-souris au sol, le combat pouvait continuer.

Trois Seigneurs se battant au corps a corps, les Infernaux et Diablotins arrivaient moins nombreux sur l'armée, celle-ci pouvait se concentrer sur d'autres tâches. D'autres Seigneurs étaient ainsi attaqués, Jacques était aidé. Ce n'était plus trois contre un, mais cinq contre un, bientôt sept.
La victoire était a eux. Jacques le sentait. Il était préssé d'en finir.

Il contourna le Seigneur, se placa face à son dos, sauta sur lui, s'agrippa a lui comme on s'aggripe à un cheval, et s'apprêta à l'égorger quand soudain il reçut un choc mental de plein fouet. Il se retouva allongé a terre, un mal à la tete insupportable. Péniblement il se releva et regarda autour de lui. L'Ombre était là.

-Vous ici! cria Afrasiabi en chargeant Shlomite.
Elle répondit simplement par son rayon bleu. Il toucha le Grand-Maréchal sur la poitrine, le projetant quelques mètres plus loin, son armure fumante et noircie. Il se releva:

-Jacques, finissez ces Seigneurs, je m'occupe de cette garce.
Jacques considéra la situation, il lui fallait aider Afrasiabi. Shlomite, ayant reçu de la puissance de la légion, était un adversaire redoutable. Mais il était aux prises avec les Seigneurs.

Le Grand-Maréchal avait néanmoins réussi à approcher de près l'Ombre et, son épée dégainée, il avait commencé le combat, épée contre bâton. Jacques se rendit compte qu'il n'avait jamais soupçonné la présence de cette arme, où la cachait-elle donc ? Le fait est que Shlomite maniait le bâton d'une telle manière qu'elle représentait un adversaire de l'acabit d'Afrasiabi.

Soudain un éclair retentit. Du moins, c'est ce qu'en a déduit Jacques en entendant le bruit significatif du tonnerre. Il leva les yeux au ciel, et ce faisant il lui apparut qu'une foudre semblait sortir du corps lévitant de Maaya et se dirigeait vers le portail. Des jets lumineux commencèrent à jaillir de son intérieur. Celui-ci s'emplissait de lumière, la porte s'activait. Elle éblouissait quiconque la regardait. Mais bientôt, la puissance diminua, et l'intérieur de la porte se dessinait. Jacques fut à moitié surpris de découvrir la salle de l'hôpital, cette salle où toute cette folle aventure avait commencé.

Jacques réalisa que cette vision était celle de Louise, le portail reflétait la vue qu'elle devait avoir, allongée sur son lit de malade.

-Empêchez quiconque de s'approcher de ce portail, cria Afrasiabi toujours aux prises avec Shlomite.

Cette dernière ne pouvait détacher son regard du portail, ses yeux rouges étincelaient. Elle ressemblait à présent a une démente, elle poussa un cri si puissant qu'il projeta Afrasiabi quelques mètres plus loin, et courut vers le portail avec une agilité féline surprenante aux yeux de Jacques, qui aux prises avec les Seigneurs ne pouvait intervenir.

-Qu'attendez-vous Jacques, hurla Afrasiabi, espèce d'imbécile, poursuivez-la!

Il a raison pensa Jacques, et il abandonna son combat contre les Seigneurs et se mit à la poursuite de Shlomite. Celle-ci avait déjà gagné le portail et commencé à le pénétrer.
Malgré tous les efforts que produit Jacques dans sa course, il ne put l'empêcher de traverser les dimensions.

Il arriva au pied du portail, et ne prit le temps de le considérer, et dans la débandade générale, au milieu des diablotins, des flèches et des sorts, il l'enjamba.

Il se retrouva dans la chambre de Louise, face à la fenêtre. Il ne se ressentit plus sa lourde armure, son épée n'était plus là, ni son casque. Il se dévisagea, il portait les vêtements "civil", ceux qu'il portait avant de plonger dans le rêve de sa femme.

Il se retourna pour voir la voir. Il vit Shlomite, un couteau à la main caressant la gorge de Louise.

Le visage de Shlomite apparaissait clairement à la lumière électrique de la chambre. Il était plein de haine, elle avait le visage sombre. Ses yeux cernés se démarquaient, ils étaient braises. Ses joues étaient creusées et ses lèvres, digne d'une gothique.

-Mes sorts ne fonctionnent pas ici, dit-elle calmement et à voix basse. Si tu fais quelque chose de stupide, je la tue.

Le coeur de Jacques battait à toute vitesse, il tenta de se calmer, d'agir avec sang froid, il lui fallait gagner du temps. La porte de la chambre était fermée, peu de chance d'être surpris par une infirmière ou un médecin...

-Allons, fit-il avec sa voix la plus rassurante, il ne nous sert à rien de nous énerver, cela ne mène à rien.

Jacques jetait furtivement des regards à droite à gauche, à la recherche d'une idée, un objet qui saurait le sortir de cette impasse. Il remarqua le bouton rouge servant à appeler les médecins, il lui fallait le presser, avertir.

