Status : Terminée
Histoire : Tleilax et Varenka
Auteur : Nicolas C.
Chapitres : 1 -
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9Chapitre 3 – Varenka, la guerrièreVarenka était désolée de devoir manquer les retrouvailles avec sa sœur. Depuis plusieurs mois déjà cette dernière s’était engagée dans une lutte sans faille pour le bien de la nature. Elle comprendrait sa mission.
Pendant qu’elle traversait la Grande Mer sur un navire de ligne de l’Alliance vers le port de Ménethil, elle se remémorait l’ordre de mission que l’exarque lui avait communiqué. La région au sud d’Elwynn, Sombre-Comté était envahie par les morts vivants et un messager avait sollicité l’aide des draenei. Les rangs humains étaient en effet dégarnis par l’effort de guerre en Outreterre et la plupart des terres de Sombre-Comté avaient du être abandonnées faute de pouvoir assurer une sécurité suffisante. La milice locale avait donc envoyé un appel aux bonnes volontés parmi les alliés de Stormwind.
L’ordre de mission rompait avec les pratiques habituelles de l’état major. Envoyer une guerrière seule était rare et Varenka devait cet honneur à son assiduité lors des entrainements. Pourtant elle regrettait de ne pas avoir de compagnons, la route était longue et les embûches nombreuses.
Varenka sortit de sa cabine et profita de l’air marin. Elle portait une robe légère qui ondulait sous la brise légère. Son armure était restée avec son paquetage dans la soute. Le soleil était haut dans le ciel et les nuages rares. Le pont était occupé par l’équipage au travail et quelques voyageurs qu’elle les inspecta machinalement.
Le premier qui attira son attention était un guerrier également. Humain, de haute stature et de forte carrure, il arborait un visage tanné et des traits sévères encadrés par des cheveux châtain clair coupés courts et une légère barbe. L’instinct lui fit tourner les yeux vers Varenka et leurs regards se croisèrent. Ils se toisèrent rapidement, puis l’homme fit un signe de la tête auquel Varenka répondit par un hochement entendu. Il l’avait reconnue comme une pair. Varenka pouvait intimider par sa puissance musculaire, mais une tension naturelle la différenciait des simples brutes : Varenka avait la posture d’une guerrière, toujours en alerte et prête au combat.
Varenka continua son examen des autres passagers. Un gnome tentait de voir au dessus de la rambarde. Varenka le fixa brièvement et détourna le regard, elle ne voulait pas sembler malpolie et ne savait pas si apporter son aide serait bienvenu. Elle connaissait encore si peu les coutumes des autres races de l’Alliance…
Une jeune femme brune et aux formes généreuses faisait les cents pas sur le pont, suivie de deux servantes. Sa robe indigo mettait en valeur ses atouts aussi bien que les bijoux magnifiques dont elle était parée. Visiblement, elle attendait l’arrivée avec impatience. De toute évidence, elle voulait descendre du bateau le plus vite possible, et à son avantage. Son fiancé l’attendait probablement avec une égale impatience.
Deux nains bruyants complétaient le tableau avec un tonnelet de bière dans lequel ils puisaient avec leurs deux chopes usées tout en racontant des histoires visiblement amusantes mais incompréhensibles pour Varenka qui ne parlait pas la langue naine.
La traversée paisible devait bientôt prendre fin. Il restait une heure, une heure et demie au plus, avant d’être en vue du port de Theramore. Varenka quitta le pont et commença à descendre dans sa cabine pour se reposer. La route serait encore longue une fois arrivée au port.
*
Le navire entra dans le port et une passerelle fut rapidement mise en place pour permettre le débarquement. Varenka récupéra son paquetage en soute et revint dans la cabine pour revêtir son armure. Elle avait choisi une armure légère, en mailles métalliques, adaptée aux déplacements qu’elle allait devoir entreprendre.
Elle s’assura que la porte était fermée. Elle dégrafa sa robe légère qu’elle laissa descendre doucement à terre, révélant sa poitrine ferme et son corps musclé, le temps de ranger la robe et passer une chemise. Elle commença ensuite à s’équiper progressivement de son armure : les jambières, le torse, puis les protections des tibias au dessus de ses sabots, et enfin les brassards. Elle ajusta soigneusement les attaches et laça son ample cape bleu-nuit. Elle attacha ses deux épées et son bouclier dans son dos. Elle esquissa quelques mouvements de gymnastique pour vérifier la liberté de ses mouvements, ajusta encore quelques attaches puis, satisfaite, elle s’équipa de ses gants, prit le heaume sous le coude le temps de remonter sur le pont, et ses deux sacs.