Doucement, sans mouvement brusque, il s'en approcha, le regard toujours fixé sur Shlomite. Calmement, maître de ses émotions, il pressa le bouton.

-Que voulez-vous Shlomite? demanda-t-il.

Shlomite le regardait, le visage haineux.

-Vous souhaitez gagner du temps, ça m'arrange. La Légion ne va pas tarder à arriver, une fois qu'ils auront décimer votre bande de joyeux lurons. Ils vont arriver dans ce nouvel univers, ils le conquerront, et j'aurai ma récompense. Le pouvoir, la puissance. J'en ai soif. J'ai beaucoup changé vous savez. Je n'étais pas comme ça avant. J'étais une prêtresse de la Lumière, j'en ai fait des combats au nom de la liberté, du bien et du droit des hommes à disposer d'eux mêmes. J'ai été comme vous, assoiffé de justice, j'ai même aimé, j'ai eu des enfants. La plupart sont mort d'ailleurs dans les guerres. J'ai combattu contre la Horde, avec la Horde, j'ai rencontré des gens importants, des dirigeants de factions. Et au final, que me reste-t-il? Mes souvenirs qui ont tendance à se faner? Ces caresses les plus pures et ces serments au fond des bois? Ces parfums qui enivrent et ces fleurs d'un soir? Et toutes ces autres niaiseries? Oubliées, disparues. Quel est le sens de tout ça? Tous ces bonheurs éphémères ne valent rien. Non, rien de rien. Seuls les choses qui restent sont importantes. Les choses qui élèvent, les marches de l'escalier ultime, celui qui permettra d'atteindre les cieux de puissance, de côtoyer les grands aigles noirs qui dominent les univers. J'ai fini par devenir obnubilée par cette force immobile, ces désirs de puissance, jusqu'à n'en plus dormir. Éprouver ce vertige des hautes altitudes, reconnaître que l'on puisse désirer plus que d'être simplement heureux, devenir important, reconnu, craint de tous. Vous ne pourrez m'arrêter, m'entendez-vous Jacques!

A cet instant, un docteur en blouse blanche, la quarantaine, apparu la porte:

-Avez-vous besoin de moi, demanda t-il avant d'apercevoir Shlomite et son couteau. Il devint blême, et s'enfuit en courant.

Shlomite observât Jacques. Il se sentit pénétré par l'intensité de son regard transperçant comme la plus aiguisée des lames.

Des pas se firent entendre dans le couloir, des gens couraient. Trois policiers débarquèrent à l'embrasure de la porte, leurs armes sorties pointée sur Shlomite:

-Les mains en l'air, personne ne bouge, ordonna l'un deux.

Tout se passa alors très vite, dans les infinitésimales qui habitent la seconde. Jacques observa Shlomite avec effroi, il vit dans son visage qu'elle s'apprêtait à commettre l'irréparable. Il n'avait pas le temps d'intervenir, il s'apprêtât néanmoins à courir vers Shlomite pour empêcher le meurtre de Louise.

Soudain, un coup de feu retentit, et l'espace d'un instant, du moins aux yeux de Jacques, tout s'arrêtât. Un trou sur le front de Shlomite. Du sang s'en échappât et coula lentement le long des joues de l'ancienne prêtresse de Stormwind.

Jacques se précipita sur Louise, et retirât le couteau des mains de Shlomite.
Elle avait la vie sauve. Jacques enlaça le corps de sa bien-aimée toujours dans le coma.

...

Un mois passa durant lequel une enquête se fit sur la présence et les motivations de Shlomite, une personne sans papier, aux vêtements moyenâgeux, que personne n'avait jamais vu. Que personne n'avait vu entrer dans l'hôpital. Sans autres informations, l'affaire fut classée.

Et Jacques, sans portail de retour se retrouvait coincé dans son univers. Il attendait, il espérait qu'on vienne le chercher pour retourner dans ce qu'il appellerait bien plus tard le "World of Warcraft".

Et ce jour arriva. C'était un lundi. Europe 1 avait annoncé de la pluie, la réalité du présentateur de la météo ne semblait pas être celle de Jacques car il faisait un soleil magnifique.

Dans un coin de la pièce, sous les yeux ébahis de Jacques, Albert le chercheur apparut:
-Hé Jacques! Comment vas-tu?
Et quelques minutes plus tard, Albert prépara sa machine pour pénétrer l'esprit de Louise. Une heure après, Jacques et Albert se retrouvèrent à Stormwind.

Aux yeux de Jacques, que ce soit dans un univers, ou dans un autre, qu'importe, la réalité n'échappe pas à la citation d'Einstein: tout est relatif!

Myrdhin retrouva Maaya sa bien-aimée, et dans la quiétude d'une soirée sans nuage et dans un univers apaisé, ils se déclarèrent une fois de plus dans l'amour.
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