Personne ne l’attendait à quai. Une vague de mélancolie s’empara d’elle, mais elle la chassa rapidement.
L’exarque lui avait conseillé de prendre un trajet direct en griffon, et de prévoir une demi-journée. Elle se rendit auprès du maître des griffons, indiqua sa destination et paya le prix demandé avec le contenu de sa bourse ; elle avait reçu quelques pièces d’or pour couvrir ses frais.
Elle avait déjà pris des griffons dans le passé. Ces fières bêtes volaient rapidement mais de façon assez paisible. Elle flatta le griffon dans l’encolure comme sa sœur lui avait appris. Le griffon facilita la montée de la voyageuse. Varenka lui chuchota un remerciement et arrima ses bagages elle en prenant soin de réduire la gêne au maximum.
Le ciel était magnifique et Varenka profitait du survol des montagnes enneigées de Dun Morogh. Les portes de la capitale naine étaient impressionnantes et Varenka aurait volontiers visité si elle n’avait pas été en mission. Quelques heures plus tard, Varenka traversait les steppes ardentes en éprouvant une certaine tension. Des dragons et des archers ennemis avaient été aperçus dans les reliefs et elle scrutait le sol avec attention.
Le griffon continua son vol sans incident jusqu’à la campagne verdoyante de Stormwind, où il se dirigea vers Sombre-Comté après avoir traversé une rivière.
Varenka remercia le griffon qui avait atterri doucement pour ménager son aimable passagère. Elle rassembla ses affaires. Autour d’elle, la végétation était assez mal en point à cause du manque de lumière. En effet, pour une fin d’après-midi, la luminosité ambiante était excessivement faible et dépendait largement des torches avoisinantes. Varenka savait que la région souffrait, mais le constat qu’elle fit en l’observant elle-même prenait une dimension beaucoup plus poignante.
Elle se raidit et se rendit au village où la commandante Althea, déjà prévenue de son arrivée, l’accueillit d’une accolade cordiale et ferme et avec des paroles de bienvenue.
« Je suis Althea. Je suis en charge de la sécurité du village avec la troupe des Veilleurs de nuit. Bienvenue à Sombre-Comté. »
« Je suis Varenka. Je suis venue directement d’Exodar. Je vous remercie de votre accueil.» Elle s’inclina pour ponctuer cette déclaration.
Althea eut un sourire fugitif et déclara : « J’ai demandé à ce que l’on vous réserve une chambre à l’auberge. Vous pouvez vous reposer et je vous rejoindrai pour diner afin de vous expliquer la situation. »
Varenka salua et se rendit vers l’auberge proche. L’aubergiste était prévenu et l’identifia d’un coup d’œil lorsqu’elle passa la porte.
« Bonsoir ! » lança t-il « Et bienvenue ! Ce n’est pas souvent qu’on voit des draenei par ici…Votre chambre est prête, elle est en haut à gauche », indiqua t-il en montrant l’escalier.
« Merci » répondit-elle laconiquement. Elle commença à se diriger vers la chambre, s’interrompit et ajouta : « Varenka. Enchantée de vous rencontrer. ». L’aubergiste, qui était un petit homme bedonnant entre deux âges, se présenta à son tour en faisant une pirouette. « Schmidts, pour vous servir !».
La clé était sur la porte de la chambre. Varenka posa ses bagages près du lit et but avidement l’eau qui était mise à sa disposition dans la chambre. Elle observa la pièce. Le lit semblait être trop petit, mais elle s’y attendait. Les plus grands humains mesuraient une ou deux bonnes têtes de moins que ceux de sa race. Le plafond était un peu bas également, mais assez haut malgré tout pour elle. La décoration était sommaire, mais de toute façon elle ne passerait pas beaucoup de temps ici. Une petite lampe à huile, une table, une chaise et une armoire. Un tapis venait adoucir la rugosité du plancher. Varenka essayait de ne pas faire trop de bruit avec ses sabots, et le tapis venait à point nommé.
Elle s’étendit quelques instants sur le lit trop court après avoir enlevé son armure. Elle jugea qu’elle s’en accommoderait. Le repos est crucial pour un guerrier et un lit trop court valait mieux qu’une paillasse dans une tente.
*
Althea et Varenka se rejoignirent comme convenu pour dîner dans la salle commune de l’auberge. Après quelques échanges de convenance, elles commencèrent à discuter de la situation à Sombre-Comté.
« Comme vous le savez, des maraudeurs morts-vivants et des zombies sont apparus dans la région. Ils semblent organisés autour de la chapelle au sud et plus loin à l’ouest, vers le cimetière de la Colline aux Corbeaux. Peut-être qu’une patrouille dans les environs vous donnera une meilleure vue de la situation… » expliqua Althea.
Elle réfléchit quelques instants et ajouta : « Une autre menace se profile, les loups-garous sont apparus il y a quelques semaines dans les fermes proches et sont très agressifs. Vous devrez aussi prendre garde aux bêtes sauvages. Des loups et des araignées géantes rôdent un peu partout et peuvent être très dangereux. » Elle ponctua sa phrase en écrasant un insecte trop curieux sur la table. « Les Veilleurs ne sont pas assez nombreux pour faire autre chose que défendre les habitants. La plupart des fermes isolées ont été abandonnées et leurs occupants n’ont pas tous pu être évacués. » Althea grimaça. « Vous devez nous aider » dit-elle.
Varenka était attentive. La souffrance de l’officier était palpable. Elle avait perdu des amis à cause de cette invasion. « Je suis venue pour cela. Avec la bénédiction des Naaru, je mettrai fin à ces troubles. ».
La suite du repas était plus sereine, Althea lui donna encore quelques conseils et elles se séparèrent tôt.
*
Il faisait encore nuit quand Varenka entreprit une série d’exercices physiques. Elle apprécia ce moment de sérénité. Elle commença ensuite à se préparer. Elle s’équipa de son armure, de son bouclier et d’une de ses deux épées, puis descendit dans la salle commune. Elle y prit un petit déjeuner solide et l’aubergiste lui donna quelques provisions pour la journée.
Dehors, l’air était frais. L’automne s’installait doucement sur Azeroth. Varenka se mit en marche.
Au sud du village se trouvaient quelques fermes et une vieille chapelle abandonnée entourée d’un cimetière. Varenka aperçut les premiers squelettes et comprit l’inquiétude d’Althea. Ils étaient assez nombreux et dangereusement proches du village. Comment assurer la sécurité des habitants dans ces conditions ?
Elle s’approcha avec détermination. Un premier maraudeur l’aperçut et se précipita vers elle en agitant sa hache. Varenka attendit qu’il s’approche, puis esquiva le coup avec souplesse ; brutalement, elle déséquilibra le squelette par un puissant coup de bouclier et en profita pour porter un coup d’épée qui le décapita. Le crâne tomba et roula aux pieds de Varenka, tandis que le corps semblait encore hésiter à tomber. Varenka l’aida d’un coup de pied.
Varenka grommela et continua à avancer vers la chapelle. Elle arriva à une dizaine de mètres derrière un squelette équipé d’un bâton qui n’avait encore rien remarqué. Elle chargea et l’impact projeta le squelette quelques mètres plus loin. Dans un bruissement de cliquetis, ce dernier utilisa la magie de la glace pour figer la guerrière sur place et commença à incanter un trait de glace. Varenka, immobilisée, leva son bouclier pour se protéger et réussit à éviter l’essentiel du projectile magique. L’enchantement se dissipa et elle bondit sur le mage squelette qui commençait à incanter un autre trait de glace… Elle l’interrompit d’un coup de bouclier brutal et le désarma. Le squelette était sonné et Varenka l’exécuta facilement.
Elle reprit son souffle tout en observant le terrain autour de la chapelle. Une dizaine de squelettes étaient rassemblés devant une créature qui devait être une goule. Ils étaient nombreux et le groupe se composait de guerriers et de mages. Un assaut direct serait trop risqué ; les mages la glaceraient et elle serait bloquée et à la merci de leur magie pendant qu’elle se protégerait des attaques des guerriers. Elle réfléchit quelques instants et élabora un plan. Une maison était visible à une centaine de mètres et elle pourrait mieux se défendre en éliminant ses ennemis un par un. Les mages seraient incapables de la viser sans menacer également les leurs.
Varenka envisagea brièvement de demander l’aide de la milice, mais elle avait pu jauger la menace que représentaient ces squelettes et n’avait pas peur d’eux. Leurs coups étaient faibles et leurs os fragiles. Elle regretta un instant de ne pas avoir de masse d’arme avec elle pour les briser plus facilement.
La guerrière sortit une hache de lancer et visa soigneusement le mage le plus proche… La hache tournoya et décapita l’ennemi avec un bruit sec. Les squelettes se retournèrent instantanément vers elle et se lancèrent à sa poursuite. La goule semblait les encourager et pointait un bras décharné vers Varenka. Varenka courait déjà vers la ferme. Elle ouvrit la porte et se rendit à l’intérieur…
Une surprise l’attendait. Une banshee était installée dans la maison. Varenka frissonna car elle connaissait le pouvoir de ce type de mort-vivant. Elle risquait de perdre le contrôle de son esprit… La banshee, debout au milieu d’un salon décrépit, regarda Varenka d’un air interrogateur et demanda… « Vous n’auriez pas vu mon peigne ? ». Varenka était sous adrénaline. Elle avait déjà claqué la porte et était prête à se battre… La question la décontenança et elle répondit … « Non, désolée ». « Ah dommage… ». La banshee n’était apparemment pas hostile, et Varenka détourna son attention vers l’entrée de la ferme.
Au même moment, la porte s’ouvrit… Varenka se précipita pour bloquer l’entrée. Elle ne devait pas les laisser l’entourer !
D’un coup de bouclier, elle repoussa le premier squelette qui perdit l’équilibre et tomba en arrière, empêchant les autres assaillants de pénétrer dans les lieux. Elle le désarma d’un geste expert et commença à porter des coups d’épée ravageurs. Les mages étaient inefficaces et cliquetaient de rage tandis que les guerriers squelettes se faisaient tuer un par un sur le pas de la porte.
Le combat dura quelques minutes pendant lesquelles Varenka parait, bloquait, frappait avec une maîtrise parfaite. Les coups de boucliers étaient dévastateurs et enfonçaient les cages thoraciques des ennemis dont les armures étaient très abîmées.
Les os jonchaient le sol. La banshee laissa échapper une complainte sinistre et Varenka sursauta, elle l’avait presque oubliée. « Euh, ne vous inquiétez pas… je vais nettoyer. » La banshee demanda « Vous n’auriez pas vu mon peigne ? » puis se désintéressa de la Draenei pour observer son miroir.
Varenka était essoufflée, le combat avait été bien calculé et elle avait vaincu. Satisfaite, elle examina son épée et son bouclier. Elle avait une solide formation de forgeron et estima que leur état était encore satisfaisant.
Il restait un ennemi à tuer, la goule de la chapelle. La guerrière quitta la ferme et se dirigea vers sa prochaine cible. La goule semblait surveiller l’entrée de la ferme de ses orbites vides et se jeta vers Varenka au bout d’un moment.
Varenka absorba le choc et se sentit nauséeuse, l’odeur de putréfaction était insoutenable. Elle se concentra sur l’ennemi et prépara sa riposte. D’un coup d’épée, elle trancha facilement le bras gauche de la goule. Elle poursuivit méthodiquement ses attaques tout en se protégeant jusqu’à ce que la goule s’effondre, privée de ses membres essentiels. Pourtant, elle continuait à tenter de mordre. Varenka hésita à lui enfoncer un sabot dans le crâne, puis examina autour d’elle et vit une pelle rouillée qui lui éviterait un contact désagréable.
Quelques instants plus tard, Varenka essuya son épée sur la mousse d’une pierre tombale et la replaça dans son étui. Elle n’osait pas fouiller le corps sans vie de trop près par peur des maladies, mais un petit objet attira son attention. Un peigne. Elle utilisa la pelle pour le dégager et l’empocha.
La chapelle était encore en bon état malgré la présence des morts vivants. Varenka entra à l’intérieur et observa les dégâts. Des traces de sang étaient visibles un peu partout et des ossements encombraient les lieux. L’autel était encore debout mais également souillé par du sang. L’odeur était comparable à celle qui émanait du zombie, mais infiniment plus pesante…
La guerrière sortit rapidement et reprit sa respiration pendant qu’elle pensait à la dure tâche qu’allait représenter la purification de ce sanctuaire…
La banshee attendait toujours dans la ferme et posa à nouveau sa question rituelle. « Puisque vous en parlez… j’ai trouvé ça pas loin. » dit Varenka en lui tendant le peigne. La banshee tendit une main laiteuse vers le peigne. Elle le saisit et l’observa attentivement. « Mon peigne ! Je vous remercie ! ». Varenka, un brin amusée, fit un semblant de révérence et partit.